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Charles Péguy, la rigueur intellectuelle et l’audace dans l’action (1)

« Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise pensée. C’est d’avoir une pensée toute faite. (…) Il y a quelque chose de pire que d’avoir une âme même perverse. C’est d’avoir une âme habituée. » ("Note conjointe sur M. Descartes et la philosophie cartésienne"). Séduit par la culture encyclopédique de Jean Jaurès et par sa défense des plus démunis, Charles Péguy en est devenu pourtant l’opposant intellectuel le plus redoutable, réfutant toute idéologie à dérive totalitaire et prônant la dignité des personnes dans leur diversité. Une troisième voie que l’action politique a, plus d’un siècle plus tard, toujours du mal à traduire dans la réalité sociale. Première partie.



Il y a un siècle, le 5 septembre 1914, l’écrivain et philosophe français Charles Péguy, poète mystique et passionné enraciné, fut tué à 41 ans près de Villeroy, pas loin de Meaux, mort au front, une balle dans la tête, au début de la Bataille de Marne. Lieutenant de réserve, il était parti le 2 août 1914 depuis Bourg-la-Reine où il habitait, la veille de la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France, le surlendemain de l’assassinat de Jean Jaurès. Il n’aura jamais connu son quatrième enfant né en février 1915. Il aurait dit juste avant de mourir : « Mon Dieu ! Mes enfants ! ».

Son bataillon était chargé de venir couvrir une contre-offensive, sur terrain à découvert et donc, le combat pour ces soldats était quasiment sacrificiel : Péguy, qui était resté debout pendant la bataille pour guider les tirs alors qu’il hurlait à ses troupes de se coucher, fut un patriote à la fin en cohérence avec toute son existence.

« Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.
Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.
Heureux ceux qui sont morts d’une mort solennelle.
Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles.
Couchés dessus le sol à la face de Dieu. »

("Ève", 1913)

Admirateur de Platon, de Corneille et de Victor Hugo, Péguy, poète exalté et essayiste polémiste, fut un intellectuel artisan, dans le sens où il n’a pas voulu prendre la voie académique (ni la voix académique). Il avait une puissance intellectuelle hors du commun, une lucidité anticipatrice très étonnante et une force de conviction mise à rude épreuve dans un contexte où la mode préférait cliver des idéologies sans nuance.

L’œuvre très riche de Charles Péguy réunit, cent ans après, des personnalités aussi diverses que François Bayrou, Jean-Pierre Sueur, Charles Millon, François Guillaume, Alain Finkielkraut, Jacques Julliard, René Dosière, Mgr Claude Dagens, Charles Beigbeder, Chantal Delsol, Denis Tillinac et Jean-François Legaret.


Un socialisme humanitaire

Charles Péguy est né le 7 janvier 1873 à Orléans, deux jours avant la mort de Napoléon III. Il fut l’enfant unique d’une famille modeste d’artisans et très tôt orphelin de père, néanmoins qui lui a donné l’ardeur à l’ouvrage et l’amour du travail bien fait. Par le travail et la confiance de ses professeurs, il est parvenu à devenir normalien en 1894 (après deux échecs) : « Et que le fils d’une rempailleuse de chaises fût reçu à l’École normale supérieure, c’était la gloire même. » ("Le Ravage et la Réparation"), s’amusait-il à noter sur la fierté de sa mère.

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Péguy se maria à 24 ans le 28 octobre 1897 et est devenu rapidement père de famille, responsabilité qui devait concourir à l’épanouissement personnel : « Il n’y a qu’un aventurier au monde, et cela se voit très notamment dans le monde moderne : c’est le père de famille. ». Marcel (1898-1972), Germaine (1901-1978), Pierre (1903-1941) et Charles-Pierre (1915-2005) furent ses quatre enfants. Scrupuleusement fidèle de son épouse Charlotte Baudoin (1879-1963), il lui fit ainsi son meilleur hommage : « Vous ne m’avez pas fait perdre une ligne. ». Il s’est senti plus proche de sa belle-famille, des intellectuels de gauche, que de sa mère qui ne comprenait pas pourquoi il n’avait pas choisi la voie de la sécurité matérielle et des honneurs.

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Car le sentiment humaniste de Charles Péguy s’est traduit très tôt par son soutien aux ouvriers en grève à Carmaux, ce qui fit de Jean Jaurès (1859-1914), normalien aussi et professeur de Péguy, une figure déjà mythique. Jeune député du centre gauche, Jaurès évolua vers un socialisme utopique et pacifiste qui ne fut pas sous influence marxiste. Péguy a rejoint ce mouvement en 1895 alors qu’il engageait de grandes discussions dans sa chambre d’étudiant (la "thurne Utopie").

