• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Beethoven et la 5e symphonie

Beethoven et la 5e symphonie

C’est à un programme fabuleux qu’ont eu droit, le 22 décembre 1808, les spectateurs viennois du Theater an der Wien. Parmi les 4 œuvres crées ce jour-là figurait la 5e symphonie de Beethoven, dirigée par le compositeur en personne. Nul ne peut imaginer aujourd’hui à quel point cette œuvre atypique a marqué l’histoire de la symphonie et constitué, après la 3e symphonie dite « Héroïque », une nouvelle étape de la révolution musicale en marche...

On a coutume de dire des quatre notes qui ouvrent la 5e symphonie dans la tonalité dramatique d’ut mineur – le fameux « pom-pom-pom-pooom » – qu’elles symbolisent « le destin qui frappe à la porte ». Et de fait, ces quatre notes – trois sol brefs suivis d’un mi bémol long – semblent avoir été écrites pour placer d’emblée l’auditeur dans la gravité que requiert l’inéluctabilité du Destin. À tel point que cette source de l’inspiration de Beethoven, couramment réaffirmée par les éditeurs et les musicologues, s’est imposée au fil du temps comme une vérité intangible que l’on retrouve dans le sous-titre de l’œuvre, qualifiée de « symphonie du Destin ».

Or, Beethoven n’a jamais laissé le moindre écrit qui permette d’étayer cette relation entre le Destin et la 5e symphonie. Et cela contrairement à ce qu’a laissé entendre son secrétaire et biographe Anton Schindler pour le plus grand plaisir des éditeurs, toujours friands d’éléments de nature à doper les ventes en attisant la curiosité des mélomanes. Mais en réalité, cela n’a que peu d’importance : l’œuvre colle si bien à une représentation musicale du Destin – ce même destin si cruel pour Beethoven, déjà très handicapé par sa surdité – qu’à l’exception de rares musicologues, il s’est trouvé peu de monde pour contester la véracité de la « confidence » qu’aurait faite Beethoven à Schindler. Et cela malgré une crédibilité très écornée du biographe depuis quelques décennies*.

Bien que Beethoven en ait eu l’idée dès 1802, ce n’est qu’à partir de 1804 qu’il commença à dessiner la trame de la 5e symphonie. Et ce n’est qu’en 1808, après quatre années de maturation, qu’il mit un point final à cette œuvre et en donna la « première » lors de cette fameuse « Akademie » du 22 décembre au Theater an der Wien. Un concert exceptionnel au cours duquel les spectateurs purent entendre, outre cette 5e Symphonie, trois autres créations majeures : la 6e symphonie dite « Pastorale », le 4e concerto pour piano, et la Fantaisie pour piano, chœur et orchestre, vaste et superbe esquisse du futur mouvement final avec chœurs de la 9e symphonie, écrite quelques jours seulement avant le concert pour mettre en valeur l’Ode à la Joie de Schiller.

Si l’on en croit les chroniqueurs de l’époque, malgré des oreilles éduquées et en dépit d’un esprit plutôt ouvert aux innovations, le public viennois ne fut pas séduit par cette 5e symphonie. Il est vrai qu’elle était atypique car presqu’entièrement construite, non sur des mélodies, mais sur une architecture cyclique obsédante de quatre notes déclinées jusqu’à la saturation pour certains mélomanes encore ancrés dans le modèle classique hérité de Haydn et Mozart. Il est vrai que le concert ne se déroula pas dans d’excellentes conditions : la salle était glacée, et les musiciens – de compétences inégales – n’avaient pas eu le temps de répéter suffisamment cette symphonie si déconcertante. Ceci explique sans doute cela.

Et de fait, un mois plus tard (le 23 janvier), la 5e symphonie était rejouée à Leipzig où elle reçut un accueil enthousiaste confirmé en 1812 par les Viennois lors d’une reprise de cette œuvre dans la capitale autrichienne. Il est vrai qu’entre temps, le populaire compositeur E.T.A. Hoffmann s’était montré dithyrambique : « Cette magnifique œuvre transporte l’auditeur à travers des climats grandissants jusqu’au royaume spirituel de l’infini. » Quant au public français, ce n’est qu’en 1828 qu’il entendit pour la première fois la 5e symphonie : elle fut saluée par les acclamations du public et fit dire dans la Revue Musicale au célèbre critique Fétis, impressionné par la puissance dégagée, « C’est l’univers qui s’ébranle ».

