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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Champagne : le vin plaisir est aussi un vrai vin

Champagne : le vin plaisir est aussi un vrai vin

J’aime le Champagne, et il faut le considérer comme un vin à part entière : les très grandes cuvées de prestige (celles que l’on retrouve dans mon Classement dans la catégorie des Premiers Grands Vins Classés, puis dans une bonne partie des Deuxièmes Grands Vins Classés) sont des cuvées de Champagne que l’on boit comme un grand vin, en les associant à des moments du repas, sur des plats appropriés. On a la chance d’accéder ainsi aussi bien au summum de la finesse qu’à celui de la complexité et de la vinosité.

Le Champagne a donc franchi les simples barrières du luxe et de la fête pour devenir un vin à part entière. Tant mieux, car, la force du terroir est réelle ici et vient s’allier à cet art exceptionnel de l’assemblage que chaque vigneron ou maître de chai va marquer de sa “patte”, créant une bouteille unique, que personne n’a réussi à égaler, partout dans le monde, où l’on ne fait que des mousseux... Qu’elles dégagent des notes de chèvrefeuille, de rose ou d’abricot, qu’elles développent en bouche les nuances de noisette, de brioche ou de fruits mûrs, les cuvées sont plus passionnantes les unes que les autres, dans une large gamme, alors que l’image de marque n’est plus suffisante, la régularité qualitative et les prix, justifiés (ou pas), faisant la différence.

Bien que l’on en parle moins (à tort), le terroir, les sols ont toute leur importance en Champagne, apportant une spécificité réelle et différente selon que l’on se trouve à Cramant ou à Épernay, à Ay ou à Bouzy, dans l’Aube ou la Marne. À cela s’ajoute la proportion des cépages, et chaque maison, cave ou vigneron, possède alors les facultés de créer véritablement une cuvée légère ou puissante. Et puis, ce qu’il ne faut pas occulter pour comprendre la différence entre une grande cuvée et une autre, ce sont, outre l’art fondamental de l’assemblage que signe la main de l’homme, les incontournables vins de réserve, que l’on ajoute à des vins plus jeunes. On ne fait un grand vin que si l’on a du stock, l’exception confirmant la règle.

Comme partout également, on trouve aussi des cuvées bas de gamme, qui changent de nom et d’étiquette selon leurs distributeurs, et des cuvées de concours qui masquent l’ensemble de la production, faute de savoir-faire ou d’approvisionnements adéquats. Certaines négociants sont dans ce cas, de plus en plus de producteurs se réservant leurs meilleures cuves ou raisins pour vendre en direct (on les comprend). Il y a aussi des cuvées bien trop chères, difficilement cautionnables, donc. Attention aussi aux nombreuses marques qui appartiennent à certains “faiseurs”. Ai-je besoin de souligner que, autant que je puisse le savoir (certaines marques – caves coopératives ou négociants – cachant bien leur véritable identité), ceux qui ne sont plus que des noms sur une étiquette ne font pas partie de cette hiérarchie, comme d’autres marques de négoce, dont la qualité n’est pas en cause, qui sont dirigées par des responsables de groupes qui vendent du Champagne aujourd’hui comme demain de la lessive…

Mon Classement 2009 est donc un vrai coup de cœur, entièrement actualisé, et vous montre le véritable visage de la Champagne, qui tient compte de la qualité, du prix, de la régularité, de l’accueil et de la passion des hommes. C’est ce qui fait tout son intérêt ; récompenser les meilleurs, les plus connus comme les autres, ceux qui respectent les consommateurs. L’image de marque n’est plus suffisante, c’est la régularité qualitative et des prix justifiés (ou pas) qui comptent. Ce Classement, cette hiérarchie plutôt, vient toujours, et avant tout, récompenser les efforts accomplis, le talent des hommes et leur volonté qualitative, qu’ils élèvent des cuvées de grande régularité, de la plus prestigieuse à la plus sympathique, sans comparer ce qui ne l’est pas, depuis des générations ou simplement depuis 10 ans... Voir les meilleurs vins de l’année.

