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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Dans l’exil, la liberté parle plus fort !

Dans l’exil, la liberté parle plus fort !

L’exil comme châtiment civique existait déjà dans l’Antiquité. L’exil peut aussi être forcé ou volontaire. Des écrivains, des intellectuels, des artistes l’ont vécu et n’ont pas pour autant renoncé à leur liberté d’expression. Au contraire, leur exil, qui en fut souvent la conséquence, fut aussi l’occasion d’en ranimer la flamme.

Il ne sera question dans cet article que du rapport de l’exil avec la création d’oeuvres d’art ou littéraires, à partir de quelques exemples connus.

1 - L’exil dans l’opposition à l’empire

Quatre cas célèbres illustreront ce propos.

Le poète Ovide fut exilé à Tomes (actuelle Constanţa en Roumanie), par décision d’Auguste, pour des motifs qui nous sont inconnus. Le prétexte officiel semblerait être l’immoralité de l’art d’aimer. Mais l’hypothèse d’une idylle du poète avec la fille de l’empereur a aussi été avancée. A Tomes, il écrira ses derniers vers, les Tristes et les Pontiques, pleins de confidence mélancolique et où s’expriment sa nostalgie, sa douleur et sa détresse d’exilé. Ovide tente en vain de revenir à Rome. Après sa mort, sa famille ne sera pas autorisée à rapatrier son corps.

Chateaubriand : François-René (vicomte) de Chateaubriand est né à Saint-Malo en 1768. Destiné d’abord à la carrière de marin, conformément à la tradition familiale, il était par tempérament tenté bien davantage par la prêtrise et par la poésie. À la Révolution française, il est d’abord séduit par les débats d’idées, mais il prend en horreur les violences qu’elle engendre. Alors, il s’embarque pour l’Amérique où il vivra au milieu des autochtones et au sein de paysages qui seront le reflet de son sentiment d’exil et de solitude. Son âme romantique le pousse à écrire son poème des Natchez. Il en rapportera aussi de nombreuses notes qui donneront naissance, notamment, à Voyage en Amérique (1826). Revenu à Saint-Malo en 1792, il se marie puis, émigre et rejoint en Allemagne l’armée contre-révolutionnaire. Blessé, malade, il se réfugie ensuite en Angleterre (1793) où il passe sept années d’exil et de misère. C’est à Londres qu’il publie son Essai historique, politique et moral sur les révolutions anciennes, considérées dans leurs rapports avec la Révolution française (1797) où, il expose la douleur de sa situation d’exilé.

Lisant des vers de Byron, il comparera son exil à celui du poète anglais : "On retrouve dans les vers de lord Byron des imitations frappantes du Minstrel : à l’époque de mon exil en Angleterre, lord Byron habitait l’école de Harrow, dans un village à dix milles de Londres. Il était enfant, j’étais jeune et aussi inconnu que lui ; il avait été élevé sur les bruyères de l’Écosse, au bord de la mer, comme moi dans les landes de la Bretagne..."

En 1803, recruté comme diplomate par le Premier Consul Napoléon Bonaparte, Chateaubriand démissionne dès qu’il apprend l’exécution du duc d’Enghien. Il s’oppose dès lors à l’empire. Au retour de Napoléon en 1815, il devint membre du cabinet de Louis XVIII et lui adresse le célèbre Rapport sur l’état de la France. Il sera enterré, selon ses dernières volontés, en terres bretonnes, sur le rocher du Grand-Bé, dans la rade de Saint-Malo.

Victor Hugo : après le coup d’État du 2 décembre 1851 qu’il condamne vigoureusement (Histoire d’un crime), commence le long exil de Guernesey (1855-1870) qui rendit Victor Hugo célèbre tant en France qu’en Grande-Bretagne. L’écrivain devint alors une véritable légende vivante et il y écrivit ses oeuvres les plus importantes : Les Contemplations (1856), La Légende des siècles (1859-1883), Les Misérables (1862), Les Travailleurs de la mer (1866), L’Homme qui rit (1869). Pour Victor Hugo, le roman Les Travailleurs de la mer se voulait un hommage particulier aux habitants des îles anglo-normandes. L’exil de Guernesey permit à Hugo de déployer son imagination créatrice dans le domaine de la décoration et du dessin. Après la chute du Second Empire et l’avènement de la Troisième République : Hugo peut enfin rentrer après vingt années d’exil. Cet exil l’aura grandi dans le coeur des Français. A sa mort, ses funérailles furent nationales.

Dostoïevski : en avril 1849, lors de l’arrestation des membres du cercle Petrachevski, Dostoïevski, qui en faisait partie, est emprisonné (le cercle Petrachevski rassemblait des officiers "libéraux" opposés à la politique conservatrice du tsar Nicolas Ier). Le Tsar transformera sa sentence en un exil de plusieurs années et en déportation dans un bagne de Sibérie (il y sera jusqu’en 1853). Dostoïevski traverse une crise mystique. Il ne rentre à Saint-Petersbourg qu’en 1859.

2 - Les poètes parlent de l’exil

L’exil fut longtemps assimilé à la souffrance de la séparation d’avec l’être cher, surtout autrefois quand les distances ne se franchissaient pas aisément :

"Est-il possible, - le fût-il, -
Ce fier exil, ce triste exil ?

Mon âme dit à mon coeur : Sais-je
Moi-même, que nous veut ce piège

D’être présents bien qu’exilés,
Encore que loin en allés ?"

(Paul Verlaine, O triste, triste était mon âme, dans Choix de poésies)

***

"Rappelle-toi, lorsque les destinées
M’auront de toi pour jamais séparé,
Quand le chagrin, l’exil et les années
Auront flétri ce cœur désespéré ;
Songe à mon triste amour, songe à l’adieu suprême !
L’absence ni le temps ne sont rien quand on aime."