Beethoven a-t-il voulu, après l’« Héroïque », écrire une nouvelle symphonie révolutionnaire en composant la 5e ? On peut en douter. Et cela d’autant plus que c’est au prince Lobkowitz qu’il a dédié cette œuvre. Il est vrai que Beethoven pouvait difficilement faire moins, ce prince et mécène bohémien s’étant attaché ses services pour 4000 florins par an à condition qu’il reste à Vienne et ne cède pas à l’offre du roi de Westphalie qui entendait faire du compositeur son Kapellmeister (Maître de Chapelle). Pas de nouvel opus héroïque donc, mais incontestablement une œuvre innovante dans laquelle la créativité personnelle de Beethoven prend, tout au long de la symphonie, le pas sur le style de l’époque.

Une créativité qui, au-delà du caractère cyclique s’exprime dans un final étonnant. Voilà en effet une œuvre qui débute sur un mode sombre et qui se poursuit dans une gravité obsédante dont on comprend qu’elle ait pu inspirer cette référence au Destin. Or voilà qu’enchaîné au 3e mouvement surgit un final en majeur empli d’une joie et d‘une force communicatives : les trois premiers mouvements s’imposent dans le cadre d’une salle de concert favorisant l’introspection, le quatrième ouvre tout grand les fenêtres et déborde dans le parc pour s’exprimer avec moult notations fortissimo comme une puissante pièce d’extérieur aux accents jubilatoires. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Beethoven ajoute pour la première fois à l’effectif symphonique habituel une flûte piccolo, un contrebasson et trois trombones, tous instruments de plein air dédiés aux musiques de réjouissance et de fête.

Par ce final en apothéose, Beethoven a montré que, Destin ou pas, c’est une vision d’espoir et de joie qu’il voulait donner de la vie, et cela en dépit de la propre douleur que lui occasionnait la progression inéluctable de sa surdité, une calamité pour un compositeur ! D’une certaine manière, le final de la 5e symphonie préfigure, dans un style très différent, ce que sera celui de la 9e symphonie, et ce n’est peut-être pas un hasard si Beethoven a donné à entendre ensemble cette 5e symphonie et la Fantaisie chorale lors du concert du 22 décembre 1808. À chacun d’en juger !

Lien musical : 5e symphonie par l’Orchestre philharmonique de Berlin dirigé par Herbert von Karajan.

Anton Schindler est, depuis les années 70, accusé d’avoir falsifié de nombreux échanges avec le compositeur consignés dans des carnets dont certains ont été détruits de sa main pour servir ses manipulations et embellir son rôle auprès du compositeur. Malgré tout, le travail de Schindler reste précieux à bien des égards.

Précédents articles sur la musique classique :

22 décembre 1808 : un concert de légende !

Incontournable : le concert du Nouvel An

Les grands concertos pour basson

Les grands concertos pour hautbois

Les grands concertos pour flûte

Musique classique : promenade au pays de la danse

Les grands concertos pour clarinette

L’incroyable talent des demoiselles de La Pietà

Les grands concertos pour violoncelle

Louise Farrenc, un grand nom de la musique classique

Les grands concertos pour piano

« Eroica », ou la révolution symphonique

Les grands concertos pour violon

Sorciers, elfes, lutins, trolls et fées dans la musique classique

Musique : de Sones de Mariachis à Huapango

La musique classique dans la publicité

L’injuste destin de Fanny Mendelssohn

« Les Adieux » ou la musique au service des revendications

Élisabeth Jacquet de la Guerre, première femme compositeur

Musique : Herschel, la tête dans les étoiles

Padre Davide, rock-star du 19e siècle

Du tuba au bouzouki : des concertos... déconcertants

Les Folies d’Espagne : un thème intemporel

La symphonie concertante : de Stamitz à... Sarkozy

Le siècle d’or de la musique tchèque

Musique : le crescendo rossinien


Moyenne des avis sur cet article :  3.75/5   (12 votes)




Réagissez à l'article

60 réactions à cet article    


  • Le Panda Le Panda 5 juillet 09:21

    Bonjour Fergus,

    C’est à un programme fabuleux qu’ont eu droit, le 22 décembre 1808, les spectateurs viennois du Theater an der Wien. Parmi les 4 œuvres crées ce jour-là figurait la 5e symphonie de Beethoven, dirigée par le compositeur en personne. Nul ne peut imaginer aujourd’hui à quel point cette œuvre atypique a marqué l’histoire de la symphonie et constitué, après la 3e symphonie dite « Héroïque », une nouvelle étape de la révolution musicale en marche...

