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dDamage cultive sa différence

dDamage nous revient avec un nouvel album en janvier 2010 sur le label Ascetic Music chez Discograph. Un album résolument éclectique qui assoie encore un peu plus le combo electro parisien. Résolument electro, déviant, parfois pop, souvent Hip-Hop, toujours iconoclaste, dDamage cultive sa différence en invitant tous azimuts : Tes, Young Jeezy, Agallah, Bomb The Bass et biens d’autres à partager le couverts. Rencontre avec les frères Hanak du duo dDamage...

 

-Comment s’est fait cette signature sur Ascetic Music ?

Fred : J’ai toujours suivi le label Ascetic Music, en qualité d’auditeur, depuis leurs débuts. De la signature de Khondo en passant par les albums d’Insight, Life Long, Pacewon, Fred Ones. J’ai toujours apprécié la démarche de ce label, qui est un prolongement du magazine REAL, un des meilleurs mag de rap qui ait existé avec Radikal, pour moi. Alors quand tu fouilles bien le catalogue d Ascetic, tu vois le travail accompli et les connexions avec des artistes comme Fred Ones de Sonic Sum, un groupe qui est hyper important, sous estimé à un point incroyable. Sans parler de Pacewon. Un de mes rappeurs fétiches. Nous avons rencontrés Amine Bouziane, par ce que c’est le destin. Ça devait se passer comme ca, nous sommes dans une période ou nous sommes pas mal côtoyés par plusieurs labels, et nous avons la chance - enfin - de pouvoir choisir nos pas. Nous travaillons avec Ascetic Music mais aussi Jason Forrest et son label Cock Rock Disco, Clapping Music ou encore et toujours Tigerbeat6. Le point commun de ces labels, c’est qu’ils sont de haute gamme et qu’ils ont à leur tête des indépendants qui aiment vraiment ce que nous faisons, ou au moins une partie de nos productions. C’est vraiment agréable de voir que des maisons de disques aussi éloignées soient intéressées par ce monstre que nous constituons et continuions. Car il n’y a aucun lien entre Clapping Music, Tigerbeat6 et Ascetic, au niveau artistique. C’est vraiment intéressant de travailler avec un label français, qui jusqu’ici, n’a travaillé qu’avec des américains (excepté un rappeur français de La Cliqua). Notre chemin nous fait nous retrouver dans leurs catalogues respectifs, ca prouve bien que nos OGM fonctionnent bien, et partout. Ça doit continuer.

-Vous menez tout les deux des carrières solos mais on sent que discographiquement, dDamage reste la priorité comme si vous aviez du mal à vous défaire de votre identité à deux ?

Fred : Je n’ai pas vraiment de carrière solo, je n’ai fait que des remixes et poser des titres sur des compilations. Mon frère a une carrière solo de DJ (dDash) et de producteur (Boulder dDash). Mon projet RudDE est en retrait, je me concentre sur dDamage, surtout que ces derniers temps nous sommes sollicités à fond, donc c’est normal.

Jb : En parallèle à dDamage je produis également beaucoup de musique à l’image pour des films, documentaires etc. C’est quelque chose de beaucoup plus discret que je ne cherche pas spécialement à mettre en avant. Je ne m’en cache pas, mais je ne cherche pas non plus à l’affirmer comme dDamage qui est à mes yeux un hurlement transgénique. D’une manière générale je n’ai pas de mal à me défaire de l’identité de dDamage, plus simplement je ressens moins le besoin de mettre en avant ce que je fais à coté. C’est très différent.

-Vous êtes arrivés après la déferlante de la French Touch et aujourd’hui vous vivez l’explosion de la scène électro française. Est-ce que cela trouve un écho chez vous ?

Fred : Allo ? Y a de l’écho ? Des fois, il y a des échos mais on n’y pense pas tout le temps. C’est clair que l’explosion de Justice a donné de bonnes choses mais en même temps des sous-groupes catastrophiques. Mais il ne faut pas le nier, le succès de labels comme Ed Banger ou Kitsuné a, même sur un groupe comme dDamage, un effet positif quant il s agit de parler d’une scène. Certains médias nous surnomment même le mouton noir de la scène électro française… UN MOUTON NOIR OGM !!! Qu’il s’agisse du fait de venir de Paris, déjà, aujourd’hui, cela veut dire quelque chose pour l’auditeur, même si c’est complètement con. Mais c’est éphémère comme un point. Et nous ne nous arrêtons pas au point, on a des points-virgules, pour continuer nos phrases. Nous sommes des bosseurs nonchalants, on ne se soucie pas trop de ce truc de French Touch, on le regarde pas comme une chance ou une opportunité de quoique ce soit, ce qui est le cas pour plein de petits groupes pétés, mais je leur souhaite bonne chance tout de même car c’est dur d’arriver aujourd’hui sans avoir de bagage et de dire « bonjour, je fais de la musique électronique ». On n’est pas influencés par cette merde, on regarde, on sent vite fait car souvent ca pue la merde, on se barre, et on rigole en faisant une danse be-bop.