Les Premiers Grands Vins Classés
Il y a 22 maisons qui atteignent le haut du pavé cette année, certaines d’entre elles bénéficiant d’un exceptionnel rapport qualité-prix-régularité. On remarquera que la plupart sont des maisons familiales (certaines marques ne sont plus que des noms qui changent régulièrement de main), et qu’une seule coopérative y est présente. Les (très) grandes maisons historiques, qui ont su préserver, voire accentuer, leur suprématie qualitative, méritent un véritable “coup de chapeau”. Pas si facile pour Taittinger ou Pol-Roger de rester au “top” depuis longtemps (ces grandes maisons sont souvent propriétaires d’importants vignobles et dirigées par des hommes pour lesquels la continuité patrimoniale prime, ceci expliquant cela), d’autant plus que l’on peut estimer que leurs plus grandes cuvées méritent leur prix, alors que pour d’autres marques réputées, il est de plus en plus difficile de justifier les prix atteints par certaines cuvées de “prestige” à 200 ou 300 e, sans parler de certaines marques qui font des cuvées de base chères qui n’ont pas grand intérêt. Celles que nous mettons au sommet sont aussi des maisons qui réussissent remarquablement leurs “simples” cuvées, et ce n’est pas le plus facile.

Aux côtés de maisons incontournables (Charles Heidsieck, Gosset, Alfred Gratien...), quelques autres atteignent les sommets, notamment pour récompenser un savoir-faire et/ou un rapport qualité-prix indéniable (Thiénot, De Sousa, Ellner, Veuve A. Devaux et Pierre Peters). Trois autres sont à leurs côtés cette année : Geoffroy, Philipponnat, De Venoge.

Chaque marque n’est bien sûr pas à “comparer” à une autre, et le tout est de rester maintenant à sa place. Il est donc impératif de suivre à la lettre la hiérarchie interne de ce Classement 2009, les Premiers des “Premiers” étant intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Premiers”, et ainsi de suite, en sachant que le rapport qualité-prix prime et explique bien des choses, exceptions obligent.

Les Deuxièmes Grands Vins Classés
C’est vraiment une mine d’or pour les amateurs exigeants, passionnés par les terroirs qui permettent cette mosaïque unique avec un exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir. Une hiérarchie forte se met également en place à l’intérieur de cette catégorie, les Premiers des “Deuxièmes” étant aussi intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Deuxièmes”, et ainsi de suite.

Quand je déguste leurs cuvées, notamment “à l’aveugle”, j’hésite à chaque fois de faire passer un bon nombre de ces propriétaires au sommet (ils ont un *), notamment ceux qui sont dans le peloton de tête de cette hiérarchie, élevant des cuvées les unes plus séduisantes que les autres, garantes d’une typicité et d’une régularité qualitative exemplaires à des prix remarquables (Paul Bara, Gonet-Sulcova, Charles Mignon, Bonville, Delaunois, De Lozey, Lombard, Prin, Gaston Chiquet, Rutat...), un bon nombre exploitant des terroirs situés en Grands (et Premiers) Crus, ceci prouvant que, ici comme ailleurs, la force du terroir est primordiale, avec l’art de l’assemblage, les stocks et l’élevage.

À leurs côtés, très proches qualitativement (voire meilleurs selon les cuvées), ceux qui bénéficient également de rapports qualité-prix-typicité exceptionnels, et peuvent prétendre aux plus hautes places (Pierre Arnould, Hamm, Bonnaire, Mandois, Ralle, Gimonnet, Pierre Mignon, Leclerc-Briant, Jacques Busin, Legras et Haas, Bourgeois, lLaurent-Gabriel, Fleury, Vergnon, Michel Lenique, Daniel Caillez, Prévoteau-Perrier ...).

Quelques coopératives travaillent remarquablement (Vincent d’Astrée, De Castelnau, Marquis de Pommereuil, Beaumont des Crayères, Clérambault...) et peuvent être fières de signer de telles cuvées. Elles font frissonner, à juste raison, des marques beaucoup plus connues qui ne sont qu’une façade sur l’étiquette ou des vignerons imbus d’eux-mêmes, multipliant des cuvées sophistiquées navrantes...

À la suite, une bonne centaine de maisons, caves et vignerons, fer de lance de l’exceptionnelle révolution qualitative qu’a connue la Champagne depuis 30 ans, chacun avec sa spécificité, chacun pouvant mériter mieux...

Les Troisièmes Grands Vins Classés
La plupart devraient monter dans la catégorie supérieure, et sont en position “d’attente”, car leurs cuvées n’ont pas encore pu être suivies sur plusieurs années. Le rapport qualité-prix est très abordable, avec des bouteilles qui se font parfois un malin plaisir de détrôner des marques plus connues dans les dégustations.


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17 réactions à cet article    


  • Fergus fergus 31 décembre 2008 15:26

    Problème : il y a très peu de bon champagne dans les rayons, y compris chez les cavistes, ou alors il est très cher (sauf rare exception). Et pas question de se fournir chez un même petit producteur qui, une année, a sorti un vin de qualité : sa production peut être médiocre l’année suivante.

