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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Catharina van Hemessen, la pionnière oubliée

Catharina van Hemessen, la pionnière oubliée

 Après la rebelle Artemisia Gentileschi, l’austère Sofonisba Anguissola et l’élégante Adélaïde Labille-Guiard auxquelles j’ai consacré des articles (cf. liens), zoom sur une autre pionnière de la peinture féminine injustement oubliée : la flamande Catharina van Hemessen...

Née en 1528 dans la florissante ville d’Anvers, Catharina van Hemessen est la fille du peintre maniériste Jan Sanders van Hemessen, célèbre pour la qualité de son art, mais aussi pour ses représentations des travers humains intemporels comme la vanité ou la cupidité. Peintre, mais aussi marchand prospère et ami du bourgmestre, le père de Catharina offre à sa fille une éducation de premier ordre dans une ambiance bourgeoise et raffinée.

Père d’une autre fille qui deviendra musicienne et de trois fils qui étudieront également la peinture, c’est tout naturellement Jan Sanders qui forme Catharina à l’art pictural. Et de belle manière puisqu’il n’hésite pas, dès l’adolescence de la jeune fille, à la prendre comme collaboratrice pour réaliser ses propres œuvres. D’aucuns prétendront même que Catharina peignait les arrière-plans des tableaux de son père, une affirmation aujourd’hui totalement démentie par les experts, notamment pour des raisons stylistiques. 

Catharina van Hemessen n’entend toutefois pas rester dans l’ombre de son père. Sitôt sortie de l’adolescence, elle entreprend de réaliser des portraits de femmes et d’hommes appartenant à la noblesse et à la riche bourgeoisie flamande. Des portraits si réussis que la régente des Pays-Bas, la reine Marie de Hongrie – fille de Philippe le Beau et Jeanne de Castille – s’enthousiasme pour le talent de la jeune femme. Au point qu’elle devient son mécène et l’un de ses principaux commanditaires.

Très vite, la réputation de l’artiste s’étend sur la Flandre et, privilège insigne pour une femme de la Renaissance, Catharina est nommée membre de la Guilde de Saint-Luc, une organisation corporative de prestige qui regroupe artistes, marchands et amateurs d’art. Preuve de la reconnaissance dont elle jouit, Catharina est également autorisée à donner des cours à des hommes, fait là aussi rarissime pour une femme de cette époque.

En 1554, âgée de 26 ans, Catharina van Hemessen épouse Kerstiaen de Moryn (Chrétien de Morien), l’organiste de la cathédrale d’Anvers. Deux ans plus tard, Marie de Hongrie démissionne de la régence des Pays-Bas, où elle avait été nommée par son frère Charles Quint, pour retourner vivre dans cette Espagne dont elle est nostalgique bien qu’étant née à Bruxelles. La reine Marie invite Catharina et son mari à la suivre dans la capitale espagnole. À son tour, le couple prend la direction de Madrid où Kerstiaen pourrait avoir continué une activité d’organiste tandis que son épouse prenait en charge l’éducation artistique des demoiselles d’honneur de la Cour.

L’autoportrait au chevalet : une première mondiale

Le séjour espagnol sera toutefois de courte durée car Marie de Hongrie décède en 1558. Catharina et son époux reviennent s’installer en Flandre, à Anvers d’abord, puis à Bois-le-Duc, nantis d’une rente à vie que la reine a octroyée à sa protégée. Moins d’un an plus tard, une autre pionnière de la peinture féminine, l’Italienne Sofonisba Anguissola, est appelée à son tour à la Cour d’Espagne par le successeur de Charles Quint, le roi Philippe II. À quelques mois près, ces deux symboles de l’émancipation artistique des femmes auraient pu se rencontrer et confronter leurs expériences.

Dotée d’une rente confortable, nul ne sait si Catharina van Hemessen continue de peindre à son retour en Flandre. Il est même possible qu’elle ait arrêté dès 1554, année de son mariage, car il n’existe aucune toile connue postérieure à cette date. Peut-être a-t-elle tout simplement cessé de peindre après avoir épousé Kerstiaen de Moryn comme le voulaient les convenances du temps.

