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Culture : entre véritable Création et Marché promotionnel

Le format suranné du Salon annuel du Livre de la Porte de Versailles de Paris n’aura pas marqué par sa différence avec un Supermarché temporaire, mais personne ne s’étonne de l’ampleur du renfort publicitaire provenant aussi du partenariat d’Institutions Publiques (Conseil Régional d’ile de France, Mairie de Paris, France Télévision, le CNL...) associées à l’Opérateur privé exclusif qu’est Reed Exposition. Cela interroge pourtant sur les relations entretenues entre le Service Public et l’aspect le plus mercantile et partial de l’économie de Marché. N’insistons pas sur la loi du copinage recouvrant parfois l’accès à un tel espace de promotion. Nous touchons aux chasses gardées de la petite élite élue par elle même. Le « Salon » est surtout celui du microcosme Parisien.
Loin de remplir sa mission d’ouverture à la diversité de la Création, ce type d’événementiel est d’abord celui d’une confrérie d’intérêts réciproques. La pauvreté culturelle du Service Public de Télévision interroge pareillement, marquant par un cercle fermé d’invités interchangeables. Les visages se suivent et se ressemblent. Les « hasards » de l’actualité sont riches de sens. Pourtant, notre Capitale et notre pays s’inscrivent toujours dans une grande novation artistique, ne recevant hélas aucun soutien dans la communication. La Loi de « la Cour » fondant notre Monarchie Constitutionnelle est perceptible à ce niveau, aussi.

Dans la crypte de l’Eglise Saint Sulpice de Paris, chacun peut assister pour quelques temps encore à un événement Théâtral et Littéraire, Musical, voire « existentiel », au travers d’un Spectacle intitulé « Une heure et quart ». Monsieur Henry Le Bal, aussi riche en productions multiformes (romans, Poésie, pièces de Théâtre) que cette œuvre vivante située en plein cœur et chœurs d’une Eglise, en est donc le magistral chef d’orchestre. Il est de fait le représentant de tous ces grands talents ne recevant donc aucun soutien réel. La mission du Service Public trouverait ici toute sa justification. D’aucuns disent qu’il ne "sert" plus que lui même, c’est un autre débat.
 
A quelques stations de métro parisien la tenue annuelle du Supermarché du Livre se déroule poussivement, annoncée à grand renfort publicitaire. A contrario de la Création de Monsieur Le Bal, l’enjeu de la Porte de Versailles est en effet uniquement commercial. Les produits culturels s’affichent divers et variés sur les étalages, prenant la suite des productions précédentes du salon de l’Agriculture sans aucune difficulté. La grâce et la beauté recouvrant « Une heure et quart » à Saint Sulpice contraste pour le moins. Gardons l’esprit critique de comparaison. Les uns font dans le livre comme dans les boites de conserve de pâté. Les autres osent le chemin qualitatif de la vérité, humaine et artistique. Le conflit éditorial et mercantile qui sous tend le Salon de la Porte de Versailles depuis quelques temps déjà, ne fait plus aucun mystère.
 
Au travers de « Paris en toute Lettre » la Mairie de Paris semble prétendre déjà à l’héritage de cette manifestation finissante, même si le « concept » sans grande novation et monté à la hâte l’an passé (d’aucuns disent, pour contrecarrer d’autres initiatives) fît un flop certain lors de sa première tenue. D’autres trouvent le projet "Bateau Livre, livres et arts" infiniment plus novateur. Oser un grand salon Arts et Lettres en plein coeur des grandes villes fonde en effet une ambition plus remarquable. Les "mauvaises langues" s’interrogent sur la logique du copinage fondant la petite société Parisienne.
 
S’agissant du Supermarché du Livre en sursis, les chefs de rayons participent ainsi des quelques éditeurs membres du Syndicat National de l’Edition, restés encore fidèles à l’opérateur Reed Exposition France. Comme les vaches préalablement, on s’y expose en effet. Pour sa trentième année, son commissaire général Bertrand Morisset affirme encore héroïquement « porter au plus haut la qualité et l’exigence de la production éditoriale Française » dans « un événement culturel et médiatique majeur ». Assurément, cette foire est devenue avant tout médiatique, chose emblématique en soi de notre époque. On n’y compte plus les « écri-vents » disposant d’une plastique parfaite. Désormais, il faut être bronzé et beau comme en téléréalité pour prétendre à bien écrire et penser.
 
Faisant un petit passage par l’Eglise Sulpice et lisant plus durablement des œuvres telles que celles de Henry Le Bal, réjouissons nous qu’il y ait encore de belles et nobles lueurs d’espoir porteuses d’un meilleur avenir possible. S’agissant de « l’indépendance d’esprit » à laquelle la Région Ile-de-France ose accoler la Foire au livres évoquée, gardons aussi que nos citoyens sauront faire preuve d’un discernement certain. Cette année, et les suivantes, pour peu que la Foire soit maintenue.
 
