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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Comment je me suis disputé (...ma vie de hardeur)

Comment je me suis disputé (...ma vie de hardeur)

La star du porno HPG vient de réaliser son premier film. A mi-chemin entre le flop retentissant et la révélation estampillée « film d’auteur », On ne devrait pas exister est loin de convaincre le spectateur lambda.

Certains films devraient s’arrêter aux quinze premières minutes. Car ces quinze minutes sont les seules dont j’arrive encore à me souvenir après plusieurs jours de stand-by, et que je parviens à résumer à mes amis, curieux de savoir mes impressions sur le premier film d’HPG, le hardeur aux 300 films. Difficile donc de trouver les mots pour décrire cet ovni cinématographique tout droit sorti de l’esprit tordu d’Hervé Pierre Gustave. Car si l’idée du scénario se résume en quelques mots -un acteur de film X, Hervé, décide de tout plaquer pour se tourner vers le cinéma traditionnel- le film lui, devient plus confus et barbouillé au fur et à mesure que l’heure tourne.

Flash-back : il est treize heures, je me rends dans le 8e arrondissement à la projection de On ne devrait pas exister. Dans la salle, je croise la sublime LZA, compagne à la ville comme à l’écran d’HPG, tandis qu’à côté, un certain Benoît Fournier se jette sur les journalistes pour leur donner sa carte de visite, certifiant à celui qui veut bien l’entendre qu’il est bon acteur et qu’il sait très bien parler l’américain. (Je ne prête aucune attention à ce trublion, jusqu’à ce que je m’aperçoive dix minutes après, en pleine projection, que le Benoît du couloir est le Benoît du film...). Je suis donc tranquillement installée dans les grands fauteuils confortables, et tandis que je m’enfonce doucement dans le cuir, le titre apparaît sur l’écran, écrit sur le phallus érigé du bon samaritain du 7e art HPG. J’esquive un sourire puis un rire, en entendant certains dans la salle s’interroger sur l’idée plus que bizarre de l’acteur, de choisir son avant-bras comme support pour le titre.

Les séquences mémorables s’enchaînent, passant d’une scène pittoresque d’un Condoman justicier de l’amour sous latex, à celle des coulisses d’un film porno avec un Hervé en pleine débandade dans une piscine gonflable à trois balles. Jusque-là, j’arrive encore à suivre, et je me dis qu’on tient là un film culte. Sauf que je déchante au bout de ces symboliques quinze minutes. Le ton s’essouffle, et je me retrouve face à un film qui n’a ni queue ni tête, à un verbiage incessant, une torture visuelle et sonore, où s’accumulent cris, plans sans intérêts, dialogues incompréhensibles, et personnages grotesques. Certains quittent la salle, d’autres restent, pour aller jusqu’au bout de ce trip cacophonique.

Et au bout de cette heure et demie de bourrages sensoriels harassants, je ressors de la salle, déconnectée de la réalité avec ce sourire débilitant figé sur les lèvres. Car durant tout le film, j’ai ri. Pourquoi ? Je ne sais pas. J’ai ri nerveusement parce que je ne comprenais plus les dialogues au bout des quinze premières minutes, parce que les scènes se succédaient sans transition, parce que la comédie faisait place au mélodrame de série B, et parce que ce film est tout simplement gâché. Autobiographique ou non, le spectateur ne ressent rien, aucune empathie pour ce personnage border-line, cet acteur porno solitaire, mal aimé, alcoolique, et incompris. Le film tombe lamentablement dans la caricature ennuyeuse, et tout en devient ridicule.

Pour preuve : à la scène où Hervé insulte les comédiens qui se présentent au casting, je préfère celle où il fait un casse délirant à la Cinémathèque française à gros coups de godemichets XXL et autres vibros. A la scène de pétages de plomb existentiels, nu, avec, comme cache-sexe, un rouleau de papier hygiénique, je préfère celle de l’éjaculation en pleine face du réalisateur de film X, qui somme Hervé de se retenir pour mettre en boîte la scène. J’accumule les critiques, sans voir les qualités de ce film, qui peut-être m’échappent. Sûrement même, puisque le film a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. N’empêche, HPG guindé de sa muse LZA, pin-up tout droit sortie de l’univers pop de David Lachapelle, tatouée jusqu’au bout des seins, forment un duo charismatique et inoubliable à l’écran, à qui il faudrait proposer un film qui a de la gueule et de la présence. Un remake de Bonnie and Clyde avec, pour réalisateur Quentin Tarantino, ou encore un In the mood for love revu et corrigé par Gaspard Noé. En tout cas, qu’on aime ou non, On ne devrait pas exister ne laisse pas indifférent et fait encore jaser ceux qui l’ont vu.

On ne devrait pas exister de et avec HPG

Avec : Elsa Steyaert, Benoît Fournier, Jean-Claude Joerger, Mari-T Picou, Margaret Zenou, Marilou Berry, Rachida Brakni et Bertrand Bonello.

