• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Dupuytren, ou le musée des horreurs

Dupuytren, ou le musée des horreurs


La plupart des touristes qui visitent Paris ont en général un ou deux musées à leur programme, la plupart choisissant, et c’est bien normal, le musée du Louvre, le Centre Pompidou ou le musée d’Orsay. Rares sont en revanche les touristes qui pénètrent dans les locaux du musée Dupuytren. La visite y est pourtant passionnante, mais fortement déconseillée aux personnes sensibles...

Outre les trois musées majeurs mentionnés ci-dessus, certains touristes plus boulimiques, plus curieux ou plus élitistes complètent leur visite de la capitale par le réputé musée Picasso, le superbe musée Jacquemart-André, le séduisant musée du quai Branly, le très beau musée Carnavalet ou l’émouvant mémorial de la Shoah. Les plus aventureux plongent dans les dédales souterrains du musée des Égouts de Paris pour se mettre une heure durant dans la peau de Jean Valjean, ou choisissent de côtoyer les squelettes des Catacombes par goût de l’histoire ou nostalgie des parties d’osselets de leur enfance. Les plus égrillards font même une escapade du côté de Pigalle pour stimuler leur libido dans les salles feutrées du musée de l’Érotisme. Mais parmi ces assoiffés de culture ou de sensations, infiniment peu – tout au plus quelques centaines par an ! – franchissent le portail du n°15 rue de l’École de Médecine pour découvrir les étonnantes collections du musée Dupuytren. 

Nés à 10 ans d’intervalle durant le dernier quart du 18e siècle, le chirurgien Guillaume Dupuytren et le médecin Mathieu Orfila – par ailleurs brillant chimiste – étaient appelés à se rencontrer. Car, au delà de leur appartenance à l’Académie des Sciences et à l’Académie de Médecine, une discipline commune les passionnait : l’anatomie. Cette connaissance du corps humain, alliée à une expertise reconnue en toxicologie, devait faire d’Orfila l’une des plus grandes figures de la médecine légale*.

En 1835, Dupuytren décède des suites d’un probable accident vasculaire cérébral survenu deux ans plus tôt et qui l’a laissé très amoindri. Grâce à sa clientèle de personnages de haut rang – il fut notamment le médecin personnel de Louis XVIII –, l’homme a pu se constituer une belle fortune. Il lègue 200 000 francs à la Faculté de Médecine. Orfila, doyen de l’institution, saisit cette opportunité pour installer dans le réfectoire de l’ancien couvent des Cordeliers** un musée d’Anatomie pathologique. Tout naturellement, il lui donne le nom de Dupuytren, en hommage à la fois au grand chirurgien disparu et au généreux donateur.

Un fœtus à deux têtes

Dès 1877, le musée rassemble près de 6000 pièces. Outre des instruments de chirurgie spécialisés, on y trouve des squelettes, des fragments osseux, des bocaux renfermant des organes et des fœtus humains, des peintures, gravures et dessins, ainsi que de nombreuses cires – les plus anciennes du 18e siècle – illustrant des malformations observées sur des patients ou les conséquences anatomiques de certaines pathologies. Malheureusement, l’entretien d’un tel musée coûte cher et les locaux des Cordeliers sont vétustes. Devenus dangereux, ils sont évacués en 1937 sur décision du doyen de la Faculté, Gustave Roussy. Les collections, emballées dans des caisses, sont remisées dans les caves.

Il faut attendre 1967 et la volonté du Pr René Abelanet pour que le musée renaisse, tout près du cloître des Cordeliers, sur une décision du doyen Jacques Delarue. Désormais installé dans un pavillon d’anatomie désaffecté de la Faculté de Médecine, le musée Dupuytren retrouve la majeure partie de ses collections d’origine, complétées par de nouveaux apports et l’installation d’une bibliothèque spécialisée.

Parmi les pièces les plus insolites figurent notamment le squelette et une cire du corps de Pipine, un homme atteint de phocomélie (mains et pieds directement attachés au tronc) qui se produisait au 19e siècle dans les foires. Autres pièces maîtresses du musée : le fœtus à deux têtes et le cerveau du patient qui a permis à Paul Broca d’élaborer sa théorie de la localisation des zones d’activité cérébrale. Le reste est une suite impressionnante (au sens propre) de malformations, difformités et autres monstruosités physiques.