    Une introduction à la hauteur de ce phénomène qu’était Beethoven, ta passion du concert du nouvel an tu me l’a collé et je t’en remercie. Article en tous points égaux à tes envolées je dis en mot comme en mille bravo un air de fraicheur dans ce monde de brutes 

    Amicalement

     


    • Fergus Fergus 5 juillet 18:16

      Bonjour, Le Panda

      Un grand merci à toi pour ce commentaire. Malgré toute l’admiration que l’on peut porter à ces géants qu’ont été Bach, Vivaldi, Haydn et Mozart, Beethoven a porté à la musique classique à un niveau qui n’a plus jamais été égalé.

      Cordialement.


    • Le Panda Le Panda 5 juillet 19:19

      @Fergus
      Bonjour Fergus

      Je viens de mettre en modération un article de la ville de Clermont Ferrand, ce qui démontrera à sa vision s’il passe que tous les peuples et les diverses communautés peuvent vivre ensemble, j’ose croire qu’il plaira à chacun. Là où le monde des écoles, des rues des associations, des bénévoles peuvent réunir des milliers de gens de toutes couleurs et confessions sans aucun heurt. Un régal, même si je suis rentré sur les genoux. Bien à vous tous : tu m’as collé cette passion que je gardais comme le grand enfant que je reste avec mes sensations mes sensibilités.

      Amicalement  smiley


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 6 juillet 09:17

      @Fergus

      Schubert, Mahler et Brahms n’étaient quand même pas des pets-de-zouilles !

      Il faut reconnaître que Vienne (Beethoven est peut-être né à Bonn, mais il est mort à Vienne) a produit autre chose que Paris en matière de musique classique comme en philosophie. Il est dans l’histoire des foyers qui irradient, et ce ne sont pas forcément des métropoles industrielles.

    • Fergus Fergus 6 juillet 17:33

      Bonjour, Jeussey de Sourcesûre

      « Schubert, Mahler et Brahms n’étaient quand même pas des pets-de-zouilles !"

      Non, bien sûr, et je cite d’ailleurs Schubert dans un autre commentaire. Quant à Brahms et Mahler, si le premier me séduit par quelques-unes de ses œuvres de chambre ou concertantes, j’avoue que le second m’indiffère tout en lui reconnaissant de grandes qualités qui - hélas ! - ne me parlent pas..

      Pour ce qui est des compositeurs français (ou francophones), il est vrai qu’ils font pâle figure comparé aux Allemands et même aux Bohémiens de ce que j’ai nommé le Siècle d’Or et qui, presque tous, ont servi dans des cours allemandes ou autrichiennes. Il est pourtant des grands créateurs parmi eux, et pas seulement les plus connus comme Berlioz, Bizet, Debussy ou Ravel. Je pense notamment à Devienne, Saint-Georges, Gossec, Lalo et Pleyel, pour ne citer que ceux-là.

       



    • troletbuse troletbuse 5 juillet 09:33

      Aujourd’hui nous avons la cinquième ripoublique. de Biteauvent


      • bob14 bob14 5 juillet 09:41

        Beethoven reste un des TITAN de la musique romantique..ce XIXeme siècle fut pour les ARTS le sommet de la création !


        • bob14 bob14 5 juillet 10:07

          @bob14....Le mouvement romantique défend et cultive la notion de liberté dans la création artistique. L’invention de la photographie et, bientôt, du cinéma bouleversent la conception traditionnelle de l’art...

          Compositeurs

        • bob14 bob14 5 juillet 10:08

          @bob14...

          Peintres

        • chantecler chantecler 6 juillet 09:33

          @bob14
          Cl Debussy et peut être M. Ravel ?
          Et d’autres ...
          Scriabine , Rachmaninof...
          Pour les romantiques et post romantiques


        • baldis30 6 juillet 11:47

          @bob14
          bonjour,

          mais là-dedans deux oublis majeurs

          Reicha ..... sans lequel peut-être les heptolets du cinquième de Beethoven n’existeraient pas ... et combien d’autres compositeurs dont certains cités dans votre liste

          Paganini ....


