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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Depuis le temps que l’on nous annonce l’avènement du numérique (...)

Depuis le temps que l’on nous annonce l’avènement du numérique qui doit révolutionner la formation, qu’en est-il de la pédagogie ?

La formation en ligne, timidement apparue au milieu des années mille neuf cent quatre-vingt-dix, au travers de la formation à distance par classe virtuelle ; puis matérialisée quelques temps plus tard par la e-formation et plus récemment confirmée par la formation dite digitale et par les MOOC (Massive Open Online Courses), devait résoudre tous les problèmes. Mais, à l'instar de ce qui s'était passé dix ans plus tôt, avec ce que l'on appelait dans les années quatre vingt, l'Enseignement assisté par ordinateur (EAO), sont apparues quelques déceptions : appauvrissement de l'offre et de la qualité des cours, problèmes pédagogiques, isolement des étudiants ...

En fait, comme souvent dans le cas d'une activité à croissance rapide une certaine confusion s'est installée quand à la définition exacte des cours en ligne, leur intérêt et leurs limites.

Un peu comme si l'on avait oublié que la formation, quel que soit le canal qu'elle emprunte, s'adresse à des personnes et que ces personnes acquièrent de nouvelles connaissances et de nouveaux comportements suivant un processus biologique immuable qui se produit dans le cerveau. Oublié, aussi, que le changement de comportement observable et persistant, par lequel peut d'ailleurs se définir l’apprentissage, se nourrit d’informations venues de l’environnement du formé via ses cinq sens, en particulier par la vue et l’ouïe.

Or, nos sens sont les mêmes depuis quelques millénaires et, sauf événement extraordinaire, le resteront pour quelques temps encore. Aussi, prétendre, comme certains en éprouvent le besoin, qu’il existerait une nouvelle pédagogie propre à la formation à distance ou à la e-formation ou à l’accompagnement ou à la formation digitale ou aux MOOC est aussi incongru que prétendre que la généralisation des calculettes impliquerait que l’on revisite la table de multiplications ou que l’on modernise la règle de trois (? !).

En fait, si la bonne connaissance d'un thème est un atout primordial pour l’enseigner cette connaissance n’est pas toujours suffisante pour former efficacement. Il peut même arriver à un spécialiste de se laisser emporter par sa passion et d'en d'oublier son auditoire. Au quel cas le message −même très documenté, même parfaitement maîtrisé− devient insignifiant, faute de réappropriation par les intéressés.

De tout ceci retenons au moins une chose : outre la connaissance du sujet que l'on enseigne, la pédagogie s’apprend et quel que soit le mode d'enseignement, quel que soit le canal emprunté, il est indispensable de s'appuyer sur les fondamentaux de la pédagogie pour répondre aux besoins qu'éprouvent les apprenants, avec  :

Un accueil qui instaure une véritable et sincère relation pédagogique ;

Des objectifs clairs et réalistes pour donner envie d’atteindre la cible ;

Des évaluations de l'apprentissage qui mesurent la progression de chacun pour en tirer partie ;

Des techniques pédagogiques suffisamment variées pour ne pas lasser ;

Une saine gestion des événements teintée de confiance et de respect ;

Un soin particulier apporté à la communication orale, écrite et visuelle ;

L’évaluation de l'enseignement de chaque session pour améliorer encore les suivantes.

Alain Astouric

 


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2 réactions à cet article    


  • Aristide 23 mai 2015 10:35

    A chaque « découverte » technologique, des « gourous » proclament que c’est la fin des anciennes méthodes, prédisant le remplacement des hommes par des machines jusqu’à leur complète disparition du monde industriel par exemple, ..... Modestement il serait plus judicieux de réfléchir en passe de faire des extrapolations souvent dans le seul but de dramatiser, de présenter un futur invivable.


    Sur cette affaire de l’introduction des NTIC dans le domaine de la formation, la vision simpliste consistant à croire au remplacement du pédagogue par la machine se heurte à la réalité. Là on annoncera que cela va venir et que les machines ne sont pas encore assez « intelligentes », ici on annonce que c’est un pari impossible car la relation humaine, les valeurs pédagogiques, ... sont irremplaçables.

    Ne serait’il pas plus judicieux de penser que ces nouvelles possibilités technologiques sont des compléments, des aides. Il suffit de se remémorer du passé pour s’apercevoir que toutes les inventions ont complété les domaines ou elles ont été mise en oeuvre, à de très rare cas elles ont remplacé complètement l’homme dans des taches difficiles. 

    En pédagogie, qui peut nier que l’apport des NTIC est un bien s’il est raisonnablement intégré à une nouvelle organisation de l’enseignement. Il est aussi ridicule de croire qu’il peut tout changer que de penser le contraire en rejetant tout d’un bloc sans penser qu’il peut apporter quelques facilités dans le domaine du contrôle de connaissance, de la répétition, des exercices, de la présentation de cas, ...

    Il y a encore une place pour la pédagogie classique si elle s’adapte aux possibilités que lui offrent ces nouvelles technologies, les positions pro ou anti sont des exemples de ce qu’il ne faut pas faire.



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