(Alfred de Musset, qui entretint avec George Sand une correspondance amoureuse)

L’exil peut être dans la mort :

"Si, pareille à la fleur des morts
Qui se plaît dans l’exil des tombes,
Tu veux partager mes remords...
Je t’apporterai des colombes."

(Villiers de l’Isle-Adam, Conte d’amour)

L’exil peut être dans la réalité même de la vie, pour le poète inadapté au monde :

"Le poête est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher."

(Baudelaire, L’Albatros)

***

Saint-John Perse a dédié son poème Exil au poète Archibald MacLeish. Car lorsqu’il débarqua à New York en exilé, le 14 juillet 1940, Alexis Leger (dit Saint-John Perse), avait deux adresses pour lui ouvrir les portes du pays dont celle d’Archibald MacLeish, poète, essayiste, dramaturge et conservateur en chef de la Bibliothèque du Congrès. (Voir ici : Archibald MacLeish)

Conclusion 

Plus près de nous, l’écrivain russe Soljenitsyne connut aussi l’exil en Suisse, puis aux États-Unis où il put écrire librement l’œuvre dont il rêvait depuis sa jeunesse La Roue rouge, qui retrace l’embourbement de la Russie dans la folie révolutionnaire. Après la chute de l’URSS, Soljenitsyne recouvre sa nationalité russe et peut publier L’Archipel du Goulag. Il rentre alors en Russie en 1994 où il réside depuis. Le chanteur Michel Polnareff connut l’exil forcé en 1973, suite à de gros ennuis financiers (son comptable s’était rendu coupable de détournements de fonds importants). Ruiné et ne pouvant rembourser au Fisc les deux ans d’arriérés réclamés, l’artiste partit pour les Etats-Unis. La chanson Lettre à France est un superbe témoignage de la souffrance que vit l’exilé loin de son pays, pays qu’il retrouvera en 1985.

Voici quelques liens qui traitent de l’exil : mais ne vous exilez pas trop loin !

Zoe Valdès : sur l’exil de l’écrivain Zoé Valdés qui a quitté Cuba depuis onze ans

L’Exil et le Royaume d’Albert Camus : recueil de six nouvelles où le thème est l’exil.

D’encre et d’exil : Premières rencontres internationales des écritures de l’exil.

Cinéma iranien en exil

Une chanson de Jean-Jacques Goldman Quel exil. D’autres chansons de Goldman comme Là-bas traitent aussi de l’exil.

Illustration : François-René de Chateaubriand.


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68 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 21 août 2007 10:54

    West : La question des causes de l’exil d’Ovide n’est pas réglée par les historiens. Je ne me risquerai donc pas, contrairement à vous, à donner une explication définitive. Je ne fais pas dans ce genre-là.


  • Gasty Gasty 21 août 2007 10:59

    Dans beaucoup d’ouvrage, il est dit « Il semblerait qu’Auguste n’ait pas apprécié son œuvre érotique intitulée »l’Art d’aimer"

    Demian lui en est certain ! y’a pas de doute, pas d’inconnu.


  • La Taverne des Poètes 21 août 2007 11:07

    Gasty, laissez tomber car si nous parlons Ovide avec West, vous parlerez au vide ! Laissez-le dire qu’il a raison. « Avoir raison » pour West, c’est avoir raison...de l’autre !


  • Gasty Gasty 21 août 2007 11:11

    le sujet Demian s’est couronné minable. C’est dire si la chose est entendue


  • Boileau419 Boileau419 21 août 2007 11:26

    Ouh, quel jeu de mots facile !!! C’est tout ce que vous savez faire comme parolier ?


  • La Taverne des Poètes 21 août 2007 11:37

    « lisez-vous seulement ? ». Et vous West, peignez-vous seulement ? Ou peignez-vous seulement vos cheveux ? Ce que vous appelez pompeusement votre « pinceau » n’est qu’un peigne...


  • La Taverne des Poètes 21 août 2007 11:39

    Boileau, vos commentaires n’en sont pas. C’est pourquoi je me dispense d’y répondre la plupart du temps. Le lecteur fait comme fait tout passant devant une crotte de chien : il la contourne.


  • Avatar 21 août 2007 11:51

    Tiens Demian a la tête a l’endroit aujourd’hui.

    Ca change.

    Mais ca fait plus réel qu’il regarde vers le bas.


  • claude claude 21 août 2007 12:06

    bonjour gasty,

    brrrr ! ... la froideur et le mépris de certains participants refroidissent le climat.

    j’ai mené quelques recherches en dehors de wikipédia, et il semblerait que le poète ait raison : plusieurs auteurs soulignent que les raisons de l’exil d’ovide sont obscures.

    par exemple, sur le site de la fac de strasbourg ( à moins que l’éloignement de la capitale ne stimulent leur crétinerie à croire tout ce qui passe), j’ai trouvé ceci :

    http://www.ac-strasbourg.fr/pedago/lettres/victor%20hugo/Notes/Ovide.htm « mais, selon Ovide lui-même, le succès que lui vaut son Art d’aimer, manuel de séduction au contenu pour le moins léger, lui attire également les foudres d’Auguste, qui, en l’an 8 de notre ère, l’envoie en exil dans une ville de la Roumanie actuelle : on peut penser cependant que les raisons de sa disgrâce tiennent davantage à des raisons politiques et religieuses, même si Auguste, qui désirait réformer les mœurs romaines, a pu être choqué par le contenu du livre. » ****

    http://remacle.org/bloodwolf/poetes/Ovide/intro.htm " (...) Ovide célébra sous celui de Corinne la maîtresse qu’il aima le plus. Tel est du moins le nom que plusieurs manuscrits ont donné pour titre aux livres des Amours. Mais quelle était cette Corinne ?

