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Borat

Voilà, j’ai donc vu le film, et j’avoue avoir du mal à comprendre les publicités affichées partout dans nos villes, "le film le plus drôle de l’année", "précipitez-vous" ou, pire, car venant du chef des Nuls, "à se pisser de rire".

Non seulement on ne rit pas, je n’ai pas ri, mais le film est extrêmement malsain.

Enfin si, "on rit", comme "on" peut rire de Michael Youn ou de Jackass.
Ce qui n’est pas mon cas.

Sauf que là, en plus, si je puis dire, il y a message politique.
Et il y a beaucoup à dire.On a parlé de racisme. L’accusation est forte.

Si racisme il y a, ce n’est pas contre le Kazakhstan, ridiculisé en pastiche ; ni contre les juifs, antisémitisme de pacotille, si tant est qu’on puisse accoler ces termes, en tout cas parodique.
Non, s’il y a racisme, si le film met constamment mal à l’aise -et c’est pour cette raison qu’on ne peut pas en rire-, s’il laisse un sale goût amer dans la bouche, une impression de mal être en sortant de la projection, c’est pour cause de racisme antiaméricain.

Il y a là une façon de se moquer du peuple américain, dans presque toutes ses composantes, profondément pénible.

On me dira qu’il appuie là où ça fait mal, que c’est une critique.
Oui, mais non, car il y a un côté outsider dans la charge de Sacha Baron Cohen, comique juif anglais, un côté vu de l’extérieur par quelqu’un qui n’en est pas qui dérange profondément.

Je dis comique juif anglais comme je parlerais de l’humour juif new-yorkais de Woody Allen, ou de l’humour juif de Billy Wilder et des grands noms de la comédie américaine, pour décrypter l’oeuvre dont on parle (et à laquelle je fais trop d’honneur par ce terme).

Si l’antisémitisme du film a l’air de façade, c’est parce qu’on sait que Baron-Cohen est juif.
Si son attaque de l’Amérique laisse un goût désagréable, c’est qu’on sait, qu’on voit qu’il n’est pas américain, non pas à cause de son masque de journaliste kazakh, mais parce que le film le laisse voir.

On n’est pas chez Michael Moore, qui appuie là où ça fait mal dans la société américaine, qui dénonce, qui attaque, mais dans un grand cri d’amour de l’Amérique, son pays.
Rien de tel chez Baron-Cohen.

Pour connaître un peu l’Amérique et les Américains, je sais deux choses :
- leur immense gentillesse mâtinée de naïveté
- leur tout aussi immense méconnaissance du monde qui les entoure
(et une troisième : leur immense fierté d’être Américains)

Il n’est donc guère difficile de se faire passer pour un journaliste du Kazakhstan (il aurait pu tout aussi bien inventer un pays fictif, puisque les Américains n’ont pas la moindre idée des autres pays, des autres façons de vivre, des coutumes, des niveaux de développement, et sans trop forcer le trait, n’importe qui de n’importe où pourrait faire croire que son pays vit encore à l’âge de pierre) et de duper, d’abuser le monde.

Le second point assez désagréable de ce film, après le côté outsider, c’est cette duperie, cet abus, le viol de ces braves gens qui lui font confiance, lui ouvrent leurs portes, lui accordent des entretiens de bonne foi, etc.

Ce n’est pas une caméra cachée, c’est presque pire, apparemment presque tout est réel, et les gens sont abusés de bonne foi. Ce qu’on voit n’est pas bidonné.

Et que voit-on ?

- Des féministes new-yorkaises lui accordent une interview (pensant participer à un documentaire sur les femmes dans le tiers-monde) et il leur renvoie à la figure que les femmes ont un plus petit cerveau, qu’elles ne peuvent être les égales des hommes, et finit par en traiter une de "pussycart", ce qui met fin à l’entretien. (un extrait)

- Il casse un magasin de souvenirs sudistes (ouh, le message...).

- Dans un rodéo à Salem, Virginie, il prétend chanter l’hymne américain avec les paroles de l’hymne kazakh, qui grosso modo dit que "le Kazakhstan est le plus beau pays du monde et [que] les autres sont des tapettes", ce qui ne manque pas de révolter une foule houleuse.
Non sans avoir d’abord faire dire face à la caméra à l’organisateur du rodéo que "si on pouvait on pendrait les homos ici aussi", ou avoir fait applaudir : "J’espère que Bush boira le sang de chaque femme et chaque enfant en Irak".

