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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Délit de fuites », avec Roland Giraud, au Théâtre de la Michodière

« Délit de fuites », avec Roland Giraud, au Théâtre de la Michodière

De Vive Bouchon ! à Délit de fuites en passant par la reprise de Si c’était à refaire, Jean-Luc Moreau est de nouveau sur tous les fronts de la saison 2006-2007, ceux du bluff érigé, pour cause de divertissement fort réjouissant, en art de vivre hexagonal.

Le metteur en scène y imprime sa marque de fabrique où le bon goût n’est jamais battu en brèche par l’inconvenance de mots osés ou de gestes déplacés, alors que le tambour battant des quiproquos se télescope avec le chassé-croisé des protagonistes.

De son côté Jean-Claude Islert, encouragé par le succès de C’est jamais facile en 2005, réinvente l’écriture de son "intrus dans la salle de bains" en conservant le concept de l’accent étranger à couper au couteau et finalise la schizophrénie du personnage dans la dualité d’un maître chanteur.

En effet, à la fois politicien et plombier, Michel Bertin va squatter l’appartement d’un cadre divorcé qui sera en compagnie de sa mère omniprésente, la dupe récurrente d’une hallucination versatile confrontée à cette double casquette.

Un enjeu de quatre millions d’euros en échange d’un disque dur contenant des informations compromettantes sera la clé d’un chantage à l’égard du prochain premier ministre.

Dans cette perspective, la fuite va prendre des allures métaphoriques où Roland Giraud s’agiterait en cadences synchronisées tel un poisson dans l’eau.

Se travestissant alternativement dans les rôles de politicien véreux, d’ex-amant repenti, de père à son insu, de locataire avec ou sans moustache, Miguel le faux plombier virevolte au gré des multiples versions du mensonge stratégique bien qu’interprété abusivement par ses proches.

Une véritable performance d’acteur que ses partenaires (Elisabeth Bourgine, Patrick Zard, Arlette Didier, Pascale Louange, Delphine Depardieu) relancent en permanence telle une toupie dont lui ne cesserait de corriger l’orbite perfectible en derviche tourneur expérimenté.

C’est ainsi que le public ne s’y trompe pas en choisissant de se divertir avec Délit de fuites puisqu’il repart ravi de sa soirée.

Photo © Lionel Gebede

- DELIT DE FUITES - *** Theothea.com - de Jean-Claude Islert - mise en scène : Jean-Luc Moreau - avec Roland Giraud, Elisabeth Bourgine, Patrick Zard’, Pascxale Louange, Delphine Depardieu et Arlette Didier - Théâtre de la Michodière -


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6 réactions à cet article    


  • Icks PEY (---.---.232.221) 22 novembre 2006 11:00

    Bonjour, je lis dans votre profil :

    « Nos chroniques souhaitent valoriser un point de vue éditorial positif à l’égard de chaque pièce, après avoir assisté à l’une de leurs représentations (encore heureux ! ndla) tout en restant équitables avec leurs faiblesses éventuelles et en évaluant notre appréciation subjective de une à quatre étoiles. »

    A force de caresser le sujet dans le sens du poil, cela ressemble follement à de la publi-information ...

    Si j’ai bien compris, vous mettez trois étoiles à ce qui relève d’une farce de boulevard dans laquelle Roland GIRAUD est le pilier central ...

    Je me souviens d’un DVD de « Impair et Père », une des pièces où il avait également un rôle très important. A la question de savoir s’il n’avait pas rêvé, jeune comédien, de jouer d’autres choses que des pantalonnades plaisantes certes, mais au QI peu élevé, il avait répondu avec une franchise qui m’avait touché : « il faut bien vivre » ...

    Cette lucidité de sa part sur la médiocrité intellectuelle de ces pièces de comédie pure où le crétinisme s’accouple avec l’improbable l’a rendu sympathique à mes yeux.