    Qui était Corinne ? (...)

    Cette question, qui n’est un peu importante que si on la rattache à la cause de l’exil d’Ovide, a longtemps exercé, sans la satisfaire, la patiente curiosité des siècles ; et comment eût-on pénétré un secret si bien caché même au sicle d’Ovide, que ses amis lui en demandaient la révélation comme une faveur, et que plus d’une femme, profitant, pour se faire valoir, de la discrétion de l’amant de Corinne, usurpa le nom, devenir célèbre, de cette maîtresse mystérieuse, et se donna publiquement pour l’héroïne des chants du poète ? Du soin même qu’il a mis à taire le nom de la véritable, on a induit qu’elle appartenait à la famille des Césars. On a nommé Livie, femme de l’empereur ; mais la maîtresse eût été bien vieille et l’amant bien jeune : on a nommé Julie, fille de Tibère ; mais alors, au contraire, la maîtresse eût été bien jeune et l’amant bien vieux ; ce que ne permettent de supposer ni la date ni aucun passage des Amours. On a nommé Julie, fille d’Auguste, et cette opinion, consacrée par l’autorité d’une tradition dont Sidoine Apollinaire s’est fait l’écho, n’est pas aussi dépourvue de toute vraisemblance, quoiqu’on ne l’ait appuyée que sur de bien futiles raisons. (...) "***

    http://users.skynet.be/remacle/auteurs/Ovide.htm : " (..) Il finit sa vie tristement au bord de la Mer Noire à Tomes (ou Tomi) où l’avait relégué l’empereur Auguste pour une raison obscure.(...)***

    http://www.monsieur-biographie.com/celebrite/biographie/ovide-1974.php « (...) Le 19 novembre de l’an 8 ap. J.-C., Ovide est exilé sur les bords du Pont-Euxin, à Tomes (actuelle Constanţa en Roumanie), par décision d’ Auguste, pour des motifs qui nous sont inconnus. Le prétexte officiel semblerait être l’immoralité de L’Art d’aimer. Diverses hypothèses ont été émises sur les causes de cette relégation, comme le fait qu’une relation amoureuse entre la fille d’Auguste - Julie - et le poète aurait déplu à l’empereur[réf. nécessaire]. La dernière en date est qu’Ovide aurait été puni pour avoir voulu révéler l’implication de l’empereur dans le meurtre de Virgile[réf. nécessaire]. Il arriva à Tomes le 9 mai de l’an 9 ap. J.-C. et c’est dans ce lieu éloigné, qu’il passera les dernières années de sa vie. Il y écrivit d’ultimes vers, les Tristes et les Pontiques, qui contiennent des confidences pleines de mélancolie où s’expriment sa nostalgie, sa douleur et sa détresse d’exilé. Ovide tente en vain de revenir à Rome. Il écrit un traité de pêche et un pamphlet intitulé Ibis.(...) »****

    http://www.cartage.org.lb/fr/themes/Biographies/mainbiographie/O/ovid/1.htm l "(...) D’abord apprécié des sphères influentes de Rome et protégé par l’empereur Auguste, il vit pourtant sa situation changer radicalement en l’an8apr.J.-C., lorsqu’il fut exilé par l’empereur à Tomes (de nos jours Constantza, en Roumanie). Selon le poète lui-même, le courroux impérial était survenu à la suite de la publication de l’Art d’aimer. En effet, ce manuel de séduction au contenu grivois avait pu déplaire à Auguste, alors soucieux de restaurer la morale à Rome. Mais cela ne fut sans doute qu’un prétexte pour évincer Ovide : des motifs politiques et religieux furent certainement à l’origine de la condamnation du poète à l’exil. Ovide, cependant, ne fut pas déchu de sa citoyenneté comme cela était souvent le cas des exilés : il espéra toujours être réhabilité ; en témoignent les nombreux poèmes qu’il composa de son lieu d’exil. Toutefois, malgré ses supplications et celles de ses amis, il ne put jamais quitter Tomes ; il y mourut en l’an 17 en citoyen respecté et honoré. (...)***

    mais quels crétins tous ces gens qui croient tout ce qu’il y a dans wikipédia !!! si même les universitaires s’y mettent... mais que fait la police ???? smiley


  • Gasty Gasty 21 août 2007 12:32

    Bonjour chère claude.

    J’ai le sentiment que ce participant n’est pas allé à l’école de la vie. La seul qui ne délivre pas de diplômes, mais des bonheurs, des malheurs , des tristesses, des joies, des erreurs ..... tout plein de choses !


  • Djanel 21 août 2007 12:43

    A demian

    A véritas spéculanum ovidus exilus ad liberter kapout


  • LE CHAT LE CHAT 21 août 2007 13:59

    @démian le génocidaire

    L’école de la vie, c’est aussi cette école où l’on apprend aux enfants à étouffer les petits chats pour que les bêtes ne se multiplient pas . Tu a dépassé le point godwin , minouwin si tu veux , Dieu étant descendu par minou .

    l’école de la vie, c’est aussi l’école de ceux qui ont une vraie vie en dehors d’agoravox et d’internet


  • claude claude 21 août 2007 16:25

    damian

    ne me prenez pas pour plus bille que je ne le suis ! smiley

    vous savez très bien ce que veut dire « auguste » c’est le titre de celui qui réuni les hommes et les dieux.

    auguste, ou plutôt octave, ne doit cet honneur qu’à son adoption par jules, lequel était considéré comme étant un descendant de la lignée de vénus et d’énée, donc à ce titre, il fut divinisé après son assassinat...