Super drôle jusqu’’à maintenant, non ?

- Toujours dans le Sud des Etats-Unis (c’est tellement plus simple de s’attaquer à eux), reçu par la belle société d’Alabama dans une plantation de 1875, il ne manque pas d’insulter les uns, ou de revenir des toilettes avec sa grosse commission dans une serviette, prétendant ne pas connaître l’usage de la chasse d’eau.
Ben allons !

Je passe quelques autres séquences, où il fait l’idiot dans une station -très- locale de télévision, où il prétend apprendre à conduire et chercher "l’aimant à minettes" sur le capot, où il se fait prendre en stop par des étudiants gros abrutis locaux...
Je passe aussi quelques séances à poil, de catch, de poursuite, de sexe en gros plan, très Michael Youn (à l’humour si fin, si délicat), et j’ai résumé le film.

Qu’est-ce qu’on a rigolé !

A défaut d’être drôle, ça pourrait effectivement être une charge féroce, comme on dit, contre l’Amérique, son degré d’abrutissement, sa méconnaissance du monde, voire (allons-y gaiement) contre un système mercantile et ultralibéral abrutissant, contre une absence de culture, de mémoire, d’ouverture vers l’autre, etc., si, encore une fois, on sentait derrière cette charge un amour pour ce pays, une volonté d’avancer, pour que le film serve à quelque chose.
On ne le ressent pas, je ne l’ai pas ressenti, je ne suis même pas du tout sûr que ça y soit.

Les rires, chez nous, dans la salle, sont gras et ajoutent au malaise.
Les rires, aux US, me laissent pantois, sauf à être nordiste, extrêmement critique de son pays, ou à se croire supérieur aux gens dépeints dans le film, (ou à être débile).
Bref, du "rire de mauvaise qualité", comme disait Bedos en chute d’un ancien sketch où il lisait le Bottin, et ne tombait que sur des noms à consonance arabe.


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81 réactions à cet article    


  • Gasty Gasty 27 novembre 2006 10:24

    Bon ! j’ai pas vu le film mais si tous les avis vont dans votre sens, merci de nous avoir prévenu.

    Mais peut-on rire de tout y compris des américains ?


    • (---.---.37.70) 28 novembre 2006 07:24

      Peut-on rire des immigrés, des noirs et des arabes, des Musulmans, des ouvriers, des hommes politiques et des fonctionnaires en France ?

      Non.

      Donc ta question..


    • Romain (---.---.10.200) 27 novembre 2006 10:25

      C’est de l’humour faut pas le prendre au sérieux. Ca s’apelle de la caricature. Vous êtes trop sérieu.


      • melanie (---.---.121.158) 27 novembre 2006 17:14

        Si c’est de l’humour, c’est donc drôle ....

        Or l’auteur a complètement raison :

        C’est grossier, vulgaire, lourd, connement provocateur -le « gras-double velu » catchant à « couilles-rabattues » en gros plan ...waouh qu’elle provo’c ! Scato , pipi-caca pouet-pouet... : qu’est ce qu’on rigole...

        Ce n’est pas même une satire ;

        C’est affligeant, même l’humour un peu gamin et potache de Michael Youn est plus supportable.

        Bref ne dépenssez-pas un ticker de cinéma pour ce fatras vilainement filmé, vilainement joué ....


      • Manuel FLURY (---.---.9.14) 27 novembre 2006 10:34

        Faut se placer face au bon public en fait.

        Borat, Ali G est une star aux USA en France il est complètement inconnu.

        Son humour est de la pure provocation, il lève les tabous.

        Cherche Ali G ou Borat sur youTube tu verras l’ampleur du phénomène.


        • petitsurfeur (---.---.158.30) 27 novembre 2006 11:18

          « Cherche Ali G ou Borat sur youTube tu verras l’ampleur du phénomène. »

          C’est que du marketing et du bourrage de crane avant diffusion.

