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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Clerambard » de Marcel Aymé avec Jean-Marie Bigard au Théâtre (...)

« Clerambard » de Marcel Aymé avec Jean-Marie Bigard au Théâtre Hébertot

Clérambard pour Bigard, c’est de l’or en barre !...

Après avoir rempli le Stade de France dans la harangue du one-man-show et avoir, par la suite, endossé, en rupture rhétorique, la prose présomptueuse de M. Jourdain, voici une langue ingénument psychotique lui permettant d’être à parité de composition avec ses partenaires.

A ceci près, que le comte Hector de Clérambard est un drôle d’oiseau illuminé qui, de bourreau de ses proches, va se transformer, sous un coup de baguette miraculeuse, en rédempteur messianique de la condition humaine.

En effet, une soudaine révélation de Saint-François d’Assise a véritablement changé la donne religieuse de ce tueur invétéré de chiens et de chats devant l’éternel, le transformant telle la citrouille par un carrosse, en protecteur inconditionnel de la moindre araignée ou autre manifestation du vivant.

Isolé donc parmi les siens en raison de ses toquades initialement tyranniques devenues charitables à l’extrême, voilà maintenant que cet aristocrate de vieille famille déchue s’est entiché de marier son fils (Nicolas Biaud-Mauduit) quelque peu dégénéré.

Entre sa femme, à principes moralisateurs bon chic bon genre et sa belle-mère (Hélène Surgère), gardienne du train de vie et des mœurs nobiliaires, la visite de sa future bru accompagnée d’une famille prolétaire au grand complet va sonner le tocsin des convenances bafouées.

C’est "La Langouste", la prostituée qui fait fantasmer tout le quartier, qui va venir, à son insu, régler tout ce beau monde en quête de respectabilité.

Cas clinique de psychiatrie collective dévoyée par la truculence primesautière de Marcel Aymé, c’est peu de dire que tous les comédiens s’y régalent comme des poissons dans l’eau, enivrés de surréalisme bon enfant.

Philippe Uchan y compose notamment un personnage à facettes facétieuses d’une drôlerie irrésistible ; Véronique Boulanger nous rappellerait volontiers la mère "Le Quesnoy" naviguant, au mieux, sur un long fleuve tranquille ; quant à Sophie Tellier, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle avive, à elle seule, toute la fougue libidinale du Théâtre Hébertot.

Nicolas Briançon signe une mise en scène à la fois chorégraphique et chorale qui, en s’appuyant sur la subtilité du ressentiment, donne une force joyeusement explosive à tous les bons sentiments. 
 
Photo © Guirec Coadic
 
CLERAMBARD - *** Theothea.com - de Marcel Aymé - mise en scène : Nicolas Briançon - avec Jean-Marie Bigard, Nicolas Biaud-Mauduit, Véronique Boulanger, Hélène Surgère, Jean-François Guilliet, Dominique Daguier, Sophie Tellier, Philippe Uchan, Fabienne Chaudat, Maud Heywang, Maurine Nicot, Lola Marois, & Thibaud Lacour - Théâtre Hébertot -
 


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