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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > De la culture de masse

De la culture de masse

Quelques modestes lignes pour souligner un aspect des choses qui m'intéresse, et aussi pour militer un peu en faveur d'une culture digne de ce nom.

La culture de masse est une culture produite de manière industrielle, sa finalité est le profit, et c'est pourquoi elle est, justement, culture de masse, dans la mesure où, plus la quantité produite et consommée est grande, plus le profit est grand.

Il en résulte certaines propriétés :

- Elle doit s'imposer au plus grand nombre possible de consommateurs (le consommateur vient ici se substituer à l'amateur), elle doit donc être enjôleuse et par conséquent plaire immédiatement, sans efforts ni préparation. Il en résulte qu'elle doit jouer sur les pulsions, les stéréotypes... toutes les attentes spontanées du consommateur potentiel. Ce dernier est donc conforté en lui-même, enfermé dans sa propre spontanéité, et privé de la possibilité d'étendre son être à d'autres idées, perspectives, sentiments et nuances.

- Devant la diversité des individus, la culture de masse doit travailler à ce que les attentes des consommateurs soient homogènes. Elle doit donc conditionner le consommateur dans ses attentes, elle doit être impérialiste, à la manière de Coca Cola ou Mc Donald (importance du branding). Il y a là une sorte de dialectique entre les attentes premières des individus, sur lesquelles la culture de masse doit d'abord s'appuyer, et ce que proposent les fabricants de culture. La culture ainsi produite commence par renvoyer aux consommateurs leurs attentes, mais dans le même temps doit formater ces attentes en vue de la production de masse et donc de la standardisation du marché. Il en résulte la production de nouvelles attentes chez le consommateur, et ainsi de suite. C'est là un processus historique par lequel on finit par apprécier la publicité comme art (hélas). La segmentation du marché n'est pas un argument qui pourrait contredire cette analyse, bien au contraire. La culture de masse est donc une culture artificielle, porteuse d'une domination spirituelle. La domination capitaliste (économique) se double d'une domination politique (l'état bourgeois) pour enfin produire une domination spirituelle, la culture de masse. Le mythe, cynique, du consommateur libre de ses choix, doit ici être combattu avec vigueur.

- En vue de la consommation de masse, la culture industrielle doit tabler sur l'obsolescence programmée. Le produit culturel doit donc avoir une courte durée de vie, la culture doit être culture kleenex. Aussitôt consommé, aussitôt oublié. L'exemple des blockbusters au cinéma est assez parlant. Cela n'est pas contredit par un phénomène qu'on pourrait nommer recyclage culturel, qu'il ne faudrait pas confondre avec la pérennité réelle. Il n'est pas sans intérêt de remarquer ici la progressive extinction des beatles , grands pionniers de la culture de masse, et qui subissent donc eux-mêmes le destin promis à ce genre de produits.

De tout cela, il résulte une pauvreté spirituelle envahissante (mais le royaume des cieux leur est ouvert ?). C'est pourquoi j'ai, modeste entreprise, créé la page Littératures (https://www.facebook.com/syrtes). Elle sera souvent mise à jours, dans les premiers temps du moins. Sans logique ni système, et le plus souvent sans commentaires (j'aime les livres, mais je n'aime pas en parler). Le tout comme une bouteille à la mer !


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7 réactions à cet article    


  • alinea Alinea 3 janvier 2013 11:28

    Un tout petit peu léger votre article, on reste sur sa faim !
    À votre liste j’ajouterais pour commencer : Erri De Luca « Trois Chevaux » et, plus encore « Le poids du papillon ». Vous ne le regretterez pas !
    Il n’y a pas beaucoup de français, hein ?