On ne sait rien non plus des dernières années de Catharina van Hemessen. Elle serait décédée en Flandre au terme d’une vie confortable et sans trop d’aspérités, comparée à celle de la flamboyante et tourmentée Italienne Artemisia Gentileschi. Nul ne connaît la date de sa mort. Seule certitude : elle vivait encore en 1567, son existence à cette date ayant été confirmée par l’un de ses contemporains, le critique d’art Ludovico Guicciardini. 

Côté inventaire, on ne connaît que treize tableaux datés et signés de la main de Catharina van Hemessen : 9 portraits et 4 sujets religieux. Cinq autres – 3 portraits et 2 sujets religieux – lui sont toutefois attribués par les experts, comme en témoigne Karolien de Clippel, enseignante à l’université d’Utrecht et spécialiste de son œuvre. Généralement considérée comme la première artiste peintre féminine de l’école flamande, Catharina van Hemessen serait également la première à avoir réalisé un autoportrait présentant l’artiste au travail devant son chevalet, le pinceau à la main. Ne serait-ce que pour ces deux raisons, alliées à un incontestable talent, la pionnière flamande mériterait que son nom ne reste pas inconnu des amateurs d’art. C’est tout l’objet de cet article : contribuer à lui rendre cette justice.

Les toiles de Catharina van Hemessen sont exposées au Rijksmuseum d’Amsterdam et à la National Gallery de Londres, à l’exception de son plus célèbre tableau, le fameux autoportrait, visible au Kunstmuseum de Bâle.

Documents joints à cet article

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17 réactions à cet article    


  • brieli67 7 avril 2010 11:44

    http://en.wikipedia.org/wiki/File:Brunswick_Monogrammist_-_Itinerant_Entertainers_in_a_Brothel.jpg

    Fergus tu connais le Monogrammiste de Braunschweig ?

    Ah ! ces écoles Flamandes ... on ne sait qui tenait le pinceau de qui...
    Cà produisait et ça se vendait.

    Mathis Gothart Nithart Grünewald, les Dürer, Johann Wolfgang von Goethe, Hugo et pas que le Edler von Hofmannsthal, les Dumas....



    • Vincent Delaury Vincent Delaury 7 avril 2010 13:05

      Bravo de rappeler que la peinture n’est pas qu’une affaire d’hommes !


      • Fergus Fergus 7 avril 2010 13:28

        Bonjour, Vincent.

        J’y suis en effet très attaché tant je trouve injuste la misogynie qui domine encore trop souvent les milieux artistiques. Concernant ces femmes peintres méconnues, je publierai prochainement d’autres articles sur des artistes talentueuses, et notamment l’Italienne Lavinia Fontana et la française Marie-Gabrielle Capet qui fut l’élève d’Adelaïde Labille-Guiard. 


      • Fergus Fergus 7 avril 2010 13:06

        Salut, Brieli.

        Oui, je connais (un peu) ce peintre anonyme, précisément parce que les oeuvres de cet artiste ont été, à une certaine époque, attribuées à... Jan sanders van Hemessen, le père de Catherina.

        Pour ce qui est de savoir qui tenait le pinceau de qui, cela n’a pas été spécifique à la peinture flamande, mais un usage plus ou moins répandu dans toutes les écoles et à toutes les périodes jusqu’à l’Empire. La même confusion a notamment régné chez les maniéristes italiens disciples du Caravage. 

        Bonne journée.

         


        • Arunah Arunah 7 avril 2010 17:51

          Bonjour Fergus !

          Vos articles sont délicieux et constituent une parenthèse bienvenue au milieu des buzz du microcosme...
          Merci de nous aérer du quotidien et de nous faire découvrir cette artiste fort peu connue. Bien que minoritaires, les femmes peintres ne sont nullement inférieures à la moyenne de leurs homologues masculins, simplement, elles sont moins connues...
          C’est avec raison que vous soulignez le fait extraordinaire qu’une femme puisse devenir membre d’une guilde... là est le coeur du problème...

