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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Edward Bernays : la fabrique du consentement ou comment passer du citoyen (...)

Edward Bernays : la fabrique du consentement ou comment passer du citoyen au consommateur

Edward Bernays est né en 1891 à Vienne et il est mort en 1995 à Boston. 103 années d’une vie fructueuse. Une vie consacrée à l’une des tâches majeures de notre siècle : celle qui consista à pervertir les democraties pour faire plier les volontés des masses aux desseins des élites, en toute non-violence. Edward Bernays était le neveu de sigmund Freud et il a su exploiter les avancées apportées par son oncle, ainsi que le rayonnement scientifique de ce dernier dans le domaine de la connaissance de l’irrationnalité, à des fins économiques idéologiques et politiques.

Sa discrétion dans notre paysage culturel actuel est inversement proportionnelle à l’ampleur de sa tâche. Même dans les agences de pub ou dans les services de relations publiques, son nom est presque inconnu, tout du moins en France. Il faut dire qu’il était un fervent partisan d’une « gouvernance de l’ombre » et ses écrits ne tarissent pas sur ce sujet. « créer du besoin, du désir et créer du dégoût pour tout ce qui est vieux et démodé » fut un de ses leitmotiv. « Fabriquer du consentement », « cristalliser les opinions publiques » furent les titres de 2 de ses oeuvres écrites (une quinzaine en tout). « Dompter cette grande bête hagarde qui s’appelle le peuple ; qui ne veut ni ne peut se mêler des affaires publiques et à laquelle il faut fournir une illusion » en furent d’autres.

Ayant étudié la science de son tonton (la psychanalyse), et ayant été en contact régulier avec ce dernier, puis avec sa fille, Bernays va, par la mise en pratique de tels enseignements, passer maître dans l’art de manipuler l’opinion dans un environnement démocratique et « libre », que ce soit à des fins politiques ou publicitaires. Bernays est considéré à ce jour comme l’un des pères de l’industrie des relations publiques et comme le père de ce que les Américains nomment le « spin », c’est-à-dire la manipulation - des nouvelles, des médias, de l’opinion - ainsi que la pratique systématique et à large échelle de l’interprétation et de la présentation partisane des faits. Bernays va faire fumer les femmes américaines, Bernays va démultiplier les ventes de pianos ou de savons, Bernays va contribuer à faire basculer l’opinion publique américaine vers la guerre en 1917, et bien d’autres choses encore que je vais vous conter dans cet article.
Le titre de son livre le plus célèbre ? « Propaganda, comment manipuler l’opinion en démocratie ». Tout un programme. Toute une idéeologie qui va d’abord être accueillie avec scepticisme par les oligarques et les politiques, puis utilisée à tort et à travers, dès les premiers succès, et ce jusqu’à notre époque contemporaine qui en fait l’apologie.
À l’heure ou les débats pro et anti « conspiration » font rage sur les événements majeurs de notre période contemporaine, une petite mise au point historique sur la naissance et l’évolution de ce que nous appelons en France les « relations publiques » ou encore la « com » s’impose.

LA PUCE À L’OREILLE


Au début du siècle, étudiant en agriculture, fils d’un marchand de grains très prospère, Bernays s’ennuie et décide de se lancer dans le journalisme. Il rencontre à New York un ami qui a hérité de 2 revues scientifiques et qui a des difficultés dans ses prises de décisions quant à l’orientation de ces revues.
Au même moment, en ville, une pièce de théâtre dont le sujet est très tabou est en train de se mettre sur pied. Cette pièce décrit l’histoire d’un homme qui a la syphilis et qui le cache à sa future femme. Ils ont un enfant qui naît malade. Bref, une sujet très délicat pour l’époque.
Bernays teste alors une méthode qui sera le fondement de sa méthodologie : il met sur pied un comité pour la propagation d’idée en médecine, chapeauté par l’une de ces revues. Ce comité, à droits d’entrée payants, et dont les membres sont d’éminents médecins et professeurs en médecine, parraine la pièce de théâtre en question. Et c’est le succès pour la pièce... tout en donnant un coup de boost à l’une des revues de l’ami de Bernays.
Edward a 21 ans... Il transforme un scandale potentiel en succès et il vient de trouver sa voie : une nouvelle manière de faire la promotion de produits ou d’idées.
Technique classique me direz-vous... oui, en effet, c’est une technique classique aujourd’hui. Mais à l’époque, c’est révolutionnaire.
Car, à l’époque ce genre de technique de communication qui procède de biais est totalement inconnue.
En effet, au début du siècle, les messages publicitaires sont simples : il s’agit de vanter un produit en le décrivant, tout simplement, pour ce qu’il est.
Bernays procède par biais, il utilise des figures d’autorité et, via elles, rend le produit intéressant voir incontournable.

LA PREMIERE EXPERIENCE D’ENVERGURE : LA COMMISSION CREEL


Mais n’allons pas trop vite... nous sommes en 1917, et Bernays fort de cette première éxpérience est à mi-chemin entre le journalisme, l’impresario, le conseiller en communication (bien que cette dernière appellation n’existe pas encore)...
tout va se précipiter avec la constitution de l’« U.S. Committee on Public Information », plus communément appellé la « commission Creel » à laquelle notre ami Edward Bernays va contribuer de manière très active. Qu’est-ce que cette commission ? Une image suffit pour la rappeler à votre mémoire : « I want you for us army ». Vous vous rappelez ? l’oncle Sam qui pointe un doigt accusateur.
Car, en 1917, la population américaine est largement pacifique et n’a aucunement l’intention d’entrer en guerre, alors que le gouvernement est fermement décidé à s’engager dans le conflit, pour des raisons industrielles. Pour la première fois dans l’histoire, une commission va être créée par un gouvernement pour changer une opinion publique. Et c’est précisément au sein de cette commission que Bernays va gagner ses premiers galons aux yeux des grands décideurs. La commission Creel va mobiliser un grand nombre d’intellectuels, de journalistes, de penseurs qui vont tenter un coup d’éclat. Ils vont mettre en place tout un ensemble d’outils et de méthodes destinés à gérer les foules et finalement à faire basculer rapidement l’opinion. Et ils vont réussir avec panache. Les bases de la propagande moderne vont être jetées.
De nombreux concepts aujourd’hui connus et banalisés seront testés : distribution massive de communiqués, appel à l’émotion dans des campagnes ciblées de publicité, recours au cinéma, recrutement ciblé de leaders d’opinion locaux, mise sur pied de groupes bidon (par exemple des groupes de citoyens) et ainsi de suite.
Walter Lippmann, un de ses membres influents, souvent donné comme le journaliste américain le plus écouté au monde après 1930, a décrit le travail de cette Commission comme étant « une révolution dans la pratique de la démocratie », où une « minorité intelligente », chargée du domaine politique, est responsable de « fabriquer le consentement » du peuple, lorsque la minorité des « hommes responsables » ne l’avaient pas d’office.
Cette « formation d’une opinion publique saine » servirait à se protéger « du piétinement et des hurlements du troupeau dérouté » (autrement dit : le peuple), cet « intrus ignorant qui se mêle de tout », dont le rôle est d’être un « spectateur » et non un « participant ». Car, en effet, l’idée qui a présidé à la naissance de l’industrie des relations publiques était explicite : l’opinion publique devait être « scientifiquement » fabriquée et contrôlée à partir d’en haut, de manière à assurer le contrôle de la dangereuse populace.
Petite appartée : le trollage payé et certaines formes de marketing viral sur internet ne sont que l’application moderne du « standing man » technique qui consistait à utiliser une personne reconnue dans une communauté pour se lever soudainement lors d’un événement local et scander une opinion afin de détourner un débat calme et rationnel et de transformer une ambiance de dialogue serein en discussion émotionnelle. Car l’émotion est le premier pas vers l’irrationnel, qui est la porte entrouverte vers l’inconscient, ce domaine que nos publicitaires exploitent au maximum.
Bref, lors de la commission Creel, Bernays a brillé dans ces milieux qui ébauchaient les techniques de propagande moderne en imposant les travaux de son oncle, et de personnes comme Gustav Lebon notamment en expliquant que la psychologie de foule est différente de la psychologie individuelle.
La masse des gens ne peut penser rationnellement, et c’est donc à la minorité intelligente de façonner le destin de cette masse... Ce constat mis noir sur blanc de façon scientifique par Freud, et qui est en adéquation parfaite avec les courants de pensée qui sévissent dans les éltes de l’époque, va permettre à Bernays, en tirant les leçons de la commission Creel, d’inventer littéralement le « public relation ».