Son humanisme s’est également traduit dans la lutte contre la misère sociale au sein d’une association caritative. Selon lui, la misère prive l’homme de son humanité et l’exclut du monde, au contraire de la pauvreté qui incite à la solidarité. Il le déclinait aussi dans sa conception de la démocratie « qui, (…) et c’était là son un de ses plus grands avantages, théoriques, mettait chacun à sa place, tout homme à son rang, qui était le premier ; tous ensemble et chacun séparément premiers » ("Un poète l’a dit").

Son humanisme l’encouragea aussi à s’engager à fond en faveur d’Alfred Dreyfus (1859-1935) injustement accusé de trahison. Certains socialistes n’étaient pas portés au soutien de ce capitaine de la bourgeoisie. Cela l’amena à nouer une amitié profonde avec Bernard Lazare (1865-1903), le premier journaliste à avoir dénoncé la condamnation injuste de Dreyfus : « Il avait une douceur, une bonté, une tendresse mystique, une égalité d’humeur, une expérience de l’amertume et de l’ingratitude, une digestion parfaite de l’amertume et de l’ingratitude, une sorte de bonté à qui on n’en remontrait point, une sorte de bonté parfaitement renseignée et parfaitement apprise d’une profondeur incroyable. » ("Notre Jeunesse").

Péguy renonça même à l’agrégation de philosophie pour s’investir à plein temps dans la Société nouvelle de librairie et d’édition pour propager les idées socialistes aux côtés d’autres camarades normaliens comme Léon Blum (1872-1950).


Jeanne d’Arc

Il fut fasciné par l’histoire de Jeanne d’Arc dont il a consacré une année de sa vie pour l’étudier (en 1896) : elle n’était pas encore canonisée par l’Église catholique ni "kidnappée" par l’extrême droite quelques décennies plus tard.

« Adieu Meuse endormeuse et douce à mon enfance,
Qui demeures aux prés, où tu coules tout bas.
Meuse, adieu : j’ai déjà commencé ma partance
En des pays nouveaux où tu ne coules pas.

Voici que je m’en vais en des pays nouveaux :
Je ferai la bataille et passerai les fleuves ;
Je m’en vais m’essayer à de nouveaux travaux,
Je m’en vais commencer là-bas les tâches neuves.

(…)

La bergère s’en va, délaissant les moutons,
Et la fileuse va, délaissant les fuseaux.
Voici que je m’en vais loin de tes bonnes eaux,
Voici que je m’en vais bien loin de nos maisons. »

("Adieux à la Meuse")


La lutte contre l’idéologie marxiste

Péguy a toujours été contre le collectivisme, il concevait la communauté comme venant en aide à l’individu pour l’aider à s’épanouir. En ce sens, il était contre toute idéologie, juste pour une culture du travail afin de permettre aux individus d’exister le mieux possible. C’est ce qui l’éloigna du mouvement socialiste qui allait se préfigurer historiquement (et dont le dernier avatar a été élu Président de la République le 6 mai 2012).

En effet, Jean Jaurès avait compris qu’il fallait unifier tous les socialistes et cette unité s’est concrètement réalisée les 23 au 25 avril 1905 à Paris avec la congrès fondateur de la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière) sur les positions principalement marxistes de Jules Guesde (1845-1922). Pour la défense de ces socialistes unitaires, il faut évidemment rappeler qu’ils n’imaginaient peut-être pas que ce socialisme-là aboutirait à l’un des pires totalitarismes du XXe siècle. Quant à lui, Péguy avait rejeté cette chape de plomb idéologique qui allait réduire l’individu et sa liberté. Il considérait l’unité comme une uniformité de la pensée, alors qu’il prônait l’harmonie de la personne, donc, au contraire de l’uniformité, l’existence dans la diversité.

Claire Daudin, la présidente de l’Amitié Charles Péguy (une association créée en 1942 pour éviter toute récupération politique de Charles Péguy), résume très bien les impressions du jeune Charles Péguy : « Il refuse que son idéal, cet humanisme qui met au premier plan l’épanouissement de la personne libérée de la servitude économique, soit englouti par le monstre totalitaire. ».

Cette position ressemble à cette introuvable troisième voie entre capitalisme et socialisme, un personnalisme qu’on peut retrouver chez des philosophes chrétiens, comme Étienne Borne, Paul Ricœur, et plus généralement dans le catholicisme social et la démocratie chrétienne. Elle montre aussi l’extraordinaire lucidité de Charles Péguy sur les futures dérives sanglantes de l’idée pourtant vertueuse du socialisme.

Résultat, Charles Péguy fut rejeté par ses anciens camarades socialistes qui ont tous suivi le mouvement unitaire de Jaurès, ce qui l’a conduit à créer le 5 janvier 1900 sa revue "Les Cahiers de la Quinzaine" dans laquelle ont collaboré, bénévolement, des personnalités comme Romain Rolland, Anatole France, Daniel Halévy et les frères Jean et Jérôme Tharaud. Cette revue fut le véhicule d’expression de ses idées humanistes pendant les quatorze années qui le séparaient de la mort, en affichant son but : « Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste. » ("Lettre du Provincial"). Elle n’a cependant jamais eu beaucoup de lecteurs ; sur les deux cent trente-huit numéros produits, le tirage n’a jamais dépassé les mille quatre cents exemplaires (il avait commencé avec trois cents abonnés). Le siège de sa revue était située juste en face de la Sorbonne.


La culture et pas la propagande

Péguy afficha dès le début de ses Cahiers son hostilité à toute propagande venant de ses anciens amis socialistes, car il estimait qu’il fallait que les personnes fussent totalement libres et convaincues d’adhérer à leurs thèses, sans aucune contrainte. À la propagande, il préférait plutôt la culture qui permet de tirer les personnes vers le haut : « Je n’éprouve aucun besoin d’unifier le monde. Plus je vais, plus je découvre que les hommes libres et que les événements libres sont variés. ».

Et dans la culture, la littérature serait la plus apte, selon lui, à faire passer les idées. Claire Daudin l’exprime ainsi : « Péguy est convaincu que la littérature est la mieux armée pour transformer les mentalités, parce qu’elle atteint à la fois la sensibilité et l’intelligence. ».

Péguy fut à l’origine de l’expression "hussards noirs de la République" pour désigner les enseignants du primaire qui l’avaient fortement encouragé à poursuivre ses études : « Nos jeunes maîtres étaient beaux comme des hussards noirs. Sveltes ; sévères ; sanglés. Sérieux, et un peu tremblants de leur précoce, de leur soudaine omnipotence. Un long pantalon noir, mais, je pense, avec un liséré violet. Le violet n’est pas seulement la couleur des évêques, il est aussi la couleur de l’enseignement primaire. (…) » ("L’Argent", 1913).

Pourfendeur des "mandarins" universitaires qui ont profité de l’affaire Dreyfus pour prendre les meilleures place, et des anticléricaux soutenus par le gouvernement d’Émile Combes, Péguy a été révolté que l’État soit intervenu pour promouvoir la lutte contre l’Église alors que chaque citoyen devrait être libre de toute contrainte dans sa conscience politique ou religieuse.

Le don d’anticipation de Péguy s’est aussi traduit par des causes extérieures : il a ainsi milité en faveur des Arméniens peu de temps avant le génocide de 1913.

Mais c’était pour l’avenir de son propre pays que Péguy était inquiet, surtout depuis le différent marocain (l’incident de Tanger) avec l’Allemagne en 1905 (que Joseph Caillaux avait finement réglé). Il s’est voulu le défenseur des valeurs spirituelles de la "France éternelle" et enracinée.

« L’éblouissant manteau d’une prudente neige
Couvrait les beaux recreux de la naissante France.
L’amour de tout un peuple était son espérance.
L’amour de tout un peuple était tout son cortège. »

("Ève", 1913)


L’exaltation catholique

L’agacement devant l’anticléricalisme politique n’était pas anodin car Péguy, qui ne s’était pas marié religieusement et n’avait pas fait baptiser ses enfants, s’est retrouvé catholique en 1908, sans pour autant vivre une discontinuité, sans une conversion, mais simplement comme la route naturelle de ses idées humanistes et personnalistes. Son socialisme devait être forcément chrétien.

Mais là encore, comme pour le socialisme, Péguy était un marginal chez les catholiques. Il n’était, par exemple, pas apprécié de Jacques Maritain (1882-1973), qui acceptait mal l’idée de Péguy que le spirituel passait par le charnel ou que la parole de Dieu devait passer par la parole du peuple.