          Connaissez-vous la chaîne You Tube http://www.youtube.com/user/marisayutub ?

          Cette chaîne est essentiellement consacrée aux peintresses ( ? ), peinteuses ( ? ), bref aux femmes-peintres ! L’absence de terme propre en dit long sur l’étendue du problème... 
          Les vidéos, magnifiques, sont malheuresement souvent accompagnées de bandes-son inappropriées... Nobody’s perfect ! 


          • Fergus Fergus 7 avril 2010 19:21

            Bonsoir, Arunah.

            Un grand merci pour votre commentaire. Comme vous, je regrette que les femmes peintres ne bénéficient pas de la même notoriété que les hommes alors que talent de celles qui ont eu l’opiniâtreté de se lancer dans cette difficile carrière est souvent égal à celui des hommes. Il est vrai qu’elles étaient autrefois peu nombreuses à franchir le pas. La faute aux préjugés, au machisme et... au mariage.

            Un machisme qui, bien que les choses se soient beaucoup améliorées, est encore présent de nos jours, comme j’ai pu le constater dans une association artistique dont j’ai été membre.

            Merci également pour le lien avec ce site que je ne connaissais pas. Dommage en effet que les musiques choisies ne soient pas toujours en harmonie avec les oeuvres présentées dans les « clips ». J’en ai regardé trois, avec une prédilection pour celui consacré à la talentueuse Américaine Anna Lea Merritt. J’y retournerai rapidement.


          • Arunah Arunah 8 avril 2010 02:29

            @ Fergus

            Pour alimenter votre gourmandise voici une autre chaîne qui associe peinture ET musique, ce qui est tout de même plus civilisé !

            http://www.youtube.com/user/argesarge

            Tout de même, que cela ne vous empêche pas de trouver le temps de nous trousser quelques articles...


          • Fergus Fergus 8 avril 2010 09:02

            Bonjour, Arunah.

            Merci pour cet autre lien qui allie musique et peinture. Pour le plaisir, je viens d’aller écouter « La volte » de Praetorius dans une version jouée à la vielle. Praetorius, un compositeur que j’apprécie particulièrement, tout comme cet autre grand nom de la musique ancienne, son cadet anglais John Playford.

            Je vois qu’il y a également Spiegel im Spiegel d’Arvo Pärt, une oeuvre lancinante d’un compositeur estonien peu connu en France, excepté à Rennes où je vis, grâce à la venue comme chef de l’Orchestre national de Bretagne de... l’Estonien Olari Elts. Un autre chef d’orchestre estonien, Arvo Volmer vient d’ailleurs d’entamer une collaboration qui devrait permettre à Part de se trouver de nouveau au programme de prochains concerts.

            Pour ce qui est d’écrire, je continuerai en fonction de mes disponibiltés.
            Merci de vos encouragements et bonne journée.


          • Surya Surya 7 avril 2010 21:57

            Bonsoir Fergus,

            Très belle série d’articles (je ne peux pas dire triptyque puisque ça fait le 4ème sur les femmes peintres, et là aussi comme pour peintresse ou peinteuses, là je ne sais pas comment dire, il y a un mot pour ça ? Quadruptyque ?).
            Je ne connaissais pas cette artiste (ni les autres d’ailleurs). Ca donne envie de retourner à Londres, où je n’ai eu le temps de voir que le Tate Modern, et Amsterdam où je me suis juste baladée, pour aller visiter les deux musées que vous avez cités.
            C’est drôle comme à l’époque on ne peignait pas les cils des femmes, c’est juste un détail, mais c’est tout de même curieux. Savez vous si ça correspondait à un canon de beauté de l’époque ? D’ailleurs, au délà de la beauté de ces peintures, qu’elles soient réalisées par des hommes ou des femmes, qui nous font rester des heures à regarder la finesse des petits détails, j’aime bien en profiter pour observer les tenues vestimentaires et les coiffures des différentes époques.
            Je trouve que la peinture, en règle générale, a quelque chose d’apaisant. Je saurais pas expliquer pourquoi, mais en tout cas ça ne me fait pas la même chose avec la photo, que pourtant j’adore aussi.