Au delà de l’intérêt médical bien réel d’un tel musée, l’exposition de ces monstres, qu’il s’agisse de créatures bicéphales, de cyclopes, de phocomèles ou d’individus atrocement défigurés, pose avec une acuité particulière la question de la différence, et celle des canons de la beauté chez l’homme. Un monstre peut-il être respecté et aimé comme un être dit normal ? Comment faire face à de telles anomalies de la nature ? Sauf à y être confronté soi-même, difficile d’imaginer comment on pourrait réagir, aussi attentif que l’on puisse être à ses semblables. Et plus encore que le spectacle de ces malheureux, figés dans une solution liquide ou reproduits dans la cire, ce sont bel et bien ces questions qui perturbent le plus.

Fort heureusement, les bistrots sont nombreux dans le Quartier Latin, et c’est avec soulagement que l’on peut, la visite terminée, s’installer à une terrasse, tout heureux d’observer des passants dont les pathologies, si elles existent, sont par chance infiniment moins spectaculaires. 

* Son Traité de médecine légale, publié en 1848, est longtemps resté un ouvrage de référence.

** Outre le musée, le lieu garde le souvenir du Club des Cordeliers créé par Camille Desmoulins en 1790 et fréquenté notamment par Danton, Hébert et Marat.

Pour se faire une idée du musée Dupuytren : lien vidéo Youtube.

Lien informations pratiques.

Documents joints à cet article

Dupuytren, ou le musée des horreurs Dupuytren, ou le musée des horreurs Dupuytren, ou le musée des horreurs

Moyenne des avis sur cet article :  4.2/5   (20 votes)




Réagissez à l'article

67 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 26 novembre 2009 10:37

    ça y est , tu l’a retrouvée , la bête immonde chère à Florentin Castard !  smiley


    • Fergus Fergus 26 novembre 2009 10:50

      Salut, Le Chat.

      Blague à part, je n’ose imaginer ce qu’ont pu être les souffrances physiques et morales de ces personnes, dans une société encore plus intolérante que celle dans laquelle nous vivons aujourd’hui.


    • LE CHAT LE CHAT 26 novembre 2009 11:23

      J’ai vu quelques monstres au musée de l’homme , et un mouton à cinq pattes dans un petit musée de province , la sélection naturelle ne fait pas de cadeaux à ces anomalies ,
      Darwin again.............


    • appoline appoline 26 novembre 2009 17:10

      @ Fergus,

      Mais que croyez vous très cher, les monstres de foire n’ont pas disparu mais on évite de les exiber. Il y a des institutions en France qui prennent en charge les polyhandicapés car dans la plupart des cas le handicap n’est pas seulement physique mais avec une lourde arriération mentale.
      Le gargouillisme (difformité qui fait ressembler ces êtres à des gargouille) existe de moins en moins du fait des examens prénataux, mais d’autres pathologies très lourdes ne sont pas décelables.
      Oui, il m’est arrivée de croiser le chemin de ces gens, enfant chaussant du 45 avec une taille de quelques 90 cm, des enfants avec les mains au milieu des bras et autres. Dame nature est parfois abjecte. Si les monstres se font rares dans les pays occidentaux, ce n’est pas le cas dans tous les pays, notamment après la catastrophe de Tchernobyl et ses conséquences, des enfants non viables avec les yeux au milieu du corps, des difformations dignes des meilleurs fims de science fiction. On ignore ou on veut ignorer quelle est la douleur de ces êtres. Moi ce que je sais c’est que pour beaucoup ils ressentent la douleur même s’ils ne l’expriment pas comme nous. Ceci se passe maintenant et chez nous, inutile de monter dans une machine à remonter le temps, beaucoup sont internés dans des services de PDG (psychose déficitaire grave), se traînent par terre, poussent des cris de fauve, c’est le mieux qu’il puisse leur arriver, ne pas se rendre compte de leur état.


    • Fergus Fergus 26 novembre 2009 17:42

      Bonsoir, Appoline, et merci pour ce commentaire argumenté et... effrayant.