    octave, puis auguste de ce fait, a aussi hérité de tous les avantages de la famille julienne.

    auguste a été un habille stratège politique et s’est fait remettre les rênes du pouvoir, en usant de la ruse et de diplomatie : il a feint de vouloir restaurer les valeurs de la république : vertu et piété. il est arrivé au bon moment, en effet les romains étaient las des guerres civiles et aspiraient à la paix.

    la religion romaine était conçue de telle manière qu’on pouvait faire entrer de nouveaux dieux dans le cercle des divinités : ainsi, isis, osiris et bien d’autres furent adoptés et eurent leur temple ...

    la divinisation de l’empereur reprenait une vieille idée égyptienne, où pharaon était considéré comme le dieu vivant sur terre. la mythologie chrétienne l’a reprise en béatifiant les saints ...

    auguste était quelqu’un de bon sens, il a assis son pourvoir en écartant tous ses rivaux potentiels, il ne supportait pas la critique qu’il a fait taire avec finesse. s’il affichait un train de vie relativement simple, ce n’était pas un parangon de vertu, puisqu’il a de tous temps, aimé les femmes (les siennes et celles des autres), car étant situé en haut de la pyramide, il avait droit de cuissage sur tout le monde. auguste était un dictateur intelligent,autoritaire, retors,manipulauteur, sa beauté le rendait charismatique, fin stratège à la fois politique et militaire. la raison d’état passait avant sa propre famille, ainsi il exila sa fille et sa petite-fille, toutes 2 aux moeurs trop légères pour la famille impériale...

    et où avez -vous vu que l’amour était banni des couples romains ? c’était au contraire une vertu supplémentaire au mariage. l’amour physique était l’apanage des hommes, et plus on était haut placé, plus on pouvait contraindre hommes et femmes à satisfaire ses besoins physiques.
    http://www.clionautes.org/spip.php?article1295
    http://www.roma-quadrata.com/mariage.html
    http://faustula.free.fr/vie%20quotidienne/mariage.html
    http://www.mariage-mixte.com/news-article.storyid-7.htm
    http://www.etudes-litteraires.com/societe-romaine.php#4

    un lien hors sujet sur les relations de couple : http://www.philophil.com/philosophie/echange/analyses/couple/eco_domestique .htm

    son immense fortune, tirés des revenus de ses provinces, lui ont permit de gâter le peuple romain : « le pain et les jeux ». il a aussi subvenu aux besoins de romains indigents en distribuant de l’argent ou des vivres.

    il a restauré le sentiment d’orgueil et de fierté à être un « citoyen romain » : il y avait rome... et le reste du monde.

    je vous invite à lire suétone (pas dans le texte, je doute que vous en fussiez capable, quoiqu’avec vous, on ne sait jamais) mais dans l’une de ses traductions : http://bcs.fltr.ucl.ac.be/SUET/AUG/trad.html : Traduction française (de M. Cabaret-Dupaty, Paris, 1893, avec quelques adaptations de J. Poucet, Louvain, 2001)

    http://bcs.fltr.ucl.ac.be/Traduc02.html

    La section Traduction (BCS-TRA) de la Bibliotheca Classica Selecta (BCS)

    [Pour les traductions françaises hors BCS, voir la page spécialisée]

    1. La section (BCS-TRA) de la Bibliotheca Classica Selecta (BCS) propose des traductions françaises originales, tantôt annotées, tantôt commentées, d’oeuvres latines ou grecques. Généralement, ces traductions sont intégrées dans le projet Hypertextes louvanistes [section latine et section grecque] qui autorise une lecture de l’oeuvre avec le texte ancien et la traduction française en regard, tout en permettant par ailleurs, livre par livre ou traité par traité, de multiples recherches lexicographiques et statistiques. Pour certains textes, le projet Corpora [section latine et section grecque] autorise ces recherches sur l’intégralité des oeuvres, et non plus sur des livres isolés.

    2. La section (BCS-TRA) de la Bibliotheca Classica Selecta (BCS) propose aussi d’anciennes traductions françaises saisies optiquement et retravaillées. Généralement, ces traductions sont intégrées dans le projet Hypertextes louvanistes [section latine et section grecque] qui autorise une lecture de l’oeuvre avec le texte ancien et la traduction française en regard, tout en permettant par ailleurs, livre par livre ou traité par traité, de multiples recherches lexicographiques et statistiques. Pour certains textes, le projet Corpora [section latine et section grecque] autorise ces recherches sur l’intégralité des oeuvres, et non plus sur des livres isolés.

    http://bcs.fltr.ucl.ac.be/SUET/SuetNot.html

    H. Zehnacker & J.-Cl. Fredouille, Littérature latine, Paris, PUF, 1993, p. 317-320 : ***« Suétone choisit de décrire le caractère et les pensées des empereurs, non pas au moyen d’une analyse psychologique ou en leur prêtant des discours, comme le fait par exemple Tacite, mais en notant objectivement leurs faits et gestes. Dans une telle optique, l’intérêt accordé aux moindres détails se justifie aisément, car ce sont eux qui sont parfois les plus révélateurs d’une personnalité. On a pu parler, à ce propos, de « behaviorisme » ; on peut rappeler aussi la technique du roman réaliste. Les intentions historiques de Suétone sont donc clairement perceptibles. » ***