L’ŒUVRE DE BERNAYS : L’INSTITUTIONNALISATION DES RELATIONS PUBLIQUES

Pourquoi les relations publiques ?
Après la Première Guerre mondiale, la machine industrielle dont les capacités ont été démultipliées doit trouver des marchés afin de continuer à fonctionner (ce sera le même problème après la Seconde Guerre mondiale). Il faut donc créer des besoins car à l’époque le citoyen occidental de base consomme en fonction de besoins vitaux, et n’accorde que des exceptions à la frivolité. Il faut donc exacerber le désir de consommer et rendre les frivolité obligatoires, incontournables et intimement liées aux gains de liberté apportés par les progrès sociaux...
Par ailleurs,les entreprises au début du XXe siecle aux États-Unis font face à une situation difficilement gérable (grèves, conflit sociaux...) elles oscillent entre répressions dures et punitions par tribunaux interposés, elles font appel à des juristes, à des journalistes sans grand succès, et la fuidité de son fonctionnement est fortement compromise. Grace au succès de la commission Creel, quand Bernays monte son bureau et propose ses services, il est pris au sérieux par les entreprises privées et surtout les trusts.
Dans une époque ou les lois antitrust sont contournées et ou ce que les citoyens américains appellent alors les « barons voleurs » accumulent des fortunes colossales, la démocratie qui porte en blason la liberté individuelle et la liberté d’expression se doit d’apparaître en façade car elle est l’un des fondements de la motivation du travailleur, en Occident.
Bernays crée donc son bureau des relations publiques et invente le métier de conseiller en relations publiques
l’un de ses premiers clients fut l’« american tobacco corporation ».

Entre les guerres Berneys va littéralement inventer des concepts
- le petit déjeuner américain « eggs and bacon » en mettant sur pied un comité de médecins qui vont prôner les valeurs d’un fort apport calorique au lever. Car il faut le savoir, au début du siècle, les Américains sont plutôt adeptes d’un petit déjeuner frugal, ce qui ne colle pas avec l’industrie du porc qui croît plus vite que la demande... Or, le comité de médecin ne va pas seulement prôner un apport calorique important... il va bien spécifier « bacon ».
- Il va persuader les Américains d’acheter des pianos. Encore une fois, il biaise en infiltrant les milieux d’architectes qui vont influencer leurs clients dans l’adjonction d’une salle de musique dans les maison.


Et que faire quand il y a une pièce dédiée à la musique dans une maison ? La remplir. Et quel est l’objet qui va le mieux la remplir tout en donnant du cachet ? Un piano. Encore un succès.
- Il fera de même pour les maisons d’éditions en « forçant » l’insertion des bibliothèques incrustées aux murs des maisons.
- Le petit déjeuner du président des États-Unis avec des vedettes du show-biz afin de transformer l’image austère et distante de ce dernier, et ça existe encore aujourd’hui.

Il va par la suite affiner ses méthodes et commencer à se lancer dans des opérations de très grande envergure.

Voici 4 missions « Bernaysiennes » qui, j’en suis sûr, vont vous laisser pantois.

LE FÉMINISME UTILISÉ À DES FINS MARKETING


Dans les années 20, Bernays est employé à l’année par l’American tobacco en échange de ne pas travailler pour la concurrence, suite à une première expérience couronnée de succès.
Il faut dire qu’à cette époque le marché de la cigarette stagne, suite à une progression fulgurante durant la Première guerre mondiale et dans les premières années d’après-guerre. En vendant des milliards de cigarettes à l’armée américaine qui les intégrait au paquetage du soldat, les compagnies de tabac avait franchi une étape décisive, en transformant l’image de la cigarette qui avant la guerre était dénigrée au profit du cigare ou de la chique jugés plus « virils ». Au début des année 20, donc, la cigarette est passée de « tabac pour mauviettes » à « symbole de l’Amérique fraternelle et virile ».
Maintenant les cigaretiers veulent que les femmes fument. Ils confient donc la mission à Bernays.
Ce dernier analyse la situation, soumet ses observations à un psychiatre de New York qui confirme ses soupçons : la cigarette constitue pour les femmes un symbole phallique qui représente le pouvoir de l’homme. Pour faire fumer les femmes il faut d’abord leur faire conquérir de manière symbolique des positions occupées par la gent masculine. Bernays vient de trouver ses leaders d’opinion et il orchestre un des grands coups de marketing de l’histoire en détournant une marche catholique (la procession de Pâques) pour en faire un événement politique au profit des suffragettes. Une dizaine de jeunes premières, invitées par lui et soigneusement instruites du plan de bataille, se présentent au-devant de la procession, exhibent leurs cigarettes, et s’allument devant les photographes des journaux. Bernays lance le slogan aux journalistes présents : « elles allument des flambeaux pour la liberté ».
Du véritable petit lait, et d’ailleurs je ne résiste pas à un petit copier-coller d’un commentaire sur cet événement que j’ai lu sur un blog : « ça coule de source. Les journaux accordent la première page à la nouvelle. Les conservateurs vendent de la copie grâce à l’aspect scandaleux. Les progressistes sont charmés. Les féministes exultent, jubilent de l’ampleur du phénomène médiatique. Toute la société états-unienne est flattée sur la muqueuse par l’imparable évocation de la sacro-sainte liberté. La femme éprise d’émancipation devra simplement fumer. Fumer c’est voter ! Tout le monde profite des photos sexy de ces jolies jeunes femmes. Tous y gagnent ! C’est fantastique. Bernays avait compris que la femme de l’après-guerre avait bossé dans les usines pendant que les hommes étaient au front et il lui offrait un symbole phallique digne de l’ampleur de ses revendications, la clope. » Tout est dit.
Et Bernays d’enchaîner dans les années qui suivent en recrutant et créant des associations et autres collectifs médicaux et en faisant dire aux experts que la santé de la femme, c’est la minceur... et que le meilleur moyen d’y parvenir, c’est la clope.
Des publicités dans les journaux et les magazines, présentées par des regroupements de docteurs, de médecins de famille, de dentistes et d’instituts plus ou moins bidons (tous fondés par Bernays avec des fonds de American Tobacco) proposent ensuite carrément à la femme de tendre la main vers une cigarette plutôt que vers un bonbon, ce qui est tellement meilleur pour la santé. La campagne connaît un tel succès que les grands confiseurs et les producteurs de sucre attaquent American Tobacco en justice et réclament des dommages et intérêts. C’est un triomphe, la femme est maigre, elle est libre, elle respire la santé !

L’EXPLOSION DE L’AUTOMOBILE


Bernays va jouer un rôle lors de l’exposition mondiale de New York de 1939, dominée par General Motors qui comptait parmi ses clients de l’époque. General Motors y présente sa vision de l’Amérique du futur, avec son pavillon très couru, le Futurama, dans lequel on peut voir les dessins et maquettes de ce qui deviendra l’Étendue, la Suburbia, un monde futuriste guidé par la puissance de la corporation.
Il faut dire que les cartels banquiers, qui avaient fait main basse via des procédures d’expropriation sur d’immenses terres du Midle West durant la récession qui suivit le krach de 1929, devaient bien décider de ce qu’elles allaient en faire.
Le plan pour le développement de ces étendues arrivait à maturité, et les maquettes criantes de réalité présentant le monde des années 60, restent à ce jour un incroyable témoignage des capacités de projections des décideurs de l’époque. Certaines personnes croient que ce modèle de civilisation est le fruit du hasard, ou encore un avènement naturel inhérent à l’expansion économique. Pourtant force est de constater qu’au contraire ce modèle est le fruit d’une planification dont la rapidité d’exécution a été planifiée, ce qui est tout de meme curieux quand on sait que seule la machine industrielle boostée par le conflit mondial a pu mettre en œuvre cet agenda et que cette exposition a eu lieu de 1929 à 1941.
Mais pour en revenir à notre homme, en 1949 il travaille toujours pour General Motors, dont on sait bien qu’elle est le fruit du démantellement sur le papier de la tentaculaire standart oil, et un nouveau client vient garnir son carnet : il s’agit de la compagnie Mack trucks. Leur problème : ils ne peuvent pas vendre plus de camions. Ils ont saturé le marché. Bernays réalise que la concurrence ne vient pas des autres fabricants, mais bien du chemin de fer. Il parvient à imposer à son client une idée totalement folle, s’attaquer aux trains en faisant une promotion rageuse de l’autoroute. Une fortune colossale dont les contributeurs seront multiples sera engloutie dans le projet, car désormais, notre ami Edward a un carnet d’adresses bien rempli, et il a la confiance de plusieurs partenaires d’envergure. On forme des comités de citoyens bidons, de faux experts écrivent de vrais articles qui paraissent un peu partout, la pression populaire pèse sur des autorités déjà corrompues par des contributions non négligeables, c’est un véritable raz-de-marée qui prend d’assaut la campagne américaine ! Vous aurez compris que je n’ai pas cité par hasard la standart oil... euh pardon, je veux dire sa version démantelée par les lois anti-trust, à savoir entre autres BP, Exxon Mobil, Chevron et une trentaine d’autres entités.
De même, le fameux futurama de l’expo de New York d’« avant guerre » comme vous pourrez le constater sur ces vidéos se faisait l’apôtre d’une agriculture fortement industrialisée avec gros apport d’engrais (industrie chimique). De ce côté, on peut dire que la boucle a été bouclée et que les affaires ont prospéré.


