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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Combat de nègre ou de chiens » de Koltès à La Colline

« Combat de nègre ou de chiens » de Koltès à La Colline

Rarement cage de scène n’aura aussi bien porté son nom, car de ses entrailles jusqu’aux cintres, la tôle qui la ceint semble, telle une cheminée infernale en circuit fermé, circonscrire un univers mental dont il n’est guère possible de s’absoudre.

Olaf Altman la gratifie d’un jeu de passerelles en pentes raides qui en complexifie le réseau neuronal interne, de manière à attiser les conflits latents.

En quête d’un improbable équilibre à jamais perdu, Horn, le chef de chantier, et Cal, son ingénieur, sont prêts à en découdre avec l’ennemi invisible qui, probablement, ne serait autre que leur surmoi occidental.

Cependant, ceux-ci se trouvent au cœur de l’Afrique, en un territoire devenu hostile car s’il y a disparition d’un chien de compagnie, il pourrait fort bien également, y avoir mort d’homme indigène.

Comment donc négocier avec le mal absolu, alors que toutes les turpitudes de la vie remontent d’un seul coup, à fleur de conscience sans laisser la moindre chance à la rédemption de pouvoir y trouver le chemin de l’Amour ?

Aussi, Léone (Cécile Croustillac), dans le rôle de la maîtresse candide, ne saura à quel « démon » se vouer, entre Horn (Charlie Nelson) le protecteur, Cal (Stefan Konarske) l’alter ego et Alboury (Jean-Baptiste Anoumon), porteur de la différence indicible et, présentement, à la recherche de son frère noir, subitement disparu.

Si le suicide pouvait se profiler en sortie du labyrinthe cérébral, nul doute que chacun y trouverait son compte, en s’immolant dans un gigantesque feu d’artifices aussi fallacieux que la vie, elle-même.

La pièce de Bernard-Marie Koltès donne l’opportunité à Michael Thalheimer d’imaginer l’omniprésence, en arrière-plan, d’un chœur noir, représentatif d’une menace autant indéterminée qu’inquiétante à l’instar de l’angoisse atavique obsessionnelle dont l’homme blanc serait censé relever le défi.

En fait, tout pourrait se passer entre soi et soi, puisque chacun des trois personnages européens semble se débattre, en vain, avec le fardeau accumulé par son histoire, sa culture et surtout sa prétention à maîtriser les forces irrationnelles.

La distribution est à la hauteur d’une direction d’acteurs époustouflante où la transgression des tabous règne en maître sur le plateau du Théâtre de la Colline.

photo © Elisabeth Carecchio

COMBAT DE NEGRE OU DE CHIENS - *** Theothea.com - de Bernard-Marie Koltès - mise en scène : Michael Thalheimer - avec Jean-Baptiste Anoumon, Cécile Coustillac, Stefan Konarske, Charlie Nelson et un choeur - Théâtre de la Colline


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