    • Shawford Runescape Transit 3 janvier 2013 11:30

      Et alors le poids de mon papillon de lumière est pas trop lourd à porter ? smiley (- ;


    • Blaise Blaise 3 janvier 2013 15:21

      Il ne s’agissait pas non plus d’écrire une thèse. Pour aller plus loin, il faudrait mettre l’accent sur la notion de choix, s’interroger sur le libre arbitre, revenir à des questions philosophiques profondes comme celle de la détermination de la volonté. Le modèle dominant pense le comportement du consommateur en terme de libre choix, je pense quant à moi que c’est là, en grande partie, une illusion (et qui est de nature idéologique, c’est à dire que sa fonction est d’occulter la réalité). J’ai simplement voulu partir d’un petit axiome, celui de la recherche du profit, pour tirer quelques conséquences et remettre en cause le relativisme ambiant (idéologique lui aussi).


    • Fergus Fergus 3 janvier 2013 11:37

      Bonjour, Blaise.

      Eh oui, cette « culture de masse » nous est vendue à grands coup de matraquages publicitaires. On est là, avec des produits formatés qui ne méritent plus le nom d’oeuvres, au coeur des stratégies marketing visant à doper les profits par le biais d’un consumérisme basé sur la décérébration des individus. C’est pourquoi toutes les initiatives visant à s’opposer à cette dérive de nature industrielle doivent être encouragées.


      • paul 3 janvier 2013 14:50

        Vaste sujet ,intéressant, qui concerne l’évolution de la société contemporaine ( depuis 1860 environ), et auquel il faut associer les mots : consumérisme, modèles de société et donc modèles économiques , promus par la publicité , les médias ou les films .

        On peut citer par exemple les accords Blum-Byrnes de 1946 avec les films hollywoodiens qui ont promu le modèle de l’american way of life .

        Le sujet de la culture lié au consumérisme se définit aussi dans le concept des politiques de l’offre ou de la demande : la politique de l’offre est d’inspiration libérale et productiviste, alors que la politique de la demande est d’inspiration keynésienne .
        Lors de le conférence de presse du 13 novembre dernier, Hollande s’est prononcé clairement pour une politique de l’offre, culture plutôt d’Outre Atlantique ...


        • antonio 3 janvier 2013 16:29

          Je connais des bénévoles qui gèrent la bibliothèque de leur village.
          Que réclament les lecteurs pour la plupart ? : Lévy, Musso, Steel, Higgins Clark , romans du terroir, biographies
          ( Drucker, Zidane ou autres...) Parfois un « énergumène » demande Rimbaud...
          Que faire ? Ne pas acheter ? C’est à coup sûr s’aliéner bien des lecteurs...déjà qu’il n’y a pas foule... Alors ces bénévoles satisfont ces demandes... en glissant parfois dans leurs achats quelques ouvrages disons un peu plus exigeants qu’un seul lecteur peut-être se hasardera à emprunter ...
          Par ailleurs l’entreprise France-Loisirs sévit aussi dans la culture...bien des abonnés apportent leur obole pour un ouvrage tous les trois mois...histoires d’amour exotiques, à rebondissements multiples, histoires « sociétales » bien pensantes, etc....les lecteurs-abonnés accumulent ces livres et, par générosité, finissent par en faire don à ces petites bibliothèques villageoises...les refuser ? Oui mais pas tous...au risque de heurter les donateurs....
          Cultura et ses succursales est la vitrine de cette industrialisation du livre médiocre.
          Les librairies n’en peuvent mais et se raréfient.

          Ponctuellement, les bénévoles proposent des animations pour sortir un peu de ce formatage....mais que d’énergie dépensée, que de temps donné pour de maigres résultats...

          Industrialisation de l’agriculture, industrialisation de l’alimentation, industrialisation de la culture ....le niveau est devenu bien bas...
          Votre initiative est louable....à encourager mais le rouleau compresseur de la bêtise, du prêt à consommer , du prêt à penser s’acharne , avec une force redoutable, à évacuer toute créativité, toute originalité....


          • ricoxy ricoxy 4 janvier 2013 05:37

            « Quand j’entends le mot « culture » je sors mon révolver » ... C’est toujours actuel 

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