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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > De l’art et du cochon

De l’art et du cochon

Excellente chronique de Nicolas Demorand mardi matin sur France-Inter à propos d’un article de Niels Gabler publiée dans Newsweek. Amateur fou de littérature, je me suis dis, ça y est, cette fois j’ai perdu pied, je suis vraiment devenu un vieux con irrécupérable. Je vous laisse juge, Demorand interprétant l’article :

« La célébrité est une nouvelle forme d’art qui rivalise et souvent dépasse les formes traditionnelles que sont les livres, les films, les pièces de théâtre (…) La célébrité assume nombre de fonctions de ce que furent ces formes anciennes, à savoir nous distraire, nous ouvrir au tourment de la condition humaine et même créer une expérience commune capable à son tour de former une communauté nationale. Niels Gabler va jusqu’à prétendre que la célébrité est sans doute la grande forme d’art du XXIième siècle (…) La célébrité est réelle, bien plus que ne la sera aucun film qui va s’échiner à recréer un sentiment de réalité… La célébrité produit ce suspens que les films se tuent à fabriquer… Les récits de vie de gens célèbres nous renseignent sur le bien, le mal, les vraies valeurs, les fausses, les grands moments, les traversées du désert, le juste, l’injuste, bref toutes les questions qui étaient dans les temps anciens adressées aux formes artistiques. Dans des société fragmentée, c’est la célébrité est le fait que tous le monde en parle qui donne l’illusion qu’un communauté de citoyen existe bien. (…) Cela fait de bonnes histoires, le feuilleton sur la maladie de Johnny en est un exemple français. » 

 

Oui, vous avez bien lu : la célébrité est sans doute la grande forme d’art du XXIième siècle. Au secours ! Molière ne nous lâche pas ! Hugo revient ! Céline avec nous ! Proust réveille-toi ! Ils prennent Tiger Wood pour Don Juan et veulent se passer de Molière, de Baudelaire, de Mozart... Tous remplacés par Michel Drucker et Mireille Dumas invitant Johnny et Laeticia.

L’article commence par une définition savoureuse due à un historien en 1960 : « Une célébrité est une personne connue pour sa notoriété. » N’empêche que la plupart du temps une célébrité est un people, riche et/ou très beau/belle ou fils ou fille de très riches, acteur/trice ou (souvent et) fils ou fille d’acteur/trice, d’armateur, de chanteur/teuse...

Certes il arrive qu’une célébrité soit un Jean Valjean ou un Arsène Lupin, mais c’est plus rare, il n’est jamais Cosette ni Quasimodo. Donc comment faire du Victor Hugo ou du Maurice Leblanc ? Et puis, il y a le style... n’est pas Céline ou Proust qui veut.

Bon, ne restons pas sur une mauvaise impression. Je viens de lire deux livres qui s’il ne touchent pas au grand art montrent tous deux que le roman a encore un bel avenir n’en déplaise à Niels Gabler.

Le premier Le club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia, prix Goncourt des lycéens. Il nous raconte les péripéties du jeune Michel en 1960. Photographe amateur et lecteur boulimique, Michel fait la connaissance, dans l’arrière salle d’un bar, le Balto, de réfugiés de l’Est qui jouent aux échecs. Un cercle que fréquentent Sartre et Kessel à l’occasion. 750 pages de bonheur où l’on découvre une famille tiraillée et une époque riche d’histoire – le début des trente glorieuses, la fin de la guerre d’Algérie - à travers les yeux d’un adolescent sympathique. C’est aussi le roman de la trahison. Lisez le !

Le second Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, en fait ce devrait être …des amateurs de tartes aux épluchures de patates de Guernesey. Un roman épistolaire qui se passe dans l’Angleterre d’après-guerre. Juliet, jeune écrivaine à la recherche d’un sujet de roman, entre deux lettres à son éditeur, se retrouve à correspondre avec des habitants de Guernesey qui pendant la guerre ont créé un improbable cercle littéraire autour d’un cochon grillé. C’est drôle, c’est frais, c’est délicieusement excentrique. On tourne autour d’une humanité touchante et de son rapport à la littérature. Certain n’ont lu qu’un livre, d’autre beaucoup mais (presque) tous ont très envie d’aider Juliet qui va laissé son beau et riche américain pour venir à Guernesey. Je n’en dis pas plus lisez le.

