• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Couté-Rossoto : frères d’armes poétiques

Couté-Rossoto : frères d’armes poétiques

Lundi 6 février 2006, dans le plus joli laboratoire artistique d’Avignon - les Trois Pilats - Régis Rossotto, comédien amoureux fou des écrits de Gaston Couté, présentait une maquette de son futur spectacle sur le grand homme, en textes et en chansons.

J’aimerais bien voir une maquette de spectacle comme ça tous les jours ! Ne serait-ce que pour le choix de l’auteur, Gaston Couté, que Pierre Mac Orlan qualifiait de « poète paysan dont le renom grandira tout d’un coup, un jour quelconque dans l’avenir ». Ce type, mort en 1911, avant la Grande Boucherie de 1914-1918, est un écrivain extraordinaire. Il a un sens flamboyant de la langue et du style. Il attaque au ventre, il attaque au sexe, il attaque au cœur : « Cette nuit, pour passer ma rage/De ne pouvoir t’avoir longtemps,/J’ai fait l’amour comme un carnage,/En gueulant, griffant et mordant. « J’ai fait des bleus sur ta peau blanche/À grands coups de baisers déments :/Ton corps est un champ de pervenches.../Va trouver tes autres amants ! » Je cite cet extrait pour montrer à quel point cette poésie est indispensable et accessible à toutes les personnes sensibles de la terre. Sûr que le hasard n’a rien à voir dans la rencontre de Régis Rossotto et de Gaston Couté. Le comédien doit se reconnaître dans ce « gâs qu’a mal tourné », dans celui dont les « yeux inquiets vont de la terrasse [d’un café]/Au clair va-et-vient des femmes qui passent », dans cet homme qui pense que le Christ n’est qu’un mannequin au service des riches, et dans celui qui juge que le maître d’école n’est « qu’un grand malfaiseux devant la Nature »... Dans cette « maquette », Régis Rossotto semble parfaitement à l’aise. Il arbore un air candide, faussement sûr de lui. Il promène son aisance, en osmose avec son frère d’armes poétiques. Il sourit sans cesse, sans doute pour ne pas montrer son âme qui saigne. Il est très émouvant, autant par son jeu que par son chant. Sûr qu’avec ce spectacle « la mouesson est mûre et les blés sont blonds ». Quant à Léna Chambouleyron, elle lui donne la réplique - instrumentale et textuelle - avec grâce, finesse et ironie jolie.


Moyenne des avis sur cet article :  (0 vote)




Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès