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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Byron le Magnifique

Byron le Magnifique

PPDA l’a remis au gout du jour avec son récent roman « La mort de Don Juan » (Albin Michel) mais ce n’est pas de PPDA que j’aimerais vous parler aujourdhui...Byron5

Mais de Lord Byron lui meme... ;)

Byron

Personnage fascinant, d’une très grande beauté malgré un pied déformé, figure de proue du mouvement romantique anglais, mort à 36 ans en grèce après une vie de stupre et de luxe, marquée d’une oeuvre poetique brillante...

On a dit beaucoup de bien de lui, beaucoup de mal aussi...
Car c’était un personnage hors du commun, et très grand libertin, autant avec les hommes qu’avec les femmes...ce qui fit scandale evidemment. On murmura aussi qu’il avait des rapports incestueux avec sa demi soeur.

Il eut un enfant, une petite fille, Allegra, ravissante, qui mourut à l’age de 4 ans, un drame pour lui. Excellent nageur malgré son pied bot qui empoisonnait sa vie, Byron, lorsqu’il vivait à Venise, aimait à traverser le grand canal à la nage, ses vetements roulés en boule sur sa tête...

Biographie (source Evene)
George Noel Gordon, connu sous le nom de lord Byron. Poète anglais, né à Londres (Holles-Street) le 22 janvier 1788, mort à Missolonghi le 19 avril 1824.
Son père ayant dilapidé la fortune familiale, George Gordon Byron passe une enfance taciturne auprès d’une mère blessée. A dix ans, il hérite d’un grand-oncle paternel le titre de lord et le domaine de Newstead Abbey. Il fait ses études à Dulwich, puis à la public school de Harrow. En 1805, il va à l’Université de Cambridge où il côtoie la jeunesse aisée et commence à s’endetter. Son premier recueil, ’Les heures d’oisiveté’, est publié avant la fin de ses études. Il traverse l’Europe en pleines guerres napoléoniennes et gagne la Grèce. En 1811, il revient en Angleterre, publie les deux premiers chants du ’Chevalier Harold’ avec succès et prononce son premier discours remarqué à la Chambre des Lords. Sincère, il ne s’inquiète pas de choquer et aime à être satyrique. Libéral, il ne hait que l’hypocrisie et la tyrannie. Sa vie est rythmée entre l’écriture, les voyages et les femmes. Accablé par les deuils, perdant en 1822 sa fille Allegra, affaibli par la malaria, il s’embarqua en juillet 1823 pour la Grèce, gagna Missolonghi où il organisa les différentes factions du mouvement de libération de la Grèce en lutte contre les Turcs. Nommé commandant en chef des forces armées grecques en janvier 1824, Byron, terrassé par une fièvre, mourut à Missolonghi, trois mois plus tard.

Glané sur L’Encyclopédie Angora : Lord Byron, « ce pessimiste allègre, cet égoïste généreux, ce gourmand frugal, ce sceptique passionné, ce grand seigneur nonchalant qui fut un révolutionnaire actif, ce nordique fasciné par l’Orient, ce tempérament de droite aux idées de gauche, ce pédéraste couvert de femmes, ce disciple d’Épicure qu’habitait la peur de l’enfer chrétien, cet adversaire de l’impérialisme qui vénérait Napoléon, ce suicidaire amoureux de la vie, cet ami des Turcs qui est mort pour la liberté du peuple grec, ce poète à la réputation sulfureuse et au coeur pur » (Gabriel Matzneff).

Baudelaire dresse un portrait du « dandy » :

« l’homme riche, oisif, et qui, même blasé, n’a pas d’autre occupation que de courir à la piste du bonheur ; l’homme élevé dans le luxe et accoutumé dès sa jeunesse à l’obéissance des autres hommes, celui enfin qui n’a pas d’autre profession que l’élégance, jouira toujours dans tous les temps, d’une physionomie distincte, tout à fait à part ».