Jb : A l’époque de la première French Touch, on sortait nos premiers disques, dans des créneaux alternatifs. Des réseaux post-indus (Noise Museum, Alice in Wonder...). Puis deux ou trois ans plus tard cette french touch s’est essoufflée et les journalistes ont commencé à parler de "French Touch 2", c’était en 2003 notamment avec l’émancipation des labels electro-pop français comme Active Suspension, Clapping Music, Gooom Disques, Peter I’m Flying. La supposée "French Touch 2" était une scène parisienne avec pas mal de gars qui trainaient dans les soirées Burö-Club et qu’on a retrouvé 5 ans plus tard comme fers de lance de ce que les journalistes appellent la "French Touch 2.0". Alors là je dis bravo aux journalistes ! Six années passent et on reprend le même terme pour y ajouter un simple "point zéro". Mon frère a raison, c’est éphémère comme point. dDamage est la virgule qui a disparu de ce "point zéro". Comme une virgule, nous somme la transition que les gens tendent à rendre évanescente car ils veulent aujourd’hui que tout aille plus vite en musique électronique. Mais tu ne peux pas vivre sans ponctuation, c’est comme essayer de parler tout le temps sans prendre ta respiration. Soit tu es un poisson, soit tu meurs, mais les poissons ne parlent pas. Ils ne font pas de musique. Sauf les baleines qui chantent, mais ce sont des mammifères et de plus les disques de chants de baleines sont passés dans des filtres pour les rendre audibles à l’oreille humaine (sinon on ne les entend pas). Ce sont des filtres comme ceux utilisés en French Touch quand on applique le coupe-bas ou le rehausseur de tonalité pour faire une montée de techno turbine. Alors Eurocrunk avant-hier, Baile Funk ensuite, Tektonik aujourd’hui... Et puis demain les ex-Fluokids écouteront de la musique gothique soutenue par des pieds de Baltimore tout en reniant leur adolescence fluorescente. Nous on prend notre temps, on regarde défiler le carnaval de connerie et on fabrique notre carrière pépère en bouffant de la pastèque sans pépins, génétiquement modifiée. Parce qu’on n’a pas la chance de filtrer avec des fanons comme le font les baleines.

- Vous avez souvent établi des passerelles avec l’étranger notamment par vos signatures. Comment expliquez-vous cela et du coup la relative autarcie de la scène électro française qui ne considère une carrière qu’en travaillant exclusivement avec des structures françaises ? On a l’impression que la scène électro française a reproduit que ce qui était si haïssable dans la scène Hip-Hop américaine (l’export n’est qu’un marché et une manne substantielle pour les cachets de concert pas un pont d’échange, de collaboration).

