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« Crimes à Oxford », ou quand Le Nom de la rose déménage chez Sa Majesté

Martin, jeune étudiant américain (Elijah Wood, qui joua Frodon dans Le Seigneur des anneaux) débarque à Oxford pour tenter d’y rencontrer Arthur Seldom (John Hurt, excellent en vieux génie fatigué), mathématicien et auteur d’ouvrages à succès. Pour réussir à l’approcher, il loge chez des parentes de son idole. Échouant malgré tout à s’en faire remarquer, il se prépare à retourner dans son Arizona natal lorsque, soudain, se produit le premier meurtre...

Le schéma de l’intrigue est voisin de celui du Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud. Ici, les meurtres en série ont lieu à Oxford plutôt que dans une sombre abbaye du nord de l’Italie, et l’an 1993, année où le « grand théorème de Fermat » a été démontré, remplace l’an de grâce 1327 et ses temps troublés de l’Inquisition. Un vieux savant et un jeune impétrant s’attaquent à la logique sournoise d’un mystérieux tueur en série. Wittgenstein remplace Aristote au titre du philosophe de service dont on invoque la pensée pour progresser dans l’enquête, et une belle jeune femme joue le rôle de celle qui ramène tant bien que mal sur terre le jeune héros subjugué par son maître. Le réalisateur, Alex de la Iglesia, a donné une bonne place à des réflexions mathématiques. Certaines critiques ont reproché au film des digressions trop longues et trop complexes. S’il est vrai que quelques longueurs sont à déplorer, il me semble en revanche que même les plus rétifs aux mathématiques peuvent comprendre de quoi on parle, à moins peut-être de volontairement se boucher les oreilles (c’est du moins mon point de vue, qui n’est sans doute pas le plus représentatif, ayant une certaine expérience des mathématiques). Envisager ce film uniquement comme un thriller, c’est oublier une partie de son charme, qui est de profiter de l’occasion d’une enquête pour réfléchir sur ce que nous appelons « vrai » ou « démontré », ou ce qui fait la différence entre vérité et opinion. Les passages philosophiques ou mathématiques ne sont jamais vraiment pesants, même si leur mise en scène est parfois grossière : « je crois ce que je vois ! », s’exclame Martin qui, comme par hasard, glisse et tombe la seconde d’après... là, le réalisateur n’a pas forcé son talent. D’autres passages en revanche sont bien mieux filmés et amenés, et donnent une très agréable impression d’ensemble : une intrigue classique, ficelée dans les règles du genre, avec une pointe bienvenue de réflexion mathématique et philosophique. Ceux qui lisent le Tractatus logico-philosophique au petit déjeuner et ceux qui connaissent par cœur les mille premiers termes de la suite de Fibonacci n’apprendront certes pas grand-chose des joutes verbales entre le maître et l’élève, mais pourront, comme les autres, se glisser avec plaisir dans cet Oxford, clos à la manière de l’abbaye du Nom de la rose et un brin jaloux de voir que c’est à Cambridge que l’annonce a été faite de la démonstration du théorème de Fermat, alors attendue depuis trois siècles.

Crimes à Oxford (Espagne, Royaume-Uni, France), réalisé par Alex de la Iglesia. Sortie : 26 mars 2008. Site officiel du film : http://www.crimesaoxford.fr/


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2 réactions à cet article    


  • lejardindesdelices lejardindesdelices 29 août 2008 00:46

    En fait j’ai pas aimé le film non plus, par contre je me fends d’un petit commentaire afin de vous dire que j’apprécie beaucoup les vôtres... smiley

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