Sorti au cinéma depuis mercredi 24 mai 2006


Moyenne des avis sur cet article :  3.61/5   (46 votes)




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5 réactions à cet article    


  • zebulon (---.---.106.50) 30 mai 2006 11:46

    Ben ça donne pas très envie (cette critique) !! Mais plutôt curieux quand même ! Comme ça a l’air barge et bien trash, ça m’intéresse. Sur que je vais le voir ! Anti-réacs, anti-conformistes, délirant - c’est déjà ça. De toutes façons, les critiques officielles... ne correspondent pas souvent à mes goûts. Le personnages sont tout de même fascinants. Et au-delà du sentiment d’être à côté de la plaque, ça parle aussi d’amour. Ils ont quand même joué dans l’opéra Tannhaüser d’Olivier Py... Pour la Quinzaine, la révélation c’est Corneliu Porumboiu.


    • nono (---.---.94.25) 30 mai 2006 12:49

      un navet....

      Quand a HPG quand les médias ferons un travail de reflexion entre la santé mentale et la pornographie ... on parlera de la pornographie de maniere constructive... Pour l’instant on est pas capabe de dépasser la banalisation pour vendre...

      Logique les chemins qui menent a tourner dans un film porno,

      Bien que je n’aime pas les chiennes de garde, on trouve un témoignage qui illustre bien ce que sont les coulisses du porno.... on est loin de l’estime de soi, du respect de soi et des autres... http://www.chiennesdegarde.org/article.php3?id_article=240

      HPG fait partie de ces individus qui contribue a banaliser ce milieux... mettre de la dorrure sur de la M.....

      Mais je pense que ces prestations sur les plateaux télé pour vendre son film releve bien de la santé mentale precaire du personnage et globalement de ce milieu...

      Il ya un john B root pour 1000 HPG et les pathos qui vont avec.... et je ne parle même pas de tout le rayon zoo, scato, pratiques extremes... la santé mentale des « acteurs » les rends client pour tourner dans ses films...


      • manito (---.---.79.252) 31 mai 2006 09:11

        Chiennes de garde parle du porno -> « Quand j’étais plus jeune, j’ai couché avec une quantité de mecs, et à l’époque j’étais persuadée que c’était génial, que j’adorais ça, que c’était la vraie vie et qu’au fond c’était peut-être même moi qui profitais d’eux. Tu parles. La vérité c’est que j’avais gelé mes sentiments, sinon j’aurais pas supporté tout ça, croyez-moi j’ai toujours envie de vomir quand j’y repense. J’étais manipulée, humiliée et tout ce qu’on veut. »

        « j’ai bossé comme caissière, j’ai bossé en usine aussi, très mal payée. J’ai detesté ces boulots, mais étrangement je ne me sens pas mal en y repensant, j’ai pas envie de gerber, je n’ai aucun sentiment de dégoût. Ca n’était pas agréable, mais ça ne me poursuit plus. Je n’ai pas l’impression d’avoir été touchée dans mon intimité. Peut-on en dire autant après avoir passé 5, 10 ans dans le X ? J’en suis pas si sûre. » Bref un témoignage qui parle de tout sauf de pornographie. Juste une nana qui a honte d’avoir pris du plaisir. et qui tire des conclusions navrantes. Ce qui poursuit dans le porno, c’est bien l’image de soi, c’est-à-dire l’image que les autres ont de vous. Faut dire acteur porno, c’est mal c’est pour les pathos hein nono. Tu attends qu’on te fasse des études médicales pour prouver ta thèse ? Que les gens qui font du porno sont des malades ? Parce qu’ils sont différents de toi et qu’ils souffrent que tu les traîtent de malade.


        • nono (---.---.94.25) 31 mai 2006 10:16

          Mais bien sur quand un individu prend conscience des echecs qui l’on conduit a faire des saloperies et d’exiber son corps quand il a une totale manque d’estime de soi.... vous reduisez cette reflexion « a Juste une nana qui a honte d’avoir pris du plaisir. et qui tire des conclusions navrantes. »

          Ensuite j’ai pas l’impression que vous comprenez ce qu’elle dit dans cette article... http://www.chiennesdegarde.org/article.php3?id_article=240

          Désolé de casser vos reves d’anonyme masturbateur derriere son ecran...mais vous etes immature comme les cleints des prostitués qui croient que leur prestataire de service prend du plaisir... faudra devenir un homme et arrete de voir les femmes comme un adolescent puéril.

          vous croyez que les actrices prennes du plaisir dans les films.... mais bien sur... c’est vrai que se faire baiser a la chaine par 30 mecs dans un gang bang et prendre leur sperme dans la guele.... comme une bete....le plaisir de voyeur vous l’avez mais la pseudo actrice ne la pas elle est la pour touché un cachet ou entretenir une nevrose comme ce temoignage l’explique tres bien notamment quand elle dit :

          « Mais j’aimerais qu’une chose soit claire : on peut faire un choix conditionné sans avoir l’air d’une pauvre victime brisée, on peut même le revendiquer haut et fort et se sentir valorisée par ce choix. On peut donner l’image de quelqu’un qui s’éclate dans ce qu’elle fait, qui aime ça. Ça veut pas dire pour autant qu’on est pas victime. Ça veut pas dire pour autant que ça ne nous fait pas de mal. Sauf que sur le moment on s’en rend pas compte, tout simplement parce que si on s’en rendait compte on le ferait pas. J’ai moi-même, suite à un passé d’abus sexuels, failli faire le « choix » de devenir actrice de X, et même celui de me prostituer, je vais donc utiliser mon expérience personnelle pour illustrer mes propos. »

          Je ne suis pas contre la pornographie. Je suis pour que l’on arrete de banalisé cette activité ou l’on fait croire que les « acteurs » serait des gens qui acceptent pleinement de s’exiber et perdre leur intimité devant une caméra. Car ce qui conduit a s’exiber sexuellement devant une camera releve bien souvent de chose négative au niveau psychiatrique...

          Et il faut arreter d’invité dans les médias traditionnels ces pseudos hardeurs intellos.... car on peut faire des etudes superieures et n’avoir aucune estime de soi et trainé de lourde casserole.... c’est sur quand on s’appelle josiane et que l’on est caissiere on ne s’aura pas avoir un discours cache misere de pseudo intello comme les ophelies, hpg et autres nevropates dilomes...

          Mais un diplome universitaire n’est aucun cas un certificat de bonne santé mentale...

          Je constate une chose il n’est pas possible de trouver sur le net un temoignage d’un acteur masculin qui aurait fait cette reflexion sur les causses reelle qui l’on conduit a tourner dans un film x. A par toute la niaserie habituelle que l’on peut lire la dessus.

          Pour une raison simple la pornographie est perçu par les hommes d’une maniere générale comme un performance et comme une abondance de partenaire que l’on a pas séduire et encore moins a comprendre. PUisque ce sont des femmes faciles. La femme objet ideale...

          Y’a un long travail a faire pour parler des choses qui conduise les « acteurs » et c’est clair que cela dérange car on est dans le domaine de la santé mentale... on bien loin du showbiz, d’une discipline artistique....

          Mais a l’heure ou des groupes comme canal + font en partie leur beurre sur le porno et le foot.... Foot qui en allemagne va aussi permettre d’avoir leur bordel a des milliers de males en rut et alimenter les caisses de ceux qui se livre au traffic d’etre humain.... je ne vois rien de respectueux dans tout cela... Même si je suis pour que l’on fiche la paix aux prostitués qui n’on pas de souteneur...

          Si c’est que des gens qui se font du buisness sur le manque de santé mentale des acteurs et la misere sexuelle des voyeurs..et qui est une catastrophe pour les jeunes ont une approche de la sexualité et de leur partenaires dans ces films.

          La pornographie n’est ni activité respectable ni banalisable comme le font les médias.

          HPG ne respire pas le bien etre et l’estime de soi...et encore moins le respect des autres c’est pas le pseudo enrobage bidon intello.... qui servira de cache misere a la dimension précaire de santé mentale des acteurs X et du manque d’estime de soi et des autres qui vont avec. Je ne parle même pas des offres zoophile, scatologique, des pratiques extremes et dégradantes diverses qu’offre ces catalogues de film...


          • jebthebear (---.---.3.72) 31 mai 2006 11:25

            « Désolé de casser vos reves d’anonyme masturbateur derriere son ecran...mais vous etes immature comme les cleints des prostitués qui croient que leur prestataire de service prend du plaisir... faudra devenir un homme et arrete de voir les femmes comme un adolescent puéril. »

            encore des attaques gratuites : connais tu le posteur avant de le traiter de tous les noms ? De lui preter des envies tordues ?... Que dirais tu si on te balancait cela a la tronche ? Je suis persuadé que tu n’apprecierais pas du tout, ce qui serait normal. Alors reste poli STP !

            Ca sent le sous marin des chiennes de garde a plein nez. Et pour ce qui est de l’article sur leur forum franchement, c’est du : « avant j’étais heureuse, mais depuis qu’une copine m’a dit qu’en fait on profitais de moi et pas l’inverse, j’ai des tendances suicidaires » Je pousse a peine le bouchon...

            Non, tous les acteurs/trices pornos ne sont pas d’ex enfants abusés sexuellement et certains aiment ce boulot (eh oui, je trouve ca tordu aussi mais il faut de tout pour faire un monde, tous le monde ne nous ressemble pas ; seuls les fachos pensent le contraire). Cela n’enleve en rien l’aspect hyper dégradant qu’a la femme dans ces films (ejaculation faciales, insultes a gogo, etc...)

            Pour info, aux USA, les actrices sont payées comme des stars hollywoodiennes alors que les acteurs sont payés 3 francs 6 sous...

            Vous avez dis discrimination ? smiley

            C’est dure a accepter, mais oui : certains font ce métier par choix et envie et non par obligations perverse (as tu pensé a l’aspect « argent facile » dont certains se persuadent : les 18-20 ans s’en persuadent eux très facilement, ca fait peur d’ailleurs...)

            Bonne journée

            Jeb

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