Jb : C’est quelque chose qui s’est déroulé naturellement. Contrairement au hip-hop américain, c’est véritablement par le biais de l’export et de la reconnaissance internationale que la France a fini par nous accepter. Après avoir sortir 2 albums et deux formats courts en France à nos débuts, c’est la signature chez Planet-Mu (Angleterre) en 2004 qui a fait que les médias français se sont réveillés pour se pencher enfin sur notre cas. Par ailleurs, le fait d’avoir signé un disque avec TTC qui était à l’époque au zénith de sa carrière nous a également aidé. Je n’éprouve aucune rancune face à cela. La scène, le public et l’industrie sont des choses extrêmement exigeantes - parfois à tort, mais c’est une donne incontournable - et il est très difficile de se faire remarquer au beau milieu de tout ce tas de merde. Il fallait que ça arrive pour nous d’une manière ou d’une autre. On a été cherché ailleurs, comme d’habitude, et ça a fonctionné. On ne s’arrête pas. Tout comme aujourd’hui je comprends tout à fait que des jeunes cherchent à faire repérer à coup de compteurs trafiqués qui explosent sur leur player Myspace. C’est de l’artifice, mais il n’empêche que ça attire l’œil. Nous ça s’est produit par un envol à l’étranger ce qui est effectivement beaucoup moins probable pour un jeune groupe français aujourd’hui. C’était un joli feu d’artifice, mais après ça il a fallu réussir à se retourner et maintenir le cap. Ce qui était une autre paire de manche. Donc on a retraversé la Manche pour revenir sur un label français 3 ans plus tard (Tsunami-Addiction) pour ensuite nous envoler chez Tigerbeat6 aux États-Unis. Maintenant on revient avec un disque chez Ascetic en France mais d’ici quelques mois nous sommes supposés produire un nouveau format long chez Cock Rock Disco qui est un label américain basé à Berlin. Et puis Clapping Music en France. Au final tout ce qui nous intéresse c’est de travailler avec des gens qui croient en nous et qui ont un réseau de distribution suffisamment satisfaisant pour développer nos projets. Pour le reste j’avoue que je focalise beaucoup trop sur notre carrière et notre évolution pour pouvoir te livrer une analyse comparative entre le marché de l’électro française et celui du hip-hop US. Tout ce que je peux te dire c’est qu’à mes yeux il est aussi important pour mon groupe de jouer dans le club électro le plus côté de Tokyo que de se retrouver à foutre le bordel dans un pub au fond de la Moravie en Tchécoslovaquie avec des punks qui se cassent des bouteilles de bière sur la tête.

-Comment percevez-vous la mutation du disque ? Et en êtes-vous affectés ?

Jb : Nous sommes en pleine période de mutation, pas uniquement pour le disque, regarde les OGM sont en train de changer la donne. Est-ce que c’est bien, est-ce que c’est mal ? Les gens s’en foutent, ils ne se posent pas de question et se porteront toujours sur le produit alimentaire au prix le plus abordable sans jamais se soucier des tenants et des aboutissants de leurs achats. L’industrie du disque doit elle se soucier du piratage qui infecte de virus les disques durs qu’on achète en payant la taxe de copie privée ? Acheter trois ou quatre disque dur par an me donne-t-il le droit de télécharger illégalement, dans le sens où l’éthique - elle - me refuse de payer deux fois pour le même album ? Est-ce que le disque va mourir ? Qu’est-ce que la mort au fond, quand on pense qu’un crash de disque dur rempli de MP3 reste mille fois plus probable qu’un incendie qui viendrait à détruire ma collection de disques... Est-ce que Pascal Nègre se soucie de l’avis d’un crétin comme moi dont les droits d’auteurs représentent 0,000000000001% de son salaire ? L’industrie doit elle se repenser d’elle même alors qu’elle nous a prouvé durant ces 50 dernières années qu’elle ne savait pas penser autrement que par le profit ? Repenser le profit ! Surement pas. Je m’exclue du débat car je pense que l’industrie du disque est majoritairement constituée de gens dont le principal défaut est de ne jamais reconnaitre ses erreurs. Artistiques, technologiques, stratégiques. Raison pour laquelle ces gens stagnent et se sentent en danger lorsqu’ils voient leur voisin de bureau faire ses cartons pour cause de réduction d’effectif. Mais c’est rien tout ça. Accepter de ne pas reconnaitre ses erreurs est un grand luxe accordé a toute grande entreprise d’envergure. Quand tu regardes la multinationale qui possède le monopole des OGM dans le monde et qui continue jour après jour à détruire la planète uniquement dans le but de faire du gain, tout en fermant les yeux sur ses propres erreurs afin de se donner à elle même la permission de continuer, tu réalises que le disque n’est qu’un infime détail insignifiant du processus de mutation. La mutation d’un épi de maïs qui devient monstre, alors que l’agriculteur concerné a choisi de refuser la culture aux OGM. Cette mutation est liée au fait que les agriculteurs voisins achètent des engrais génétiquement modifiés qui polluent la terre et l’atmosphère au point de transformer monstrueusement sa récolte à lui qui cherchait continuer la production de produits 100% naturels. A la finale, le pauvre bougre se fait attaquer en justice car il est suspecté d’utiliser des engrais génétiquement modifiés sans en avoir acheté la licence. Il perd son procès, il est ruiné, et sa récolte est un monstre répugnant que personne n’ose regarder en face. Voilà, cette mutation m’affecte. La mutation du disque représente juste la logique bande originale en fond sonore de ce désastre.

- Depuis Shimmy Shimmy Blade, vous êtes fait plus silencieux côté production d’albums... Pourquoi ?