RÉPUBLIQUE BANANIERES


La fameuse « république bananière »... expression que nous utilisons tous, revenue très à la mode vu l’air du temps... Mais au fait d’où vient cette expression ?
Edwaaard ? c’est encore toi ? non ? Si. Et c’est le Guatemala au début des années 50 qui va faire les frais de la méthode Bernays,et qui va imprimer dans nos consciences, l’expression « république bananière ».
Cette fois le client de notre brave homme est la united fruit une multinationale qui, comme sont nom l’indique, fait dans les fruits et ses dérivés. Une multinationale bien connue en Amériqe centrale et en Amérique du Sud. Multinationale qui porte parmi ses principaux actionnaires les frères Dulles (je laisse ici un vide que les lecteurs d’agoravox sauront remplir concernant les frères Dulles qui mériteraient un article à eux tout seuls). Ces frères Dulles que Bernays a rencontrés durant la Seconde Guerre mondiale, période durant laquelle il travaillait pour le gouvernement américain, période opaque de sa carrière.
En 1951 donc, au Guatemala après une élection libre, Jacobo Arbenz Guzmán est élu et il entame un processus de saisi de terres que la United Fruits n’utilisait pas (en fait apparemment il ne les saisit pas vraiment : il oblige la United Fruits de vendre les terres non utilisées). Bref, coup dur pour cette noble entreprise américaine habituée à faire ce qu’elle veut en Amérique du Sud, et qui prévoyait un vaste plan de monoculture de bananes dans cette région.
Bernays est alors engagé pour mener une campagne de relations publiques destinée à discréditer le pouvoir nouvellement et démocratiquement mis en place.
En quelques semaines, ce gouvernement socialiste qui n’a même pas de contact avec Moscou va être dépeint comme un dangereux groupuscule de communistes à la solde du bloc russe, destiné à mettre en place un poste avancé proche des frontières américaines. Cette campagne sera longue et active.
Ce détournement d’informations va permettre de justifier une opération de la CIA sous la forme, entre autres d’un bombardement de la capitale. Une junte militaire (Castillo Armas), aussitôt reconnue par les États-Unis, prendra le pouvoir, entraînant la naissance de mouvements de guérilla. Le poète Pablo Neruda dénoncera les « republicas bananas », républiques d’Amérique centrale soumises aux compagnies américaines, et créera ainsi une expression toujours et plus que jamais d’actualité.
Et on dit merci qui ces messieurs de la united fruits ? Merci Edwaaaaaard..

LE FLUOR... c’est bon pour les dents.... mmmmmouais.

Le mythe des bienfaits du fluorure pour la dentition est né aux États-Unis en 1939. Pourquoi ? La Compagnie d’aluminium ALCOA, qui faisait l’objet de poursuites pour déversement toxique de... fluorure, commanda, sur les conseils de qui vous savez, à des scientifiques dépéchés par qui vous savez, une étude faisant l’éloge de ce déchet industriel dérivé de la production de l’aluminium, des fabriques de munitions (et plus tard des centrales nucléaires). L’étude allait jusqu’à proposer qu’on ajoute la substance à l’eau des villes. En 1947, ALCOA, réussit à placer un de ses propres avocats à la tête de l’Agence fédérale de sécurité, ce qui lui donnait ainsi le contrôle des Services de santé publique. Sous la gouverne de celui-ci, 87 villes américaines établirent un programme de fluoridation de l’eau, c’est-à-dire que les fonds publics servaient (et servent encore) à ACHETER un déchet toxique dont l’élimination était très coûteuse et à l’inclure dans l’eau potable consommée par la population.
Combien de municipalité encore aujourd’hui pratiquent encore cette méthode de fluoration de l’eau, y compris en France ? Je n’ose faire des recherches tellement je crains les résultats.
Une fois encore merci qui ?

LA DOCTRINE, sa justification, et ses contradictions majeures :


Bernays, tout au long de sa vie, va user d’une doctrine froide et assez cynique doublée d’une justification idéologique basée sur le long terme, afin de justifier ses agissements.
Il considère sa tâche comme un effort à long terme destiné à l’avènement doucement forcé (mais à peine, hein ?) d’une démocratie basée sur l’économie et le commerce dirigé par une élite.
Il pose assez honnêtement et naïvement d’ailleurs, comme postulat, le fait que la masse est incapable de parvenir à un état de paix collective et de bonheur par elle-même, et que donc cette masse a besoin d’une élite qui la contrôle et qui la dirige à son insu en ce qui concerne les décisions importantes.
Pour lui le bon sens commun n’existe pas, et s’il existe, il ne peut porter l’appellation « bon sens » car il induit un mode de consommation trop lent pour les capacités industrielles et leur besoin de croissance... Il doit donc être refondu par des élites.
Pour lui, la foule n’a pas besoin d’esprit car elle est avant tout gouvernée par sa moelle épinière irrationnelle, et il ne sert à rien d’élever les foules, puisqu’elles sont plus facilement contrôlables en jouant sur cette irrationnalité.
Pourtant, fait curieux, Bernays se réclamait d’une certaine éthique. Il faut savoir que cet homme a aussi joué un rôle fondamental dans le congrès pour l’intégration des hommes de couleurs... un événement (tout de meme assez isolé au milieu des autres cyniques campagnes dont il a été le chef d’orchestre) dont il se servira pour justifier sa position de mercenaire au services de nombreuses causes qui, mises ensemble, constituent notre monde moderne « libre » à l’occidental.
Car Bernays s’efforce dans ses mémoires de justifier son œuvre. Il n’a jamais été membre de l’« association des relations publiques américaines » car il jugeait ses membres sans éthique et il s’offusqua à la nouvelle que Goebbels possédait toutes ses œuvres et se serait largement inspiré de son travail pour ériger la propagande qui mena les nazis au pouvoir dans l’Allemagne des années 30.
En effet, Bernays voulait que ses méthodes soient présentées en toute « honnêteté » afin d’ouvrir une route à 2 voies à la communication publique : une voie de contrôle et une voix de réaction du peuple à ce contrôle. C’est tout du moins ce qu’il essaie de faire passer lors d’interviews ou dans ces écrits, dans de rares moments. Hélas ces quelques moments d’ouverture sont assez rapidement recouverts par le volume d’écrits et d’actes professionnels qui vont à l’encontre de ce pseudo-principe d’interactivité.
Bernays fut un véritable champion en matière de double language et il eut enormément de mal à se confronter à ses contradictions, totalement omnubilé par la vision malsaine de la condition humaine induite par son oncle.
On est a mille lieux de ce que Kant par exemple réclamait en disait qu’il faut un espace public de libre discussion où les gens puissent débattre et échanger des idées, se placer du point de vue de la raison et de l’universel, justifier devant les autres les conclusions et affirmations auxquelles ils parviennent et rendre disponible les faits qui nourrissent une conclusion.
Pourquoi ? parce qu’on est dans l’idée d’une minorité intelligente au service de ceux qui ont les moyens de s’adresser à elle pour obtenir de la foule un consentement à des conclusions determinées à l’avance. Tous les comités, agences de relations publiques et campagnes instiguées par Bernays offriront une illusion de débat, où tous les outils nécessaires à la perversion de ce débat sont prêts à intervenir à tout moment.
Le coup fomenté au Guatemala et justifié par la campagne médiatique qu’il avait orchestré aurait dû lui faire ouvrir les yeux...
Pourtant, avec le recul, il faut constater qu’il ne le fit pas et que ces justifications teintées de naïveté ne tiennent pas une analyse approfondie, surtout vu le caractère opaque de ses missions durant la Seconde Guerre mondiale, et ses liens avec des sbires tels que les frères Dulles.