Il est douteux que Johnny ou Tiger Wood nous concocte d’aussi belles histoires même racontées par le meilleur journaliste de Gala.


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9 réactions à cet article    


  • morice morice 19 décembre 2009 20:40

    « Amateur fou de littérature, » ben on dirait pas à lire les magazines.... 


    • JoëlP JoëlP 19 décembre 2009 20:58

      Merci pour la première réaction morice qui montre que vous n’avez pas lu l’article du tout. C’est une juste revanche car en général j’ai beaucoup de peine à lire les votres jusqu’au bout.

      La faute de syntaxe énorme est restée ce qui ne va pas améliorer mon image auprès des puristes. Tant pis.


    • Marianne Marianne 19 décembre 2009 21:51

      Aujourd’hui tout le monde connait Pascal et Céline ...

      Obispo (pas Blaise !) et Dion (pas Louis Ferdinand !)
       smiley


      • JL JL 20 décembre 2009 09:18


        Je ne sais pas si c’est Delmorand qui a dit que « La célébrité est une nouvelle forme d’art », ou bien si c’est vous qui avez traduit ainsi l’article cité en référence.

        Cette formulation en français est une ineptie qui mélange les genres : un people n’est pas une notoriété. Et ni l’un ni l’autre n’est un art, évidemment, et personne n’a besoin de le démontrer !

        Ce billet dans la rubrique culture ne va pas hausser le niveau de la maison Agoravox : la moitié pour dire des bêtises, le reste pour recopier de qu’on peut lire partout, JoelP nous prend pour des ânes !  smiley


        • JL JL 20 décembre 2009 09:19

          Demorand, bien sûr. Je ne savais pas qu’il était chroniqueur ?!


        • JoëlP JoëlP 20 décembre 2009 09:31

          J’ai repris Demorand, mais voici le texte original que vous auriez trouvé en suivant le lien. Visiblement on peut le lire partout mais vous, vous ne l’aviez pas lu. En plus, comme j’ai effectivement repris la chronique de Demorand (Tout azimut, le matin vers 7:25 sur FI) je n’ai pu dire de bêtises que sur les deux livres dont je parle. Quand vous les aurez lu, vous pourrez dire si je dis des bêtises.

          It is actually a new art form that competes with—and often supersedes—more traditional entertainments like movies, books, plays, and TV shows (and the occasional golf tournament), and that performs, in its own roundabout way, many of the functions those old media performed in their heyday : among them, distracting us, sensitizing us to the human condition, and creating a fund of common experience around which we can form a national community. I would even argue that celebrity is the great new art form of the 21st century.


        • JL JL 20 décembre 2009 09:55

          JoelP, j’ai suivi le lien. Pourquoi donc croyez vous que je parle de traduction ?

          Par ailleurs, votre réponse est aussi confuse que votre texte. Désolé, je ne comprends pas ce qui y est dit.

          Ps. Je connais assez l’anglais pour comprendre ce texte, mais trop peu pour dire si du point de vue des anglophones il est inepte ou non. En revanche, je peux dire que la traduction française que vous produisez est une ineptie. Et c’est cela le vrai problème soulevé ici : la confusion des genres qui signe l’inculture.


        • JoëlP JoëlP 20 décembre 2009 10:20

          Je ne sais pas comment le dire. Vous dites que je copie des choses que l’on peut lire partout. OK. Je répète que j’ai reproduit la chronique de Demorand qui a dit : « Niels Gabler va jusqu’à prétendre que la célébrité est sans doute la grande forme d’art du XXIième siècle » phrase qui me semble refléter : "I would even argue that celebrity is the great new art form of the 21st century."

          Vous aurez compris que c’est cette phrase qui m’a choquée. Je suis donc d’accord avec vous : c’est une ineptie. C’est même exactement mon propos. L’article de Newsweek est inepte, sauf que, repris par Demorand, il prend une sorte de vernis de vérité.

          Pour une meilleure compréhension, j’aurais peut-être dû organiser mon article différemment, vous avez sans doute raison, mais dans le fond, cela ne valait pas le coup d’y passer du temps, puisqu’il a été publié hier après-midi et n’était plus accessible sur l’édition du jour ce matin à 9:30.

          Le système de publication d’Avox encourage les articles à chaud sur des sujets politico-économiques. Les articles cultures ont peu de chance d’être lus de toute façon.

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