      Il est un fait qu’il existe encore, de nos jours, des êtres polyhandicapés par de lourdes malformations génétiques ou les séquelles de maladies dégénératives ou fortement invalidantes. Mais contrairement à ce qui se passe ailleurs, nos sociétés « évoluées » les cachent à la vue en les maintenant le plus souvent dans des institutions spécialisées.

      Je vous avoue que je ne connais guère le problème, de même que je n’ai pas une idée très précise du nombre de victimes de ce type qu’a pu engendrer la catastrophe de Tchernobyl. Sans doute le sous-estime-t-on très largement.


    • krolik krolik 26 novembre 2009 10:50

      Tout cela, ce doit être Tchernobyl !
      @+


      • Fergus Fergus 26 novembre 2009 11:02

        Bonjour, Krolik.

        Si ces pauvres gens n’ont pas été victimes de la tcehnologie moderne, il est bon, pour maintenir la vigilance, de rappeler de temps à autre les ravages causées par la catastrophe de Tchernobyl.

        Selon Greenpeace, cette catastrophe aurait d’ores et déjà causé la mort de 200 000 personnes en Ukraine, en Biélorussie et en Russie. 100 000 autres décès par cancer, directement liés à la contamination, pourraient intervenir dans les années à venir.

        La nature est parfois cruelle, pourquoi faut-il que l’activité humaine ajoute, et dans proportions parfois hallucinantes, du malheur au malheur ?


      • krolik krolik 26 novembre 2009 12:13

        @Fergus,

        Et vous n’hésitez pas à nous sortir à nouveau une « tarte à la crème ».
        Comment expliquez vous que du temps de l’URSS il n’y ait jamais eu aucune nissance « avec anomalie génétique » ? Pas moyen de trouver une seule trisomie 21 en URSS !! Qui est l’anomalie génétique la plus répandue.
        Par contre en Roumanie, juste à côté avec un « système » de sosicété équivalent, à la chute du « Danube de la pensée » on a trouvé environ 100 000 gamins avec « anomalie géntique » dans des orphelinats mouroirs...L’horreur la plus complète.
        Au lieu de lancer des tartes à la crême à la façon de Greenpeace, si vous nous donnie une explication. Ca serait intéressant.
        Je pourrais vous donner la mienne, pour avoir investigué sur place, mais certains réfutent les positions objectives pour rester dans dans des dogmes quasiement théologiques.
        @+


      • Fergus Fergus 26 novembre 2009 13:34

        @ Parkway et Krolik.

        Oui, les gouvernements nous mentent, ce n’est pas une nouveauté. On nous a menti pour le nuage de Tchernobyl et il infiniment probable qu’on nous ment encore avec la grippe H1N1. Mais cela déborde très largement du sujet, ne croyez-vous pas ?

        Concernant la grippe, tout ou presque a été dit, et de manière totalement contradictoire, dans les nombreux articles et débats consacrés à ce sujet. N’étant pas spécialiste, j’avoue bien humblement ne pas savoir ce qu’il convient d’en penser.

        Concernant Tchernobyl, si vous voulez me faire dire qu’il est probable que des contaminations aient eu lieu dans notre pays, oui sans aucun doute, et notamment dans l’est du pays et en Corse. Mais je n’en sais guère plus !


      • krolik krolik 26 novembre 2009 13:51

        @Fergus,
        Vous glissez joyeusement sur la pente de la pensée unique..
        Mais vous ne répondez pas à la question :
        - Pourquoi aucune anomalie génétique en URSS et un grand nombre en Roumanie ?
        @+


      • Fergus Fergus 26 novembre 2009 13:57

        N’ayant aucune compétence particulière sur le sujet, je vous laisse le soin de nous donner la réponse. Soyez assuré que j’en prendrai connaissance avec le plus grand intérêt, cela dit le plus sérieusement du monde.


      • appoline appoline 26 novembre 2009 17:34

        @ Krolik

        Mensonge que tout cela, 1 enfant sur 5 naît avec une grosse débilité mentale avec l’alcool, cela fait des ravages en URSS depuis belles lurettes ; j’admets qu’il ne le clame pas haut et fort. C’est une catastrophe nationale en Russie.