          « Comment Borat a rendu sa grâce à YouTube »Quelle est la différence entre Google et Borat ? Le second, au moins, sait comment gagner de l’argent avec YouTube.« C’est, d’après le chroniqueur russe Evgeny Morozov, la blague du moment dans l’univers du Web 2.0. Plusieurs scènes coupées au montage de Borat ont en effet été mises en ligne sur YouTube avant la sortie en salle, créant ainsi du buzz autour du dernier film de Sacha Baron Cohen produit par la 20th Century Fox. Le nombre total de vidéos concernant Borat dépasse désormais les 2.000 sur le célèbre site racheté par Google. L’intelligence des producteurs du film a été de comprendre que YouTube est un outil de promotion efficace plutôt qu’une menace pour l’industrie du cinéma. Selon Morozov, les majors hollywoodiennes vont très vite repenser leur relation avec la blogosphère en lâchant du lest sur la diffusion de contenus protégés. »

          Source sur http://www.journaldunet.com/ailleurs/ailleurs.shtml


        • (---.---.229.105) 27 novembre 2006 12:07

          @petitsurfer,

          « C’est que du marketing et du bourrage de crane avant diffusion. »

          et

          d’après le chroniqueur russe Evgeny Morozov : « Plusieurs scènes coupées au montage de Borat ont en effet été mises en ligne sur YouTube avant la sortie en salle, créant ainsi du buzz autour du dernier film de Sacha Baron Cohen produit par la 20th Century Fox »

          Je suis pas d’accord avec ça, Borat existe depuis bien longtemps. Il était tellement connu au RU qu’il a du partir aux US and A pour ne pas se faire reconnaître. Borat est connu de longue date par les amateurs du Da Ali G show, en plus, les scènes coupées il doit y’en avoir au maximum 4 donc c’est pas vraiment ça qui à créé le buzz.

          Si tu regardes sur youtube y’a des vidéos de Borat qui ont été posté y’a 10 mois :

          http://www.youtube.com/results?search_type=search_videos&search_query=borat&search_sort=video_view_count&search_category=0

          Donc rien à voir avec le bourrage de crâne avant diffusion .... ou alors ils avaient prévus ça depuis bien longtemps smiley


        • demraph (---.---.196.74) 27 novembre 2006 10:42

          Je suis d’accord avec les autres avis pour dire qu’il ne s’agit la que d’humour. Il fait d’ailleur un film qui est une comédie (moins crédible) sur certains anglais.

          @l’auteur Je suis contre l’idée de mettre des freins sur l’humour ; les personnes censés ne font jamais d’amalgame, il y’a des gens biens partout et des cons partout.

          Bon lundi smiley


          • tal 27 novembre 2006 11:19

            @ demraph

            « je suis contre l’idée de mettre des freins à l’humour... »

            Puisse un nommé Dieudonné M’Balla M’Balla t’entendre !!! smiley


          • Ludo (---.---.43.233) 27 novembre 2006 11:31

            Les remarques, allusions,et la soi-disante moquerie de l’ antisémitisme finissent par être très LOURDS, et à la limite...suspects !!!!


            • Bill Bill 27 novembre 2006 11:32

              Jue suis allé voir le film moi aussi en me disant que j’allis hurler de rire ! Mais le film m’a laissé un vrai gout amer ! Peut-être est ce parce que les les gens qui le reçoivent sont très bons, à l’image de ce couple de juifs qui lui servent un repas, je les ai trouvé adorable^, mais très cavalière sa façon de partir ! Pareil dans le rodéo, reçu part des gens un peu « rustiques » mais sans mauvaises intentions à son égard. Et que dire des bourgeois, ou des responsables politiques qui le reçoivent ? J’ai trouvé cet humour de très mauvais gout ! Et non dénué d’une certaine méchanceté et d’une vraie vulgarité.

              Ce n’est que mon avis, mais je ne suis pas allé le voir seul et mon avis a été partagé !

              Bill


              • (---.---.101.8) 27 novembre 2006 11:34

                « Les rires, aux US, me laissent pantois, sauf à être nordiste, extrêmement critique de son pays, ou à se croire supérieur aux gens dépeints dans le film, (ou à être débile). »

                C’est vraiment mépriser les Américains que de les croire incapables de rire d’eux mêmes.

                En France il y a des emmissions comme Strip Tease qui montrent des portraits parfois peu glorieux des Français, je pense qu’on est capable de ne pas généraliser.


                • El_Che (---.---.100.34) 27 novembre 2006 12:00

                  « C’est vraiment mépriser les Américains que de les croire incapables de rire d’eux-mêmes ».