La « machine » Bernays s’est emballée dès ses débuts et ne cessera jamais ses méfaits au profit de la croissance économique non pas au service de peuples, mais bien dans son asservissement à la consommation.
La deuxième voie proposée par Bernays, celle de l’inter-réaction des hommes fut étouffée par le volume des campagnes de spins.
Bernays va tellement piocher dans les théories de son oncle qu’il va finalement croire lui-même que l’homme n’est dirigé que par des forces irrationnelles.
Il va mettre en pratique des méthodes qui vont à l’encontre même de ce que le siècle des Lumières avait exigé pour sublimer le bon sens humain.
L’humanité moderne va tellement être martelée par ce cynisme qu’elle va en devenir cynique elle-même et épouser l’idée selon laquelle l’homme est un être tiraillé par sa bassesse et piloté par ses instincts les plus enfouis.

Dès le début du siècle, il est évident que la synergie entre les médias de masse et les progrès de la psychologie scientifique vont assurer un pouvoir irrésistible aux minorités « éclairées ». Bernays fut l’un des architectes majeurs de cette synergie qui sévira dans les démocraties comme dans les systèmes totalitaires et qui, n’ayons pas peur des mots, sévit encore plus que jamais, n’en déplaise à ceux qui ironisent sur les "théoristes de la conspiration" alors même qu’en France nous évoluons dans une inculture totale en ce qui concerne les relations publiques, les spins doctors et les think tanks, contrairement aux pays anglo-saxons.
Sur ce, je vous laisse avec une citation de notre homme, à titre de fin d’article et d’ouverture de débat.

"Notre démocratie ayant pour vocation de tracer la voie, elle doit être pilotée par la minorité intelligente qui sait enrégimenter les masses pour mieux les guider."

Sources :

Livre : Stuart Ewen : a social history of spin.
Livre : Edward Bernays : propaganda édité en 1928 (téléchargeable gratuitement sur le net).
Radio : émission "là-bas si j’y suis" France Inter diffusion 26 novembre 2007
Net : http://en.wikipedia.org/wiki/Fluoride
Net : http://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Bernays

Je vous invite également à visiter le site internet pr watch qui est un observatoire international des relations publiques destiné à détecter les abus en ce domaine :
http://www.prwatch.org/


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80 réactions à cet article    


  • tibo (---.---.89.81) 4 janvier 2008 12:04

    Merci pour cet article, très intéressant et pas tellement surprenant, finalement... Au plaisir de vous lire.


    • ju ju 4 janvier 2008 18:34

      @ l’auteur,

      Vous m’avez piqué l’idée smiley

      Je comptais faire également un article dessus mais par faute de temps je n’ai pas encore pu le faire. Je me permet tout de même d’ajouter quelques éléments à votre article.

      « La commission Creel »

      Elle était également appelée Comitte on Public Information = Commission de l’Information Publique (beau titre Orwellien)

      « Ils vont mettre en place tout un ensemble d’outils et de méthodes destinés à gérer les foules et finalement à faire basculer rapidement l’opinion. Et ils vont réussir avec panache. »

      Effectivement. La tache de cette commission était de faire de la propagande afin de plonger la population dans une hystérie patriotique. Ça marcha incroyablement bien. Elle réussit en six mois, à transformer une population pacifique en une population hystérique, belliciste, qui voulait détruire tout ce qui était allemand, dépecer les allemands et aller en guerre pour sauver le monde. En quelques mois, les États-Unis furent donc capable d’entrer en guerre.

      Cela donna des idées .... et pas à n’importe qui : Beaucoup de gens furent impressionnés par cette ces prouesses. Une personne impressionnée, et ça a quelques implications pour le futur, fut Hitler. Si vous avez lu Mein Kampf, il conclut, non sans justifications, que l’Allemagne perdit la Première Guerre mondiale parce qu’elle perdit la bataille de la propagande. Elle ne pouvaient même pas commencer à concurrencer la propagande britannique et américaine qui la submergeait complètement. Il promis que la prochaine fois ils auraient leur propre système de propagande, ce qu’ils firent pendant la Seconde Guerre mondiale.

      Bernays reporte même dans son autobiographie qu’un de ses livres a été utlisé par Goebbels :

      "Karl von Weigand, foreign correspondent of the Hearst newspapers, an old hand at interpreting Europe and just returned from Germany, was telling us about Goebbels and his propaganda plans to consolidate Nazi power. Goebbels had shown Weigand his propaganda library, the best Weigand had ever seen. Goebbels, said Weigand, was using my book Crystallizing Public Opinion as a basis for his destructive campaign against the Jews of Germany. This shocked me. ... Obviously the attack on the Jews of Germany was no emotional outburst of the Nazis, but a deliberate, planned campaign.

      Faire fumer les femmes :

      Description d’une vidéo illistrant cet épisode : Le 31 mars 1929, Bernays envoya défiler un groupe de jeunes mannequins lors de la New York City Easter Parade (défilé de Pâques) en ayant au préalable avertit la presse que des jeunes femmes allumeraient des « torches of freedom » (flambeaux de la liberté). Notons au passage que le terme flambeau n’est pas innocent à New York. Devant la foule de photographes, et au signal de Bernays, elles allumèrent leur flambeaux de la liberté : des cigarettes. Le lendemain, on parlait de cet événement à travers les États-Unis et dans le monde entier. L’association irrationnelle de la cigarette avec l’émancipation de la femme fut un succès et les femmes se mirent à fumer

      Le Guatemala :

      Explication un peu plus détaillée tirée d’une vidéo illustrant cet épisode :

      Bernays fut capable de créer les conditions pour une intervention américaine au Guatemala en 1954 afin de renverser le gouvernement démocratiquement élu. Il utilisa avec succès les médias pour manipuler l’opinion publique et créer un consensus pour une intervention armée impliquant la CIA.

      En 1950 Jacobo Arbenz est élu président du Guatemala avec près de 65% des voix. Il met en place une réforme agraire qui expropriera les terres inexploitées de l’UFC, en échange d’une compensation financière, et ces terres seront redistribuées aux paysans sans terres. C’était une mesure très populaire mais c’était un désastre pour l’UFC qui demanda à Bernays de trouver une solution. Bernays entreprit alors de faire passer ce que le gouvernement démocratiquement élu faisait de bien pour son peuple pour une menace communiste, proche des côtes américaines, dangereuse pour la démocratie américaine (c’était en pleine guerre froide). Bernays organisa un voyage au Guatemala pour des journalistes américains influents qui connaissaient très peu du pays et de sa politique. Il leur fit rencontrer un groupe de politiciens sélectionnés qui leur dit que Arbenz était un communiste contrôlé par Moscou. Durant la visite il y eu une grande manifestation anti-américaine, beaucoup étaient convaincu que ça a été organisé par Bernays lui-même. Bernays créa également une fausse agence de presse indépendante, la Middle American Information Bureau, qui bombardait les médias américains de dépêches disant que Moscou avant l’intention d’utilisé le Guatemala comme base pour attaquer les États-Unis. Ce que faisait Bernays n’était pas seulement noircir l’image du gouvernement Arbenz, il préparait les conditions d’une intervention armée, le président Eisenhower ayant consentit à ce que Arbenz soir renversé. La CIA travailla alors avec l’UFC pour entraîner et armer des rebelles, elle trouva également un nouveau leader pour le Guatemala, Carlos Castillo Armas. Les pilotes de la CIA bombardèrent la capitale afin de terrorisé le gouvernement Arbenz et ses troupes, pendant ce temps Bernays poursuivait sa campagne de propagande dans les médias américains. Il préparait l’opinion américain à voir cela comme la libération du Guatemala par les « freedom fighters » (combattants de la liberté) pour amener la démocratie. Le 27 juin 1954, Arbenz quitta le pays et Armas devint le nouveau président.

      Ironie de l’histoire, Che Guevara se trouvait à Guatemala City au même moment que les bombardements américains. Assiter à ces bombardements et à la propagande américaine le renforça dans son idée de lutte contre les USA.