            • Fergus Fergus 7 avril 2010 22:43

              Bonsoir, Surya.

              Quadriptyque pourrait convenir. Au delà, je ne sais pas !

              Si l’on peut voir des « flamands » au British Museum, aucune chance en revanche d’en rencontrer à la Tate Modern. Curieux musée que celui-ci, avec des oeuvres superbes mais aussi des installations pour le moins douteuses et dont j’ai franchement du mal à leur trouver une quelconque parenté avec l’art. Mais c’est un avis personnel. 

              Je ne sais pas pour quelle raison les femmes ont été représentées durant de siècles sans leurs cils. J’imagine qu’il s’agissait là d’une sorte de tabou, la seule pilosité acceptée sur les tableaux étant celle des cheveux, le pubis étant également présenté sans poils lorsqu’il n’était pas dissimulé, notamment dans les scènes mythologiques.

              Comme vous, je trouve la peinture apaisante. Et de nombreux tableaux regorgent de détails particulièrement instructifs sur les modes de vie, voire les moeurs de l’époque mise en scène. C’est particulièrement vrai dans la peinture flamande et notamment les scènes champêtres ou les kermesses souvent représentées de manière picaresque.

              La photo peut également être émouvante et nous interpeller profondément, aussi bien lorsqu’elle montre des paysans sans terre comme le fait si bien Salgado ou de vieilles ruelles disparues de Belleville que Ronis a immortalisées. Mais comme vous, je préfère la peinture car elle me parle plus.


            • Arunah Arunah 8 avril 2010 01:17

              Bonjour Surya !

              Scoop : pour autant que je sache le mascara n’était pas encore inventé... Donc les cils se voyaient moins, d’autant plus que les flamandes étaient plutôt blondes et avaient sûrement les cils peu fournis ( voir les hollandaises blondes sans mascara... ). D’autre part, les poils étaient si peu appréciés que les nobles dames se rasaient une bande de cheveux afin d’avoir le front très haut... Et l’on disait : poilu comme un diable... De plus, la peinture n’a jamais représenté les poils, pubiens ou poil aux pattes, simplement, cela n’était pas admis... la pilosité étant associée au Malin... 

              Et pour ne pas prendre de risques inutiles, que pensez-vous de ’polyptyque’ qui peut vous amener très loin, en sécurité ? ou oeuvre en quatre panneaux ?





            • Arunah Arunah 8 avril 2010 01:22

              @ Fergus

              Sur certains tableaux de facture très rustique, les cils peuvent être peints dans le style « pattes de mouches ». Au vu des résultats, il paraît sage de s’en abstenir...

              Mais, ce que j’en dit, hein... 


            • Fergus Fergus 8 avril 2010 09:08

              @ Arunah.

              Vous avez raison, lorsque la représentation est médiocre, mieux vaut s’abstenir. C’est peut être d’ailleurs la raison qui pousse un nombre croissant de peintres de nos jours à représenter les visages dans leur ovale et sans le moindre détail. Une mode bien pratique pour les amateurs et les stakhanovistes qui ne peut toutefois trouver sa justification que dans une certaine abstraction.


            • Surya Surya 8 avril 2010 13:41

              Bonjour Fergus,

              J’ai moi aussi parfois du mal avec l’art moderne, et je n’aime pas les installations, sauf quand elles sont humoristiques, ce qui est très rarement le cas. Ou alors c’est le fait même de faire des installations qui n’est en réalité qu’une grosse plaisanterie de l’artiste, à prendre comme telle. Je n’arrive pas à prendre au sérieux ce genre d’art, puisqu’il faut appeler cela de l’art. Mais j’ai tout de même bien aimé la Tate Modern et ce que j’y ai vu, et aussi le quartier où ce musée se trouve. Ca forme un tout.