        • Fergus Fergus 6 juillet 22:47

          Bonsoir, baldis30

          Paganini, en voilà un dont j’apprécie tout particulièrement la musique. Certes, elle a avant tout été écrite pour servir les prodigieuses qualités de virtuose de ce bon Nicolo, mais il est un peu injuste de dire que l’orchestre n’a qu’un rôle de figurant dans ses concertos : sans cet orchestre, le violon ne serait justement pas aussi bien mis en valeur ! A noter, à propos de « mélodiste », que Paganini en a été un excellent, ce qui explique assez largement son immense succès en Italie, pays de l’opéra où les mélodies sont sur toutes les lèvres, du plus érudit au plus modeste des mélomanes.

          Moins connu, Saverio Mercadante est à la flûte ce qu’a été Paganini au violon, et l’écoute de ses concertos est un réel plaisir qui s’adresse à tous. A consommer sans modération pour se détendre  !


        • baldis30 9 juillet 21:35

          @Fergus
          bonsoir,

          n’oubliez pas Reicha .... ses compositions, son audace, ses élèves ( dont Berlioz, Gounod, Franck ) ..... une clé de voute de la musique du XIXème siècle


        • Fergus Fergus 9 juillet 22:13

          Bonsoir, baldis30

          Vous avez raison, le méconnu Reicha mériterait une plus grande notoriété.


        • bob14 bob14 5 juillet 10:17

          Les écrivains nombreux et talentueux....etc !


          • bob14 bob14 5 juillet 12:13

            @bob14....Beethoven, dont la musique est propre à susciter l’émotion, et avec qui nait le concept de « musique absolue »...

            Musique absolue

            Le concept de « musique absolue », ou « musique pure », s’applique à une musique instrumentale qui permet au compositeur romantique d’exprimer ses émotions sans apport extérieur tel que texte ou programme. Il s’oppose donc à la musique vocale en faveur au 18e siècle, ainsi qu’à la musique à programme....

            La musique pour piano

             

            Le piano est l’instrument le plus représentatif de la période romantique. Il est de plus en plus joué dans les familles et de nombreuses transcriptions sont réalisées pour être jouées en privé.

             

            Les plus grands compositeurs romantiques pour le piano sont Chopin, Liszt, Schumann et Mendelssohn. Ils s’expriment à travers de nouvelles formes de pièces brèves telles que Préludes, Etudes, Nocturnes, Valses, Mazurkas, Polonaises, Ballades et Impromptus (Chopin),Humoresques et Fantaisies (Schumann), Romances sans paroles (Mendelssohn), Etudes, Rhapsodies (Liszt).

             

            On peut aussi citer ici Karl Czerny (1791-1857), pianiste et compositeur, qui fut élève de Beethoven et professeur de Liszt, pour son oeuvre pédagogique qui reste aujourd’hui encore à la base de tout enseignement pianistique, en particulier avec ses ouvrages « l’École de la virtuosité », « l’École du virtuose » et « l’Art de délier les doigts ».


          • bob14 bob14 5 juillet 12:19

            @bob14....

            La Symphonie

            Après Beethoven, la symphonie devient la forme la plus prestigieuse à laquelle se consacrent de nombreux compositeurs.

            Les compositeurs romantiques prennent quelques libertés avec la forme classique de la symphonie. Celle-ci se construit parfois non plus sur de thèmes musicaux, mais autour d’une idée, entrainant libre cours aux émotions.

            L’orchestre symphonique lui-même évolue, s’enrichissant de nouveaux instruments....

            « Faire tout le bien qu’on peut,
            Aimer la Liberté par-dessus tout,
            Et, quand ce serait pour un trône,
            Ne jamais trahir la vérité. »

            Ludwig van Beethoven, Feuille d’album, 1792.


          • Fergus Fergus 5 juillet 18:19

            Bonjour, bob14

            Merci à vous pour ces différents commentaires avec lesquels je suis très largement d’accord.


          • baldis30 6 juillet 16:04

            @bob14
            bonjour,

            « Le piano est l’instrument le plus représentatif de la période romantique »

            bien sûr !