      Ironie de l’histoire 2 : Des combattants de la liberté qui apporte la démocratie dans un autre pays, des mensonges quant à une menace et de la propagande pour vendre une intervention ça ne vous rappele rien de récent ? (petit indice, ça s’est passé en 2003)

      Pour finir, et ça m’étonne que vous ne le citiez pas, LE documentaire référence sur Bernays et ses idées/conséquences : « The Century of the Self » d’Adam Curtis. En 4 parties d’1h et en anglais.

      Partie 1

      Partie 2

      Partie 3

      Partie 4


    • adeline 4 janvier 2008 19:12

      à l’auteur et @ju remarquable merci


    • niko74 niko74 4 janvier 2008 23:46

      Merci pour ces précisions , Ju.Elles sont toutes exactes. Du coup tu as pu quand même placer ton travail et j’en suis heureux. Mon article était vraiment un « pavé » à la base. Il contenait effectivement une allusion au « century of self » ainsi qu’au « che » ...cela a été dur de le « résumer » (sisi je vous assure). il y a tant à dire sur Bernays, mais aussi sur ses pairs, qui ont bossés (Gustave Lebon en france) pour toutes le grosses butiques (Rockefeller, Rotschilds, etc...). Etudier l’histoire de la « spin » ou des relations publiques, c’est regarder l’histoire en générale sous l’angle des requins de la finances, qui s’autoprocclament maitres du monde, et qui font leurs tests sur leur cheptel.Peu importe les nationalismes, les guerres, les crises, les régimes politiques..Ils en sont à plus d’un siècle de retour sur expérience avec médias modernes.Retours sur expériences qu’ils partagent dans leurs colloques et autres réunions dont on ne parle jamais dans les médias et auxquels sont conviés des personnalités de tous bords et de tous pays. Ils sont au top de leur forme, et au sommet de leur art.


    • saint_sebastien (---.---.85.94) 5 janvier 2008 08:24

      Merci à l’auteur et à ju pour ce sujet.


    • ZEN ZEN 4 janvier 2008 12:09

      Excellent travail , Niko !

      Bernays , mal connu chez nous, a eu en effet une énorme importance, comme vous le montrez bien. Importance ambiguë : au service des affaires , mais aussi des manipulations d’opinion , qu’il ne tient pas en grande estime. Il a fait école et on n’a pas fini d’en constater les effets.

      Dans son livre « Storytelling », Salmon en parle comme un des pionniers du « marketing narratif », qui a fait école dans le discours politique.


      • ZEN ZEN 4 janvier 2008 12:24

        @] Niko

        Un lien pour téléchargement de Propaganda ?..Merci !


        • Zenobia Zenobia 4 janvier 2008 12:34

          Excellent article, bien documenté. Merci. Qui plus est article très édifiant sur les stratégies actuelles de nos gouvernants.....


          • Zalka Zalka 4 janvier 2008 12:39

            Bravo pour ce superbe article.

            Finalement, rien n’a changé depuis Cicéron et les patriciens romains. Edward Bernays n’a fait que contrecarrer l’effet de l’éducation des masses en sommes. Il est assez amusant de constater qu’il s’offusquait de la possession de ses oeuvres par Goebbels. Etait-il naïf au point de s’imaginer que ses outils pour gouverner les « masses » ne seraient utilisés que par de gentils philantropes ?


            • niko74 niko74 4 janvier 2008 23:51

              Certains le disent, et je crois qu’il essayait de passer pour tel. Quand à moi, je ne peux y croire (à sa naiveté) tant il est dur de retrouver sa trace durant le période de la deuxième guerre mondiale (et quand ou en trouve c’est assez clair), et du fait des missions qu’il a effectué après cette période, ou on se rend compte qu’il a ajouté à son carnet d’adresse tout le gotta des renseignements américains version modernisée et éxpéditive...(l’un des frère Dules dont je parle dans l’artile à titre d’actionnaire de la united fruit ayant fondé la CIA !!!)


            • JL JL 6 janvier 2008 16:37

              @ Zalka : «  ». Edward (…) s’offusquait de la possession de ses œuvres par Goebbels. Etait-il naïf au point de s’imaginer que ses outils pour gouverner les « masses » ne seraient utilisés que par de gentils philanthropes ? «  »

              Vous posez là une question de fond qui touche à la problématique de la fin et des moyens. Le fait que les mêmes moyens soient utilisés pour deux fins supposées antagonistes – les nazis et la civilisation libérale – inverse et invalide cette proposition machiavélique, et du même coup jette le discrédit sur toute son œuvre laquelle se justifiait par le fait que le peuple étant incapable de savoir ce qui est bon pour lui-même il faut qu’une élite le lui dise.

              Cette réflexion vaut parfaitement pour les dirigeants actuels, évidemment.


            • bobleponge (---.---.100.34) 4 janvier 2008 13:03

              Bravo, excellent « papier ». Mon côté pessimiste à tendance à penser que si ce n’était Bernays, un autre aurait pris sa place.

              Un article à mettre en tête de nombreux sites (peut-être à laisser sur la Une d’AV pendant plusieurs mois) et à conserver dans ses bookmarks avant de signer un chèque ou sortir sa carte bleue (ou même glisser un bulletin dans une urne quelconque...)


              • (---.---.208.38) 4 janvier 2008 13:14

                « On est a mille lieux de ce que Kant par exemple réclamait en disait qu’ il faut un espace publique de libre discussion ou les gens puissent débattre et échanger des idées »

                Pas du tout : l’élite débat trés bien entre elle, ca ne pose aucun probléme. Pourquoi perdre du temps avec les inférieurs ?

                « Il pose assez honnêtement et naivement d’ailleurs,comme postulat, le fait que la masse est incapable de parvenir à un état de paix collective et de bonheur par elle même, et que donc cette masse a besoin d’une élite qui la contrôle et qui la dirige à son insu en ce qui concerne les décisions importantes. »

                Et ? Ou est la nouveauté ? Jamais entendu parler des sophistes, par ex ? Ou de Péricles ? Le peuple doit être dirigé.

                « Edward Bernays n’a fait que contrecarrer l’effet de l’éducation des masses en sommes. »

                AH AH AH AH HA !!

                Education des masses ? Sérieusement, vous y croyez encore ? AH AH AH !! Pendant que les masses avance d’un pas, l’élite avance elle aussi d’au moins un pas, donc l’écart reste considérable et ce d’autant plus qu’on a simplifier les programmes de la masses, et que le monde exige plus de connaissance pour être compris (Blum, par ex, n’avait pas la moindre notion de science économique. Impensable de nos jour !)


                • (---.---.218.93) 4 janvier 2008 13:16

                  si vous avez aimé cet article, retrouvez plus d’info sur le site Le crachoir : mauvais siècle... Bonne continuation à tous


                  • ZEN ZEN 4 janvier 2008 13:50

                    « Notre démocratie ayant pour vocation de tracer la voie, elle doit être pilotée par la minorité intelligente qui sait enrégimenter les masses pour mieux les guider. »

                    Rockfeller a dit à peu près la même chose , si je ne m’abuse.


                    • niko74 niko74 4 janvier 2008 23:54

                      tout à fait, c’est le genre de discours qui tournait en boucle dans les cercles elitistes de l’époque. On trouve énormément de phrases similaire de la bouche de Rockefeller et d’autres oligarques ou maitres du spin (car Bernays était lin d’être seul sur le coup).


                    • Nobody knows me Nobody knows me 4 janvier 2008 17:13

                      Merci pour cet article fort intéressant.

                      Noam Chomsky et d’autres penseurs reprennent souvent Bernays pour dénoncer les pratiques de nos gouvernements « démocratiques » actuels qui dissimulent certains faits dont ils sont peu fiers.

                      On devrait renvoyer les mêmes méthodes de propagande en pleine gueule de nos chers politicards. Malheureusement, cette bête qu’on appelle « peuple » n’a pas autant de moyens et se sert de plus en plus de la violence pour s’exprimer.

                      Si je n’étais pas autant écoeuré par les applications de sa théorie, je dirais « chapeau l’artiste ».


                      • ZEN ZEN 4 janvier 2008 17:17

                        « il a su exploiter les avancées apportées par son oncle, ainsi que le rayonnement scientifique de ce dernier dans le domaine de la connaissance de l’irrationnalité, à des fins économiques idéologiques et politiques. »

                        Niko, je ne suis pas d’accord avec cette affirmation, ou du moins je mets des réserves sur un des sens possibles. Je parlerais plutôt de détournement de la pensée de son oncle, car l’objectif de Freud était clairement d’aider les sujets à se libérer de leur part d’inconscient générateur de troubles...