                  Bien dit, mais qui sur cette planète aime REELLEMENT rire de soi-même ? Tout un chacun aime rire de son voisin, mais pas de soi-même. Je pense que les américains aiment rire d’eux-même, quand ils rient d’un autre style d’américains :

                  Les citadins de Californie ou de l’Est aiment à se moquer des « Redneck », les bouseux des grandes plaines, et vice-versa. Tout comme les parisiens de l’époque de Bécassine aimaient à se moquer des « bas-bretons », lesquels ne dédaignaient pas se moquer des « parigots au gros bec » (càd « grande gueule »). Idem entre Français et Belges, Allemands et Polonais, jeunes et vieux, ouvriers et patrons, etc..

                  La véritable auto-dérision est plus rare, et c’est un sport auquel peu de comiques se hasardent, tant la Roche Tarpéienne est près du Capitole. A-t-on déjà vu un comique faire un sketch sur les comiques ? Possible, mais je n’en ai pas mémoire...


                • arnaudt 27 novembre 2006 12:28

                  Il y a dans l’émission - d’abord et avant tout belge- StripTease un vrai amour des gens. Du temps pour les filmer et donc tenter de les comprendre, dans chacune de leurs situations. Comme, si on continue dans les choses qui n’ont rien à voir avec le film, chez Deschamps et Makeieff qui mettent en scène les petites gens, les petites compromissions et lâchetés de l’existence, les destins tordus.

                  Mais franchement, le rapport entre Borat et StripTease, faut le trouver :)


                • EM (---.---.3.110) 27 novembre 2006 14:56

                  En tout cas je confirme les rires gras dans les salles de cine aux US. Je dois avouer que j’ai ri a de nombreuses reprises, mais je trouve quand meme le film proprement insultant. Contre les Americains comme l’auteur le fait remarquer ; il a fait preuve de beaucoup de malhonnetete. Mais aussi contre les Kazakhs. La quasi-totalite de mes amis d’Europe de l’Est ont ete outres par ce film, et beaucoup ne comprennent pas que ca ait eu un tel succes aux US. Au contraire de la serie, ou S.Cohen joue sur les differences culturelles (imaginaires) pour faire reagir ses interlocuteurs americains de telle facon a montrer qui ils sont vraiment, ici je trouve qu’il est alle beaucoup trop loin, et que du coup on rit plus de lui, Borat, que des Americains. En fin de compte, la salle se moque plus des Kazakhs que des Americains.

                  (et puis il aurait mieux fait de choisir le Kirgistan que le Kazakhstan)


                • Frédéric Guillaume (---.---.151.248) 4 décembre 2006 19:47

                  Je suis belge et vient donc du lieu de création de l’émission « striptease ». Le striptease, c’est le dévoilement progressif de son corps par consentement. Par contre, un reportage nommé « striptease », c’est un acte cynique de mettre les gens à nus en abusant d’eux, les ridiculisant (souvent des gens faibles économiquement et culturellement par ailleurs), ce qui résulte souvent en un déclassement social de la personne piégée.

                  Drôle de parallèle avec Borat qui rencontre un tout autre dispositif.

                  L’intéret cinématographique de Borat résulte dans la naïeveté obtenue par le principe de caméra cachée ( ou caméra détournée). Borat prend des risques, improvise, se met en danger et obtient des réactions de l’ordre de l’innocence qui en dise long sur une société. La personne n’a pas eu le temps d’être salie socialement. On n’ a pas fait son portrait. On ne nous fait pas croire à la vérité d’une personne, mais à des réactions de gens qui appartiennent à une même culture : en l’occurence, l’Amérique, toute puissante et protégée (on est loin des attaques sur le quart-monde belge).

                  Borat est beaucoup plus ambitieux. Il s’agit pour lui de créer une autofiction dans le cadre duquel il ouvre une énorme perspective de contraste et de tentative de compréhension entre des peuples « un Kazhastan tziganique imaginaire et une Amérique virtuelle (pléonasme) ». Il utilise le réel pour faire de la force dans sa fiction. Il ne nous fait pas croire à une quelconque vérité, réalité ou objectivité.

                  Pourquoi s’attarder à tenir des propos critiques gênés et honteux ? Ne feriez vous pas de vous demander où il vous a touché ? Quels sont vos fonds de pudeurs sur lesquels vous ne pouvez absolument pas rire ? D’où vient cette limite que vous nommez et que Borat semble avoir dépassée ?

                  Borat est un concept de film inventif, insaisisable, et surprenant. Ne restons nous pas halluciné sur nos chaises quand, pris dans les transes de pentecotistes sectaires, il épouse entièrement ce que lui donne comme rédemption ceux dont nous rêvions qu’il se moque. On est complètement pris à l’inverse de nos préjugés.

