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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > D’où vient la galette des rois ?

D’où vient la galette des rois ?

Comme à l’accoutumée, les premiers jours de janvier nous voient reprendre le travail en pleine crise de foie et souhaiter la bonne année à tout-va. Mais on l’oublie souvent c’est aussi la célébration de l’Epiphanie. A défaut de se souvenir de la signification de ce nom particulièrement peu évocateur, on se rappelle plus volontiers de la tradition culinaire qui l’accompagne.

Hier, je faisais mes courses en ligne sur Leclercdrive.com, quand, au moment de payer, une fenêtre pop-up s’ouvrit. Il était écrit : « Vous êtes sûr(e) de n’avoir rien oublié ». Le message était accompagné d’une image alléchante d’une galette des rois version Marque Repère et vraisemblablement pleine de conservateurs. Ayant pris comme résolutions 2012 de ne pas laisser les dépenses superflues avoir raison de mon budget ni de laisser les produits chimiques continuer à me donner des boutons, je décidai de ne pas l’ajouter à mon panier. Je ferai une véritable galette maison. Un peu de pâte feuilletée, de la frangipane, une fève, un bon four et le tour est joué. Une véritable entorse à la diète post-réveillons. D’aucuns diront qu’il faut faire des réserves pour surmonter l’hiver et ses grands froids. Ceci dit, les températures ayant parfois approché les 20°C l’après-midi du Nouvel An, la culture d’une couche supplémentaire de cellulite apparaît superflue.

Suivant un rituel immuable ou presque on procédera à la dégustation de la galette avec nos petits bouts qui adorent se cacher sous la table pour dire à qui les parts doivent être distribuées. Et pendant ce temps-là, l’œil affûté et le coup de couteau aguerri on s’assurera que l’un d’entre eux reçoive bien la part « enfèvée ». Chaque année on tourne pour éviter les drames familiaux et les traumatismes de la petite enfance qui gangrènent les rapports fraternels à l’âge adulte. Puis le dimanche suivant, c’est mamie qui nous invitera à déguster celle du meilleur pâtissier de la ville, on en salive d’avance. Enfin, on attendra la fin janvier pour répondre à l’invitation de la tante Germaine qu’on n’aime pas trop car elle nous fait penser à Tatie Danielle et qu’elle sent le rance et qui en plus achète la sienne chez Lidl. Au travail également, un pot est organisé autour de la fameuse tarte, en quelque sorte l’occasion de débuter cette année professionnelle du bon pied, en parlant des différentes sortes de galettes possibles et imaginables tout en critiquant l’avarice du patron qui n’en a pas acheté suffisamment.

Il existe une typologie de consommateurs de galette des rois. Tout d’abord les timides, dont la plus grande peur est de découvrir la fève et d’avoir à désigner à haute voix dans un moment où tous les regards seront tournés vers eux qui sera leur roi ou leur reine. Ils sont capables de l’avaler tout rond pour ne pas avoir à se faire remarquer. Cependant leur tendance à rougir facilement les perdra quand la grande gueule du bureau dira : « Qui c’est qu’a caché la fève ? » Leur sentiment de honte n’en sera que plus grand. Puis, il y a les étourdis qui oublient qu’il peut y en avoir une et qui vont y laisser une molaire si leur mâchoire vigoureuse rencontre malencontreusement la miniature en porcelaine de la bigoudène de Saint-Malo ou celle d’une Alsacienne folklorique aux grandes oreilles. Enfin il y a les mauvais joueurs, ceux qui trichent. Ils ont vu le trésor convoité pointer légèrement hors de la garniture aux amandes dans l’assiette d’un presbyte qui a perdu ses lunettes. Ni une ni deux, ils s’en emparent avec dextérité et l’enfoncent avec empressement dans la pâte molle de leur portion, on n’est pas roi par hasard !

Tiens, et si cette année on fêtait l’Epiphanie au mois de mai ? On pourrait organiser une galette des rois géante. On mettrait le petit Maxime Verner sous la table et on lui demanderait de choisir à qui il veut donner les parts. Bons joueurs et mauvais joueurs, les convives s’assureraient pendant la distribution que la grande Marine à la verve grandiloquente ne reçoive surtout pas la fève. Sans quoi la frangipane risquerait de leur rester sur l’estomac. Mais il faudrait rester vigilant, il est parfois des pâtissiers à l’esprit retors, un tantinet fout-la-merde qui en cache deux. Qu’à cela ne tienne, il y aurait alors deux têtes couronnées en 2012 et ils devraient s’entendre pour chanter à l’unisson et sans fausse note : « J’aime la galette savez-vous comment ? Quand elle est bien faite avec du beurre dedans, Tra la la. La la la la la lèr-e. Tra la la. La la la la la la. »

Pour en savoir plus : Decryptages de Virginie Dejoye

Virginie Dejoye - News of Marseille 


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5 réactions à cet article    


  • NeverMore 7 janvier 2012 11:02

    L’épiphanie est une fête discriminatoire qui peut blesser certains « sensibles ».

    Il faut absolument soit supprimer soit réformer cette fête, comme la fête de l’hiver (le 25 décembre).


    • Yvance77 7 janvier 2012 13:24

      C’est quoi ce message à la con !!!


    • Taverne Taverne 7 janvier 2012 11:59

      La galette des rois vient de l’épiphanie qui vient de Marcel Pagnol : épiphanie, et pis Marius, et pis César. J’ai bon ?

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