• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Détails » de Lars Norèn au théâtre des Amandiers de Nanterre

« Détails » de Lars Norèn au théâtre des Amandiers de Nanterre

Lorsque Détails fut créé à Stockholm dans une mise en scène de Bilie August en 2002, Jean-Louis Martinelli prenait, lui, la direction du théâtre des Amandiers où il allait reprendre d’emblée Catégorie 3:1 de Lars Noren qu’il avait déjà mis en scène au TNS en 2000.

Telle une tragédie des sociétés contemporaines, ce théâtre sociologique avait suscité des analyses globales et polémiques qui viennent ici en quelque sorte trouver leur contrepartie psychologique dans la mise en perspective apparemment plus intimiste de Détails.

En effet, cette pièce, qui pourrait se concevoir comme une chronique de deux couples qui se croisent sur une période d’une quinzaine d’année entre Florence, New York, Stockholm et Tel Aviv, poursuit, façon puzzle chronologique, les tribulations conjugales cyclothymiques de jeunes gens en proie au déficit de sens que semble prendre l’existence moderne alors que la filiation pourrait avoir la charge passionnelle et duelle d’en combler symboliquement la vacuité.

Cependant sur fond de densité culturelle à porter au crédit d’une créativité en recherche constante et par ailleurs de fléaux type sida à assumer stoïquement au coeur de la menace mortifère, ces êtres tentent la reconstruction d’une subjectivité existentielle dans laquelle le concept d’identité se pose en question essentielle au sein d’une sexualité confuse.

Tous les détails d’un vécu au quotidien relatés comme un "presque rien soi-disant insignifiant", mais dont la psychanalyse freudienne a su mettre en valeur la portée symbolique, constituent la trame d’un récit séquentiel autobiographique d’un auteur qui a approché au plus près dans sa jeunesse, les implications sociétales de la schizophrénie.

Portés par des acteurs majeurs, les rôles d’Ann (Mariane Basler) et d’Erik (Stéphane Freiss), d’Emma (Sophie Rodriguez) et de Stefan (Eric Caruso) se renvoient la balle d’un jeu de société où il semblerait qu’à chaque instant l’un pourrait se substituer à l’autre, tant par empathie qu’en raison d’une indifférence notoire.

La scénographie de Gilles Taschet, fidèle à Martinelli depuis 2000, construit un vaste espace mental occupant toute la largeur de la scène où extériorité et intériorité se délimitent sur deux niveaux de hauteur et de retrait, en séparant le cas échéant les deux entités par une verrière verticalement coulissante.

Cosy ou stressée, l’atmosphère ainsi suscitée va déteindre sur les attitudes comportementales au point de sembler abandonner les protagonistes dans un vide sidéral, les abandonnant aux affres d’une destinée sans objectif défini, mais en leur laissant néanmoins la liberté de se référer à la vertu psychique structurante de toute prise de conscience.

Photo © Pascal Victor

DETAILS - ** Theothea.com - de Lars Norèn - mise en scène : Jean-Louis Martinelli - avec Marianne Basler, Eric Caruso, Stéphane Freiss, Sophie Rodriguez - Théâtre des Amandiers de Nanterre


Moyenne des avis sur cet article :  3.67/5   (6 votes)




Réagissez à l'article

4 réactions à cet article    


  • Jean-Paul Doguet 22 janvier 2008 14:01

    J’ai envisagé moi-même de parler de cette pièce MEDIOCRE ET ASSOMMANTE sur agoravox. J’ai trouvé cela tellement inintéressant que je suis parti à l’entracte. La mise en scène et les acteurs ne sont pas en cause, mais je trouve ébourrifant que l’on puisse s’en faire une opinion flatteuse. Il s’agit du"réalisme" le plus pauvre et le plus anecdotique qui soit. C’est un auteur qui n’a rien à dire, et je l’avait déjà relevé à propos de ses autres pièces, comme VEILLEE vu récemment à la Bastille, et celle montée par la comédie française, EMBRASSER LES OMBRES. Dans cette dernière pièce Loren se contente de recycler un type de théâtre américain psychologique absolument étriqué, ce qu’il peut y avoir de pire chez Tennesse William par exemple, la mauvaise psychanalyse. j’estime que cet auteur ne mérite ni d’être traduit ni d’être joué.


    • Theothea.com Theothea.com 22 janvier 2008 16:38

       

      Ne pensez-vous pas qu’il eut été préférable de rester après l’entracte pour exprimer un point de vue aussi radical mais néanmoins argumenté ?

      En tout cas félicitations pour votre perspicacité en ayant assisté à trois pièces d’un auteur que manifestement vous n’appréciez pas.


    • Jean-Paul Doguet 22 janvier 2008 21:27

      Je m’attendais bien à cette remarque. Je n’ai vraiment pas pu tenir et j’ai eu la certitude que je perdais mon temps et pouvais faire mieux ailleurs. Il ne s’agit pas de "perspicacité" dans le fait d’avoir vu 2 pièces et demi, il s’agit plutôt au fond de bonne volonté. Comment savoir d’avance ? Et d’ailleurs je vois beaucoup de pièces et je n’avais pas clairement et immédiatement fait la relation avec les deux autres. Après tout, il vient du pays de Strindberg, et on ne peut pas juger un auteur sur une seule pièce, c’est insuffisant. Mais maintenant je lui ai laissé sa chance et en ce qui me concerne c’est terminé. Mais j’estime qu’il ne méritait pas qu’on lui consacre un article dans Agoravox.


      • Theothea.com Theothea.com 23 janvier 2008 01:52

         

         

        Jean-Paul,

        Votre bonne volonté vous honore.

        M’étant rendu sur votre rubrique, j’observe que vous avez publié quatre articles, mais rien encore sur le théâtre.

        Aussi puisque vous voyez beaucoup de pièces, n’hésitez pas à réagir sur nos propres chroniques théâtrales et à écrire vous-même des articles car en ce qui concerne le spectacle vivant, Theothea.com est quelque peu isolé sur Agoravox.

        cordialement

        JM

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès