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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Deux jours, une nuit », le film à voir des frères Dardenne

« Deux jours, une nuit », le film à voir des frères Dardenne

L’histoire :

Sandra, ouvrière dans une petite entreprise de panneaux solaires est en arrêt maladie pour cause de dépression. Alors qu’elle s’apprête à reprendre le travail, elle reçoit un coup de téléphone qui lui apprend qu’elle est licenciée. Ses collègues, qui avaient le choix entre une prime de 1000 Euros chacun ou la sauvegarde de l’emploi de Sandra, ont choisi l’argent à 14 voix contre 2.

Avec l’aide de son amie Juliette, elle réussit à convaincre son patron qu’un nouveau vote doit avoir lieu. Il lui reste le week-end pour convaincre ses collègues de renoncer à leur argent pour qu’elle puisse conserver son travail.

 Si dans les premières minutes, on peut craindre que le film tourne au docu-fiction, cette mauvaise pensée nous quitte rapidement l’esprit grâce au suspense que provoque l’attente angoissée d’une réponse, ou encore face à la palette très large de situations évoquées dans chacun des cas.

Si certains des collègues refusent de changer leur vote, aucun ne le fait pour les mêmes motivations. Pour le premier, sa femme est au chômage et l’un de ses enfants à l’Université. Pour cette autre, une jeune divorcée qui vient de retrouver un compagnon, l’essentiel c’est de se refaire un petit nid douillet avec tout le confort le plus rapidement possible.

Il y a aussi ce fils qui en vient à frapper son père pour de l’argent.

Heureusement, il y a aussi des collègues qui comprennent vite qu’ils se sont trompés, qu’ils ont agi sans réfléchir. Parmi ces repentis, Timur est surement le plus émouvant, on ne peut retenir ses larmes face à sa prise de conscience.

On voit aussi qu’il est parfois difficile de prendre une décision dans un couple. Que si la collègue de Sandra ne peut rester insensible, le mari, agressif et de plus étranger à notre héroïne, tient absolument à conserver l’oseille.

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La "compétitivité", le rendement, le chacun pour soi, le petit chef manipulateur, les collègues sympas, ceux qui vous tirent dans les pattes, les petits jeunes qui ne pensent qu’à leur gueule, et vous aurez un beau petit échantillon de ce qu’est devenu le monde du travail au XXIème siècle.

Au travers des personnages de cette petite entreprise, " Deux jours, une nuit" est un film politique qui montre la société d’aujourd’hui telle qu’elle est.

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Marion Cotillard, cette actrice parfois controversée, porte le film sur ses frêles épaules. Et elle est tout simplement remarquable en ouvrière de la classe populaire. Pas de maquillage, en jean et en débardeur, son interprétation tout en retenue est parfaite pour ce genre de rôle.

 Ce film est si fort qu’il possède plusieurs messages, mais celui qui semble le plus important c’est qu’on ne peut sortir d’une situation aussi délicate sans avoir des soutiens.

Sans l’amitié, la solidarité et l’amour, Sandra n’aurait jamais eu le courage d’entamer cette démarche. C’est son amie Juliette et la force insufflée par son mari qui lui permettent de na pas totalement sombrer.

Les autres salariés qui se rangent de son côté sont également là pour contrebalancer les moments de désespoir.

Mais malgré ceux qui vous entourent, on peut avoir les pensées les plus sombres, les actes les plus destructifs, ce film parle aussi de ça.

La violence de la perte d’un emploi, le sentiment de ne plus servir à rien, est tel que rien de ce que l’on peut vous dire ne peut vous empêcher de vous réfugier dans l’autodestruction.

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On tente en permanence de vous faire comprendre que les malades, les fragiles, ne sont pas utiles dans ce monde impitoyable. Mais les frères Dardenne prouvent dans ce film que si l’on vient en aide aux plus faibles, plutôt que de leur enfoncer la tête sous l’eau, ils sont capables de montrer qu’ils ont une force insoupçonnée en eux, qu’ils peuvent se hisser au niveau des meilleurs sans éprouver le besoin de recourir à des actes vils et mesquins.

Enfin leur message, c’est que plus que d’en vouloir aux hommes, il faut avant tout remettre en cause le système actuel.

C’est tout cela "Deux jours, une nuit".

 


Moyenne des avis sur cet article :  4.2/5   (10 votes)




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8 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 26 mai 2014 15:48

    la morale est libérale : gagner moins en travaillant autant

    je te sert un smic à 700€ ?


    • L'enfoiré L’enfoiré 26 mai 2014 17:03

      Foufouille,

       Par rapport à votre commentaire, venu dans une autre circonstance, il y a déjà une augmentation de 100 euros.
       A ce rythme, tous les deux jours, on arrivera en fin d’année à 18.000 euros.
       Continuez, ça m’intéresse. smiley

    • fatizo fatizo 26 mai 2014 17:51

      C’est sur que le film ne doit guère être apprécié par les ultralibéraux.


    • foufouille foufouille 26 mai 2014 21:07

      c’est très libéral au contraire. choisir librement de gagner moins pour le pauvre patron (en supposant qu’elle est embauchée)


    • L'enfoiré L’enfoiré 26 mai 2014 17:05

      Bizarre que le film n’ai remporté aucun prix. 


      • fatizo fatizo 26 mai 2014 17:53

        Ca n’enlève rien aux grandes qualités de ce film ; qui est bien meilleur que de nombreux films primés à Cannes.


      • 65beve 65beve 26 mai 2014 18:41

        Bonsoir,
        Est ce qu’on entend Van Morrison et les Them dans ce film , rapport à la vidéo de la fin de l’article ?

        cdlt

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