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Edouardo de « Je t’aime le lundi » sort son premier roman étonnant

La France est le pays des étiquettes. Eduardo Pisani, dit « Edouardo », porte la sienne dans l’univers médiatique, comme un fardeau, comme une croix, comme un tatouage in-dé-lé-bile « débile ». Depuis plus de dix ans, il est considéré comme un ringard, un individu trappu à l’accent italien qui chantait pour sa bien-aimée Katia dans les années 90, un micro dans une main, un bouquet de fleurs en plastique dans l’autre. Il était le couillon de service, celui dont on aimait gentiment se moquer dans les émissions d’Arthur, de Drucker, de Nagui ou de Morandini. Oui mais voilà, Edouardo est un véritable artiste bien plus complexe et intéressant et il le prouve avec un premier roman qui est tout sauf un gag, mais au contraire un témoignage humain et sociétal de grande qualité. Pis encore, une expérimentation littéraire très novatrice. Un auteur, à part entière, est né. Comme quoi il faut se méfier des a priori.

Aujourd’hui, Eduardo se dit victime d’un certain "racisme" artistique. Lui, l’Italien qui vit depuis plus de vingt ans à Paris entre grandeur et décadence, a écrit son roman pour prouver aux autres qu’il était autre chose, quelqu’un de bien plus profond, philosophique et littéraire qu’un chanteur de chansons aux textes apparemment simplistes.

Car si Je t’aime le lundi a marqué la mémoire collective, ce n’est pas par hasard. Ce morceau c’est, avant tout, une mélodie et des trouvailles savoureuses, tout à fait remarquables, comme dirait Sarkozy. Il n’y a qu’un Italien qui pouvait écrire "je t’aime" à un jour de la semaine...

Signe particulier : Edouardo est une oeuvre singulière et unique. Mi-journal intime autobiographique, mi-autofiction, il évoque de manière minimaliste ou foisonnante sept mois de la vie ordinaire et décalée d’Edouardo, un double de lui-même qui espère fait son come-back, qui devient comédien pour des films underground sur le web, qui cherche des moyens d’échapper à la dépression, au départ de sa femme et aux problèmes d’argent. Parfois même, à l’envie d’en finir qui n’est pas loin.

Eduardo Pisani évoque la précarité de l’artiste, la quête de l’amour, les affres de la création, les mauvaises rencontres professionnelles, des douleurs intimes et la déchirure de la mort de sa mère, sa mamma italienne, qui est son dernier repère familial.

Signe particulier : Edouardo est une mise à nu de l’artiste, à la fois fascinante, dépressive, cruelle et lancinante, un témoignage de cette fin de siècle qui fera la joie des sociologues, psychologues et curieux de la nature humaine, mais qui touchera également le grand public par sa vérité.

Au premier degré c’est un road-movie attachant, tendre, drôle, surréaliste et généreux, une voix d’écrivain qui s’impose dès son premier cri.

Signe particulier : Edouardo, Eduardo Pisani, éditions Le Bord de l’eau, novembre 2007.


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