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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Chanson française. Du neuf avec du vieux : Arti et Béart...

Chanson française. Du neuf avec du vieux : Arti et Béart...

Place aux anciens en quelque sorte. Les plus vieux d’abord. Nombre d’octogénaires n’ont jamais lâché prise ( Aznavour, Auffray…) et bien d’autres, pas toujours les meilleurs. A présent on en ressuscite. Ces jours-ci il n’y en plus que pour Guy Béart qui s’est pris quelques décennies pour écrire un nouveau disque, pardon un album. Cette nouvelle me donne envie de remettre en avant un autre des grands artistes de la chanson bien plus jeune sans être un rossignol de l’année. Par souci de justice.

Brel, Brassens étaient partis, Ferré n’était plus Ferré…Certains s’en souviendront : il s’agit de Louis Arti.

Le regretté Alain Leprest, incontestable juge en la matière, m’avait confié dans les années 80 qu’à son avis, on tenait là le poète le plus inspiré de la chanson française de sa génération. On peut ici le redécouvrir.

 « Ma petite est comme l’eau » de Béart, tout déférence gardée envers son auteur, ce sera pour une autre fois. 

Louis Arti, un itinéraire atypique.

De El Halia à l’Olympia.

 

Un itinéraire de soliste sans chœur sauf… que le cœur de ceux qui le connaissent bat toujours plus fort quand ils l’entendent. Ceux qui l’ont vu et entendu à l’Olympia, parce que c’était là un camp de base qui devait le conduire aux plus hauts sommets, frissonnent en l’écoutant. Il y était accompagné par Roland Romanelli et Janik Top…des pointures.

 Un contrat pour cinq albums chez CBS et une longue liste de CD et essais, romans et écrits aussi inclassables que l’homme et l’artiste, l’occupent en permanence.

Ajoutons y une peinture délicieuse, délicate, très personnelle.

 Beau bilan ? Oui mais qui ne fait pas le compte. Il mérite beaucoup mieux.

 

L’ascension d’approche avait été difficile pour cet illuminé par le soleil de son Algérie natale, à la sortie de son sombre puits de mine de Lorraine.

Je ne crains pas d’abuser de ma subjectivité objective – oui c’est toujours comme çà pour la plupart des thuriféraires - pour rappeler, que tout en aimant bien Guy Béart qui, comme d’autres, a droit au retour qu’on lui organise, Louis Arti est toujours là, un peu plus discret.

Même si son ainé est plus gai aujourd’hui qu’à son retrait, je lui préfère Arti, largement son cadet certes mais qui remonterait sans doute bien en ligne aussi. Quelle magie opère ces résurrections ? Peut-on réparer des injustices flagrantes. Essayons un peu.

 

Si déjà on sert derechef les mêmes plats, certains réchauffés n’en étant que meilleurs, je vous inviterais volontiers, en apéritif à entendre une prestation - parole, musique et interprétation - de Louis Arti de « La montagne est noire ». Chanson-poême à texte peut-être trop énigmatique pour Jacques Chancel qui l’avait enregistrée pour « Le grand échiquier » et ne la passa pas faute de temps, dit-il, en raison d’un imprévu. Elle était pourtant annoncée dans les programmes. Qui était intervenu ?

Qui fera le ménage dans ce monde là ? Inexpugnable ?

 

On the road again, chemineau inlassable.

Retour en arrière .

Avec bonne humeur et bon appétit, ses plus sûrs compagnons, il était passé de « pelle et pioche » sur les chantiers routiers d’Angleterre par exemple, à « guitare en bandoulière » pour faire la manche comme à Munich avant d’ y « passer » en cabaret et plus tard d’être invité pour une tournée au Canada ( Québec).

Du point de départ de sa jeune existence à El Halia en Algérie où, à « dix ans du matin » son enfance s’est arrêtée, son point de chute était devenu la Lorraine du charbon où vit désormais une partie de sa famille et où vivait, réfugiée française en France, sa mère, véritable mère-courage, veuve d’un boulanger d‘origine italienne assassiné dès les premiers mois de la guerre dans cette bourgade d’Algérie.

