• jeudi 23 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > D’Anne Philipe à Pierrette Fleutiaux
29%
D'accord avec l'article ?
 
71%
(7 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

D’Anne Philipe à Pierrette Fleutiaux

"Elle n’était pas un maître, elle était un modèle d’existence... c’est encore plus fort", nous dit Pierrette Fleutiaux hors caméra à propos d’Anne Philipe (voir les vidéos de nos deux interviews avec Pierrette Fleutiaux ici : http://www.savoirchanger.org/spip.php?page=video_hd&id_article=34 ).

Dans les jardins ensoleillés de sa résidence, Pierrette Fleutiaux nous a parlé avec une émotion vive de celle qui a "changé ma perception de la vie", l’éditrice et écrivain Anne Philipe.
 
Anne Philipe, nos mémoires littéraires et collectives tendent à l’oublier, fut dans les années soixante l’épouse du plus célèbre acteur de France, Gérard Philipe, pour qui elle alla jusqu’à changer son prénom : de Nicole en Anne. Celle qui avait été la première femme à parcourir la route de la Soie en 1948 avec son premier époux, avant le régime de Mao et à le raconter dans son ouvrage d’ethnologue : "Caravanes d’Asie", devint la compagne éclairée de l’acteur, et l’aida à faire évoluer sa carrière de la légèreté de ses premiers rôles à succès, à ses choix engagés au TNP (le théâtre national populaire) ou des films plus complexes.
 
Veuve, Anne Philipe garda son indépendance de pensée, d’agir, et s’autorisa à écrire son premier roman, "Le temps d’un soupir", où elle raconte les trois dernières semaines de Gérard Philipe, sans jamais le nommer, méditant sur l’amour et la mort, et choisissant dès l’annonce de sa condamnation de lui mentir pour que jusqu’au bout, il soit heureux.
 
"L’un de nous dit : "Nous essaierons d’être élégants si un jour nous sommes malheureux." L’autre répondit "Je te le promets"".

Et puis : "Tu remettras ta tête sur ma poitrine quand je serai guéri ?" D’un signe, je faisais "oui". Mais plus jamais, mon amour, ou, quand tu seras mort", car ""Tu allais mourir, je mourrais un peu plus tard. Nous aurions été un chaînon".

Suivirent pour Anne Philipe l’écriture d’autres romans, toujours personnels, le texte poétique "Spirales", qui rencontrèrent un immense succès, car comme l’écrit Pierrette Fleutiaux : "elle travaille l’intime mais se tient éloignée du privé", et ce faisant, Anne Philipe touche à des thèmes universels : le bonheur et toujours la menace qui pèse sur lui, sa brusque brisure, le refus du désespoir, et la "mort qui n’empêche pas de croire en la beauté".

Pierrette Fleutiaux écrit un portrait tout en élégance d’Anne Philipe, la "chronique d’une amitié", enfin pas vraiment d’une amitié, nous confie-t-elle car elle se sentait trop impressionnée par cette femme si accomplie, mais peut-être la chronique d’une admiration et d’une reconnaissance intactes aujourd’hui encore.

Dans son livre, Pierrette Fleutiaux part aussi en quête de la jeune femme qu’elle était au moment de leur rencontre, d’une trentaine d’années, professeur d’anglais, débutant, grâce à l’enthousiasme d’Anne Philipe pour ses écrits, dans le monde littéraire aux éditions Julliard.
 
Petit à petit, Pierrette Fleutiaux réalise des correspondances souterraines entre leurs vies et leurs oeuvres, jusqu’au prix Fémina qu’elle obtient pour "Nous sommes éternels" en 1990. Elle parvient à montrer comment l’existence d’Anne Philipe a modifié la sienne, sans jamais aller dans le biographique traditionnel, mais en faisant évoluer ce genre en un délicat "après vous", une écriture pudique qui rend justice, une véritable élégie et même un livre d’amour.
 
Laureline Amanieux.
 



par Laureline Amanieux (son site) jeudi 29 juillet 2010 - 3 réactions
29%
D'accord avec l'article ?
 
71%
(7 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don
Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération