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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Docteur Folamour » : la farce atomique de Kubrick

« Docteur Folamour » : la farce atomique de Kubrick

Plus qu’une satire amarrée à l’anticipation politique, Docteur Folamour est une démonstration par l’absurde, un vent de folie balayant les hautes sphères dirigeantes, un feu d’artifice de tirades fusantes et corrosives. Fable hyper-documentée sur laguerre froide et l’emballement technologique, fignolée avec diligence par le scénariste Terry Southern, grand générateur de formules incisives, la comédie sardonique de Stanley Kubrick se développe de front sur trois tableaux et opère une glissade graduelle vers un absurde caustique et ravageur, ridiculisant l’état-major américain à coups de scientifiques mégalomanes, de généraux paranoïaques et de politiciens incompétents. Une galerie de personnages loufoques, à travers laquelle Docteur Folamour, tiré d’un roman de Peter George, dénonce avec force une fascination irrépressible pour les armes, un complexe militaro-industriel sur les dents et une démence collective se profilant à l’horizon comme une fatalité.

Cadrages statiques et caméra à l’épaule donneront successivement corps à l’holocauste nucléaire orchestré de son propre chef par un général désaxé, tourmenté par une banale perte de virilité, phallocrate blessé dans son orgueil et s’échinant à porter au crédit des Russes ses troubles de l’érection. Non content de ruer dans les brancards, Stanley Kubrick pulvérise son propos en une mosaïque de représentations narquoises : un kit de survie farfelu ; un panneau publicitaire vantant les vertus pacifistes de l’armée ; une étrange obsession à l’endroit des fluides corporels ; une orgie souterraine imaginée par un savant fou en vue de revivifier l’humanité ; un distributeur Coca-Cola mieux protégé que n’importe quel intérêt supérieur de la nation ; des échanges insensés entre deux chefs d’État immatures et impréparés, expédiés sans ménagement dans un chaos planétaire virant au grand-guignolesque. De toutes ces images goguenardes, sublimées par l’expérimenté Gilbert Taylor, deux resteront à jamais gravées dans le marbre cinématographique : les saluts hitlériens péniblement réprimés et le rodéo enfiévré d’un soldat fièrement perché sur une ogive nucléaire. Il fallait bien tout le talent de George C. Scott, Sterling Hayden et surtout Peter Sellers – divin dans une triple composition – pour se hisser à la hauteur vertigineuse de cet Himalaya filmique, pénétré par l’incontestable génie de Stanley Kubrick.

 

Lire aussi :

Le Plus : "Point limite" / Le Moins : "Annabelle" (#52)

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Moyenne des avis sur cet article :  4.11/5   (9 votes)




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12 réactions à cet article    


  • juluch juluch 4 novembre 2014 13:04

    Je confirme !!


    Ce film est fabuleux, à voir et à revoir !!

    Merci pour ce rappel  smiley

    • Xenozoid Xenozoid 4 novembre 2014 14:47

      ce n’est pas la farce atomique qu’il faut voir :

      well jack ,When did you first dévelope this theory ?
      i became aware of it ,in the physical love of love,yes a profound sence of fatigue,feeling of emptiness followed,luckely i was able to interpret these feelings correctly,loss of essences, that is why i denied mine to them

      bien, Jack .Quand avez-vous développer cette théorie ?
      je suis devenu conscient, dans l’amour physique de l’amour , oui un sens profond de fatigue , un sentiment suivit de vide, Heureusement ces sentiments son trés faciles a interprétés, perte d’essences , c’est pourquoi je vous refuses les miennes


      • Xenozoid Xenozoid 4 novembre 2014 21:56

        c’’etait une citation du film, pas un vote


      • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 4 novembre 2014 22:38

        Général Jack D. Ripper :

        "Je suis résolu à ne pas tolérer l’infiltration communiste, la propagande communiste, la subversion communiste, l’intoxication et le complot communiste qui sapent et qui putrifient tous nos plus précieux fluides corporels."


      • Donbar 4 novembre 2014 14:49

        Est-il possible que quelqu’un ne s’en soit pas encore régalé ?
        Et au-delà de ce que le film fait ressentir durant le spectacle, n’y a-t-il pas à y décrypter un jeu d’allusions ?


        • Xenozoid Xenozoid 4 novembre 2014 15:01

          un jeux a énigmes, mais c’est le language,le piège,que dis je une peninsule, un bosphore bouré au gaz,car oui c’est le spectacle.............


        • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 4 novembre 2014 22:34

          Totalement jouissif, du générique du début à la chanson finale.

          Seul bémol, les incrustations que je trouve souvent ratées lors des plans du bombardier en vol.

          A voir évidement en VO, pour pouvoir apprécier toutes les allusions et les jeux de mots.

          Une médaille pour Slim Pickens, en plein rodéo sur une ogive thermonucléaire.

          Et les débuts au cinéma de James Earl Jones. 


          • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 4 novembre 2014 22:43

            President Merkin Muffley :

            « Gentlemen, you can’t fight in here ! This is the War Room. »

            Humour, certes, mais qui renvoie à la célèbre phrase de Clémenceau :

            « La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires ».


            • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 4 novembre 2014 22:51

              Phrase de Clémenceau d’ailleurs citée dans le film lors d’un dialogue entre le général Jack D. Ripper et le Group Captain Mandrake.

              Ripper = éventreur ; le nom du général fait référence à « Jack l’éventreur ».

              Tout comme le nom du général Turgidson«  ; »turgid« = turgescent, »être enflé" (par exemple = un organe turgescent, un organe qui se gonfle). 


            • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 4 novembre 2014 22:55

              A la fin du film, l’intervention du colonel « Bat » Guano.

              Bat Guano = fiente de chauve-souris.

               


              • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 4 novembre 2014 22:57

                General Jack D. Ripper : Fluoridation is the most monstrously conceived and dangerous communist plot we have ever had to face.

                La fluoration est le complot communiste le plus monstrueusement conçu et le plus dangereux auquel nous ayons jamais eu à faire face.


                • Xenozoid Xenozoid 5 novembre 2014 14:08

                  un film revoir plusieur fois,

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