                        • ZEN ZEN 4 janvier 2008 17:26

                          De même cette affirmation, un peu plus loin :

                          « La masse des gens ne peut penser rationnellement, et c’est donc à la minorité intelligente de façonner le destin de cette masse... Ce constat mis noir sur blanc de façon scientifique par Freud... »

                          Je vous mets au défi de trouver un telle affirmation chez Freud. Gustave Le Bon , et l’usage qu’on en a fait, c’est autre chose...


                        • Marsupilami Marsupilami 4 janvier 2008 18:02

                          @ Zen

                          Je ne me rappelle pas avoir lu ça « noir sur blanc » chez Freud, mais un mec capable d’écrire « Si j’avais voulu organiser mes affirmations d’après les indications des femmes de chambre, il n’en serait sorti que des cas négatifs », ou encore "Seuls peu de malades sont dignes des efforts que nous leur consacrons, si bien que notre position ne doit pas être thérapeutique" est bien capable d’avoir pensé ça.

                          @ L’auteur

                          Bravo pour cet excellent article. Une seule critique, de pure forme : la prochaine fois, pense à mettre des espaces entre tes paragraphes, ça rendra le texte plus agréable à lire. Et en passant un lien sur le storytelling de Salmon.


                        • ZEN ZEN 4 janvier 2008 18:21

                          @ Marsu

                          Je reconnais bien là ta méconnaissance des textes de Freud (on ne se refait pas) ou alors l’écho d’un mauvais ouvrage de vulgarisation, comme par ex P.Daco

                          Il faudrait dire d’où viennent ces extraits et dans quel contexte on les trouve.


                        • Marsupilami Marsupilami 4 janvier 2008 18:48

                          @ Zen

                          Pierre Daco, j’ai lu ça à 14-15 ans, juste après les dernier Bob Morane. Après, j’ai lu Freud in ze text, sorry, fais pas ton petit prof sermonneur... Freud était nettement moins progressiste que ce qu’en raconte la vulgate freudienne. Mais bon, c’est pas le sujet de cet article, quoique... il y a bien une compétition acharnée de bourrage de crâne entre les différentes écoles freudiennes sur fond de parts de marché psy à conquérir !


                        • niko74 niko74 4 janvier 2008 22:26

                          désolé,ma réaction est plus bas sur ce fil..je ne maitrise pas encore l’interface av.


                        • Philippe D Philippe D 6 janvier 2008 14:19

                          « certaines manœuvres sur internet (les lobbyistes archilibéraux de service) »

                          Tous les lobbyistes en fait, archilibéraux autant qu’anti-libéraux ou vice-versa. Ne pensez-vous pas qu’il y a une propagande très efficace et très subtile de la part des différents mouvements alters par exemple ?


                        • Le péripate Le péripate 4 janvier 2008 18:36

                          Ils sont nombreux à avoir perçu les immenses possibilités offertes par le conformisme démocratique, de Tocqueville à Chomsky. Mais je ne connaissais pas ce monsieur. Article utile, donc.


                          • niko74 niko74 4 janvier 2008 22:23

                            En plein dans le mille , si je puis dire


                          • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 4 janvier 2008 21:06

                            Cet article devrait être étudié comme matière obligatoire au niveau BAC.........du moins si on espère encore un jour aboutir à la démocratie.....

                            Le sujet traité dans cet article m’inspire une réflexion : Quel serait le terme descriptif du « marketing », cette discipline enseignée dans les grandes écoles ? Serait-ce : marketing = technique d’escroquerie légalisée, visant à pousser à la dépense ?

                            Connexes avec les thèmes « où est donc la démocratie » et « comment agissent les groupes de pression », soulevés dans cet article, je me permet de rappeler l’existence des textes suivants, publié sur AgoraVox :

                            « Comment contrer les lobbies de toute sorte et comment aller vers la démocratie », lien :

                            http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=28735

                            « La France et l’Union européenne face aux citoyens : comment obtenir la démocratie ? », lien :

                            http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=33505


                            • niko74 niko74 4 janvier 2008 21:51

                              merci pour vos commentaires. J’avoue que je ne connais pas assez Freud pour pouvoir soutenir jusqu’au bout ma phrase. je ne peux prétendre dire que Freud a exactement écrit cette phrase... Ce que je voulais éxprimer à travers cette phrase est qu’une part de son héritage fait qu’on a tendance à croire que l’humain ne serait qu’une vile créature sous l’emprise de bas instincts qu’elle ne peut maitriser, car trop enfouis dans l’inconscient.Or je pense que l’humain, ce n’est pas que ça. J’ai l’impression que monsieur Freud a trop passé de temps avec des gens « malades » et que cela a détein un peu sur sa vision. peut être que je me trompe. en tout cas ses successeurs on bien apuyé la dessus...et cela combiné à l’oeuvre de monsieur Bernays (et des ses acolytes car il était loin d’être seul)n’a pas été forcément très bon pour la santé des « démocraties » qui cherchaient leurs marques.Car il faut le dire si l’homme peut être destabilisé par ses bas instincts enfouis dans son inconscient...et bien peut être faudrait il éviter d’appuyer sur ses bas instincts pour lui vendre toutes sortes de trucs ou le faire voter ici ou la...et laisser faire les choses naturellement...le revers de cette médaille c’est que les « progrès » auraient été plus lents...mais on aurait peut être évité 2 conflits mondiaux et uncarch économique... (est ce que le nombre de vies sauvées par les « progrès » du 20 ieme siècle est supérieur au nombre de vie perdues lors de ces évenements, en incluant les dégats collatéraux...sachant que ces progrès auraient eu lieude toutes façon...mais plus lentement).Je m’égare peut être. :-0


                              • (---.---.10.140) 4 janvier 2008 23:28

                                il me semble que freud etait avant tout un medecin et lorsqu’il parle d’instinct il ne parle surement pas de « bas » instinct. La morale ne peut pas etre son affaire et il n’y a pour un medecin ni instinct bas, bon ou mauvais. Quand au « markéting » il s’agit d’une étude de marché


                                • niko74 niko74 5 janvier 2008 00:49

                                  ok...Désolé si j’ai pu choquer des connaisseurs.Néanmoins je vous propose de pas faire ce que l’histoire a déjà fait : surdimensionner Freud....et en oublier son neveu et les résultances du travail de ce dernier...ça vaut quand même le détour, non ? Cet article parle de monsieur Bernays et d’une partie de son oeuvre. Je cite Freud parceque Bernays était son neveu (ce qui pourrait n’être qu’un détail) , mais surtout parcequ’il entretenait avec son oncle , puis avec la fille de celui ci, une correspondance assez régulière (ce qui , du coup ne peut plus être un détail). Je ne pouvais donc pas le mettre à l’eccart sous prétexte que j’avais peur de ne pas en connaitre suffisamment sur lui. j’ai tenté d’extrapoler un peu, et je constate que c’est un terrain glissant.Comme l’a dit le furtif, j’ai mis un bémol. Restons donc concentrés afin de parer à une chute trollesque sur l’oncle qui je n’en doute point, a déjà fait couler beaucoup d’encre. Merci d’avance. smiley


                                  • herbe herbe 5 janvier 2008 11:38

                                    Chomsky est en effet un penseur intéressant pour approfondir la propagande.

                                    Un autre est Howard Bloom :

                                    http://fr.wikipedia.org/wiki/Howard_bloom

                                    Howard Bloom a travaillé sur le comportement de masse et a produit plusieurs ouvrages qui traitent de la mémétique :

                                    http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9m%C3%A9tique

                                    Dans la mesure ou les idées de Bernays se sont diffusées (forme de viralité) on peut y voir une forme de mème (où de méméplexe)


                                    • ZEN ZEN 5 janvier 2008 14:44

                                      Cet article très important n’a pas eu les visites qu’il méritait...et voilà qu’on le retire ce week-end ! Agoravox est parfois une machine à niveler, qui ne sait pas valoriser ses meilleurs « produits »...