            N’oublions jamais cette œuvre POLITIQUE majeure écrite pour le piano à partir d’un thème de Bellini fort connu dans une ville de garnison de l’Est (I Puritani)  : Hexaméron sous la direction de Liszt : Chopin, Thalberg Czerny, Pic et Herz..... au bénéfice de la Résistancve Italienne de l’époque !

            A leur mémoire, sinon à leur santé buvons un verre .....  smiley


          • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 5 juillet 10:27

            « une nouvelle étape de la révolution musicale en marche... »


            déjà ?

            C’est pourtant Mozart qui a composé la symphonie Jupiter !




            • Fergus Fergus 5 juillet 18:23

              Bonjour, Jeussey de Sourcesûre

              Exact ! Et Beethoven « Les créatures de Prométhée » dans lesquelles il ne faut pas voir les députés LREM. On ne souhaite d’ailleurs pas à Macron d’avoir le foie dévoré tous les jours. Il n’a d’ailleurs rien volé à Jupiter, autrement dit à lui-même.


            • baldis30 5 juillet 22:34

              @Fergus
              bonsoir,

              Jupiter ... Jupiter mais c’est une création de Meilhac Halévy et Offenbach qui le font intervenir subrepticement dans « La belle Hélène » avant de lui donner un beau rôle de dragueur sous forme de mouche dans « Orphée aux Enfers ».

              ceci dit les quatre premières notes de la cinquième ne valent pas le ré ré ré ré ré ré de l’allegretto de la septième .....


            • Fergus Fergus 5 juillet 22:44

              Bonsoir, baldis30

              Superbe 7e symphonie ! Et le 2e mouvement en est une pure merveille.

              Cela dit, la cellule mélodique qui induit toute la 5e symphonie n’a pas d’équivalent.


            • eric 5 juillet 12:00

              http://www.espritsnomades.com/siteclassique/lamusiquedegeneree.htmlonjour Fergus. Comme toujours, article interessant. A titre humoristique, j’ai envie de reagir comme si j’etais « de gauche »... Pas etonnant que les socialistes internationalisant, aient tant d’affinites musicales aves les socialistes nationalisant... http://www.espritsnomades.com/siteclassique/lamusiquedegeneree.html


              • Fergus Fergus 5 juillet 19:08

                Bonsoir, eric

                Désolé, mais votre amalgame n’a rien d’humoristique. Et en matière de musique - notamment classique -, l’on trouve tous les goûts dans la société, sans que l’on puisse distinguer qui est de gauche et qui est de droite.

                Quant aux perversions décrites dans votre lien, elles sont le fait d’esprits dérangés.


              • Robert Lavigue Robert Lavigue 5 juillet 19:17

                @Fergus

                Et en matière de musique - notamment classique -, l’on trouve tous les goûts dans la société, sans que l’on puisse distinguer qui est de gauche et qui est de droite.

                Si vous le dites, c’est que ça doit être vrai !


              • Robert Lavigue Robert Lavigue 5 juillet 19:23

                @ Fergus

                Vous devriez en parler à la bande à Bourdieu qui (comme d’hab ?) s’est fourvoyé :
                http://www.laviedesidees.fr/Qui-ecoute-quoi.html

                Et à Philippe Coulangeon qui s’est permis de faire des tableaux sans vous consulter au préalable
                https://www.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-1-2003-1-page-3.htm


              • Fergus Fergus 5 juillet 20:10

                Bonsoir, Robert Lavigue

                On peut faire toutes les typologies que l’on veut - et certaines sont globalement pertinentes - sans tomber dans la généralisation.

                Et ce qui vaut pour la musique vaut pour la politique : il y a des gens très bien à droite et de parfaits abrutis à gauche, et vice versa naturellement ! smiley


              • baldis30 5 juillet 22:42

                @eric

                je peux dire PREUVE A L’APPUI qu’en matière de sabotage musical la gauche et la droite c’est bonnet blanc et blanc bonnet ...

                Et c’est énorme .... HENAURME ce qui aurait pu se passer sur un emplacement où quelqu’un d’entre nous a récemment fustigé une exposition dite « d’art » moderne .... En matière de sabotage, d’incompétence, de fainéantise .....

                « Un théatre à ... mais c’est la fin de la moralité de nos enfants » ... et la droite emboita le pas ...