      • krolik krolik 26 novembre 2009 19:24

        @Fergus.
        A l’époque de l’URSS, il ne naissait aucun enfant avec malformation génétique, impossible de trouver la moindre trisomie 21 sur toute l’URSS.
        Pour la simple et bonne raison que du fait du dogme de la priorité à la production il fallait que chacun puisse travailler.
        Les naissances se passaient dans des maternités fermées, la parturiente était rasée,aseptisée, et aucune visite autorisée, pas même le mari ; fenêtres hermétiquement closes.
        Le mari pour voir le bébé devait téléphoner à son épouse, elle lui donnait par téléphone le numéro de la chambre affiché à la fenêtre, et lorsque le mari venait il envoyait des gravillons contre la fenêtre pour attirer l’attention de sa femme. A ce moment l’épouse nouvelle mère pouvait lui faire voir le bébé par la fenêtre (sans l’ouvrir bien sûr).
        Alors comment surveiller ce qui se passait à l’intérieur des maternités !!!!
        Mais à partir de la chute de l’URSS en 1991 les méthodes ont changé, les toubibs se sont mis à ranimer tous les nouveaux-nés.
        Et là ils ont commencé à en avoir beaucoup, et plus que chez nous !
        Pourquoi plus que chez nous ? Tout simplement parce qu’à l’Ouest au troisième mois il est pratiqué une première échographie, si cette échographie conduit à une doute grave, il est pratiqué une amniocentèse sur le génome du fœtus. Et là les parents sont mis en face de leurs responsabilités.
        Personnellement j’ai eu à connaître deux cas proches qui se sont terminés par des IVG.
        Mais en ex-URSS ils n’ont pas le matériel de suivi, échographie, amniocentèse, donc ils on plus de cas « monstrueux » que chez nous.
        Nous sommes mal équipés pour recevoir ces enfants, mais eux ne l’étaient pas du tout du fait de non antécédents historiques expliqués plus haut.
        Alors ils ont tout mis sur le dos de Tchernobyl.
        Et l’on a vu des collections de photos sortir.
        Les occidentaux se sont laissés attendrir dans un premier temps et puis des recherches ont été entreprises et l’on est arrivé aux conclusions que je viens de vous donner.
        Même la Criirad a retiré de son site toute référence à ces monstruosités.
        Alors qu’en plus il y ait des malformations dues à des intoxications aux métaux lourds c’est très possible…
        Dans le même style on peut se pencher sur le cas de la Roumanie. Là, la politique de Ceausescu était de vouloir multiplier la population roumaine par quatre en 20 ans, il avait voulu faire passer une loi en 1977 qui se devait d’obliger les ménages à avoir cinq enfants !! Les accoucheurs avaient des primes pour toutes les naissances « vivantes ».
        Et à la chute du « Danube de la pensée » il a été trouvé 100 000 enfants atteints de malformations croupissants dans des orphelinats-mouroirs. L’horreur la plus complète.
        Et il n’a jamais été dit que le « nuage » ait atteint la Roumanie. Le « nuage » est passé au Nord et à l’Ouest mais pas au Sud sur la Roumanie. qu’en Roumanie aussi la pollution par métaux lourds soit importante c’est évident également.

        Dès que l’on parle de Tchernobyl, si l’on ne connait pas le terrain et le « système soviétique » on se met à raconter des énormités délirantes, le « système soviet » était délirant par lui-mêm.
        Maintenant sur Tchernobyl, une petite vidéo pour vous éviter de raconter trop de bêtises :
        http://www.dailymotion.com/video/x7zj25_le-nuage-de-tchernobyl_tech
        @+


      • Fergus Fergus 26 novembre 2009 22:47

        Merci, Krolik, pour toutes ces informations, aussi peu réjouissantes soient-elles.


      • krolik krolik 27 novembre 2009 00:01

        @Fergus,
        Oh si vous trouvez des informations réjouissantes en provenance de l’ex-URSS il faut le signaler, perso je n’en connais pas..

        @+


      • projetX projetX 26 novembre 2009 11:13

        Je suis plutot féru de sensations, de science et de découvertes, mais là, c’est un peu malsain...


        • Fergus Fergus 26 novembre 2009 11:35

          Bonjour, ProjetX.

          On peut le voir comme cela, en effet. Mais la visite revêt un réel intérêt si elle est abordée sous un angle scientifique. Du reste, il y a peu de volontaires, c’est pourquoi le musée n’est ouvert que trois après-midi par semaine.