                                      Je viens de relire la préface donnée à Propaganda ( dont la lecture complète est possible gratuitement)>voir le lien plus haut) de N.Baillargeon .Passionnant. Ce bonhomme a presque tout inventé ,génial et inquiétant à la fois, qui avait compris quel usage manipulatoire on pouvait faire de certaines sciences humaines alors en plein développement...Un extrait :

                                      "Mais Bernays cherche également dans les sciences sociales, comme on le pressent dans le passage précédent, une justification (à prétention) scientifique de la finalité politique du travail accompli par le conseiller en relations publiques. Il la trouve dans l’adhésion d’une part importante des théoriciens des sciences sociales naissantes qu’il consulte et respecte à l’idée que la masse est incapable de juger correctement des affaires publiques et que les individus qui la composent sont inaptes à exercer le rôle de citoyen en puissance qu’une démocratie exige de chacun d’eux : bref, que le public, au fond, constitue pour la gouvernance de la société un obstacle à contourner et une menace à écarter.

                                      Cette thèse, à des degrés divers, est celle de Walter Lippmann, de Graham Wallas (1858-1932) ou de Gustave Le Bon (1841-1931), dont Bernays ne cessera de se réclamer, et elle rejoint un important courant antidémocratique présent dans la pensée politique américaine et selon lequel que la « grande bête doit être domptée » - pour reprendre l’expression d’Alexander Hamilton (1755-1804). Cette perspective était déjà celle de James Madison (1752-1836), qui assurait que « le véritable pouvoir, celui que procure la richesse de la nation », doit demeurer entre les mains des « êtres les plus capables » et que la première et principale responsabilité du gouvernement est de « maintenir la minorité fortunée à l’abri de la majoriténote ». Bernays se fait l’écho de ces idées quand il écrit qu’avec « le suffrage universel et la généralisation de l’instruction » on en est arrivé au point où « la bourgeoisie se mit à craindre le petit peuple, les masses ..."


                                      • herbe herbe 5 janvier 2008 16:10

                                        curieux en effet...


                                      • ZEN ZEN 5 janvier 2008 17:17

                                        @ Philippe

                                        Tu vas finir par parler sarkozien, si tu te laisses aller ainsi...


                                      • niko74 niko74 6 janvier 2008 00:55

                                        je ne connais pas trop le mode de fonctionnement d’agoravox, et j’avais repéré cette vague de moins en me demandant ce que cela signifiait.Cette vague de moins a par ailleurs disparue depuis...bref, nous voici au coeur du sujet. smiley

                                        Vous semblez dire que cela pourrait être lié à la disparition de la une. Cela se pourrait il ?

                                        Je veux dire, un article aux commentaires plutôt « moinsé » disparait il de la une de manière automatique, ou bien est ce une intervention manuelle de la part d’av (ou les deux) ? je n’en sais rien...je ne connais pas enore av suffisemment pour juger et mon commentaire restera zen .mais je connais les possibilités de l’internet et des languages qui pilotent des bases de données et vous verrez plus bas dans ce commentaire ou je veux en venir.

                                        Toujours est il que je savais parfaitement à quoi m’attendre en ce domaine, en publiant un article sur un tel média...Car sans aucun doute, selon moi,Agoravox est, entre autres, un outil d’expression d’opinions indexé par adresse ip dont la vocation peut se transformer en autre qu’un média citoyen et une soupape sociale.

                                        Cet outil , qui utilise des logiciels libre , est citoyen certes, mais il y a des espaces publicitaires...d’un autre coté , il y a un contenu varié non soumis à abonnement payant..double tranchant. c’est une soupape sociale qui a aussi pour fonction de prendre la température, et pourquoi pas de repérer des leaders d’opinions en activité ou potentiels. La encore une fonction à double tranchant.

                                        Techniquement parlant, de ce que j’ai pu voir en faisant une brieve analyse de l’interface,et une recherche sur le forum officiel spip, c’est que les « plus » et « moins » sont le seul développement propre à AV, le reste étant une architecture spip standart avec un squelette programmable en moins d’une demi journée(dans le metalanguage spécifique spip), voir déja disponible gratuitement et avec des « plug ins » disponibles gratuitement sur le site officiel spipcontrib. J’en avais fait la remarque sur un fil il y a 2 mois, je crois...à l’époque , en bas de page, on ne trouvait pas l’intitulé "agoravox utilise les technologies du logiciel libre, etc, etc....).cela a depuis été corrigé et c’est la moindre des choses eu égard au travail de titan que spip à demandé pour sa conception et son développement.Merci à Av pour la transparence donc.

                                        pour en venir à la pub et donc à la nécessité d’un financement,une architecture spip, installée sur un serveur dédié capable d’encaisser une charge assez importante , ce n’est pas un investissement de fou...loin de là...Et ça demande ..allez une journée de boulot, habillage graphique compris (je parle de la mise en branle d’un version « beta »)...donc agoravox pourrait être autofinancé par sa communauté sans que cela coute un saladier non plus.et cela pourrait se faire sous un mode association loi 1901...reste à savoir si ça passerait l’épreuve « convocation chez les RG ».Il faudrait aussi des locaux bien sécurisés et des backs up à divers endroits !!!Du coup, peut être que la pub devient obligatoire.

                                        Par ailleurs, je vous rappelle qu’une annonce a figuré pendant plusieures semaines en tête de page d’av (« agoravox recrute »)...les compétences demandées , pour simplifier , étaient....du savoir faire en recoupement complexe de base de données. En gros et en décryptant la liste des compétences techniques requises, savoir programmer des robots qui peuvent scanner par exemple tous les commentaires, en faire des listes de regroupement selon des critères plus ou moins fin ;par exemple par date, par auteur,par adresse ip, par thèmes, par orientation politique, par mots clés (si si c’est possible des robots peuvent analyser cela sans soucis), et en faire plein de choses différentes (s’interconnecter avec un fichier adresse ip-adresse physique par exemple...ah la c’est moins drôle)... Bref construire des bases de données complexes et à haute valeurs stratégiques car interopérables avec d’autres bases de données et d’autres systèmes de gestion de base de données (norme xml)...et les vendre (ou les échanger)ou s’en servire pour permettre aux auteurs et aux utilisateurs de se regrouper par affinité afin de passer à une réelle étape pratique citoyenne (projets, groupes de pression...ah la c’est plus sympa ) ??? le futur nous dira les orientations choisies par ces messieurs dames d’av. Au vu de tous ces éléments, je ne suis donc pas du tout étonné de voir des soudaines vagues de moins qui pourraient , le cas échéant faire disparaitre un article de la « une » sous couvert démocratique (votes que seul un superadministrateur pourrait influer car son mot de passe déverouillerait le cookie qui loge son adresse ip, lui permettant de plusser ou moinsser sans limitation....j’en vois qui fantasment )....et si c’est le cas , et bien je trouve que l’ironie de la situation est assez drôle car nous avons a faire à une élite bienveillante ou non qui « régule » ce qui est le coeur de cet article ...Il sera dur de savoir quelle était cette vague de moins qui a deferlée, puis qui s’est estompée...l’ultime parade étant l’invocation du sempiternel « bug ».

                                        une fois de plus en ce monde complexe et rendu tel par la masse d’informations disponibles et toujours cette opacité par omission qui est le ferment de la suspicion par analogie aux comportements des « grands » de ce monde ; nous devons faire preuve de vigilance. je vois d’ici ceux qui vont penser que je crache dans une bonne soupe....en fait pas du tout car si véritablement les dés sont pipés, celle ci est déjà frelatée. Vous noterez que je dis bien « si c’est le cas », et par la même je reste zen et je suis dans une optique de « présomption d’innocence ». par ailleurs, la mystérieuse vague de moins a été parée depuis vos commentaires....ça se corse donc. l’important étant de savoir quelles sont les connexions des créateurs et propriétaires d’agoravox, leur projet à moyen et à long terme et à quoi ils destinent les résultats du travail de leur (s) employés qui ont été embauchés suite à cette annonce qui est resté 2 ou 3 mois je crois. En tout état de cause que cet article disparaisse de la « une » est bien dommage, certes (la vous allez croire que j’ai la grosse tête), mais je reste confiant sur sa visibilité à d’autres niveaux...car mon métier m’a appris à connaitre les méandres des moteurs de recherche,et je dispose de noms de domaines et de sites internet sur des serveurs que je paie (à la différence des blogs gratuits). Si je vuex faire apparaitre mon article en page de téte google sur une expression spécifique et spécifier qu’il a été supprimé, ça me demandera du boulot, mais j’y arriverai en moins de 3 semaines (c’est mon job). Pas de gros soucis donc, sauf le jour ou cet article sera purement et simplement supprimé d’av....puis de la toile (retrait des résultats de mes sites des moteurs de recherche).