Ce qu’il faut lire de lui :

Byron_2

Ce petit recueil offre toute une gamme de sonnets, poèmes lyriques ou poèmes célèbres comme ?Ténèbres’ ou ?Prométhée’. (editions Allia)

Childe Harold :
C’est de son voyage de fin d’étude à travers l’Europe que Byron ramène les récits du pèlerinage du Chevalier Harold aux couleurs autobiographiques. Il peint le portrait d’un jeune aristocrate sevré d’affection et d’amour, blasé des plaisirs, qui traîne avec lui mélancolie et solitude.

Don Juan : un riche poeme satirique qui le fit connaitre dans le monde entier. C’est la création « maîtresse » de Byron, son chef-d’oeuvre incontesté ! Oeuvre immense, exubérante, aux dimensions épiques (au total de plus de 16000 vers !) dont la publication s’échelonna de 1819 à 1824.

extrait de Don Juan en anglais :

I want a hero : an uncommon want,
When every year and month sends forth a new one,
Till, after cloying the gazettes with cant,
The age discovers he is not the true one ;
Of such as these I should not care to vaunt,
I’ll therefore take our ancient friend Don Juan —
We all have seen him, in the pantomime,
Sent to the devil somewhat ere his time[/i]

Quelques citations :

L’univers est une espèce de livre dont on n’a lu que la première page, quand on n’a vu que son pays. Extrait de Childe Harold’s pilgrimage

J’ai passé le temps d’aimer ; désormais nul charme de jeune fille, de femme mariée et encore moins de veuve, ne pourra plus faire de moi la dupe que je fus autrefois. Bref, je ne dois plus mener la vie que je menais ; j’ai perdu l’espérance crédule des tendresses mutuelles, l’usage copieux du bordeaux m’est pareillement interdit ; donc pour me constituer un bon vice de vieux monsieur, je crois qu’il me faut adopter l’avarice. Don Juan

Et si je ris de toute chose ici-bas, C’est afin de n’en pas pleurer.
Don Juan


un poème :

J’achève en ce jour ma trente-sixième année
par Lord Byron

Il est temps pour ce coeur de cesser d’être ému
S’il lui est désormais refusé d’émouvoir.
Pourtant, si je ne suis plus l’aimé,
Que j’aime encore !

Mes jours ont leur feuillage jauni,
Fleurs et fruits de l’amour ont passé ;
Le ver, le chancre et la douleur
Sont pour moi seul !

Il a, ce feu qui ronge ma poitrine,
L’ isolement d’une île volcanique ;
Nulle torche ne s’allume à sa flamme
Bûcher funéraire !

L’espoir, la peur, le souci jaloux,
La part enivrante des peines
Et du pouvoir de l’amour me fuient,
Je garde les chaînes !

Mais ce n’est pas le lieu ni le moment
Que des pensées de la sorte m’assaillent
Quand la Gloire orne la bière
Ou ceint le front !

L’épée, l’étendard, et le champ de bataille,
La Gloire et la Grèce les voient autour de nous !
Étendu sur son bouclier, le Spartiate
Ne fut pas plus libre !

Un sursaut ( non de la Grèce, elle est debout !)
Un sursaut, oh mon âme ! Songe en qui
Ton flux vivant reconnaît sa source natale
Et n’hésite plus !

Étouffe en toi ces passions renaissantes,
Homme indigne. Que te laissent
Indifférent et le sourire et le dédain
De la Beauté !

Si tu as regret de ta jeunesse, à quoi bon vivre ?
Le lieu de la mort valeureuse
Est ici. Au combat ! Viens offrir
Ton dernier souffle !

Recherche, plus souvent rencontrée que voulue,
La tombe d’un guerrier ; elle te convient.
Regarde alentour, choisis bien le terrain,
Et gagne ton repos !

facsimilé d’une lettre du journal de Byron :
Byron3

a lire aussi :
Byron_4

Lord Byron passe l’été 1816 à la Villa Diodati avec ses amis les Shelley, Claire Clermont et un jeune médecin qui accompagnait le poète : Polidori. Paul West réécrit le journal de ce compagnon de route, le sien ayant été détruit après sa mort. (Editeur : Rivages)

Tatiana de Rosnay


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