Si le cinéma a toujours été un important facteur d’influences en tout genre, c’est surtout dans les modes et dans les attitudes que le septième art est définitivement devenu un objet de convoitise, un objet d’inspiration. Motif essentiel du cinéma, la chevelure est rapidement devenue un composant cinématographique complexe qui fait aujourd’hui figure de miroir historique en devenant le parfait reflet d’une époque. La cinémathèque française a ainsi eu la brillante idée d’organiser une exposition autour de la chevelure afin de souligner les multiples usages que le cinéma - et l’art en général - a fait de cet ustensile de séduction mais aussi de révolte. Retour en images sur cette exposition qui dure jusqu’au 16 janvier 2011.

Une scénographie exemplaire
Depuis l’extérieur, le visiteur peut déjà apercevoir une impressionnante sculpture, The Isolated Child, réalisée spécialement pour l’occasion par l’artiste Alice Anderson. D’une taille impressionnante, l’œuvre a été réalisée avec 5000 mètres de cheveux de poupées transportés par bateaux depuis la Chine.
A l’image de cette production, l’exposition dispose d’une scénographie exceptionnelle qui accompagne le spectateur avec la plus grande des fluidités. Les nombreux écrans permettent d’apporter une interactivité intéressante alors que les tableaux, sculptures et autres photographies sont parfaitement mis en valeur par un placement toujours judicieux.
Le cinéma, reflet sociologique de l'époque

Depuis les années 30 et l’avènement d’Hollywood, le cinéma n’a cessé d’imposer le mythe de la blondeur, synonyme d’attirant exotisme. Ainsi se sont succédées des stars internationales comme Marilyn Monroe, Brigitte Bardot, Rita Hayworth ou encore Catherine Deneuve qui se sont érigées en véritable porte parole du blond - caractéristique physique excluant les minorités ethniques qu'étaient les noires et les sud-africaines.
De nouveaux modèles issus de la diversité culturelle

Avec l'émergeance de nouvelles sociétés et de la diversifaction du cinéma, de nouveaux modèles issus du métissage de la mondialisation font leur apparition. Ainsi, les cheveux noirs se trouvent de nouveaux icones (Pénélope Cruz, Halle Berry) et traduisent la fin d'un règne sans partage de la blondeur, que ce soit au cinéma mais aussi à la télévision : la montée en puissance du cinéma asiatique et africain ne fait que renforcer ce constat.
La chevelure, matière à capturer

Le cheveux fait office de défi technique permanent pour le cinéaste. En perpétuel mouvement mais condensé dans une masse unifiée, la gestuelle qui vise à en modifier son apparence peut s’apparenter à un langage à part entière. Le désir, le désaveux ou encore la révolte trouvent en effet source dans ce même mouvement circulaire que nombre de cinéaste ont cherché à immortaliser.
Principal objet identitaire du personnage

Dans de nombreux films, la coiffure a été utilisée par les réalisateurs comme un véritable objet identitaire. Le don de ses cheveux donne ainsi souvent lieu à des séquences d'une rare violence et dépasse le cadre même du film : l'actrice qui accepte ce sacrifice offre son corps au personnage qu'elle incarne, au film qu'elle porte.
La rivalité blonde/brune, socle de nombreux scénarios

Certains cinéastes ont fait de la rivalité entre blonde et brune un thème central de leurs scénarios. Ainsi, Alfred Hitchcock ou encore David Lynch ont souvent joué sur cette dualité pour canalyser toute la tension de leurs films. "La parfaite femme à mystères doit être blonde, subtile et nordique" affirmait Hitchcock : une obscession particulièrement visible dansVertigo.
Six courts-métrage inédits

Pour l'exposition, six réalisateurs ont accepté de de réaliser un film en rapport avec le thème : Isild Le Besco (pour Bette Davis), Yousry Nasrallah (pour Objet trouvé sur un tournage), Pablo Trapero (pour Rumor), Nobuhiro Suwa (pour Les cheveux noirs), Abbas Kiarostami (pour No) et Abderrahmane Sissako (pour Ni brune ni blonde). Une excellent initiative, même si certains courts peuvent se relever peu intéressants car assez simplistes.

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Excusez-moi d’utiliser des termes qui ne vous conviennent pas... mais qui traduisent tout (...)
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