              Bonjour Arunah,

              C’est vrai, le Mascara n’existait pas à l’époque, j’avais pas pensé à ça ni à la blondeur des cils des femmes. (On trouve sur wikipedia un article sur le mascara (avec son histoire, il vient d’Afrique du Nord). Je viens de le lire, c’est court mais intéressant.)
              Polyptyque c’est l’idéal en effet, mais ça ne précise pas le nombre exact. smiley
              Il y aura bientôt mieux : pentaptyque (Fergus, écrivez vite le cinquième article, car ainsi vous aurez écrit un superbe pentaptyque) ou alors j’ai trouvé aussi heptaptyque, pour sept (je n’ai pas trouvé de « ptyque » pour désigner un ensemble de six oeuvres.) Là, Fergus, impossible de vous arrêter à six, vous allez devoir écrire sept articles... smiley


            • Fergus Fergus 8 avril 2010 19:05

              Bonjour, Surya.

              Pour six parties d’une même oeuvre, on dit « hexaptyque ».

              Concernant la Tate Modern, j’y ai moi aussi apprécié la plupart des oeuvres présentées. Mais j’ai coincé dans une salle où étaient présentées des boîtes en plastique bourrées de déchets ménagers, brosses à dent usagées et serviettes périodiques comprises. Dans une autre, quelques oeuvres (accompagnées d’un film !) montraient comment l’artiste (j’ai oublié son nom) réalisait ses toiles avec des sécrétions humaines naturelles ! Pas sûr que l’art ait à gagner à de telles provocations.


            • Surya Surya 9 avril 2010 15:44

              Bonjour Fergus

              Je vous propose aussi octoptyque, voire même hectoptyque ou kiloptyque si vous avez le courage hi hi smiley

              Je ne me rappelle pas avoir vu cela à la Tate Modern, mais j’y suis allée en l’an 2000, ça remonte à loin donc. Je n’aurais pas apprécié non plus... J’ai bien peur que ce qui compte vraiment pour certains artistes de nos jours, c’est se faire remarquer, frapper fort pour devenir connu le plus vite possible, plutôt que faire quelque chose de vraiment beau pour les yeux, mais peut être moins frappant.
              Je préfère un million de fois, par exemple, un artiste chinois qui reproduit avec une parfaite fidélité et en suivant scrupuleusement les règles de l’Art les oeuvres des grands maîtres de la peinture chinoise, sans chercher à innover ni à se démarquer, et qui au final réalise une oeuvre magnifique. Ca, c’est de l’Art.
              Picasso à la fin de sa vie pouvait se permettre de réaliser des toiles avec trois coups de crayon (mais j’adore le cubisme, donc je préfère sa période cubiste) seulement il était également capable de reproduire les oeuvres des grands maîtres qui l’ont précédé, s’il le souhaitait. Est-ce toujours le cas de ces artistes qui produisent ces « oeuvres » provocatrices ? Je me le demande.


            • Fergus Fergus 9 avril 2010 18:06

              @ Surya.

              Le grand Picasso a, paraît-il, réalisé... 20 000 « oeuvres d’art ». Peintre génial mais aussi commerçant avisé, il a su exploiter la sottise de ses contemporains en multipliant dans son atelier de Vallauris les assiettes sur lesquelles il jetait négligeamment deux ou trois coups de pinceau avant de les mettre en vente fort cher. Ceci n’est évidemment pas de l’art, mais de l’attrape-couillon.

              Pour ce qui de la copie, il est vrai qu’il existe des artistes remarquables dans ce domaine. Et plus encore que ces excellents copistes chinois, ce sont ceux qui, dans l’anonymat, restaurent avec un talent prodigieux les oeuvres d’art abîmées. Quelques-uns sont à l’oeuvre actuellement pour redonner vie aux tableaux de L’Aquila fortement dégradés lors du tremblement de terre des Abruzzes.

              Il y a ceux qui copient et ceux qui peignent « à la manière de ». Parmi eux, le génial faussaire Van Megeren qui a trompé tous les experts du monde avec ses vrais-faux Vermeer. Je lui consacrerai prochainement un article.

              Bonne fin de journée.

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