    P. Grimal, La littérature latine, Paris, 1994, p. 477-482 [sans toutes les notes] : « Quelles que soient ce que l’on considère souvent comme les « insuffisances » de Suétone, son peu de goût pour les généralisations, son étroitesse de vue, voire les maladresses de sa composition, il n’en mérite pas moins d’être considéré comme un historien. Il nous a conservé non seulement un grand nombre de faits « objectifs », qu’il a glanés dans un grand nombre de ses sources, mais il a contribué à faire revivre ces princes dont la figure, grâce à lui, prend un relief extraordinaire. Bien que l’historiographie grecque et romaine ait déjà recouru au genre de la biographie pour dessiner la figure des « grands hommes », celle-ci était traitée comme le récit d’une existence, racontée comme l’aventure personnelle d’un homme, dans ses rapports avec sa patrie, un rameau de la « grande histoire ». Suétone, au contraire, restreint ce qui est purement narratif et ne relève que du hasard et des circonstances. Ce qui lui importe c’est moins ce qui est arrivé au personnage en question que ce qu’il a été aux divers moments de son existence. Il s’en explique dans la Vie d’Auguste : après une introduction destinée à situer la vie de son héros dans le temps, il déclare qu’il va l’étudier « par catégories » (per species ; cfr Vie d’Auguste, IX, 1) : vie publique, vie privée, présages qui ont accompagné son existence, mort, apothéose, testament, afin, dit-il, « qu’il soit plus facile de les [les différentes parties de sa vie] faire voir et de les connaître ». Chaque « vie » devient une sorte de monument, qui échappe au temps et qui se compose de véritables tableaux, semblables aux reliefs que l’on scellait sur la base des tombeaux. L’ensemble de ces tableaux, chacun ayant son objet défini, suggère (parfois expressément, parfois de façon implicite) un jugement global, si bien que l’ensemble des Douze Césars offre autant de leçons aux princes à venir. »****


  • claude claude 21 août 2007 16:30

    cher furtif,

    vous m’en posez, vous des questions à 16H30 !!!

    m’en vais étendre puis charger une lessive, puis m’en va essayer de trouver une réponse à votre question...

    un petit, tout petit indice ??? smiley


  • claude claude 21 août 2007 16:58

    suis-je bête !... smiley

    auguste adopta tibère et en fit son successeur. auparavant il l’avait marié à sa fille julie.  smiley


  • claude claude 21 août 2007 20:10

    cher furtif,

    il pleut, il mouille ! c’est la fête à la grenouille !!!

    ma lessive, elle sèche dans la buanderie ! smiley

    concernant l’inconduite des julie (fille et petite-fille) d’auguste, voilà ce que dit suétone :

    http://bcs.fltr.ucl.ac.be/SUET/AUG/trad.html (...)

    LXV. Ses chagrins de famille. Les Julies. Agrippa

    (1) Mais la fortune vint troubler la confiance et la joie que lui inspiraient ses enfants et la bonne tenue de sa maison. (2) Il exila les deux Julies, sa fille et sa petite-fille, qui s’étaient souillées de toutes sortes d’opprobres. Caius et Lucius lui furent enlevés dans l’espace de dix-huit mois, le premier en Lycie, le second à Marseille. (3) Alors il adopta dans le Forum, en vertu de la loi curiate, Agrippa, son troisième petit-fils, et en même temps son beau-fils Tibère. Mais bientôt le caractère bas et féroce d’Agrippa le détermina à le rejeter de la famille et à le reléguer à Sorrente. (4) Plus sensible au déshonneur qu’à la perte des siens, Auguste ne fut pas entièrement abattu par la fin de Caius et de Lucius ; mais il instruisit le sénat des motifs de sa conduite envers sa fille par un mémoire qu’il donna à lire au questeur en son absence. La honte le tint longtemps éloigné du commerce des hommes. Il alla jusqu’à délibérer s’il ne ferait pas tuer sa fille. (5) Ce qu’il y a de certain, c’est que, vers le même temps, une de ses complices, une affranchie, nommé Phoebé, s’étant pendue, il dit qu’il aimerait mieux être le père de Phoebé. (6) Il interdit à sa fille exilée l’usage du vin, et toutes les recherches d’une vie délicate. Il ne souffrit qu’aucun homme ou libre ou esclave, lui rendît visite sans sa permission, et par conséquent sans qu’il sût son âge, sa taille, sa couleur, tout jusqu’aux marques et aux cicatrices de son corps. (7) Il la transporta, cinq ans après, de son île sur le continent, et la traita avec plus de douceur. Mais on ne put jamais obtenir qu’il la rappelât entièrement. Comme le peuple romain redoublait d’instances pour solliciter son retour, il lui souhaita publiquement de telles filles et de telles épouses. (8) Il défendit qu’on reconnût et qu’on élevât l’enfant que sa petite-fille Julie avait mis au jour après sa condamnation. (9) Enfin il transféra dans une Île Agrippa, qui, loin de s’adoucir, devenait de jour en jour plus intraitable, et l’entoura de gardiens. Il fit même rendre un sénatus-consulte qui le confinait à perpétuité dans cet endroit. (10) Toutes les fois qu’on lui parlait de lui et de l’une des Julies, il s’écriait : « Plût au ciel que je ne fusse pas marié et que je fusse mort sans descendance », et ne les appelait jamais que ses trois plaies ou ses trois chancres.(...)"***

    la succession des premiers empereur est une histoire de chaises musicale : une chatte y perdrait ses petits ! : http://www.empereurs-romains.net/emp06gen.htm

    bonne soirée !


  • claude claude 21 août 2007 22:11

    demian,

    oui, au fait pourquoi, je persiste à vous nommer damian ? peut-être à cause de damian marley, de damian lewis ou de damiano diamani... qui sont de véritables artistes, chacun dans leur domaine ...

    vous dites ce que vous voulez, et moi aussi, comme cela on est quitte !

    pas envie de polémiquer sur votre d’acariâtreté chronique...

    vous pensez avoir la science universelle infuse, grand-bien vous fasse. mes sources ne sont pas les mêmes que les vôtres et j’ai tendance à leur faire confiance, car elles sont issues de sites universitaires.