          En confidence, sachez que je ne l’ai personnellement jamais visité. Mais j’en connais l’existence depuis sa réouverture, ayant été sensibilisé à la biographie de Dupuytren par un accident subi lorsque j’avais 14 ans : tombé d’un arbre où j’étais monté chercher un ballon, mon pied s’était pris dans la grille tandis que mon corps basculait vers l’avant ; le résultat : une fracture de Dupuytren, autrement dit double fracture tibia-péronné, arrachement des ligaments et dislocation de la cheville, le tout compliqué dans mon cas par une fracture du calcanéum. Voilà comment, à 14 ans, on peut s’intéresser à l’histoire d’un chirurgien, puis à celle du msuées qui porte son nom !


        • plancherDesVaches 26 novembre 2009 11:46

          Et.. c’était son jeu favori, à Dupuytren, de détruire complètement les chevilles... ???

          Je dis ça, je dis rien. Chacun ses passions.


        • plancherDesVaches 26 novembre 2009 11:49

          Il était « casse-pieds ».. ???


        • Fergus Fergus 26 novembre 2009 12:44

          Bonjour, PDV.

          On peut naturellement sourire en évoquant ce sujet, particulièrement propice à des plaisanteries macabres, et je ne m’en prive pas de temps à autre.

          Cela dit, concernant Dupuytren, il est inconstestable qu’il a joué un rôle important dans la connaissance de l’anatomie et la manière de réduire certaines fractures ou de traiter certaines lésions sur le plan chirurgical.


        • appoline appoline 26 novembre 2009 17:37

          @ Plancher,

          Il fallait bien que ça rentre dans le bocal, en tassant un peu.


        • plancherDesVaches 26 novembre 2009 17:51

          Hhmm.. Appoline.
          J’ignore de quel bocal tu parles. Je ne te parlerai donc que de ma tête.

          Emplie de capacités, souvenirs et capable de raisonnements...
          Comme disait un humoriste : « l’intelligence ne sert qu’à mieux mesurer l’étendue de son malheur... »...

          Dans un bocal aprés ma mort.. que veux-tu que cela me fasse.. ???
          Mieux vaut que tu profites de ma présence avant, non ?


        • plancherDesVaches 26 novembre 2009 17:58

          Fergus.
          Je plaisantais, bien sûr.
          En effet, si les médecins n’avaient pas été curieux de savoir ce qu’il y avait dans le corps humains ou quelles transformations il était capable d’avoir, nous serions toujours à l’âge de la religion féodale chrétienne tant pratiquée en Bretagne.
          Voyez le succés de la « forêt de brocéliande »... (et des guérisseurs en Bretagne).

          Il paraît même que certains Bretons arrivent à guérir de maladies graves par la médecine. Mais c’est une légende, parait-il.


        • Fergus Fergus 26 novembre 2009 18:45

          @ PDV.

          Pas de problème pour la plaisanterie, c’est une denrée nécessaire.

          Pour ce qui est des guérisseurs bretons, je n’en ai pas connus, mais je ne vis dans cette région que depuis 12 ans. Cela dit, ces guérisseurs doivent désormais se faire rare, là comme ailleurs.

          Ailleurs comme en Auvergne où, étant gamin, j’ai eu affaire à une guérisseuse telle que dans les histoires : mèche de cheveux dans la marmite puis feuilles de houx dans ma poche le jour et la nuit sous mon oreiller. Tout cela pendant huit jours sans le moindre résultat sur mon problème dermatologique. Une simple lotion à deux sous achetée dans une pharmacie de Saint-Flour m’a guéri en deux jours.

          Tout cela pour dire que je ne suis pas trop sensible à l’art de ces personnes. Contrairement au talent constaté de certains rebouteux, mais c’est une autre histoire.


        • plancherDesVaches 26 novembre 2009 22:01

          Hhmm...cela veut dire que vous n’êtes pas assez imprégné du pays.

          Allez en pays de Brocéliande et trouver la source de jeunesse. Cela est un secret qui ne peut être révélé qu’à des esprits forts qui ne verront la vérité qu’en vivant de tout leur corps et de leur esprit la révélation de la fée Viviane que je maudirai durant les 30 générations de chaque femelle portant ce prénom.