Fred : Plus silencieux ? Je croyais que le maxi sorti chez Tigerbeat6 était plutôt pas trop silencieux, et ça a fait pas mal le tour des platines et playlisté en mode international, enfin. Je ne sais pas c’est quoi être silencieux on arrête de faire de la musique. Récemment, outre le maxi 100% HATE.  Aussi, on a sorti un morceau sur un sampler de Wire Magazine, mai 2009, le projet c’est un album : (Reciprocess : +/VS.) - Documenting The Process Of Musical Reciprocity Between Philippe Petit & Friends, avec des collaborations d’artistes réputés comme Lydia Lunch, Jason Forrest ou encore Justin Broadrick de Techno Animal. On a fait un titre sur la compilation « Tigerbass Records Volume One » aux cotés de Dolby Anol, Kid 606, Curses, et pas mal d artistes Tigerbeat6. Et puis tout récemment, un morceau ("Can Of Worms") sur une compilation Chinoise pour Shanshui Records qui regroupe des artistes comme Knifehandchop, C.L.A.W.S, Mochipet et encore Kid 606, pour ne citer qu’eux.

Jb : Depuis la sortie de Shimmy Shimmy Blade nous avons également développé beaucoup de remixes et de collaborations avec d’autres artistes. Notamment des remixes pour les Gourmets, La Caution, Confetti’s, Stuntman5, Radioinactive. On vient aussi de remixer les punks hollandais de Auxraus tout récemment. Ainsi que des productions pour le rappeur californien Subtitle. J’ai joué de la guitare et chanté sur le prochain disque de 2080 qui devrait sortie au début de l’année prochaine. Puis également nous sommes sur le point de boucler une bande originale pour un documentaire de 2 heures pour la NHK (la chaine du service public au Japon). Tout cela sans compter bon nombre de projets non aboutis. On a également tourné dans plus d’une vingtaine de pays sur 2 années non stop après la sortie du disque. À ce propos, si tu continues à nous trouver silencieux, t’as qu’à venir nous voir en concert pour te déboucher les oreilles.

-Qu’est-ce qui détermine l’envie de faire un nouveau disque ?

Fred : L’ivresse. Le sens de la musique qui passe et que tu essayes de catalyser et/ou canaliser. Il ne faut pas foirer et y aller à la légère, même si ça doit attendre un peu, la douceur en force. C’est un aboutissement, à chaque sortie, c’est pas du marketing de merde ou des conneries liées à des maisons de disques qui te cassent les noix.

Jb : L’envie de faire évoluer ta propre musique. De ne jamais se répéter soit même et encore moins de suivre un mouvement éphémère. On évolue seuls dans notre bulle artistique et nous ne sommes absolument pas orphelins dans le sens où c’est nous qui avons choisi de prendre cette direction. Puis on a fini par être adoptés par un public qui a confiance en nous, un public qui fait confiance en les OGM sans vraiment savoir les répercussions que cela aura sur eux d’ici une quinzaine d’années. On ne sait pas non plus, on a le gout du risque même si ça paraît naïf de dire ça. C’est quelque chose qui a tendance à disparaitre le gout du risque en musique dans cette scène électro française dont tu parles.

-Diriez-vous que chaque disque s’inscrit dans une démarche conceptuelle ou purement instinctive ?

Fred : Instinctive.

Jb : oui, 100% instinctive.

-Vous sortez un nouveau projet "Aeroplanes" sur Ascetic Music. Cet album prend en quelque sorte le contre-pied de 100% HATE. Beaucoup de morceaux sont planants, plus calmes ou mid-tempos... Est-ce le début de l’accalmie chez dDamage ?

Fred : C’est encore un nouveau tour de manège pour nous, une envolée et une sorte de mise au point de notre musique, qui s’éparpille et que l’on rassemble sur ce projet "Aeroplanes". Il y a pas mal de morceaux qui sont des collaborations, des remixes, des titres rares et autres versions alternatives, avec des artistes comme Bomb The Bass, Kid 606, Agallah ou encore Mochipet.

Jb : Ça sera probablement perçu comme une accalmie par les gens qui connaissent notre musique depuis peu de temps. Pourquoi pas, ça ne me dérange aucunement. Mais nous faisons des morceaux très calmes depuis des années. Notre premier album (qui date de 1997) est une longue plage ambiante mélodique de 45 minutes. Même nos albums les plus violents contiennent toujours quelques oasis d’accalmies, c’est un équilibre qui nous importe. Pour ce nouveau disque, le rapport est à l’inverse, il y a une minorité de morceaux violents. On prépare un disque assez court et très bourrin pour l’année prochaine. Il n’y a pas d’accalmie chez nous, nous sommes des gens d’un tempérament calme qui savent s’énerver quand c’est le moment de faire un peu sursauter.