    à titre indicatif, j’ai fait quelques années de latin (6 au total, de la 6° à la première) au lycée, et j’ai aussi gagné quelques concours organisés par le musée du louvre, sur l’antiquité et le moyen-âge. ainsi qu’un deug de littérature française passé il y aaaaaaaaaaaa..., dans une vie antérieure , quoi !

    peace and love, brother ! faites-vous un bon joint, et regardez woodstock sur arte, cela vous dénouera les neurones ! smiley cool ! smiley


  • Boileau419 Boileau419 22 août 2007 11:31

    Il contourne mes bouses pour marcher au pas suivant sur les peaux de banane pourries que vous jetez en glapissant de votre cage d’orang-outang...

    Marcher sur de la merde, ça porte chance, au moins. Tandis que déraper sur une peau de banane, ça ne porte qu’à de fâcheuses conséquences, surtout quand on est une vieille mémé à coiffe de Pont-l’Abbé.


  • LE CHAT LE CHAT 21 août 2007 10:38

    un hymne magnifique à la gloire d’un autre exilé célébre

    capitaine flamm , tu n’es pas de notre galaxie..........


    • Yannick J. Yannick J. 21 août 2007 16:21

      Bin alors mon chat ???

      et goldorak ? le prince actarus il est pas terrien non plus ! il est exilé !

      tant pis pour toi privé de chouchen !


    • LE CHAT LE CHAT 21 août 2007 16:48

      @yannick

      tu oublies Superman , autre exilé et Conan le barbare , le dernier des simériens errant de places en places ..... pauvres héros de BD sans papiers ! smiley qui manifestera pour eux ?


    • Boileau419 Boileau419 21 août 2007 10:39

      Je ne vois pas l’intérêt de cet article, dont on dirait qu’il n’est qu’un prétexte pour parler de la Bretagne indirectement, à travers la figure de Chateaubrillant.

      Ca vient cet article affriolant sur la Bretagne ? La galerie s’impatiente, voous savez.


      • LE CHAT LE CHAT 21 août 2007 10:42

        @MISS TIC

        t’es coiffé comme un dessous de bras ce matin , t’as envoyé la fille du menhir en exil ?


      • La Taverne des Poètes 21 août 2007 11:00

        Boileau : vous avez raison, je parle trop des écrivains français dans cet article et pas assez d’Ovide et de Dostoïevski. Quel honteux nationalisme !  smiley


      • Djanel 21 août 2007 16:05

        Ohé ! Les grands cultivés de la Basse Bretagne pour quoi vous ne citez que des écrivains réactionnaires qui n’ont jamais su ce qu’fut une condamnation à l’exil. Chateaubriand était homme politique avant d’être un écrivain. Si un jour, il crut bon s’exiler vers le nouveau monde, c’était à cause de ses choix politiques. Il était royaliste et n’a fait que suivre le mouvement des émigrés pour ne pas connaître la cravate de louis XVI.

        A son retour Amérique, ce vicomte s’enrôla dans l’armée des émigrés à Coblence où il fut blesser à Thionville. Il fut transporté pour être soigner à Jersey.

        Chateaubriand n’est pas un exemple pour les écrivains se battant pour la liberté. Il fut l’ennemi des républicains et ne survécu courageusement que par la grâce de cette faculté à prendre la fuite et de n’avoir eu que des relations nécessaires pour aller se faire soigner à Jersey.

        Vous auriez pu choisir un autre écrivain français dont le courage n’est pas à démontrer et qui fut glorifier de son vivant comme étant le prince des poètes. Je veux parler de Théophile de Viau. Je joindrai à ce poste un sonnet où ce véritable poète nous parle de son exil, probablement au Pays Basque où il a été contraint de se cacher pour échapper à une arrestation. Une fois réhabilité, il revint à la cour. De nouveau, il fut poursuivi par un procureur du roi et un fanatique religieux pour avoir écrit un pamphlet sur la sodomie ce qui lui a valu une condamnation au bûcher malgré ses dénégations. La peine ne fut exécutée qu’en effigie et plus tard commuée en détention perpétuelle. Gracié au bout de deux années de cachot, il mourut des suites de cet enfermement. Voici le sonnet, c’est du grand art, et Chateaubriand à coté n’est qu’un falot.

        Quelque si doux espoir où ma raison s’appuie,

        Un mal si découvert ne se saurait cacher ;

        J’emporte malheureux, quelque part où je fuie,

        Un trait qu’aucun secours ne me peut arracher.

        Je viens dans un désert mes larmes épancher,

        Où la terre languit, où le Soleil s’ennuie,

        Couvre l’air de vapeurs et la terre de pluie

        Parmi ces tristes lieux traînant mes longs regrets,

        Je me promène seul dans l’horreur des forêts, .....

        Où le funeste orfraie et le hibou se perchent

        Là le seul réconfort qui peut m’entretenir,

        C’est de ne craindre point que les vivants me cherchent

        Où le flambeau du jour n’osa jamais venir

        Théophile de Viau : QUELQUE SI DOUX ESPOIR OU MA RAISON S’APPUIE

        Le navigateur n’accepte pas la mise en page. C’est un sonnet dont les strophes devraient se répartir ainsi : 4 et 4 et 3 et 3


      • Djanel 21 août 2007 16:24

        Quant à Dostoïevski, je l’adore et pour ceux qui ne le connaissent que par ses grandes œuvres, vous devriez lire « Journal d’un sous-sol », et vous verrez le Dostoïevski tel qu’il était dans la réalité attachant et répulsif. On me dira, non, il n’était pas comme çà et moi je vous poserais cette question : d’où a t-il pu tiré cette expérience sinon que de son vécu. Il est très réaliste parce que des gens comme çà existent et ce n’est pas le destin d’un idiot. Il faut comprendre que l’individu décrit est intelligent. Victime de lui-même ou des autres, c’est la question, posée.