    Bien cordialement,

    IP


    • Theothea.com Theothea.com 22 novembre 2006 12:23

      En vous remerciant de votre contribution à la compréhension du travail du comédien « Roland Giraud », je vous confirme que je ne suis pas un adepte du dénigrement systématique tellement à la mode de nos jours mais que l’attitude « bon public » n’empêche nullement d’apprécier plus ou moins les spectacles selon leur genre. Mon objectif de spectateur en allant voir chaque pièce quelqu’elle soit est bien entendu de passer une soirée interessante ; mon objectif de critique est de rendre compte d’une création artistique, de son interprétation et de sa réalisation en ignorant les jugements de valeur a priori. cordialement Theothea.com


    • Icks PEY (---.---.232.221) 22 novembre 2006 17:16

      Disons qu’il y a plusieurs théâtres et plusieurs publics de théâtre ...

      A mes yeux, effectivement, une pièce de théâtre est d’abord un texte qui doit être servi par un metteur en scène et des comédiens.

      Et je pense qu’aussi talentueux soit-il, le meilleur des comédiens peut difficilement relever un texte naze au départ.

      A la rigueur, le metteur en scène peut-il lui donner de la profondeur ou le mettre en relief vis à vis d’autres éléments visuels ou musicaux ...

      Mais toujours est-il que tout cela est une forme de théâtre et que le théâtre populaire draine lui aussi bcp de monde ... respect ...

      Car si une pièce de théâtre, c’est d’abord un texte ... c’est aussi et surtout ... un public ...

      Le problème devient plus grave lorsque les théâtres (privés, je parle), par souci de rentabilité, ne proposent plus que des pièces populaires sans donner leurs chances à des textes peut-être moins drôles et moins fédérateurs, mais autrement plus riches de réflexions.

      Bien cordialement

      IP


    • Theothea.com Theothea.com 23 novembre 2006 02:58

      Je souscris bien évidement à l’importance fondamentale du texte dans tout projet théâtral ; il n’empêche que le spectacle vivant est au centre de multiples compétences artistiques qu’il n’est ni possible ni souhaitable d’enfermer dans un shéma conceptuel prédéfini.

      C’est ce qui à mon avis en assure son intéret et son renouvellement incessant.

      Pour moi, le véritable danger est d’associer un genre de théâtre à un public déterminé. A contrario passer d’un genre à l’autre ouvre les perspectives et permet de relativiser les dogmes risquant de s’établir dans chaque famille.

      Bref en tant que spectateur, s’il devait y avoir un vade mecum, ce serait pour moi celui de l’empathie a priori. A posteriori, il sera toujours temps d’apprécier l’échelle des valeurs entre des intentions artistiques éventuellement divergentes.

      cordialement Theothea.com


    • ohlala (---.---.124.230) 22 novembre 2006 16:18

      Le théâtre est au départ et avant tout, texte. De la matière texte, mise en scène.

      De Wolfgang Hildesheimer, auteur de l’autre pièce critiquée par vous à ce sommaire, on ne peut pas dire que sa production en tant qu’auteur littéraire ait laissé des souvenirs marquants, ni hier, ni aujourd’hui. La pièce mentionnée ici est en fait un texte médiocre sorti d’un grenier dans le seul but de monter un spectacle taillé sur mesure pour Adjani et elle seule (appréciation confirmée par les cinq critiques toutes tendances confondues du « Masque et la Plume » de France Inter).

      De Roland Giraud, je m’en tiendrai au 1er commentaire de ce fil qui résume très bien ce qu’il faut en savoir, pour des gens s’intéressant au théâtre.

      Il est clair que l’affiche, le numéro d’acteur, vous intéressent plus que le texte et l’analyse de la traduction à la scène du propos des auteurs. Relater l’intrigue ne suffit pas à faire une critique.

      D’où déduction qui s’impose quant à l’intérêt de votre rubrique. Vous m’avez déjà répondu dans le passé que j’étais tenant d’une pensée unique. Je vous renvoie le compliment.


      • Theothea.com Theothea.com 22 novembre 2006 16:50

        Mais cher commentateur, il est bien évident que ma critique n’exclut pas la potentialité de la vôtre dont vous sembleriez possèder toutes les clès du formatage. A vous lire avec plaisir sur Agoravox et à vous voir dans les salles de spectacle. cordialement Theothea.com

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