    Personnellement, j’en bois de moins en moins, préférant à un champagne médiocre un bon crémant d’Alsace ou de Bourgogne. Et il en va strictement de même avec les blancs liquoreux : à prix égal, un Sainte-Croix du Mont ou un Loupiac sera toujours meilleur qu’un sauternes !


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 31 décembre 2008 15:29

      très jolie votre fiche technique mais sans goût,

      vous me donnez l’impression d’avoir classé des chanteurs connus mais sans considérer que chaque musicien, du plus confidentiel au plus connu, a, dans un jour d’humeur flamboyante, ou une nuit modérément arrosée d’un excellent cru, composé son chef d’oeuvre. Derrière votre top cinquante des bonnes marques, il n’apparait pas que les meilleures ne circulent pas dans le commerce, mais en circuits fermés. Quel est donc l’intérêt pour votre lecteur d’être informé sur une matière qu’il ne goûtera jamais ?

      Vous dites, " Bien que l’on en parle moins (à tort), le terroir, les sols ont toute leur importance en Champagne, apportant une spécificité réelle et différente selon que l’on se trouve à Cramant ou à Épernay, " expliquez moi donc par quels critères dix milles hectares de communes environnantes ont été, d’un accord signé, classés zone " Champagne " ? J’aimerais d’ailleurs, vous qui ètes de la partie, connaitre toutes les fluctuations foncières qui ont précédé cette signature, sachant que le prix de l’hectare en question est centuplé, et je ne parle pas du revenu...

      Légèrement hors sujet, mais révèlateur de notre époque, juste avant la Révolution, la France produisait quarente mille tonnes de truffes ( mille aujourd’hui ) et la consommation de saumons pèchés dans l’Allier avait, par arrêté préfectoral, été limitée à trois jours par semaine.

      Une dernière chose, c’est à Limoux, dans l’Aude, qu’est née la méthode champenoise...ce qui veut dire que n’importe quelle région qui produit naturellement un nectar qui vous donne la trique jusqu’au matin a rempli son contrat, champagne ou non. L.S.


      • geko 5 janvier 2009 08:53

        Comme le dit Fergus très difficile de trouver un bon champagne en rayon, le mieux étant de se trouver un petit producteur récoltant de la Marne !

        J’ai fêté la nouvelle année au crémant de loire et à la "bulle de Limoux" ! Moins prestigieux mais tout aussi bon voir meilleur que la plupart des champagnes industriels pour un tarif 4 fois moins cher !


      • Mapendo 31 décembre 2008 18:00

        Tres bel article sur ce vin mytique ( sans oublier les autres bien sur)
        Je mettrais mon petit mots , vu que je vie en Afrique australe, meme etant chovin sur la France qu’au bout de plus de 15 ans , j’arrive difficilement de trouver de bon vins francais dans mon pays d’expat (Tanzanie)....
        Soit , je me suis lancee sur les Sud-Africain, et Apartheid finissant , le marche c’est ouvert.....et quelle surprise a mes papilles toutes fremissantes de decouvrir des blancs, des rouges, des rosees, et meme des Moelleux fantastiquement ...bon.
        Meme excelent.
        Il est du fait que les vins supportent mal les voyages....Dondc , je bois du made R.S.A, me faissant aider par de meilleurs connaisseurs ,sachant me conseiller.

        Petit detail : Je me permet....vous dites’’, partout dans le monde, où l’on ne fait que des mousseux...’’
        Je ne suis pas d’accords.le principe que le Champagne est une appelation controle, je vous suis a 100%, mais j’ai goute a des’’ facon champenoise’’, toujours de S.Afrique., qui m’ont plus que surpris....en plaisir.
        Exemple :PONGRÁCZ BRUT METHOP CAP CLASSIQUE  smiley


        • Fergus fergus 31 décembre 2008 18:07

          Exact, Mapendo, et pour se faire à l’idée que la France est désormais très concurencée, il suffit d’aller... à Londres où le vin français est très cher et incite à goûter les nombreux vins chiliens, australiens, argentins et sud-africains. Beaucoup d’entre eux sont de très bonne qualité.


        • Antoine 1er janvier 2009 01:58

           En réalité le champagne n’est qu’un mauvais vin dans lequel il a fallu mettre des bulles pour qu’il devienne buvable. Facile à vérifier : non seulement les femmes l’adorent pour sa mousse festive, mais encore il suffit de boire ce brevage après dégazage : à vomir ! Moralité : c’est l’un des meilleurs coups marketings de tous les temps...


          • Patrick Dussert-Gerber Patrick Dussert-Gerber 2 janvier 2009 09:43

            Bizarre cette réaction. Vous buvez du Champagne sans gaz, vous ? Faudra nous dire comment vous faites, sur le plan technique.
            Plus sérieusement, aucun vin n’est bon naturellement, ce serait du vinaigre. Dans tous les vins, on doit ajouter des levures, des enzymes, du so2, etc, etc.
            Bonne année.


          • Fergus fergus 4 janvier 2009 16:00

            Je confirme ce qu’a dit Antoine : un champagne ayant perdu son gaz n’est plus qu’un vin blanc médiocre, contrairement à une clairette tradition qui, dans le même cas, garde un agréable goût de muscat.


          • Patrick Dussert-Gerber Patrick Dussert-Gerber 5 janvier 2009 09:12

            Encore une fois : attendre qu’un Champagne ait perdu ses bulles pour le boire a autant d’intérêt que de faire bouillir un Saint-Emilion pour se réchauffer. Ce n’est pas le problème. Tous les vins de mousse sont sans intérêt sans mousse (cqfd), une Clairette comme un Saumur, un Champagne comme une Blanquette. Un bon Champagne sera toujours meilleur qu’un bon mousseux, voilà tout. 


          • Patrick Dussert-Gerber Patrick Dussert-Gerber 2 janvier 2009 12:52

            Bonjour, Bonne année à vous également. Le Champagne, c’est quand même formidable, non ?


          • maxim maxim 1er janvier 2009 15:37

            perso ,je ne suis pas trop Champagne ,ou alors il faut qu’il aient ,soit un goût de brioche ,soit d’amande grillée ,et même dans certaines grandes marques ,j’ai trouvé trop de minéralité .....

            ceci dit ,un Pol Roger ,un Roedrer Cristal ,un Krugg ,un Comtes de Champagne Taittinger se laissent boire avec plaisir ,mais on commence à monter en gamme et en prix aussi !

            en été ,au cours d’un apéro ,avec quelques amuses gueule ,ça passe bien !....

            mais il manque parfois ce petit plus que j’ai cité plus haut ......

            je ne sais pas si c’est la tendance rapport aux goûts actuels ?...


            • Patrick Dussert-Gerber Patrick Dussert-Gerber 2 janvier 2009 09:48

              Si vous appréciez les notes de brioche ou d’amande dans un Champagne, vous ête un vrai amateur, et tant mieux, car le Champagne mérite autant les honneurs qu’un grand Bourgogne. Selon les sols et les assemblages, d’autres nuances se dégagent : le minéral, la pomme, le chèvrefeuille dans le Champagne Blanc de blancs (issu de raisins blancs, donc) ; la poire, la noisette, le miel, dans celui qui provient de raisins noirs. Merci pour votre commentaire.


            • maxim maxim 1er janvier 2009 16:29

              salut à toi mon pote Capitaine ...

              même sans les bulles ,je t’en souhaite une bonne également ,avec tout ce qu’il y a de meilleur !

              portes toi bien !


              Nestor ,un double bien tassé pour le Capitaine !


              • Yohan Yohan 1er janvier 2009 18:39

                J’aurai préféré un article sur les champagnes de petits producteurs, abordables et bons néanmoins et où les trouver.
                Les très bons étant hors de prix et ceux à petit prix étant rarement bons, je me contente de très bons Crémant dont certains valent parfois un Champ de bonne qualité.
                Sur ce fil on retrouve quand même de bons piliers de comptoir  smiley smiley
                salut les gars et bonne année


                • Fergus fergus 4 janvier 2009 16:03

                  Entièrement d’accord, Yohan, cela rejoint mon tout premier commentaire du 31 décembre.


                • niblas 4 janvier 2009 11:34

                  Je suis heureux d’apprendre qu’il y a de très bon vin en champagne ! J’ai toujours crû que la champagnisation était là pour cacher la médiocrité des raisins et des vendanges qui n’arrivent pas à maturité dans cette région. Qualifier les mousseux d’autres régions de médiocre est certainement pas une preuve d’honnêteté. Partout il y a du très bon vin (un peu), du vin acceptable (passablement) et du mauvais vin (beaucoup hélas !). Mais la qualité du champagne justifie-t-elle le prix ? 


                  • Jean-paul 4 janvier 2009 16:21

                    @l’auteur
                    je me suis toujours demande comment les vendanges chaque annee peuvent donner du champagne au monde entier .
                    Combien de bouteilles sont vendues chaque annee dans le monde ,et combien de litres de champagne sont produits chaque annee ????????????

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