              • baldis30 6 juillet 16:12

                @Fergus
                bonjour,

                « sans que l’on puisse distinguer qui est de gauche et qui est de droite.  »

                Oui et non ....

                Mais souvent lucides .... comme Toscanini, sociaux selon les usages de l’époque ( Liszt, Verdi) , concernés ( Haydn, Mozart, Beethoven).

                Evidemment on a des contre-exemples .....


              • Alex Alex 5 juillet 13:45
                Slt fergus,
                Vous faites une grave erreur : tout le monde sait que le fameux « pom-pom-pom-pooom » n’est pas de Beethoven, mais de Newton !

                • amiaplacidus amiaplacidus 5 juillet 14:46

                  @Alex

                  Faux, tout le monde sait bien qu’il s’agit d’une œuvre de Francis Blanche : https://www.youtube.com/watch?v=LQ5_GZfIOsg


                • Fergus Fergus 5 juillet 20:12

                  Bonsoir, Alex

                  On peut même reconnaître à Newton l’antériorité sur Beethoven.


                • Fergus Fergus 5 juillet 20:13

                  Bonsoir, amiaplacidus

                  Merci pour ce lien qui rajeunit de quelques décennies les plus anciens de ce site.


                • baldis30 5 juillet 22:43

                  @Alex
                  et Beethoven l’a même plagié dans la sonate Apassionata


                • laertes laertes 5 juillet 15:54

                  @Fergus : j’aime vos articles et bien sûr ceux consacrés à la musique.
                  Néanmoins je ne partagerai pas ce « concert » de louanges.
                  Contrairement à ce que pense ETA Hoffmann je ne trouve pas que « Cette magnifique œuvre transporte l’auditeur à travers des climats grandissants jusqu’au royaume spirituel de l’infini. »
                  Je pense que Beethoven est un maître absolu dans le traitement d’un thème avec tension permanente vers le paroxistique. C’est uniquement à mon avis cette tension qui crée cette impression de transport car la mélodie , elle, reste assez pauvre. Et même dans le domaine du traitement d’un thème , Beethoven est battu à plates coutures par le compositeur qui lui réellement transporte , selon moi l’auditeur vers « le royaume spirituel de l’infini » à savoir J.S. Bach. Il n’est qu’à comparer les variations Diabelli de Beethoven avec les variations Goldberg de Bach.
                  Beethoven n’est pas un mélodiste. Il lui a fallu plus d’une dizaine d’années pour trouver le motif de la 9ème qui lui convienne.
                  Personnellement je serais plutôt d’accord avec Goethe qui n’accordait pas une grande importance à Beethoven et lui préférait, avec raison W.A. Mozart. Ce qui ne fait pas de Beethoven un très grand musicien, bien au contraire car transformer un thème, même pauvre en brûlures est unique.
                  Pour moi Mozart est un bien plus grand musicien que Beethoven mais lui , au lieu de faire varier d’une manière magique et démoniaque les thèmes (à part le finale de DonJuan) faisait varier, les mélodies.
                   A cet égard , voir l’impuissance de Beethoven dans le domaine de l’Opéra où le compositeur est vraiment confronté à la création mélodique des situations dramatiques.


                  • Fergus Fergus 5 juillet 20:33

                    Bonsoir, laertes

                    En usant de telles formules, Hoffmann était dans l’air du temps en matière de critique musicale : on donnait alors assez peu dans la nuance, l’enthousiasme débordant pour une œuvre étant souvent compensé par les tirades féroces à l’encontre d’un autre opus.

                    Je ne crois pas que l’on puisse dire que Beethoven n’était pas un mélodiste. A cet égard, ses symphonies 6 et 7 démontrent qu’il avait de réelles et belles capacités dans ce domaine, même si sur ce plan Schubert - et bien entendu Haydn et Mozart - ont sans douté été plus inspirés que lui. Cela dit, il est vrai qu’il a échoué dans la création lyrique, ce qui n’a rien de surprenant : l’opéra fait appel aux sentiments, or Beethoven n’est jamais aussi créatif que dans l’épique.