                                        Quand à notre président et ses bouffons, et bien je ne les porte pas dans mon coeur, et hélas pour sa conccurente, c’eut été pareil si elle avait été sous les feux de la rampe....normal...j’ai découvert Bernays et ces condisciples et cela a renforcé une certaine suspicion qui était déja présente instinctivement de ma part à l’egart de leur caste(Mieux, je peux en parler sans complexe et sans la peur de l’étiquette « conspirationniste » car j’ai des arguments) : les politiques,qui sont pour moi les valets de multinationales qui leur ont confié la mission la plus importante : celle de maintenir à tout prix une ambiance de berceuse démocratique en façade, pendant son démantellement en coulisses. Socialistes centristes ou umpistes Certains assument cette mission en toute connaissance de cause, d’autres naivement mais plus ils gravissent les echelons, et plus ils doivent accepter de voir les ordres qui leur sont donnés par leurs supérieurs, ou directement dans des réunions de divers « comités » (bilderberg, commission trilatérale,club de rome etc.) ou l’on retrouve des socialistes, des umpistes qui viennent s’y faire donner des leçons sauces Bernaysiennes très épicées...mais bon, avec du bon vin, ça passe.


                                      • ZEN ZEN 6 janvier 2008 07:46

                                        @ Niko

                                        Merci pour votre commentaire techniquement très pointu. Mais je crains que beaucoup, comme moi, ne comprennent pas tous les méandres des techniques informatiques.J’ai deviné une bonne part de ce que vous vouliez dire, mais certains passages mériteraient d’être formulés plus simplement pour un béotien comme moi, qui utilise son clavier comme son volant de voiture = sans comprendre ce qui se passe sous le capot...

                                        Surtout le passage qui commence par :« pour en venir à la pub et donc à la nécessité d’un financement,une architecture spip, installée sur un serveur dédié capable d’encaisser une charge assez importante... »

                                        Ce qui m’ étonne, comme je l’ai dit plus haut, ce n’est pas la pratique aléatoire de la redistribution de certains articles de la semaine le temps du week-end, c’est son caractère aveugle. Manque d’un outil qualitatif sur AV ou d’une intelligence citoyenne, avec de vrais choix rédactionnels. On devrait placer pour « le temps mort » du WE les articles les plus originaux et/ou ceux qui n’ont pas, pour diverses raisons, comme le vôtre, bénéficié d’une attention suffisante de la part d’agoranautes pressés ou en quête de scoops (par ex sur les dernières aventures de notre chanoine national)

                                        Faire découvrir un homme si important que Bernays relève d’un véritable journalisme citoyen, car cela permet de comprendre, comme vous le soulignez, dans quel monde nous vivons, sans en avoir la claire conscience. Le journalisme, ce n’est pas que l’événementiel...Les faits nous masquent souvent la logique des faits..

                                        Bien à vous.Comment faire pour que cet article soit mieux relayé et ouvert à tous jusqu’à la fin de la semaine ?..


                                      • ZEN ZEN 6 janvier 2008 07:59

                                        @ Niko

                                        Je suis en train de préparer un article sur un autre américain, contemporain, celui-là, qui fait un bon diagnostic des mécanismes du consumerisme qui nous envahissent et effacent peu à peu le citoyen,ses capacités de prise de conscience et de réaction :Benjamin BARBER :

                                        http://www.marianne2.fr/Le-capitalisme-nous-prend-pour-des-enfants-que-nous-sommes-devenus_a81785.html

                                        Il y a aussi les livres de D.Robert Dufour et notamment le dernier :« Le divin marché » et les travaux de Guy Hermet, notamment :« Lhiver de la démocratie »...


                                      • niko74 niko74 6 janvier 2008 12:21

                                        à ZEN : « pour un béotien comme moi, qui utilise son clavier comme son volant de voiture = sans comprendre ce qui se passe sous le capot... »...excellent ! je suis en train de rédiger un article sur l’hydrogène appliqué aux véhicules, avec un epremière partie de vulgarisation sur le moteur 4 temps de nos voitures ! cela dit je m’excuse si mon commentaire est trop compliqué...déformation professionnelle due à trop de temps passer avec des serveurs !!! Bref pour faire simple :
                                        - les sites internets sont hébergés sur des serveurs. Agoravox est un site basé sur une architecture opensource (une sorte de structure toute faite avec les forum, les modules d’enregistrement comme membre, etc, etc.bref, tout est installé « de série » si je uis diire..), c’est à dire gratuite, telechargeabe en 10 secondes, instalable sur un serveur en moins d’une heure, et personnalisable en une journée maximum.
                                        - les vagues de moins qui semblent déferler et refluer selon une volonté mystérieuse sont issues d’un outil ajouté à cette structure et développé, comme par hasard en interne par av. Ilsn’ont pas rendu cet outil disponible sur le site officiel de spip,ce qui aurait été conforme à l’idéeeologie de l’open source.mais bon, ils ont le droit d’agir ainsi. Nous ne pouvons donc que faire des supputations sur ces vagues de moins, sachant que si av reste silencieux à ce sujet, c’est dommage.
                                        - puisque le sujet était abordé , et pour extrapoler sur la volonté de contrôle d’av, j’ai essayé de rappeller qu’av a, semble-t-il embauché (ou en tout ca cherché à embaucher à travers une annonce restée assez longtemps en age d’accueil cet été) un ou plusieurs programmeurs en vue de manipuler les bases de données que sont nos commentaires et nos articles qui, couplés à nos adresses ip sont des données à haute valeur stratégiques si on sait faire des recoupements pointus et pertinents. A haute valeur stratégique pour qui ?

                                        - pour av qui pourrait diversifier ses annonceurs en faisant afficher telle ou telle pub selon les affinités idéeologiques de tel ou tel visiteur (pub « bio » pour les bobos, pub « edf » pour les libéraux, etc...ainsi av aurait un look différent selon la personne connectée. Multiplication des annonceurs = plus d’argent. Affichage d’un annonceur par groupes idééologique=plus de popularité (vous n’êtes pas censé savoir qu’au même moment, la même page que vous lisez ou se trouve une pub « ecolo », s’affiche avec une pub « edf » chez un autre internaute !!!).pourquoi ? parceque dés l’instant ou vous penetrez av, votre adresse ip vous identifie et vous classe...ce classement évolue au fil de vos posts, et s’affine de plus en plus...et tout ça automatiquement, sans aucune intervention humaine.

                                        - pour ceux qui laissent av proliférer , malgrés le fait que les journalistes citoyens mettent souvent le nez ou il ne faut pas, en tout cas la ou les journalistes professionnels s’abstiennent (« on vous laisse continuer, vous nous fournissez des fichiers interopérables avec les notre » qui parle ? les Rg, la DST, la DGSE par exemple, qui en ce moment même envoient des stagiaires au FBI). 2 exemples pas très réjouissants
                                        - pour nous qui pourrions alors être réunis par av en des groupes de travail ou d’action par affinité, ce qui permet d’être efficace sans avoir a tergiverser car les groupes ainsi formés seraient composés de membres déjà convaincus de certaines idées. 1 exemple plutot positif.

                                        je rajoute que varier les verbes d’action afin de rééquilibrer avec les adjectifs (ce qui est l’une des recommandations qu’av a publié très recemment dans son guidedu journalisme citoyen) peut, certes rendre les article s plus ttractifs...et aussi faciliter la progression de robots indexeurs, et l’indexation de données par ces robots de manière pertinente.C’est une supputation qui demande à être confirmée (j’exagère peu être un peu, là, mais a voir)

                                        Av est à doube tranchant et l’équipe d’av se devra, un jour ou l’autre de clarifier la situation sur les sujets que je viens d’aborder, et d’ailleurs, je leur pose ouvertement la question sur le fil de l’article mis en lien plus haut par Philippe Renève. A suivre donc.

                                        En tout cas merci pour vos liens, je ne manquerai pas de les suivre , ainsi que votre futur article.


                                      • Bobby Bobby 26 mars 2008 13:00

                                        Bonjour,

                                         

                                        En effet, je crois que Lippman détenait d’ailleurs plusieurs revues qui ont servi pour la propagande et l’embrigadement militaire pour combattre en Europe... en 1916 ! (si ma mémoire est bonne, il y a bien plus de 15 ans que j’ai lu quelquechose sur ce sujet)

                                         

                                        Excellent article, non moins bon commentaires !

                                         

                                        Bien cordialement

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