                  Borat est un grand film de provocation, un engagement courageux et dangereux de son auteur et une volonté de confrontation avec les autres qui relève au final de tendresse.

                  Je ne comprend pas l’intérêt de s’acharner sur ce film plutôt que de s’acharner avec lui sur ceux qui ont peur des autres, qui ne savent pas remettre leurs cultures en question, et qui font, de cette complaisance et de ce manque d’autodérision, une valeur.


                • arnaudt 27 novembre 2006 12:21

                  « Ironie » de se foutre des populations du Middle-West ? Voilà bien la remarque de quelqu’un qui n’a pas vu un film qui n’a strictement rien d’ « ironique ».


                • (---.---.37.70) 28 novembre 2006 07:13

                  « On pourrait faire ce film dans n’importe quel pays qui prendrait un peu le melon. Il n’y aurait rien de plus salutaire. »

                  Les USA sont la seule super puissance mondiale, ils ont vaincu le facisme en 45 et 92, ils sont en pleine emplois et en croissance économique trés forte depuis 1992, leur investissements sont colossaux, leur productivité est la meilleur au monde (28 fois plus qu’un chinois..), ils sont pour le niveau de vie par rapport au français ce que sont les portugais par rapport à ces même français, etc, etc..

                  Il est normal qu’ils soient assez satisfait d’eux.

                  Plus ridicule serait d’être un petit pays en crise depuis 30 ans et de croire qu’on a des messages universels, des modéle sociaux ou je ne sait quoi qui interesse le monde...


                • arnaudt 28 novembre 2006 13:16

                  >« Arnaud malgré votre jeunesse vous n’ignorez certainement pas qu’il existe dans le monde entier un racisme autorisé et salutaire : Le racisme anti con »

                  un « racisme autorisé » ? diantre !

                  je reviens à la scène du rodéo, la plus dérangeante, la moins ironique, la moins « compréhensible » / utile du film, la scène clé en ce qui me concerne

                  le public du rodéo n’est pas « con », on ne nait pas con, on le devient (comme dit l’autre) par manque d’éducation, de moyens..

                  Baron-Cohen ne dénonce pas, on est aux antipodes d’un Moore (auquel décidément je ne vois pas comment on peut le comparer), il attaque de petites gens, des gens simples perdus au milieu d’un continent immense, sans beaucoup d’éducation, et avec des infos télés locales que même La République du Centre chez nous refuserait de passer.

                  sauf que Baron-Cohen n’est pas avec eux, pas de leur côté ; c’est ça qui me choque profondément quoi de plus facile que de se moquer, de faire rire aux dépens des gens simples. revoyez Roger&Me, ou plus généralement les films de Moore, quand il montre l’immense pauvreté de Detroit, qu’il l’a dénonce, et qu’il attaque non pas les victimes de la pauvreté, mais ceux qui l’ont créée.

                  (et je préfère 1000 fois sa dénonciation de la NRA via sa rencontre franco de port avec Charlton Heston, caméra visible, projet énoncé dès le départ, qui fait ELLE froid dans le dos, plutôt que les procédés douteux de Baron-Cohen)

                  Baron-Cohen ne montre jamais la moindre empathie avec les petites gens plus j’y pense, plus c’est un film minable

                  qu’il ne soit pas drôle soit, ce n’est pas grave ça n’en fera qu’un de plus ; mais que ce soit un film « à charge » non pas contre les causes et les responsables d’un état de fait, mais contre les personnes qui en sont les « victimes », je trouve ça insupportable.


                • (---.---.37.70) 28 novembre 2006 13:58

                  « il attaque de petites gens, des gens simples perdus au milieu d’un continent immense, sans beaucoup d’éducation, et avec des infos télés locales que même La République du Centre chez nous refuserait de passer. »

                  Ou l’on voit l’immense fatuité du type de gauche, alors même que les américains vont deux fois plus nombreux à l’université que les français.... Et si c’était vous, qui étiez sans beaucoups d’éducation ?


                • melanie (---.---.121.158) 28 novembre 2006 15:35

                  A Arnault .

                  OUI.


                • Bill Bill 27 novembre 2006 12:00

                  Mais chers amis, êtes vous allé voir ce film ? Vos opinions m’intéressent, j’avoue qu’il m’a vraiment dérangé !

