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Clint Eastwood - Portrait


Warner Bros. France

Un nom qui signe une carrière prolifique et bénéficie d’une aura internationale, qui se conjugue aussi bien sur le plan de l’interprétation que de la réalisation de films. Né le 31 mai 1930 à San Francisco, Clint Eastwood fit son apprentissage d’acteur à la firme Universal avec laquelle il signa l’un des derniers contrats de salarié proposé par les studios. Alors qu’il semble confiné dans les seconds rôles et des séries comme Rawhide, Sergio Leone va lui donner l’occasion de révéler son talent d’interprète en le faisant tourner successivement dans trois longs métrages : Pour une poignée de dollars (1964), Et pour quelques dollars de plus (1965) et surtout dans Le Bon, la Brute et le Truand (1966), le chef-d’œuvre que l’on sait.

De retour aux Etats-Unis, Clint va fonder sa propre société, Malpaso, et entamer une fructueuse association avec Don Siegel, d’où sortiront notamment Les Proies (1970) et le premier volet de la saga de l’inspecteur Harry. C’est en 1971, après trois collaborations fructueuses avec Siegel, qu’Eastwood décide de faire cavalier seul en tournant son premier film Un frisson dans la nuit, où il démontre un incontestable talent pour la mise en scène épurée et terriblement efficace. Grâce à la réussite de la série de l’inspecteur Harry, créée conjointement avec Siegel, qui a eu le mérite de le propulser au hit-parade du box-office au même niveau qu’un Robert Redford et un Al Pacino, Clint a désormais les moyens de financer des projets plus personnels, des films en demi-teinte souvent emplis d’émotion. Un auteur est né dont les capacités ne vont cesser de s’affirmer, réalisant une œuvre où il analyse cliniquement l’Amérique en diversifiant les genres : drame, polar, western, film noir. Le réalisateur sait habilement utiliser tous les outils mis à sa disposition pour offrir sa propre vision de la société : des services de santé à la conquête spatiale, de la corruption politique à l’homosexualité, jetant un regard toujours humain, mais sans complaisance, sur les problèmes qui se posent à son pays.

Clint Eastwood.

Rien ne laisse indifférent cet esprit curieux, qui veille à se forger sa propre opinion et à ne pas se laisser influencer par les modes. Certains critiques verront en lui un héritier de John Ford et salueront ce fils spirituel des grands maîtres de l’âge d’or d’Hollywood.

En 1992, il obtient l’Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Impitoyable (Unforgiven), western sombre dédié à Don Siegel et Sergio Leone, ses deux pygmalions. Grand film que celui-ci sur la violence et la rédemption qui clôt définitivement le genre et semble achever une époque de sa propre vie. En effet, dans les films qui vont suivre, il semble que Clint prenne du recul et de la hauteur et cède à une inspiration plus apaisée, nous peignant des héros qui, en avançant en âge, ont opté pour la sagesse, sans être pour autant fades ou conventionnels. Ce sera, entre autres, la magnifique réalisation de Sur la route de Madison (1994), l’une des plus belles histoires d’amour portée à l’écran, avec une finesse et une sensibilité rares. Tout en retenue, en regards et frôlements, Clint face à Meryl Streep nous dévoile une passion mature d’une poignante intensité. Ainsi en une vingtaine d’œuvres, ce soi-disant réactionnaire aura tout abordé, du plaidoyer contre la peine de mort (Jugé coupable) aux préjugés dont souffre un riche homosexuel (Minuit dans le jardin du Bien et du Mal) jusqu’aux frasques sexuelles d’un président (Les Pleins Pouvoirs), il analyse avec intelligence et acuité les symptômes propres à une civilisation en train de traverser de dangereuses turbulences, dessinant un portrait réaliste de son pays, sans se laisser aller au défaitisme. Car, si Clint redoute l’opinion de masse, il garde confiance dans les contre-pouvoirs et fait passer sur l’écran un souffle puissant inspiré de son idéal et de sa conviction qu’il y a toujours un sursaut possible pour retrouver les valeurs basiques et construire plutôt que détruire.

Clint Eastwood. Warner Bros.

Acteur et réalisateur de premier plan, il jouit aujourd’hui d’un statut particulier dans l’univers cinématographique, celui d’un homme fort et humain, d’un conteur hors pair qui sait mieux que quiconque mettre son talent exigeant au service de thèmes graves et actuels, tous abordés avec la même audace et le même souci d’impartialité, composant une belle œuvre de réflexion sur les grandeurs et misères de notre temps.

Vidéo hommage :


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4 réactions à cet article    


  • Proto Proto 23 mai 2008 12:43

    Dommage que vous n’ayez pas évoqué aussi sa carrière de producteur, intéressante elle aussi (il y a un très bon « Actor Studio » sur lui)

    Pour moi Clint ça reste avant tout le western spagettti et l’inspecteur Harry.

    J’ai beaucoup aimé dans un autre registre Sur la route de Madison et Million Dollar Baby.

    Bref un acteur complet, fait d’un métal qui n’existe plus…


    • tvargentine.com lerma 23 mai 2008 12:53

      Il est un très grand acteur,réalisateur,producteur du cinéma américain

      Quand on sait qu’en France il a été décrit comme un "réactionnaire" par la franche de la presse gauchisante des libé ou du Monde des années passées ! c’est dire le niveau intellectuelle de ces gauchistes qui n’arrivent plus à vendre leur journal

      Un tres grand acteur par ses rôles dans les films qu’il a joué pour différents réalisateurs et je crois que son réalisateur fétiche s’appelait : DON SIEGEL

       

       

       


      • SANDRO FERRETTI SANDRO 23 mai 2008 14:35

        Je ne peux que reproduire mon post dans un autre article sur le méme sujet.

        Clint, c’est la grande classe, physique comme morale.

        Le talent, la modestie, la profondeur et le mystère.

        La définition ( théorique, car galvaudée) d’une star. Une vraie.

        A vous réconcilier avec l’Amérique.....

         


        • sisyphe sisyphe 23 mai 2008 16:51

          Ca, c’est ce qu’on appelle un parfait panegyrique !

          Pas la moindre zone d’ombre, aucune allusion aux films carrément réacs de la période Inspecteur Harry : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil....

          J’aime bien Eastwood comme acteur ; également pour certains de ses films, mais pas tous, loin de là...

          Sur la Route de Madison m’est apparu comme une bluette troisième âge gnangnan, Million dollar Baby se termine de façon pleurnicharde....

          Bird est un grand film : pour moi son meilleur : mais bon, de là à en faire une icone vivante.... Il faut croire que le bon peuple a toujours besoin d’idoles....

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