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Caméra multispectrale et numérisation très haute résolution des toiles de maîtres

La société Lumière Technology développe depuis plusieurs années un projet tout à fait extraordinaire : la numérisation très haute résolution des toiles de maîtres grâce à une caméra multispectrale créée par cette société et dotée de treize canaux allant des UV aux infrarouges.

Le tableau à numériser est donc balayé automatiquement treize fois de suite avec un filtre différent, le tout est informatiquement sauvegardé dans des bases de données gigantesques prévues à cet effet.

À partir de cette acquisition numérique haute fidélité, outre la sauvegarde définitive du tableau, toutes sortes de calculs informatiques complexes deviennent possibles, l’invisible est désormais susceptible d’apparaître grâce à l’analyse des spectres et à des fonctions d’interpolation ou d’approximation.

Un des objectifs premiers de cette étude de longue haleine est de constituer la base de données mondiale des tableaux de maîtres en multispectral. On peut distinguer quatre justifications immédiates à sa concrétisation :

premièrement, la conservation du patrimoine pictural mondial de l’humanité ;

deuxièmement, la propagation de l’art pictural puisqu’il devient ipso facto possible de consulter ces œuvres et donc de disséminer le sens du beau ;

troisièmement, l’aide à l’enseignement ;

quatrièmement, la possibilité de certification de certaines pièces, notamment sur la base de la comparaison.

À ces quatre raisons premières qui légitiment l’aboutissement de cette expérience passionnante, s’ajoute un certain nombre de possibilités techniques susceptibles d’intéresser aussi bien les musées que les particuliers en possession d’œuvres majeures ou même les chercheurs, notamment :

- l’identification des pigments utilisés par le peintre,

- l’aide à la restauration des œuvres,

- la restauration virtuelle,

- le dévernissage virtuel,

- l’identification des signatures,

- la carte des restaurations,

- la restitution des dessins sous-jacents,

- la mise en évidence de repeints (hésitations du peintre).

Il y aurait énormément d’anecdotes savoureuses à raconter dans l’utilisation de cette merveille, par exemple, un tableau acheté 2 euros et daté de 1912 qui s’avère être un Picasso, lequel utilisait la peinture la moins chère de l’époque à savoir Ripolin, deux doigts de la Joconde qui ont été légèrement retouchés par Léonard de Vinci, la possibilité de restituer les vraies couleurs de cette Joconde en supprimant par programme le vernis, le tout, bien sûr, sans toucher au tableau lui-même et donc sans le détériorer.

Bref, les tableaux nous révèlent leurs secrets, les procédés matériels de l’art sont désormais accessibles et interprétables.

Espérons que ce projet aboutira, on lui reproche essentiellement de ne pas être rentable, mais les musées le sont-ils ? Et ont-ils à l’être ? La sauvegarde définitive du patrimoine pictural mondial et la possibilité d’accéder aux arcanes des œuvres ainsi qu’aux différentes techniques de leur création devraient s’avérer in fine un argument de poids pour pouvoir financer et concrétiser cette formidable expérimentation.

Pour clore cette description, voici deux vidéos, la première donne une explication technique du multispectral, la deuxième, un exemple de certification.


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1 réactions à cet article    


  • Ivan Gonçalves Ivan Gonçalves 17 septembre 2008 11:16

    Signalons également le système italien HAL9000 qui permet de scanner de très grandes surfaces peintes avec une très grande résolution (spatiale pas spectrale). Voir par exemple cette numérisation de la cène de Léonard de Vinci (16 milliards de pixels) disponible en ligne.

    Il existe également des scanners 3D pour numériser les sculptures, le David de Michel-ange par exemple a été scanné.

    Ce genre de technologie ouvre effectivement de formidables perspectives de conservation et de restauration virtuelle.

    La numérisation des œuvres d’arts aboutira peut-être un jour à un Google art…

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