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Daal, un duo prog dark et symphonique

Inutile de rappeler la richesse et la vitalité de la scène progressive italienne avec ces formations aux styles différents, les unes récemment formées et les autres fortes d’années de présence dans les studios et sur la scène. Le groupe Daal est en fait un duo formé par le claviériste Alfio Costa et le percussionniste Davide Guidoni. Auxquels se sont joints pour une collaboration ponctuelle quelques instrumentistes invités. Ce concept album s’intitule « Dances of the Drastic Navels » et se compose de cinq pièces musicales dont la plus longue dure 24 minutes. C’est le cinquième disque enregistré par ce surprenant duo de deux « vétérans du prog » forts d’une longue expérience dans leurs formations respectives et d’ailleurs, ça s’entend. Dans la petite carte livrée avec le CD, Alfio Costa explique comment ce projet musical est né, en confiant avoir composé les cinq pièces en l’espace de deux jours, sans savoir comment. Sans doute avec beaucoup d’inspiration. Quand les notes s’écrivent rapidement, la musique ne peut être que fluide et évidente, sans fausses notes ni aucune des erreurs stylistiques qu’on trouve chez les compositeurs laborieux.

Ce concept album paru en décembre 2014 illustre la fin d’une histoire racontée dans les deux premiers albums. Ce récit narre le sort d’un homme venu du futur et qui tombe amoureux d’une créature hybride, mi-robot, mi-sorcière. Cet homme finit par devenir le jouet de cette créature qui l’ensorcelle. L’atmosphère est dark, parfois pesante mais le plus souvent avec une profondeur symphonique due à un usage intensif de cet instrument magique du prog, le mellotron. Le premier morceau, « Malleus Maleficum », débute de façon rythmée, avec un riff efficace et légèrement heavy, entre dark et néo-prog, parfaitement exécuté avec des ruptures, et de généreuses inclusions de nappes synthétiques ce qui confère une teinte légèrement noisy. Au final, on est satisfait par cet ensemble de tableaux sonores et on ne s’ennuie jamais. Avec un final très enlevé qui n’est pas sans rappeler les prestations de Arena. Cette ambiance étrange colle bien avec le marteau des sorcières. Et se poursuit dans la seconde pièce tout aussi inventive faite d’un mélange de symphonisme et de fantaisies noisy.

La troisième pièce est plus calme, très mélodieuse, teintée de romantisme, évoquant parfois une leçon de piano composée par Michael Nyman. Les nappes de clavier confèrent une profondeur symphonique toute lumineuse. Et c’est parti pour le plat de résistance, la quatrième pièce qui débute par une ambiance pesante, lancinante, avec un style parfaitement adapté pour sonoriser un film fantastique avec ses mélodies se perdant dans une trame inquiétante qui perdure tout au long de ce complexe morceaux joué comme s’il était destiné à illustrer une dizaine de tableaux. On se perd dans cette alchimie mais n’est-ce pas la marque de fabrique du prog que de perdre l’auditeur, à l’inverse du pop qui lui se veut rassurant avec un schéma linéaire et des mélodies qu’on retient ? On osera la comparaison entre quelques passages joués par Daal et Peter Frohmader, compositeur spécialiste des ambiances lancinantes et improbables. Au milieu du morceau, des nappes répétitives de synthé font irruption. Comme si Tangerine Dream était invité dans cette partie qui s’achève avec une note romantique et néo-prog, suivie par le violon invité dans la cinquième pièce qui achève ce fantastique voyage musical dans l’étrange et le raffinement symphoniste.

Daal représente ainsi une face singulière de la musique progressive italienne. Une sorte de synthèse entre le symphonisme, le dark, le néo-prog romantique avec un zeste de krautrock. A ne pas rater, ce nouvel album présenté dans une pochette cartonnée à trois volets ! Et pour les mélomanes, il reste également l’album précédent édité en 2011, Dodecahedron, qui reçut un excellent accueil de la critique. Plus de 70 minutes de musique progressive et contemporaine déclinée en 12 parties avec toujours cette signature des claviers, cette présence du mellotron pour une musique, sombre, mélancolique et pourtant si lumineuse. Une illustration parfaite du désespoir suscité par le 21ème siècle si décevant à bien des égards. Dans les années 80 on écoutait Cure et Bauhaus, dans les années 2010, n’hésitez pas à vous imprégner de la belle musique de Daal.

Extrait de Dances of the Drastic Navels

Line-up

Alfio Costa / Keyboards, samplers and noises

Davide Guidoni / Acoustic and electronic Drums, Acoustic and Electronic Percussions, Gongs, Octobans, Samplers

Ettore Salati - GuitarsBobo Aiolfi - Basses

Tirill Mohn - Voices on « Inside You »

Letizia Riccardi - Violin on « Inside You »

Guglielmo Mariotti - voice on intro of « Malleus Maleficarum »


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2 réactions à cet article    


  • Gabriel Gabriel 5 janvier 2015 15:33

    Ne seraient ils pas, dans leurs tendres enfances, tombés dans la marmite musicale des flamands roses ? 


    • Le p’tit Charles 5 janvier 2015 16:46

      Harmonie pauvre et répétitive..manque total d’imagination..écoutez donc les 

      Moody Blues d’il y a 30ans...et plus... !

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