De toute évidence, le hasard qui n’en est pas, permet parfois des rapprochements étonnants et riches de sens. Le Livre, celui que l’on dit être le plus lu du Monde (et pourtant si raillé et ignoré en vérité) et peu mis en avant au Salon de la porte bien étroite de Versailles, La Bible, ne fait pas l’impasse sur « le séjour des morts » et la géhenne. Que nous soyons en danger de perte de Mémoire, finissant écrasés et vidés sous la décharge publique de la consommation de tout et de tous, ne fait plus aucun doute. Retrouver le « Buisson ardent » pourrait alors ne plus relever que d’un miracle. La course folle à gagner du temps sans cesse, aussi pour « travailler plus » (à notre perte ?) s’inscrit dans la même logique. Les longues files d’attentes compressées devant les tables de dédicaces de pseudo écrivains (vains surtout) de la foire aux livres, nous éloignent assurément du « chemin de la vérité et de la vie ». Que celui qui a des oreilles…La société a ses petites morts avant la chute. La Pensée tombe au niveau des fleurs du même nom, sans en garder la beauté. Courrons à l’Eglise saint Sulpice ! Avec un peu de chance « Une heure et quart » s’y tiendra encore. Une chose est sure, ce ne sera pas du temps de perdu. Autant de réflexions auxquelles nous porte l’invitation de Henry le Bal, celle de résister aux foires aux illusions en tous genres.
 
Le même hasard qui n’en est pas, nous aura donc imposé au tournant du mois d’avril un Vivement Dimanche tout a fait particulier de l’animateur éternel et permanent, le plus gentil du cosmos. Monsieur Drucker reçut Monseigneur Di Falco, comme à son habitude, impeccablement vêtu du vœu de pauvreté. L’habit fait parfois le moine. L’homme d’église muté en Agent d’artistes et directeur de casting vînt donc nous présenter son boys Band de Charity bizness « Spiritus Déi ». Bref, osons croire, non seulement au Ciel, mais à la manne future parvenant effectivement à l’Association de Sœur Odette et du Père Pédro ouvrant pour l’éducation des enfants pauvres de Madagascar. Comme les candidats de la Ferme Célébrité, le boys Band « chantait » du Obispo pour une noble cause. A l’image de l’humble Sœur Odette, rendons hommage à toutes ces petites mains véritablement charitables, nourrissant parfois à leur insu la bonne conscience de petits roitelets de Chapelles. Comme le notait l’animateur monarque médiatique « c’est grâce à Monseigneur Di Falco qu’on va connaître mieux le Père Pédro ». L’inverse serait plus réjouissant pour notre société.
 
Ainsi, notre Evêque nous permît « joyeusement » (la vraie Joie est autre Chose) de revoir Gérard Lenorman se cassant la voix Bruellement sur « la force d’aimer » peu après le charity boys Band reprenant donc « l’envie d’aimer » de l’Ange télévisuel Pascal Obispo. Chacun repensait alors aux vendeurs du Temple de la Foire du livre. Parfois, le « hasard » fait vraiment bien les choses. A la surprise éventuelle de lui-même, Gérard Lenorman finissait sa chanson criée par « faut-il attendre qu’elle se vende la force d’aimer ». Cela interroge.
 
A quelques stations de Métro de France Télévision, fort heureusement, un grand écrivain et philosophe et toute sa Troupe méritante et digne, continuaient de nous tendre la main pour réveiller ensemble le meilleur de l’Homme. Notre pays compte tant d‘autres exemples de vie et de création ne bénéficiant d’aucune publicité. L’Eglise, elle aussi, en recouvre, mais dans la discrétion. Les premiers seront les derniers...
 
Au tournant d’un mois d’Avril nous aurons au moins appris que Monseigneur Di Falco considère Line Renaud « comme une de ses sœurs », laquelle le définit comme « un frère cadet ». La fraternité médiatisée est jolie sur petit écran. Elle demeure une noble notion initialement chrétienne. Il ne fait pas bon le rappeler. Thierry Le Luron aura ensuite été médiatiquement ressuscité pour nous chanter que « l’on se reverra un jour ou l’autre ». Le terme de « médiatique- ment » parle de lui même.
 
Loin des trahisons Vaticanes décourageant tant de bons cœurs justement ouverts à la Foi, loin de la Foire aux livres du copinage bobologique, passons plus volontiers « Une heure et quart » dans de fidèles Eglises comme celle de Saint Sulpice à Paris, ou ailleurs, lisant de vrais écrivains…
 
Guillaume Boucard
 

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