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Chris et son rock de chambre progressif

Le rock progressif se décline dans de multiples styles et genres et se joue dans tous les pays occidentaux ainsi qu’en Asie, mais son axe central reste néanmoins l’Europe et bien évidemment, les Pays-Bas participent à ces agapes musicales. L’occasion de faire connaissance avec Christiaan Bruin, artiste néerlandais multi-instrumentiste qui en l’espace de quelques années, entre 2010 et 2014, a sorti pas moins de cinq albums dont le dernier « Days of summer gone » a été édité chez Progress records avec comme nom de formation tout simplement Chris. Pour signifier qu’il s’agit d’albums solo car Bruin est aussi batteur dans une formation de heavy de prog néerlandais et contribue également à la line-up dans un groupe britannique de néo-prog.

La musique proposée par Chris s’inscrit dans un genre qu’on peut désigner comme rock de chambre, par analogie avec la musique de chambre classique qui se joue avec un ensemble réduit d’instruments, depuis le solo jusqu’à une douzaine d’instruments. La line-up nous aide à comprendre pourquoi cet album est d’une facture assez classiciste. Chris, c’est Christiaan Bruin au chant, aux claviers, aux percussions, à la basse, avec six instrumentistes oeuvrant au violon, violoncelle, hautbois, flûte, trombone, trompette. Au final, le résultat s’avère d’une incroyable subtilité, avec une étrange alchimie associant mélodies de rock et fioritures classiques. Les morceaux sont résolument dimensionnés pour le prog. Un peu plus d’une heure de musique déclinée en six pièces musicales, quatre étalées sur plus de dix minutes et deux autour de six minutes. Ce qui est remarquable, c’est cette alchimie, cet équilibre entre les instruments rocks joués par Bruin et les instruments classiques acoustiques qui renforcent une ambiance symphonique mais de chambre.

Pour donner une idée du style on pourrait imaginer la rencontre entre du rock très mélodique joué façon songwriter des seventies et les inquiétantes subtilités d’une formation belge qui joue aussi sur les instruments classiques et qui sévit sous le nom d’Univers Zéro. On pensera aussi à une autre formation belge et alternative, Venus et sa prestation avec un ensemble de musiciens de chambre. Les instruments classiques donnent une teinte somptueuse aux pièces de rock lorsqu’ils sont utilisés avec toute la science musicale qu’on connaît dans le domaine du prog. Le style de Chris alterne entre des pièces intimistes avec un piano discrètement mis en avant et des morceaux plus envolés avec les instruments déchaînés. La musique se fait lumineuse et sombre à la fois, parsemée de contrastes, avec des compositions sachant manier un certain lyrisme. C’est reposant et calme, même quand la cavalerie musicale se débride et qu’une belle ampleur symphoniste se déploie. De la très belle musique, avec un soin apporté aux mélanges harmoniques et une indéniable quête du beau. De quoi nous rappeler qu’il fut un temps où l’art avait comme finalité la production de l’émotion du beau chez le mélomane ou l’esthète.

Et d’ailleurs, le CD présenté en digipack s’inscrit parfaitement dans l’esprit du progressif avec ses légendaires pochettes enveloppant les vinyles d’une époque très inventives et dont on retrouve l’esprit chez Chris et ses musiciens.

En écoute ici


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