      • La Taverne des Poètes 21 août 2007 20:17

        Léon : vous avez eu raison de signaler cette coquille. Comme quoi il ne faut jamais se précipiter dans la conclusion de l’article.


      • tvargentine.com lerma 21 août 2007 10:47

        Vous avez oublié de parler d’un grand écrivain car il écrit avec ses mains

        JOHNNY HALLYDAY

         smiley


        • LE CHAT LE CHAT 21 août 2007 10:50

          @LERMA

          je te mets +1 , en effet un article sans l’éxilé de Gstaadt, quel oubli ! smiley


        • La Taverne des Poètes 21 août 2007 10:56

          lerma : je n’ai pas connaissance d’oeuvres de Johnny Hallyday écrites dans son exil volontaire. Ce qui m’arrange car cela me permet d’éviter la polémique.


        • LE CHAT LE CHAT 21 août 2007 11:19

          @La taverne

          et ce tube inoubliable : quelque que chose de l’helvétie ..... smiley


        • Djanel 21 août 2007 16:28

          Johnny Hallyday n’était pas un exiler mais qu’un fraudeur fiscale qui a trouvé un moyen légal pour se soustraire à l’impôt.


        • JL JL 21 août 2007 10:57

          Vous oubliez Jonnhy. Et tous ces pauvres-grands-gars-riches, réfugiés monétaires qui en Suisse, qui aux Iles Caïmans, qui à Jersey ou Guernesey ! Ah non, ceux là ne créent pas, ils détruiraient, plutôt, si vous voyez ce que je veux dire.

          Carpe diem, La Taverne smiley


          • JL JL 21 août 2007 10:59

            Oups, entre ma lecture et mon commentaire sur lequel j’ai trainé, j’ai été devancé. smiley


          • LE CHAT LE CHAT 21 août 2007 11:02

            jacques Médecin , depuis son exil à punta del este , a écrit à ses avocats smiley


            • La Taverne des Poètes 21 août 2007 11:15

              West, vous dites « Et votre article n’est pas d’actualité. Il ne correspond pas à la charte d’édition. » La liberté est toujours un sujet d’actualité. Et l’exil aussi, si vous regardez les liens en fin d’article (cinéma iranien en exil). Mais vous semblez bien décidé à instaurer un comité de censure...Montez un club avec Boileau !


              • Djanel 21 août 2007 14:40

                Non. C’est un devoir.


              • Philippakos Philippakos 21 août 2007 11:21

                Difficile de comparer les différents exils aux différentes époques. L’exil qui était un châtiment dans l’antiquité peut être vécu aujourd’hui comme une récompense. Cela peut s’expliquer. Dans le monde antique un exil signifie la perte de tout statut (pas même celui de métèque)et ce châtiment est presque comparable à la peine de mort (Socrate refuse l’exil et préfère la cigüe). Un exilé devra donc lutter pour sa survie dans une autre cité, sauf si par bonheur (assez rare) il obtient la citoyenneté dans la cité d’adoption ou encore qu’il est rappelé comme citoyen dans sa cité d’origine. Quoi de comparable avec Polnareff ? D’autre part, un fonctionnaire qui est aujourd’hui nommé à Honolulu peut s’en trouver fort satisfait et y voir une occasion d’intégrer une culture différente. De plus un « exilé » d’un pays riche dans un pays plus pauvre va se trouver survalorisé. Il sera plus riche, plus respecté et son ego s’en trouvera le plus souvent flatté. Il faut donc admettre que le mot a changé de valeur, en passant de terriblement négatif à parfois positif aujourd’hui, synonyme d’exotisme bienfaiteur. Pour finir, à l’époque d’une mondialisation galopante, d’une unification culturelle des sociétés, du commerce sur Internet, comment accorder à ce mot la même valeur que celle qu’il possédait au XIXème siècle quand toutes les victimes s’en désolaient ? L’exil est donc souvent créateur, comme vous le soulignez justement dans l’article, mais ne l’était-il pas parce qu’il était souffrance (et aussi temps libre). Je ne sais pas si Polnareff ou Johnny sont plus créatifs depuis qu’ils échappent au fisc à l’étranger.


                • Boileau419 Boileau419 21 août 2007 11:29

                  T’as corrigé ton profil plein de fôtes d’orthograffe, Phillipaka ?


                • Boileau419 Boileau419 21 août 2007 11:36

                  Je pensais justement à une remarque de la Citerne qui disait je ne sais plus quoi en mêlant le mot de liberté avec celui du parti du rebelle d’opérette borderais.

                  Je pense quant à moi que « parti » et « liberté » sont des mots qui ne vont pas bien ensemble.

                  Simone Weil a écrit des choses très profondes là-dessus dans sa Note sur la suppression générale des partis politiques.

                  Voici un extrait :

                  "Notre idéal républicain procède entièrement de la notion de volonté générale due à Rousseau. Mais le sens de la notion a été perdu presque tout de suite, parce qu’elle est complexe et demande un degré d’attention élevé.

                  Quelques chapitres mis à part, peu de livres sont beaux, forts, lucides et clairs comme Le Contrat Social. Qn dit que peu de livres ont eu autant d’influence. Mais en fait tout s’est passé et se passe encore comme s’il n’avait jamais été lu.

                  Rousseau partait de deux évidences. L’une, que la raison discerne et choisit la justice et l’utilité innocente, et que tout crime a pour mobile la passion. L’autre, que la raison est identique chez tous les hommes, au lieu que les passions, le plus souvent, diffèrent. Par suite si, sur un problème général, chacun réfléchit tout seul et exprime une opinion, et si ensuite les opinions sont comparées entre elles, probablement elles coïncideront par la partie juste et raisonnable de chacune et différeront par les injustices et les erreurs.