          Désirant la jeunesse, je me suis plongé dans sa source particulièrement glacée en tout temps de l’année.

          Et j’en suis ressorti rajeuni, c’est le moins qu’on puisse dire....

          En effet, tout comme le disait la légende, la fée Viviane m’est apparue en ressortant du bain et a exploser de rire au vu de mon rajeunissement.

          Elle devait attendre un preux chevalier qui pourrait avoir une épée ainsi ardente que l’équipement de tout mâle bien fait de sa personne, mais je n’avais pas d’épée, et SURTOUT, plus d’autre accessoire annexe ayant retrouvé le sexe de mes... disons : 1 an...

          Le fait que la fée Viviane ait explosé de rire me pousse à l’attaquer en justice pour non reconnaissance de grandeur intime, tromperie sur la croyance, non réchauffage d’outil qui pourrait être exploitable et obligation d’exhibition sans passage à l’acte.

          Lesquels de ces chefs d’accusation vous semblent les plus pertinents, je vous demande... ???


        • Fergus Fergus 26 novembre 2009 22:45

          @ PDV.

          Je n’ai sans doute pas été suffisamment attentif, malgré mes nombreuses randonnées au plus profond des forêts de Brocéliande et de Huelgoat. Mais je vais me soigner et retourner taquiner ces héros bien cachés. Et même leur dire les quelques mots bretons que je connais pour mieux dissimuler mes origines arvernes qui, peut-être, les rendent méfiants.

          Kenavo, ar wech all !


        • Fergus Fergus 27 novembre 2009 08:58

          Bonjour, Actias.

          N’oublions pas que ce musée à été créé essentillement dans un but pédagogique à l’usage des professionnels de la santé et des étudiants en médecine.


        • Bardamu 26 novembre 2009 11:37

          Ne peut-on faire une place à Sarkozy en l’un de ces bocaux ?
          Un petite place, quoi !... pour un si petit président !... oui, là ! entre E.T et Elephant Man !
          On serre les rangs, les monstres !... Nicolas est en manque de formol ! 


          • Fergus Fergus 26 novembre 2009 12:56

            Bonjour, Bardamu.

            Inutile de gacher du formaldéhyde pour conserver Sarkozy, sa statue de cire à Grévin devrait suffire à ses groupies.

            Dommage en revanche que l’hypertrophie du « moi » ne se traduise pas sur le plan anatomique par un signe distinctif un tant soit peu spectaculaire ; nul doute que dans ce cas-là, Sarkozy, champion en matière d’ego démesuré* ferait une sérieuse concurrence à Pipine.

            * Le Canard Enchaîné d’hier nous apprend que c’est grâce à lui, Sarkozy, que Treiber a été arrêté ; l’enquête piétinait lamentablement jusqu’au moment où il s’en est mêlé. Prochaine étape : le sommet de Copenhague qui derva tout à notre Chouchou s’il débouche sur un succès. Déjà un tantinet pétainiste, notre Hypertout devrait lancer une gazette de ses exploits. J’ai un titre à lui proposer : « Je suis partout ! » 


          • appoline appoline 26 novembre 2009 17:44

            @ Bardamu,

            Si on refait un remake de Freaks, on pourra sans doute lui arranger le coup, son esprit déformé lui permettra même d’obtenir le premier rôle.


          • plancherDesVaches 26 novembre 2009 11:43

            Excellent pour faire des cauchemars les nuits suivantes. smiley

            Bon, sinon, Fergus, comment expliques-tu que ET ait plu à tant de gamins quand c’est sorti.. ???


            • Fergus Fergus 26 novembre 2009 13:07

              Il s’agit là d’un classique de la littérature et du cinéma : l’horrible ou l’effrayant personnage qui se révèle d’une grande gentillesse ou d’une humanité exemplaire, y compris lorsqu’il vient d’un autre monde comme E.T.

              Un moyen de conjurer les angoisses qui peuvent naître de l’observation d’une différence chez l’autre, ou de combattre la peur suscitée par l’inconnu. Les enfants ont besoin d’être rassurés. Rien de tel que la révélation de la grandeur d’âme chez un être a priori inquiétant pour les aider à construire leur équilibre.