On peut écouter « Marie 15 août » où l’histoire est retracée, clairement. Victimes et coupables étant bien identifiés dans les deux camps, la haine aveugle, vengeresse lui était impossible. (cf le site)

 

Et puis c’est la vie d’artiste, sans les artifices « people ».

Des scènes, des disques, des rencontres se succèdent et s’accélèrent dans son combat sans autre guerre que celle contre la bêtise, le mensonge et la haine qui se nourrissent mutuellement. C’est trop demander à un monde de la quintessence de la spéculation ! Femme, enfants, logis, c’est la vie tolérée bien sûr mais pas pour un « anar » sur lequel on mise, certes pour son talent, mais aussi pour son originalité. C’est trop vite contre-productif ! On le néglige un peu.

Portant son livre autobiographique « El Halia » sur le drame vécu en Algérie, sera mis en scène par Jean-Louis Hourdin et Arti y chantera sa vie soutenu par une excellente formation de musiciens suisses.

Il célèbre aussi la mine dont il a connu le dur labeur et ses habitants dans « Lothringen » par exemple.

Il ose mettre en musique des très grands poètes, américain comme Bob Kauffmann « Mingus » ( http://www.youtube.com/watch?v=YyBr8vHPg4c ) et évidemment les grands français .

« Le pont Mirabeau »( http://www.youtube.com/watch?v=-tAH-JVQZ6o&feature=youtu.be ) de Arti, est à mon avis, musicalement « meilleur » que celui de Léo Ferré qui l’a d’ailleurs reconnu, lui-même. C’est dire !

 

Enfin l’aspect « politique » mais aussi le moins sérieux.

Epris de liberté et de justice, il chante les humbles, les réprouvés, les victimes de France et d’ailleurs comme de l’Afrique «  Donne à boire au sable  » ou « Le mildiou » (https://www.youtube.com/watch?v=sdvEGqGq9-M )

Enfin, il sait aussi s’amuser et érotiser le propos et la musique « Universellement, je l’aime ». Paroles et musique propices à la virée en boîte.

 

Après ces temps plus médiatisés, ce sont ceux qu’il passe à travailler, à peindre, à écrire, à se produire sur quelques scènes et à offrir quelques CD, participer à des festivals, sans rechigner.

A Strasbourg le 27 prochain (27/4) il se produira avec Michel Gaudioso,

au Tambourin, salle de spectacle de l’Esplanade. De nouveaux locaux.

 

C’est dans la capitale européenne que son aventure avait commencé. Il y retrouvera sans doute ses copains alsaciens comme Roger Siffer, Jean Marie Hummel, René Eglès, Jean-Marie Koltès(pas d’erreur, c’est le frère de l’autre), sans oublier Raymond Roumégous qui fut son premier « coach » et bien d’autres. Sûrement aussi des Mosellans souvent d’origine « mixte », ceux de la coexistence heureuse, dans cet esprit de fraternité que les gens de la mine ont laissé en héritage à leurs enfants.

Dithyrambique ce papier ? Oui mais sincère. Pour qu’on sache que Louis Arti est à Strasbourg … Un retour aux sources ? Je profite de cette opportunité pour qu’on ne l’oublie pas ce « grand » et pour que d’autres le découvre. C’est du « lourd » !

Antoine Spohr

 

Voici son site : http://louis.arti.pagesperso-orange.fr/page3.htm

 

 

Quelques autres bijoux :

Le ciel est par-dessus le toit (https://www.youtube.com/watch?v=T3t0XomuE2I )

Je suis de cette jeunesse (https://www.youtube.com/watch?v=pD3uC5H8360 )

Je t’ordonne de vivre (https://www.youtube.com/watch?v=xosveNRF8tk


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