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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Catherine Hiegel, « la Mère » de toutes les victoires

Catherine Hiegel, « la Mère » de toutes les victoires

Florian Zeller est entré dans la cour des grands auteurs. L’accord de Catherine Hiegel, fraîchement exclue après 40 années de Comédie-Française, pour, dans la foulée, jouer le rôle de la mère, dans sa pièce éponyme, valait à lui seul, tous les sésames de reconnaissance envisageables.

De surcroît, l’immense comédienne, elle-même metteuse en scène, proposait le nom de Marcial di Fonzo Bo, pour diriger la création de cette farce noire, sic le jeune dramaturge.

D’emblée, au cinquième jour de représentation au Petit Théâtre de Paris, il apparaît que la cible convoitée a bel et bien été touchée en plein cœur.

Entourée de trois pointures à la mesure de l’ex doyenne, Jean-Yves Chatelais, Clément Sibony et Olivia Bonamy, le trio tient tête à une Mama, engagée façon « Molière d’interprétation » à la clef de sa présence sur scène, hyperréaliste.

Délaissée par le mari, le fils, la fille, la belle-fille et tutti quanti, Anne rame à contre-courant des forces négatives simulant de l’épargner pour mieux l’abandonner aux démons de l’isolement.

Jouant alternativement du conscient et de l’inconscient, les scènes se dédoublent dans une écriture qui se remonte comme le rocher de Sisyphe afin de retomber, de plus en plus fort, sur la victime non consentante.

Pourquoi ne pas appeler Médée à la rescousse, alors que le sol se dérobe aux « Save Our Soul » que ne cesse de lancer la Dame en perdition dans ses espoirs de recouvrer l’amour perdu ?

Qu’il soit maternel, conjugal, filial ou même simplement familial, celui-ci se perd en conjectures avec l’objectif de désigner celle qui doit nécessairement relever d’une pathologie chronique, proche de la paranoïa.

La messe noire est dite, la farce est consommée :

Anne est au bûcher des innocents ce que le concept maternel est aux aficionados de la loi du désir, contraints au reniement radical. Catherine Hiegel en tire le maximum de profits, rôle de composition oblige.

Ce juste retour des choses lui ouvre au superlatif, les portes d’une nouvelle et brillantissime carrière théâtrale. Ses pourfendeurs lui auront, décidément, rendu grand service.

 

visuel affiche Michal Batory

LA MERE - **** Theothea.com - de Florian Zeller - mise en scène : Marcial di Fonzo Bo - avec Catherine Hiegel, Clément Sibony, Jean-Yves Chatelais & Olivia bonamy - Petit Théâtre de Paris

 


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1 réactions à cet article    


  • Theothea.com Theothea.com 6 octobre 2010 16:54

    LA MERE - **** Theothea.com - de Florian Zeller - mise en scène : Marcial di Fonzo Bo - avec Catherine Hiegel, Clément Sibony, Jean-Yves Chatelais & Olivia bonamy - Petit Théâtre de Paris

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