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Beigbeder et la mort du livre

En pleine rentrée littéraire, pas une émission ni une librairie n’est passée à coté du dernier ouvrage de Frédéric Beigbeder. Premier bilan après l’apocalypse se veut le défenseur du livre dans ce qu’il a de plus physique et magique. L’apocalypse serait synonyme de fin du livre, remplacé par la tablette numérique, plus maniable et pratique. C’est oublier un peu vite que le lecteur s’attache autant au support qu’à son contenu.

 Développé admirablement tout au long de la préface, l’idée selon laquelle le livre est le support le plus à même de contenir le roman frappe par son exactitude. Quoi de plus froid, dénué de sentiment et contact physique qu’un livre numérique ? Beigbeder nous explique au fil des pages que le livre numérique va conduire à la mort du livre papier et donc, au final, à l'extinction du roman.

C’est une perspective bien pessimiste que développe là l’auteur de 99 Francs. Si la tablette numérique a fait son entrée dans le monde du livre, elle ne l’a pas encore remplacé et ne le remplacera probablement jamais. Si les modes successives ont toujours laissé croire qu’elle effaceraient ce qui leur est antérieur, l’histoire nous rappelle que les innovations n’ont pas toujours eu le succès escompté. 

Dans le cas du livre numérique, Frédéric Beigbeder livre une critique très juste et dévoile son amour sincère pour le papier, son odeur, son touché et sa présence. Pendant près de trente pages, il démontre avec talent la supériorité dans tous les domaines du livre papier sur son jeune frère numérique. Tout ça pour en conclure que le livre papier va mourir. Pourquoi une innovation moins adaptée et efficace que le livre classique le remplacerait-il ?

« Sa condition d’objet unique » fait du livre une oeuvre singulière que chacun peut se vanter de posséder. À l’inverse du mp3 qui a facilité l’écoute musicale et permit aux mélomanes de profiter de leur chanson préférée sans avoir à payer pour un album dans sa totalité, le livre est une oeuvre unique et indivisible. L’innovation numérique n’en n’est donc pas une.

Frederic Beigbeder peut être rassuré, le livre n’est pas encore mort, loin de là. Le roman non plus. Les innombrables fautes oubliées dans la version numérique de À l’ombre des jeunes filles en fleurs de Proust démontrent bien le manque d’investissement des éditeurs numériques dans le roman. 

Le livre numérique a le tort de penser qu’on aime un livre simplement pour son histoire. L’amour pour un livre est physique comme intellectuelle. Aimer un roman sans avoir tenu, physiquement, le livre entre ses mains, c’est comme faire faire l’amour par téléphone. Il manque toujours quelque chose à cette culture du virtuel en cela que l’homme est un être autant physique que psychique. Le contact physique entre les mots imprimés sur un page et la main de l’homme font le lien entre l’auteur et son lecteur, entre le personnage fictif et le monde réel.

 

Article à retrouver sur http://chroniqueduninconnu.fr




par chronique d’un inconnu (son site) vendredi 23 septembre 2011 - 17 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par James (---.---.---.150) 23 septembre 2011 10:50
    James

    Le livre risque bien plus de disparaitre du fait du triomphe de l’opportunisme littéraire, du monopole exercé sur le monde des lettres par quelques écrivains auto-proclamés tels beigbeder et toute la clique.
    La rentrée littéraire Française c’est le triomphe de la vacuité, l’imposition d’auteurs tous plus incompétents les uns que les autres (les rois du plagiat), au travers de grandes opérations de marketing littéraire.


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