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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Don, mécènes et adorateurs, d’Ostrovski, à Gennevilliers

Don, mécènes et adorateurs, d’Ostrovski, à Gennevilliers

C’est avec Alexandre Nicolaïevitch Ostrovski, auteur fondateur du Panthéon personnel de Bernard Sobel, que celui-ci tire sa révérence de metteur en scène à Gennevilliers, alors qu’il s’apprête à quitter fin 2006, au terme de quarante-trois années, la fonction de directeur/créateur d’une institution artistique en "banlieue rouge", devenue officiellement "Centre dramatique national".

Telle une ode au monde du théâtre dans la Russie en fin de XIXe, les coulisses de Don, mécènes et adorateurs y bruissent des intrigues entre comédiennes et leur cour d’admirateurs en suscitant bien des émois, des rivalités, mais aussi de l’émulation légitime.

Sous la protection très vigilante de Domna Pantélevna (Elizabeth Mazev) sa mère, et l’amitié complice de Nina Smelskaïa, sa condisciple (Isabelle Duperray), la belle Alexandra Néguina (Chloé Réjon), douée d’un talent dramatique manifeste, se méfie du directeur du théâtre (Gaëtan Vassart), est à l’écoute de ses camarades de troupe (Eric Castex, Jacques Pieiller), est très attentive à l’égard de ses multiples soupirants (Eric Caruso, Laurent Charpentier, François Claviar, Thomas Durand, Vincent Minne) étudiant, fonctionnaire, aristocrate et autres mécènes, mais sans jamais perdre de vue les priorités de son ambition professionnelle qui sauront la porter à tous les sacrifices affectifs pour le bénéfice de sa carrière.

Si les deux premiers tiers de la pièce se déroulent la plupart du temps dans un non lieu étriqué à hauteur du rideau de fer, c’est un véritable feu d’artifices que réserve la partie finale, en une scène d’anthologie plongée dans un immense décor de "livre magique", où le long d’un quai de gare vient se ranger, en partance imminente pour Moscou, une locomotive toute vapeur hurlante dans le brouhaha des chaudières fumantes.

En premier plan cinématographique, le hall des pas perdus accueille un splendide buffet des adieux pour célébrer le départ de l’actrice, appelée par vocation autant que par opportunité vers les promesses de la renommée au sein de la capitale russe.

Le convoi ferroviaire s’étant ébranlé hors de la gare, s’évanouissant à son tour comme à l’issue d’un songe, c’est alors, dans la perspective des deux salles en enfilade s’opposant par gradins interposés en un face à face soudain réunifié par leurs scènes conjointes, que va se refléter le dilemme éternel du théâtre où la poésie de l’imaginaire doit se réaliser dans le miroir des contraintes de la contingence.

Chacun des protagonistes resté sur "le carreau" avec ses frustrations amoureuses devra prendre la mesure de sa responsabilité culturelle et politique face à ses espoirs intimes contrariés.

Ce départ en fanfares pourrait fort bien illustrer à rebours la destinée d’une vie consacrée au spectacle vivant en permettant à Bernard Sobel de trouver, à 70 ans, d’autres "renouvellements" pour exprimer ses compétences dans une indépendance recouvrée vis-à-vis de toutes les tutelles.

photo : © Bellamy/1D-photo

DON, MECENES ET ADORATEURS - ** Theothea.com - de Alexandre Nicolaïevitch Ostrovski - mise en scène : Bernard Sobel - avec Éric Caruso, Éric Castex, Laurent Charpentier, François Clavier, Isabelle Duperray, Thomas Durand, Élisabeth Mazev, Vincent Minne, Jacques Pieiller, Chloé Réjon, Gaëtan Vassart - Théâtre de Gennevilliers -


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