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Cosmos

Compagnie Haut et Court
Adaptation et mise en scène : Joris Mathieu
D'après le roman éponyme de Witold Gombrowicz
 
Interprétation : Philippe Chareyron, Vincent Hermano, Franck Gazal, Rémi Rauzier, Marion Talotti, Line Wiblé
Scénographie : Nicolas Boudier, Joris Mathieu
Musique : Nicolas Thévenet
Lumières : Nicolas Boudier
Création vidéo : Loïc Bontems, Siedfried Marque
 
Le Monfort
Paris 15ème
Du 12 novembre au 7 décembre 2013.

 

Longtemps, bien longtemps que je ne m'étais pas autant ennuyée au théâtre... La dernière fois, c'était avant 2008, au théâtre de Gennevilliers, un gars éclairé à la bougie qui déroulait un monologue interminable, le bras et la main positionnés d'une drôle de façon, comme s'il tenait une grosse part de gâteau au fromage imaginaire. Cette seule évocation me faisant frémir d'effroi, j'en ai un peu voulu à Cosmos de me rappeler avec acuité ce douloureux souvenir.

Deux jeunes hommes, peut-être étudiants, vagabondent dans la campagne polonaise, fuyant la grande ville, sans qu'on sache très bien qu'elle est leur motivation : désœuvrement, tentation du voyage initiatique, fuite d'un conflit familial ou de quelque chose de bien plus grave qu'ils auraient commis. Ils s'installent dans une pension de famille, après avoir observé une femme qui y vit, parente pauvre des propriétaires, qui fascine l'un d'eux par sa bouche déformée par une infirmité, à la manière de L'homme qui rit de Hugo. On ne sait très vite plus très bien si cette femme existe réellement ou si elle est une sorte de double onirique de la fille de la maison, beauté aux lèvres rouges qui parle très peu. Au fur et à mesure, dans la campagne environnante, des choses et des animaux pendus apparaissent, puis un homme aussi je crois. Les deux voyageurs sont bizarres. Les propriétaires de l'auberge sont bizarres. Ils récitent tous de longs monologues. Et de la suite et de la fin, je ne peux rien dire car j'avais totalement décroché, somnolant doucement ou pensant à mes obligations du lendemain. "Ce serait bien que je prenne cinq minutes pour aller acheter du lait..."

Très vite en effet, le texte m'a ennuyée et je m'en suis désintéressée en un éclair. Mais au début, le décor m'a semblé très beau et très intéressant : un tapis roulant tournant autour du plateau et faisant circuler des personnages immobiles, un écran au centre de la scène permettant de délimiter des espaces en conservant la transparence.

"La recherche scénique propose au spectateur une plongée subjective à travers le prisme d'un dispositif de loupe digital, invitant à une aventure sensorielle et sensible", promet le programme.

Et cependant, quelque chose me dérangeait profondément. Je suis d'une école où on se méfie comme de la peste de tout ce qui pourrait opposer le fond et la forme. La vieille erreur de débutant ! Et de fait, le beau dispositif scénique se dégonfle comme un ballon de baudruche. Multiplier les propositions jusqu'à saturation (une loupe géante, un rideau façon store vénitien...) ne masque évidemment pas un propos décousu.
 

La pièce se termine.
"Un jour je vous raconterai une autre aventure extraordinaire."
"Et bien ce sera sans moi !" a crié un monsieur et les spectateur ont beaucoup ri. C'est rare d'ailleurs de ressentir une salle aussi unanime. C'était un peu triste pour les comédiens, mais que faire d'autre si ce n'est rire à cette sortie pleine d'à propos....

 


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