              Mais il ne s’agit là que d’un avis personnel : je ne suis ni sociologue, ni pédopsychiatre !


            • kitamissa kitamissa 26 novembre 2009 13:10

              une assisante sociale demande des renseignements à un des membres d’une famille de loupés ....

              > où est ton père actuellement ?

              > heuuuuuuu ....à l’hospice ..

              > oui...et puis ta mère ?

              > heuuuuuu.....à l’hospice aussi ...

              > ton frère ainé ?

              > heuuuuuuuu....à l’asile ...

              > et ta soeur ?

              > heuuuuuuu...à l’université ....

              > ho dis donc ! à l’université ? et qu’est ce qu’elle fait à l’université,elle suit des cours ?

              > heuuuuuuu...non...elle est dans un bocal !


              • Fergus Fergus 26 novembre 2009 13:38

                Bonjour, Kitamissa.

                Je constate en souriant que cette bonne vieille blague fait encore recette. Normal : elle est amusante et indémodable.


              • L'enfoiré L’enfoiré 26 novembre 2009 13:34

                Salut Fergus,

                 Si vous voulez rire un peu, voici mon article et mon expérience sur le sujet.
                 Cela décroche un peu par rapport à votre article.
                 Je ne suis pas passé au musée, n’ayez crainte.


                • Fergus Fergus 26 novembre 2009 13:51

                  Salut, L’enfoiré.

                  Excellent ce billet. J’ai pris un vif plaisir à le lire, moi qui déteste les opérations et tout ce qui, de près ou de loin, touche au monde médical (j’ai peut-être trop donné étant gamin). A tel point que ma dernière piqûre (une prise de sang) remonte à ma visite prénuptiale en... 1971 ! Depuis, je fuis tout ce qui est aiguille, couteau, scalpel. Je n’arrive même pas à les regarder dans les films, pour dire la phobie.

                  Cela dit, j’avais envisagé, avant d’y renoncer, de faire dans l’article un bref volet médical sur la fracture de Dupuytren (j’en parle plus haut dans le fil) et la maladie de Dupuytren, celle-là même qui vous a valu cette opération, et qui consiste en une contraction évolutive et handicapante de l’aponévrose palmaire.

                  Merci pour ce commentaire et bonne journée.


                • L'enfoiré L’enfoiré 26 novembre 2009 14:00

                  Fergus,
                   
                   J’ai eu beaucoup de plaisir à le relire.
                   En dehors de mon chirurgien, j’ai été étonné de voir le 2ème commentaire d’un certain DW. Que d’histoires depuis lors. Mon chirurgien est devenu un de mes lecteurs, depuis lors.
                   Deux mains, deux opérations, cette histoire était la deuxième.
                   Probablement, un problème d’hérédité lointaine.
                   Je vous assure que ce fut un plaisir de mettre des gants par après.
                   Aujourd’hui, plus de problèmes.


                • L'enfoiré L’enfoiré 26 novembre 2009 14:06

                  J’y pense. Hier, une exposition a généré une enquête à la télé.
                  Il s’agissait ce celle du docteur Gunther Von Hagens.
                  Avez vous eu cette expo chez vous ? J’en parle car cela suit votre article.
                  Chez nous c’était en plus dans un abattoir.
                  Endroit choisi ?


                • Fergus Fergus 26 novembre 2009 14:16

                  Sauf erreur de ma part, Von Hagens et ses écorchés plastifiés ont été refusés en France. Mais peut-être ai-je manqué un épisode ?


                • Georges Yang 26 novembre 2009 15:34

                  Merci Fergus de parler de ce lieu peu connu, qui comme vous le dites a bien failli disparaitre
                  Ah, la joie des bubons, des scrofules et des dystrophies !
                  Heureusement, de nos jours ces ’monstruosites ’ se font rare du fait des progres de la medecine et des diagnostics prenataux
                  Ce musee est avant tout a usage professionnel, comme celui de l’hopital Saint Louis a paris avec ses moulages de tumeurs et maladies veneriennes, il y a des pieces magnifique
                  Encore une fois merci, ca nous change d’Hadopi, de Sarkozy et de la grippe sur ce site, sans parler de la querelle non brestoise autour du conflit entre Israel et les arabes>

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires