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« Beyrouth Hôtel » par & avec Niels Arestrup au Studio des Champs-Elysées

Se croisant en orbite de proximité, deux mondes se frôlent sans jamais se départir de leur quant à soi respectif.

Elle, issue d’un pays livré à la guerre, ne conçoit pas d’autre échappatoire pragmatique que le service rémunéré pour tout viatique.

Lui, revenu de tous les faux-semblants n’a que l’écriture et la lecture pour exutoire au désappointement.

C’est toutefois dans l’opportunité d’un sas de décompression que tous deux vont se livrer à un étrange ballet où le simple bavardage de circonstances disputera le rôle principal à la séduction latente.

Avec comme huis clos, le hall d’un improbable hôtel, lui le dramaturge débarque un soir de l’aéroport avec l’intention d’attendre dans sa chambre l’invisible metteur en scène local censé vouloir monter l’une de ses pièces.

Elle, la réceptionniste se montre accueillante au plus haut point, bien disposée à rendre tous les services qu’un client de passage serait enclin à souhaiter.

Entre elle et lui, la présence d’un téléphone portable relié au répondeur de l’amour déchu, resté au loin dans le pays de provenance, incitera l’auteur à commenter ses états d’âme à distance.

Mais entre elle et lui, le jeu du chat et de la souris, tous deux désœuvrés, les conviera à se relancer sans cesse la balle d’une éventuelle sortie de secours à leur pesanteur respective.

La scénographie de Mathieu Dupuy lisse luminosité et pénombre (lumière : Marie-Christine Soma) où chambre et hall ne feraient qu’une seule entité régentée par des pinceaux tamisés à l’affût du jour et de la nuit se succédant à l’extérieur.

La mise en scène secrète une essence subtile où les expressions se lisent sur les visages avant même qu’ils ne prononcent leurs paroles jetées en bravade au partenaire qui, à son tour, relève le défi sous un panache ironique.

Isabelle Le Nouvel et Niels Arestrup se livrent ensemble à une joute si peu oratoire, mais en telle osmose qu’ils sembleraient pouvoir jouer la pièce de Rémi De Vos, en un jeu d’ombres tacite.

Au mieux de la sensualité, c’est en effet le non-dit qui cautionne Flaubert, Baudrillard et autres Kafka dont les citations font tournoyer le mal du siècle sous une valse à mille temps d’où lui et elle ne sortiraient en définitive qu’à leur détriment.
 
Photo © Pascal Ito
 
BEYROUTH HOTEL - *** Theothea.com - de Rémi De Vos - mise en scène : Niels Arestrup - avec Niels Arestrup & Isabelle Le Nouvel - Studio des Champs-Elysées -
 


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2 réactions à cet article    


  • Ricos77 Ricos77 23 octobre 2008 20:02

     Allez... un petit commentaire presque inutile pour commencer.... Arestrup est un géant. Un acteur immense. Je vais y aller. On ne peut pas rater cela. 

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