                    Parler de Bach comme du grand mélodiste de la musique classique me surprend en revanche. Non qu’il ait été dépourvu de talents - voire de génie - en la matière, mais guère plus que ses contemporains Telemann et Vivaldi, le génial compositeur allemand ayant surtout marqué l’histoire de la musique par sa remarquable maîtrise de la construction musicale, à la rigueur toute scientifique.

                    Cela dit rassurez-vous, Bach fait évidemment de mon panthéon des grands hommes de la musique, au côté de ceux déjà cités dans ce commentaire.

                     


                  • laertes laertes 6 juillet 13:43

                    @Fergus : je ne suis pas d’accord avec vous. Quand on regarde attentivement les motifs de la 6 ème et 7ème symphonie de Beethoven, on remarque tout de suite la pauvreté mélodique. Je suis désolé, cela ne veut pas dire que Beethoven n’était pas un grand musicien mais seulement qu’il avait peu d’inspiration en matière mélodique par rapport à son incroyable génie de traitement des motifs. Et , là encore je suis désolé mais quand on est un grand mélodiste on n’a pas peur d’exprimer en musique des sentiments... mais, à mon avis cette dimension « épique » de la musique de Beethoven est plus une ficelle pour masquer son manque de créativité dans ce domaine spécifique. En cela, il ressemble à Haydn qui a les défauts de Beethoven sans en avoir les grandioses qualités. Quant à Schubert, que dire ? C’est selon moi le musicien qui peut trouver de très belles mélodies mais elles sont trop rares et surtout, surtout elles sont traitées avec un manque total de capacité. C’est l’un des musiciens les plus surévalués de notre époque. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi. Sa musique est si ennuyeuse, si , comment dire si incapable....
                    Quant à Bach, là encore désolé...... C’est le maître absolu. Réécoutez les variations Goldberg et vous verrez qu’à partir de ce que vous appelez , avec raison « la maîtrise de la construction musicale » il arrive à créer un univers mélodique nouveau en parfaite adéquation avec ladite construction. C’est pour cette raison que Mozart l’admirait tant et a même utilisé ses trouvailles dans l’immense « Flüte Enchantée ».


                  • O Coquinos O Coquinos 6 juillet 22:34

                    @laertes

                    Bonsoir.

                    Vous avez écrit être « d’accord avec Goethe qui n’accordait pas une grande importance à Beethoven et lui préférait, avec raison W.A. Mozart ». Avec raison ? Quelle raison ? A quoi bon classer par ordre d’excellence des compositeurs qui ne sont pas comparables, ont chacun forgé leur style propre dans le cadre de canons artistiques évolutifs appartenant à des époques diverses, ont disposé de moyens d’expression instrumentaux et vocaux qui n’étaient pas identiques, et dont les oeuvres aujourd’hui touchent différemment des publics différents.

                    Selon votre sensibilité, J.S. Bach fut au summum de l’art musical. Pour d’autres qui se sont procuré l’excellente intégrale Bach parue naguère chez Brilliant et qui l’ont écoutée dans son entier, quel ennui, mais quel ennui neuf fois sur dix ! A côté de nombreux chefs-d’oeuvres immortels, une masse de musique à peine au-dessus de la moyenne de l’époque, voire en-dessous. D’aucuns préféreront les fils au père. Certains, tel votre serviteur comme on disait jadis, considéreront Vivaldi, le Vivaldi des oeuvres religieuses, des sinfonias pour cordes, des concerti pour hautbois, basson, viole d’amour, mandoline, luth, flûte à bec ou pour ensemble d’instruments variés, des cantates, des opéras (parmi la vingtaine qui nous sont parvenus), etc., sans parler des concertos pour violon, comme infiniment plus imaginatif, important et moderne que le « grand » J.S. Bach. C’est une simple question de goût, d’appréciation. Et Goethe avait beau être un « grand » écrivain, l’un des plus « grands » de tous les temps sans doute, le fait, à vous lire, qu’il ait préféré Mozart à Beethoven ne prouve pas que la musique de l’impertinent Salzbourgeois fût supérieure à celle de son austère cadet (ça veut dire quoi, d’ailleurs, « grand » et « supérieur » dans le domaine des arts ?), cela montre seulement que Goethe n’était guère sensible à l’expressivité et à la facture des compositions du second ; probablement aussi ne prisait-il guère sa personnalité bourrue, un peu brute de décoffrage. En un mot, il ne comprit ni la musique de Beethoven, ni l’exceptionnel créateur que ce dernier était. On peut avoir du génie dans son domaine de compétence (la littérature) et être aveugle comme une taupe (ou sourd comme un pot) dans un domaine à soi étranger (la musique).