                  Bill


                  • (---.---.37.70) 28 novembre 2006 07:07

                    « Vos opinions m’intéressent, j’avoue qu’il m’a vraiment dérangé ! »

                    en quoi ? Je ne comprend pas qu’un film aussi politiquement correct (se prétendre subversif est un classique du conservatisme, et puis ca épate le petit bourgeois) puisse déranger qui que ce soit. Peux tu être plus loquace sur ton dérangement STP ?


                  • Bill Bill 28 novembre 2006 09:51

                    En réponse à la question juste au-dessus

                    Ce qui me dérange ? Je crois que c’est le fait qu’il s’en prenne à des gens qui le reçoivent toujours bien. Cela a été tourné comme un documentaire, c’est dit plus haut je crois, je ne vais pas m’étaler, mais les gens le reçoivent gentiment.

                    Un couple de juif lui prépare à manger, dans le rodéo, même s’ils sont un peu beauf, il est bien accueilli mais il se fout d’eux... il va chez les évangélistes, là ils sont tout à fait ridicules, mais le reçoivent encore très gentiment.

                    C’est cela qui me dérange, tu vas me trouver un peu bête, mais c’est presque instinctif chez moi, c’est une rêgle morale : on ne se fout pas ouvertement comme ça de la gueule des gens qui t’accueillent, te préparent à manger, et t’admettent de suite dans leur cercle.

                    Mais je suis peut-être seul à avoir ressenti les choses comme ça ?

                    J’espère avoir bien répondu à cette question !

                    cordialement

                    Bill


                  • Manuel FLURY (---.---.9.14) 27 novembre 2006 12:03

                    YouTube était plein de vidéos de Ali G avant la sortie du film (je suis d’accord avec toi pour la manipulation, ça ne m’étonne même pas, même principe que le merchandising Disney ou le club Dorothée qui impriment leur nom dans nos consciences dès le plus jeune âge). En ce moment ce qui est bien désagréable c’est Ford et le dernier James Bond.

                    Et donc pour revenir au sujet Ali G s’adresse plus au public anglophone (USA et UK) ou il a réellement cartonné. On trouve aussi beaucoup de vidéos sur les sites concurrents de YouTube, comme Google Vidéo et les autres ...


                    • docdory docdory 27 novembre 2006 12:09

                      @ l’auteur

                      Moi , j’ai hurlé de rire pendant tout le film même si je reconnais qu’il est de mauvais goût . Un peu de mauvais goût de temps en temps , qu’est-ce que ça fait du bien aux zygomatiques !!


                      • docdory docdory 27 novembre 2006 12:12

                        @ l’auteur

                        Après tout , Voltaire trouvait Rabelais de mauvais goût et consternant . Néanmoins c’est hilarant !


                      • (---.---.37.70) 28 novembre 2006 07:05

                        Je crois que tout le monde est d’accord sur Rabelais : des passages géniaux, et d’autre sans interets en dessous de la ceinture. Il voulait sans doute flater le gout des paysans.


                      • tal 27 novembre 2006 12:10

                        La seule vrai question a se poser , non seulement en prenant en considération le contenu de ce fil, et le profil de l’acteur de même que pour cet humoriste (dont j’ai oublié le nom) qui vient de faire scandale aux US,pour avoir interpellé dans ces tèrmes,un spectateur noir qui perturbait en sifflant son spectacle.« l’humoriste » en question, se mit alors a hurler des insultes racistes (pour rire... smiley)d’une violence inouïe. « Foutez le dehors,c’est un nègre !C’est un nègre !!!!Dans le temps il se serait retrouve dehors, pendu à un arbre, avec une fourchette plantée dans le cul,(sic)... ». smiley

                        Devant la vague d’indignation soulevé par ses propos( prétendument proférés pour...rire ! smiley, « l’humoriste » en question, s’est vu obligé de présenter des excuses « aux blancs, aux noirs, et ausx latinos que ses propos ont pu choquer »(sic).

                        Il faut préter une grande attention aux origines communautaires de ceux qui se comportent actuellement ainsi, se demander pourquoi, et si le même « humour » serait autorisé symétriquement à d’autres, sans déclencher un tollé dans l’opinion. Très Shakespearien, « être ou ne pas être, c’est la question » smiley


                        • Josew (---.---.25.142) 27 novembre 2006 12:17

                          On se damnde si la moustache de Borat n’est pas un clin d’oeil à celle de Saddam Hussein et des Irakiens... il y a un côté anti-arabe assez malsain en effet dans ce film un peu pipi-caca qui peut faire rigoler de temps en temps (j’ai vu des videos sur you tube pour me forger une opinion).