- Un autre album avec des artistes américains est en préparation pour Ascetic Music. Peut-on dire que ce sera la suite de Shimmy Shimmy Blade ?

Jb : Étant donné que ce disque est actuellement à l’état embryonnaire, je ne pourrais pas dire à quoi il va ressembler. J’en sais rien. Jusqu’à la dernière minute, tout peu changer.

Fred : Shimmy Shimmy Blade est un album rempli de convulsions, un truc qu’on a toujours voulu faire, un album avec des rappeurs, qui ondule entre techno rap et hip hop house bourré d’épilepsie. Mais en même temps, je parle de techno rap et de hiphop house alors que c’est un truc qui ressemble à aucun autre album avec des rappeurs. Le prochain projet avec des rappeurs est en chantier, il est beaucoup plus sobre et large que SSB, qui est, pour beaucoup, expérimental et tordu. Nous travaillons avec des rappeurs qui sont moins des fourmis de l’underground pour ce prochain projet, comme Pacewon, Insight ou Thavius Beck et 2Mex, pour ne citer qu’eux… On est en pourparlers avec d’autres rappeurs, mais c’est que le début. C’est vraiment un projet en route, donc on ne sait pas ce que ca va donner mais c’est prévu pour être du dur.



- Définiriez vous dDamage comme un groupe protéiforme, un groupe transgenre ?

Fred : Plus à un groupe transgénique, parce que les OGM c’est en ce moment et comme on ne sait vraiment ce que ça va faire dans 15 ans ou dans 30 ans. Est-ce que cela va améliorer la qualité des légumes et fruits ? De la vie donc ? Nous c’est un peu pareil, on est de la génération des ordinateurs et des machines ; le temps présent, Internet ; les OGM pour les humains. On ne sait pas jusqu’où cela va aller. Donc, ces OGM, les machines et le digital, les Internets, nous en sommes les enfants. Et comme nous avons un passé rock,rap, électronique, nous formons une liaison transgénique avec notre musique. C’est ce qui nous permet de foutre en symbiose la guitare et la basse, synthés machines et le sampler, pour résumer. Mais on est transgéniques sur tous les fruits et les légumes, tout ce qui est affecté par les OGM. On ne se contente pas d’être des OGM du maïs, dans le sens que, nous ne sommes dans tel domaine, type un sous-Justice, ou un sous-Autechre, qui sont des OGM « strictement maïs » pour Justice (la compression) et "strictement carotte" pour Autechre (le patch), pour résumer. On couvre tous les OGM, on est banlieusards, on a la dalle, on ne peut pas que fabriquer du maïs transgénique. Parce que nous sommes producteurs vendeurs et consommateurs. Alors que beaucoup sont juste vendeurs de carottes. Nous, ça va jusqu’à l’ingestion des bulbes de tulipe pour vraiment comprendre le fruit et le légume, les racines. On est sur tous les domaines transgénisables. Un néologisme qui nous convient et dont il ne faut pas modifier l’orthographe sur ton Internet.

- Est-ce que vous vous sentez orphelins dans votre démarche en France ou il y a des artistes dans lesquels vous vous reconnaissez ?

Fred : Je m’en fous des démarches. Je ne me reconnais dans aucun artiste sur cette planète, j ai des références, elles sont aussi bien en France qu’ailleurs, mais il n y a pas de démarche en ce qui me concerne. J’apprécie pas mal d’artistes français, comme Hypo, Ark, Komori, 2080, Krikor & The Dead Hillbillies ou encore Oizo que je ne connais pas du tout personnellement et dont j’aime pratiquement toute la discographie, mais il n’y a pas de maison française pour nous ou de French Touch mon cul,  version.2.0.5.26. Mais comme nous couvrons tous les produits OGM, nous nous posons, par mégarde ou par le fait de la destinée, dans des girons français, comme par exemple lorsque nous faisons des festivals et qu’on se retrouve à jouer avec Yelle ou Vitalic, des trucs qui ne nous correspondent pas forcément, mais qui font partie soi-disant (dixit les médias) de la génération fluo pour Yelle, et de la génération post-Daft Punk pour Vitalic (tjs selon les médias), par exemple. On est juste dDamage, fabricants d’OGM musicaux

 

 


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Singezlack


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