                  C’est uniquement en vertu d’un raisonnement de ce genre qu’on admet que le consensus universel indique la vérité.

                  La vérité est une. La justice est une. Les erreurs, les injustices sont indéfiniment variables. Ainsi les hommes convergent dans le juste et le vrai, au lieu que le mensonge et le crime les font indéfiniment diverger. L’union étant une force matérielle, on peut espérer trouver là une ressource pour rendre ici-bas la vérité et la justice matériellement plus fortes que le crime’et l’erreur.

                  Il y faut un mécanisme convenable. Si la démocratie constitue un. tel mécanisme, elle est bonne. Autrement non.

                  Un vouloir injuste commun à toute la nation n’était aucunement supérieur aux yeux de Rousseau - et il était dans le vrai - au vouloir injuste d’un homme.

                  Rousseau pensait seulement que le plus souvent un vouloir commun à tout un peuple est en fait conforme à la justice, par la neutralisation mutuelle et la compensation des passions particulières. C’était là pour lui l’unique motif de préférer le vouloir du peuple à un vouloir particulier.

                  C’est ainsi qu’une certaine masse d’eau, quoique composée de particules qui se meuvent et se heurtent sans cesse, est dans un équilibre et un repos parfaits. Elle renvoie aux objets leurs images avec une vérité irréprochable. Elle indique parfaitement le plan horizontal. Elle dit sans erreur la densité des objets qu’on y plonge.

                  Si des individus passionnés, enclins par la passion au crime et au mensonge, se composent de la même manière en un peuple véridique et juste, alors il est bon que le peuple soit souverain. Une constitution démocratique est bonne si d’abord elle accomplit dans lepeuple cet état d’équilibre, et si ensuite seulement elle fait en sorte . que les vouloirs du peuple soient exécutés.

                  Le véritable esprit de 1789 consiste à penser, non pas qu’une chose est juste parce que le peuple la veut, mais qu’à certaines conditions le vouloir du peuple a plus de chances qu’aucun autre vouloir d’être conforme à la justice.

                  Il y a plusieurs conditions indispensables pour pour voir appliquer la notion de volonté générale. Deux doivent particulièrement retenir l’attention,

                  L’une est qu’au moment où le peuple prend conscience d’un de ses vouloirs et l’exprime, il n’y ait aucune espèce de passion collective.

                  II est tout à fait évident que le raisonnement de Rousseau tombe dès qu’il y a passion collective. Rousseau le savait bien. La passion collective est une impulsion de crime et de mensonge infiniment plus puissante qu’aucune passion individuelle. Les impulsions mauvaises, en ce cas, loin de se neutraliser, se portent mutuellement à la millième puissance. La pression est presque irrésistible, sinon pour les saints authentiques.

                  Une eau mise en mouvement par un courant violent, impétueux, ne reflète plus les objets, n’a plus une surface horizontale, n’indique plus les densités.Et il importe très peu qu’elle soit mue par un seul courant ou par cinq ou six courants qui se heurtent et font des remous. Elle est également troublée dans les deux cas.

                  Si une seule passion collective saisit tout un pays, le pays entier est unanime dans le crime. Si deux ou quatre ou cinq ou dix passions collectives le partagent, il est divisé en plusieurs bandes de criminels. Les passions divergentes ne se neutralisent pas, comme c’est le cas pour une poussière de passions individuelles fondues dans une masse ; le nombre est bien trop petit, la force de chacune est bien trop grande, pour qu’il puisse y avoir neutralisation. La lutte les exaspère. Elles se heurtent avec un bruit vraiment infernal, et qui rend impossible d’entendre même une seconde la voix de la justice et de la vérité, toujours presque imperceptible.

                  Quand il y a passion collective dans un pays, il y a probabilité pour que n’importe quelle volonté particulière soit plus proche de la justice et de la raison que la volonté générale, ou plutôt que ce qui en constitue la caricature.

                  La seconde condition est que le peuple ait à exprimer son vouloir à l’égard des problèmes de la vie publique, et non pas à faire seulement un choix de personnes. Encore moins un choix de collectivités irresponsables. Car la volonté générale est sans aucune relation avec un tel choix.

                  S’il y a eu en 1789 une certaine expression de la volonté générale, bien qu’on eût adopté le système représentatif faute de savoir en imaginer un autre, c’est qu’il y avait eu bien autre chose que des élections. Tout ce qu’il y avait de vivant à travers tout le pays - et le pays débordait alors de vie - avait cherché à exprimer une pensée par l’organe des cahiers de revendications. Les représentants s’étaient en grande partie fait connaître au cours de cette coopération dans la pensée ; ils en gardaient la chaleur ; ils sentaient le pays attentif a leurs paroles, jaloux de surveiller - si elles traduisaient exactement ses aspirations. Pendant quelque temps - peu de temps - ils furent vraiment de simples organes d’expression pour la pensée publique.

                  Pareille chose, ne se produisit jamais plus.

                  Le seul énoncé de ces deux conditions montre que nous n’avons jamais rien connu qui ressemble même de loin à une démocratie. Dans ce que nous nommons de ce nom, jamais le peuple n’a l’occasion ni le moyen d’exprimer un avis sur aucun problème de la vie publique ; et tout ce qui échappe aux intérêts particuliers est livré aux passions collectives, lesquelles sont systématiquement, officiellement encouragées."

                  PS : Non, Phillipakos, Simone Weil n’est pas la ministre qui a libéralisé l’avortement sous VGE.

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