                          Je pense que c’est ce côté-là qui a plu au public anglais et étasunien, afin peut-être d’exorciser leur mauvaise foi sur l’Irak et le Moyen-Orient...

                          Mais bon, c’est une explciation parmi d’autres à cet énorme succès dans ces pays et ce relatif flop par chez nous...


                          • jo2pari (---.---.69.141) 27 novembre 2006 12:18

                            Pour info, Borat existait bien avant ce film, et il s’en prenait...à ses compatriotes, les Anglais, et à leurs spécificités, leurs stéréotypes (chasse au renard à courre, cricket, golf, courses à la rame entre universités, etc...) Le procédé comique peut s’appliquer à n’importe quelle nationalité...à n’importe quel groupe humain...Sacha Baron Cohen parle l’Anglais, il aurait donc eu du mal à faire ce film en France, ou en Allemagne, mais je suis certain qu’il aurait obtenu un résultat similaire avec des representants de professions, d’associations, d’institutions, de partis politiques de n’importe quel pays du globe...

                            Les américains ne sont pas plus racistes, naïfs, xenophobes, ignares, etc... que les Anglais, les Australiens ou n’importe ressortissants de nation anglophone, - quoique... smiley, simplement, pour fair un film, le marché américain est plus interessant commercialement, c’est tout.

                            Moi j’ai bien ri (même si je prefère la fraicheur de ses premiers squetches pour la tv anglaise), mais je ne vois pas le mal partout...


                            • arnaudt 27 novembre 2006 12:24

                              Je n’ai effectivement pas vu ses sketchs « anglais » et je serais curieux de les voir pour constater s’ils donnent la même -mauvaise- impression...

                              Tu les as vus ? Qu’en as tu pensé ?


                            • Josew (---.---.25.142) 27 novembre 2006 12:32

                              Oui, on peut retrouver les sketches douteux sur les anglais sur youtube.

                              Cela dit, tout cela n’enlève rien au côté un peu malsain et « clichéeux » de ce film, même si on peut effectivement rire sur certains sketches (j’ai parfois ri)...

                              Extraits ici : http://www.blog-oozap.net/?p=54

                              ...


                            • antoine (---.---.237.22) 27 novembre 2006 12:55

                              Comme disait l’autre : on peut rire de tout mais pas avec tous le monde.

                              j’ai trouvé ce film très drôle même si ce n’est pas de l’humour très fin. Et dans une société de plus en plus « politiquement correct ». Je trouve que ce genre de film apporte un peu d’air frais


                              • ropib (---.---.27.229) 27 novembre 2006 13:23

                                On peut rire de tout, avec n’importe qui. Maintenant on a le droit de ne pas rire sans pour cela exiger des autres de ne pas rire eux aussi.


                              • (---.---.37.70) 28 novembre 2006 07:01

                                « Et dans une société de plus en plus »politiquement correct« . Je trouve que ce genre de film apporte un peu d’air frais »

                                Bien entendu, le politiquement correct écrasant ne parle jamais de la lutte contre le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, l’homophobie et j’en passe, c’est bien connu... (Qu’est ce qu’il ne faut pas lire...)


                              • mijdrol (---.---.111.244) 27 novembre 2006 14:05

                                On peut supposer sans trop de risque de se tromper que les gens qui apparaissent dans ce film, parfois a leur désavantage, ont accepté d’apparaitre à l’ecran. Ce ne sont pas des victimes, au contraire, leur démarche montre une capacité d’autodérision plutot respectable qui mérite mieux que le ton un peu paternaliste de l’article.


                                • (---.---.60.217) 27 novembre 2006 22:35

                                  Compte-tenu des plaintes judiciaires qui se multiplient, le doute est permis.



                                  • prince2phore prince2phore 27 novembre 2006 14:37

                                    je compte bien aller voir le film pour ma part et connaissant Ali G depuis de nombreuses années (et le personnage de Borat du temps ou il sevissait en grande bretagne) je suis resté complètement insensible à votre émoi devant cet humour qui décidément s’adresse à un public plus adulte qu’il n’y parait. au diable votre pudibonderie, depuis quand faut-il aimer pour critiquer ? qui juge si vous aimez assez pour cirtiquer ? vive la démocratie, vive la liberté d’expression et mort aux cons !

                                    non mais smiley

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