Il est vrai que Péguy se revendiquait autant catholique indépendant qu’il avait été socialiste indépendant : « Je ne veux rien savoir d’une charité chrétienne qui serait une capitulation perpétuelle devant les puissants de ce monde. Je ne veux rien savoir d’une charité chrétienne qui serait une capitulation constante du spirituel devant les puissances temporelles. (…) Je ne veux rien savoir d’une charité chrétienne qui serait un constant abandonnement du pauvre et de l’opprimé. Je ne reconnais qu’une seule charité chrétienne (…) : c’est la constante communion, et spirituelle, et temporelle, avec le pauvre, avec le faible, avec l’opprimé. » ("L’Argent, suite", 1913).

À partir de ce moment, Péguy préféra la forme poétique à l’essai polémique, des prières qui lui apportèrent la renommée littéraire avec trois œuvres majeures : "Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc" (janvier 1910), "Le Porche du mystère de la deuxième vertu" (1911) et "Le Mystère des saints Innocents" (1912).


"Guide" pour sainte Marie

Au-delà de Jeanne d’Arc (et aussi de Richelieu), Péguy a honoré saint Louis et sainte Geneviève (protectrice de Paris), et surtout la Vierge Marie. En raison de la maladie de l’un de ses enfants, Pierre, qui avait la typhoïde, il a fait un premier pèlerinage à la cathédrale de Chartres du 14 au 17 juin 1912, puis un second du 25 au 28 juillet 1913 : « J’ai tant souffert et tant prié. (…) Mais j’ai des trésors de grâce, une surabondance de grâce inconcevable. ». De nombreux étudiants catholiques font, depuis lors, ce pèlerinage de Paris à Chartres (encore aujourd’hui).

« Un sanglot rôde et court par-delà l’horizon.
À peine quelques toits font comme un archipel.
Du vieux clocher retomber une sorte d’appel.
L’épaisse église semble une basse maison.

Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
De loin en loin surnage un chapelet de meules,
Rondes comme des tours, opulentes et seules
Comme un rang de châteaux sur la barque amirale. »

("Présentation de la Beauce à Notre Dame de Chartres")

Péguy s’est essayé à présenter à la Vierge la ville de Paris qu’il chérissait, avec la métaphore du vaisseau qui se retrouvait sur les armes de la cité.

« Étoile de la mer voici la lourde nef
Où nous ramons tout nuds sous vos commandements :
Voici notre détresse et nos désarmements ;
Voici le quai du Louvre, et l’écluse, et le bief.

(…)

Reine qui vous levez sur tous les océans,
Vous penserez à nous quand nous serons au large.
Aujourd’hui c’est le jour d’embarquer notre charge.
Voici l’énorme grue et les longs meuglements.

S’il fallait le charger de nos pauvres vertus,
Ce vaisseau s’en irait vers votre auguste seuil
Plus creux que la noisette après que l’écureuil
L’a laissé retomber de ses ongles pointus. »

("Présentation de Paris à Notre Dame")

La suite dans mon prochain article.

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L’évêque de Meaux, Mgr Jean-Yves Nahmias, célébrera une messe du souvenir en hommage à Charles Péguy dans l’église de Villeroy le dimanche 7 septembre 2014 à 10h30.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (5 septembre 2014)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Excellent site sur Charles Péguy.
Témoignage de Marcel Péguy, fils aîné de Charles (émission du 2 décembre 1973).
Jean Jaurès.
L’attentat à Sarajevo.
La Première Guerre mondiale.
Pétain.
La conséquence du socialisme unitaire.
La Passion.
Jeanne d’Arc.
Étienne Borne.
Paul Ricœur.
Simone Weil.
André Gide.
Albert Camus.
Aimé Césaire.
Edgar Morin.
De Gaulle.
Edmond Michelet.
Jean Charbonnel.
François Bayrou.

yartiPeguy05 


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1 réactions à cet article    


  • Auxi 5 septembre 2014 16:43

    « Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
    Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.


    Avis fort peu partagé par les premiers intéressés ; rien que pour cette saloperie, laissons Péguy croupir dans les poubelles de l’histoire, à sa place. La charité, c’est le contraire de la justice, parce que c’est le fait du prince, son bon plaisir, son bon vouloir… Il n’y a jamais eu de guerre « juste », uniquement des bénéfices sur la souffrance des hommes. « Heureux sont ceux qui sont morts », mais qu’en sait-il, le cul-béni ? Seule sa superstition grotesque d’un autre monde après la mort l’en convainc. « Heureux », ces jeunes gens fauchés dans la fleur de l’âge, dans la boue, le sang, la gangrène et la mort, loin de ceux qu’ils aiment ? « Heureux », ceux qui se mutilaient sans retour pour échapper à l’enfer ? Les seuls à être heureux, ce furent les spéculateurs bien planqués à l’arrière, et les marchands de canons.

    « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour la finance. »
    Anatole France

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