                    Vous avez écrit d’autre part que Beethoven n’était pas mélodiste - vous êtes ou sacrément difficile ou terriblement culotté ! - et qu’il fut « battu à plates coutures » par Bach (encore cette satanée hiérarchisation qui n’a pas lieu d’être : Albert Roussel était-il inférieur à Heinrich Schütz, Prokofiev à Gesualdo, Magnard à Brahms, quant à leur inventivité mélodique ? Cela n’a à mon avis aucun sens) : comptez-vous le mouvement lent de la Septième pour rien ? le mouvement introductif du concerto de violon comme négligeable sur le plan mélodique ? Et toutes ces idées sublimes et non « paroxystiques » qui se gravent dans la mémoire de l’auditeur dès la première écoute en ne la quittant jamais plus par la suite qu’on trouve dans la foisonnante musique de chambre de Beethoven, dans l’immense corpus de ses pièces pour piano, dans ses lieder, dans ses concertos de piano, dans ce petit joyau trop méconnu des mélomanes qu’est la Huitième ou dans la ravissante Première ?

                    Vous avez ajouté : « Il lui a fallu plus d’une dizaine d’années pour trouver le motif de la 9ème qui lui convienne ». Il faudrait s’entendre d’abord sur le motif auquel vous faites allusion, car la Neuvième ne manque pas d’invention mélodique ! Mais quel est le rapport entre le temps mis par un compositeur pour trouver la version définitive d’un thème et la qualité finale du résultat ? Mendelssohn était-il meilleur compositeur vers la fin de son adolescence que Beethoven dans sa pleine maturité parce qu’il conçut ses premiers chefs-d’oeuvre avec une remarquable rapidité ? Dans ce cas, Offenbach, Johann Strauss fils et Suppé, autres génies dans leur genre, furent bien « supérieurs » à Beethoven, Brahms et Draeseke... Je crois qu’ils eussent été très surpris de l’apprendre !

                    Quant à l’impuissance du maître de Bonn, selon l’expression consacrée, en matière d’opéra, s’agissait-il réellement d’impuissance ou de recherche peut-être excessive de la perfection dans un genre prestigieux (et lucratif lorsque le succès était au rendez-vous) qui n’était tout simplement pas le sien - étant profondément symphoniste de nature, y compris dans ses oeuvres pianistiques et de musique de chambre - et dans lequel, mal à l’aise, il avait à coeur de se distinguer, conscient de la place éminente qui serait la sienne dans l’histoire de la musique ? Auparavant, les compositeurs des époques baroque et classique produisaient en abondance pour la plupart et dans tous les genres, opéras inclus (mis à part J.S. Bach qui n’accoucha d’aucun ouvrage scénique... par impuissance ?) et, sauf exception, ne retravaillaient pas de fond en comble leur oeuvres durant de longues années jusqu’à ce qu’ils touchassent à l’idéal. Parmi les précurseurs du romantisme, c’est Beethoven qui s’imposa le premier, à ma connaissance, la tâche herculéenne de remettre un grand nombre de fois sur le métier un même opéra jusqu’à lui trouver sa forme parfaite (Leonore devenu Fidelio). D’autres suivront plus tard son exemple avec plus ou moins de réussite (César Franck et sa Hulda, Moussorgsky et sa Khovanchtchina, Borodine et son Prince Igor, Chausson et son Roi Arthus, Dukas et son Ariane et Barbe-Bleue, Debussy et son Pelléas et Mélisande, Albéniz et son Merlin, etc.).

                    En postant ce commentaire, mon but n’est évidemment pas de vous contredire sur tous les points pour le plaisir de vous contredire, et vous avez parfaitement le droit d’écrire ce que vous avez écrit et de penser ce que vous pensez. J’admets également pouvoir me tromper dans certaines de mes affirmations. L’important est que vous êtes manifestement un amoureux de la belle musique et qu’en cela nous partageons une même passion.


                  • O Coquinos O Coquinos 6 juillet 22:38

                    @O Coquinos

                    Ma réponse concernait bien sûr votre commentaire du 5 juillet 15:54.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès