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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Elle court, elle court, Gergovie !

Elle court, elle court, Gergovie !

Depuis que Napoléon III a débaptisé l’insignifiant village de Merdogne pour lui donner le nom prestigieux de Gergovie, tout le monde pensait que la cause était entendue. On s’était fait à l’idée que le plateau, qui domine au sud Clermont-Ferrand, était bien le siège de la ville gauloise dont parle César dans ses Commentaires. Eh bien non ! Comme la Gorgone de Corfou, elle court, elle court, sur le réseau internet, elle court, elle court, Gergovie !

Arguant du fait qu’il n’existait pas sur le plateau de sources ou de puits pouvant alimenter en eau une ville gauloise, qu’aucune trace de fortifications ne ceinturait entièrement le plateau et parce qu’enfin, la bataille ne pouvait pas s’expliquer correctement sur ce terrain, Paul Eychart proposa une autre explication de la bataille sur les Côtes de Clermont, au nord de la ville. Cette thèse a séduit nombre de médias au point de s’imposer à une partie de l’opinion, de la même façon que la thèse d’une Alésia en Franche-Comté (voyez le site de l’Institut Vitruve). L’Association pour la sauvegarde des Côtes-de-Clermont-Chanturgue présente sur son site Internet http://www.gergovie.fr un petit film animé et en couleur de cette interprétation de la bataille de Gergovie sur les Côtes de Clermont.

Dans son César et la Gaule, l’auteur, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire des Antiquités nationales, avait écrit en 1990, à la page 288, que la localisation de Gergovie n’était pas assurée... et qu’il ne prennait pas parti. Pour défendre leur terroir, les maires de la région se regroupèrent dans une association du pays de Gergovie (association@ot-gergovie.fr ; http://www.ot-gergovie.fr). Dans leur maison de Gergovie, on y projette sur grand écran l’interprétation traditionnelle de la bataille de Gergovie sur le plateau de Merdogne.

En laissant planer le doute sur la Gergovie officielle, on se rendit vite compte du danger que cela pouvait représenter, non pas pour la crédibilité du site d’Alise-Sainte-Reine qu’aucun archéologue sérieux ne conteste, mais bien plutôt pour la thèse de Bibracte au mont Beuvray chaque jour de plus en plus fragilisée. On lança une campagne de fouilles en se fixant deux objectifs, d’une part confirmer les interprétations de Napoléon III, d’autre part démontrer comment une archéologie moderne et scientifique pouvait redécouvrir l’histoire en allant au-delà des textes, et même en n’hésitant pas à les corriger.

C’est ainsi que des archéologues accrédités auprès du ministère de la Culture et de la Direction régionale des affaires culturelles ont élaboré une nouvelle thèse - extrêmement curieuse et très discutable - d’une Gergovie éclatée à trois oppidum, un oppidum sur le plateau dit de Gergovie, un second sur le plateau de Corent, un troisième à Gondole. C’est dans ce triangle de 7 km de côté que se serait déplacé le centre politique arverne. Je cite : À un habitat de plaine au IIe siècle avant J.-C. réparti entre de multiples villages, se substitue au Ier siècle un regroupement massif, d’abord sur le plateau de Corent, puis sur le plateau de Gergovie qui devient le principal centre de peuplement en Basse Auvergne au milieu du Ier siècle avant J.-C., tandis que Gondole pourrait n’avoir été occupé que brièvement à la période charnière. L’épisode des oppida se clôt enfin avec la fondation d’Augustonometum, nouvelle capitale des Arvernes gallo-romains (cf. http://gergovie.free.fr).

Elle court, elle court, Gergovie ! Car ce n’est pas fini. En 1993, je publie mon deuxième ouvrage intitulé "Histoire de Gergovie". Dans cet ouvrage, j’explique pourquoi je situe la ville gauloise de Gergovie, non pas à Merdogne, non pas sur les Côtes de Clermont, mais sur l’éperon du Crest, à environ 12 km au sud de la ville. Comme l’ont fait mes prédécesseurs, j’explique comment je comprends la bataille de Gergovie, mais autour de la montagne de la Serre. Malheureusement, comme je ne fais pas de fouilles, ni autorisées, ni sauvages, je ne suis pas en mesure de prouver mes dires par des tessons de poterie, d’où la condamnation implacable de ma thèse. A (mes) savantes interprétations, les archéologues (du mont Beuvray) opposent mille faits objectifs (extrait du catalogue de l’exposition de Bibracte "sur les traces de César" site internet http://gergovie.free.fr/).
Et pourtant,
Il y a les textes.

D’abord celui de César dans lequel il fait une description très précise du terrain : la ville du Crest perchée sur son éperon (DBG VII, 36), le plateau plat, étroit et boisé de la montagne de la Serre avec ses deux versants (DBG VII, 44), la distance de 1 800 mètres à vol d’oiseau de la montée jusqu’à la porte de l’oppidum, les lacets de cette route (DBG VII, 46). Cette description est confirmée une première fois par Polyen : une très haute montagne (l’éperon de la montagne de la Serre), sise au bord d’une plaine (la plaine de la Limagne) qui portait Gergovie (Le Crest) à sa cime (sur l’éperon)... un plateau...un versant gauche...un versant droit... une montée au milieu des fourrés. Cette description est confirmée une deuxième fois par le grand seigneur arverne Sidoïne Apollinaire. Le plateau étroit et boisé décrit par le poète, c’est, là aussi, la montagne de la Serre avec ses deux versants qui se redresse en éperon, au Crest (Lettres, tome II, livre II, lettre II et poème XVIII)... bref, un éperon barré.

Il y a la logique, notamment militaire.

Parmi les sites proposés, Le Crest est en effet le seul endroit qui dispose d’une eau abondante, le meilleur endroit pour l’assiette d’une capitale qui veut se défendre et observer la plaine, le seul endroit où l’on peut expliquer correctement la bataille (voyez le site italien Battaglia di Gergovia et certains extraits de mes ouvrages sur mon site internet cité en bas de page).

Et puis, il y a des vestiges qui crient leur authenticité, des murs écroulés à foison, des vestiges de tours, des restes de porte antique qui sont toujours là ou qu’on retrouve dans des vieux dessins ou dans d’anciennes sculptures...

Que faut-il de plus ? Non, vraiment, c’est à désespérer !

E. Mourey, cet article est un extrait de mes ouvrages.

htttp ://www.bibracte.com


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67 réactions à cet article    


  • 6-3 (---.---.49.63) 15 février 2007 12:27

    Habitant justement à l’autre bout du plateau de La Serre, je ne connaissais pas cette face cachée de l’histoire... Intéressant ma fois... je me renseigne... Merci d’avoir porté ces faits à ma connaissance...


    • La mouche du coche La mouche du coche 15 février 2007 13:11

      Cet article est beaucoup plus clair que le précédent du même auteur . La position et les intérêts de chacun sont présentés comme on expose une bataille militaire. Fond et forme coincident : c’est parfait. smiley


    • Emile Mourey Emile Mourey 15 février 2007 13:34

      @ La Mouche

      Bien content de vous retrouver. En effet, j’ai eu peur qu’Agoravox ne publie pas mon article précédent « Bibracte, capitale gauloise » s’il avait été trop polémique. Par ailleurs, il n’est pas dans mon intention d’enlever au mont Beuvray son aura « d’olympe béni des dieux » qu’il a très certainement été, à mi-distance entre Bibracte (le Mont-Saint-Vincent) et Gergovie ( Le Crest). Et puis, dans tout combat, il faut parfois varier de stratégie.

      Amicalement


    • La mouche du coche la Mouche du coche 15 février 2007 14:09

      Oui, j’avais bien senti dans votre précédent article que vous ne disiez pas ce que vous vouliez dire. smiley Vous vous modériez, j’ai cru lire du Finkelstein et Silberman ! smiley Je préfère de loin celui-là.

      Ceci dit vous n’avez pas forcément tort de louvoyer avec la rédaction d’Agoravox. Elle m’a à moi-même refuser un de mes articles, assez polémique d’accord, mais enfin smiley ( pas grave je l’ai publié ailleurs smiley ).

      je crois que je vais me rendre cet été pas loin de l’endroit dont vous parlez ici. Un détour pour voir en vrai tout ce dont nous parlons m’enchantera. smiley


    • Thucydide (---.---.101.8) 15 février 2007 12:37

      On partage votre désespoir, et en même temps, on aimerait comprendre : quelles sont les objections de vos contradicteurs à votre argumentaire ? Y en a-t-il d’exprimées, ou se contentent-ils de ne pas accorder à vos thèses un crédit suffisant pour en débattre ? Ainsi, la tour que nous présente la dernière photo est-elle réellement un vestige d’avant notre ère ? Non seulement sa résistance sur deux millénaires serait une surprise, mais les Gaulois construisaient-ils des édifices si élevés ?


      • Emile Mourey Emile Mourey 15 février 2007 13:18

        @ Thucyde

        A mon avis, aucun doute sur l’ancienneté de cette tour, peut-être même antérieure au Vème siècle avant J.C.. Je sais que c’est difficile à croire. Mais il faut remettre à plat toutes les origines de notre histoire. Il faut comprendre que deux types de sociétés se cotoyaient, une population de campagne que l’on connaît assez bien grâce aux vestiges qu’ils ont laissés et une population noble dont il faut aller chercher les vestiges dans leurs oppidum/capitales, à condition de ne pas se tromper de site et à condition de ne pas les confondre avec ceux de l’occupation romaine ou franque. Lorsque je faisais mes recherches, il y a trente ans, j’ai bien sûr ausculté tous les murs maçonnés au mortier de chaux. J’ai le souvenir que parfois, ce mortier était fiable et qu’à d’autres endroits, il était très dur et à prise rapide.

        Quant au débat, même les journalistes qui ont essayé de l’ouvrir n’y sont pas arrivés. On leur répond seulement qu’il ne faut pas recommencer pour Bibracte et Gergovie la polémique qui a eu lieu au sujet d’Alésia.


      • pierrot (---.---.141.25) 15 février 2007 13:33

        « ...qu’aucune trace de fortifications ne ceinturait entièrement le plateau... »

        Monsieur Mourrey, permettez moi de réagir à cela, juste cela.

        Il ne peut y avoir de traces de fortifications gauloises. Le seul peuple qui construisait en pierre, à cette époque, ce sont les Romains. Les gaulois construisaient leurs habitations en bois, chaumes etc... toutes des matière bio-dégradables.

        Les « seules fouilles » ne pourraient rien rapporter en ce qui concerne les gaulois, si ce ne sont des objets usuels, pas beaucoup d’armes (ils connaissaient la technique de la nitruration de l’acier mais le fer se conserve nettement moins bien que les épées de bronze romaines) ou encore la faïence (technique qu’ils connaissaient aussi parfaitement bien).


        • Emile Mourey Emile Mourey 15 février 2007 13:38

          @ Pierrot

          Merci. Vous avez très bien résumé le point de vue de l’archéologie officielle.


        • pierrot (---.---.141.25) 15 février 2007 13:39

          « Arguant du fait qu’il n’existait pas sur le plateau de sources ou de puits pouvant alimenter en eau une ville gauloise »

          Ce qui réduit à zéro la thèse de Napoléon III. Nos ancêtre n’étaient pas plus stupides que nous au XXIème et lorsqu’une ville était construite, à tout coup l’eau était présente.


        • pierrot (---.---.141.25) 15 février 2007 13:42

          @ Emile Mourrey,

          ...je ne sais pas comment je devrais le prendre smiley


        • pierrot (---.---.141.25) 15 février 2007 13:50

          ...et comme vous êtes un militaire...

          Les épée romaines, quoique qu’en bronze, furent certainement décisives en ce qui concerne la bataille de Gergovie (non pour le siège). Quoique nettement moins résistantes que les épées gauloises, elles étaient surtout plus courtes, ce qui en combat rapprochés était un avantage face aux longues épées gauloises, certes plus solides, avec un tranchant extrèmement coupant, ...mais plus longues et moins maniables dans ce cas de figure. Handicap certain en combat rapproché.

          Si je me souviens bien, César n’a jamais compris pourquoi ils faisaient des sorties (c’est de mémoire, il faudrait que je relise)


        • Emile Mourey Emile Mourey 15 février 2007 14:28

          @ Pierrot

          Vous avez tout à fait raison concernant les épées gauloises et les glaives romains. Les premières étaient conçues plutôt pour des combats individuels alors que les seconds l’étaient pour un combat collectif au corps à corps dans le cadre d’une armée mise sur pied pour être une machine de guerre combattant en lignes de bataille. J’ai expliqué toute cette technique dans mes ouvrages.

          Tant mieux si des fouilles mettent à jour des épées mais - c’est mon point de vue - si leur présence peut prouver une thèse, leur absence ne peut pas l’infirmer. Voyez certains champs de bataille de César dûment identifiés comme celui de l’Aisne, combien d’épées retrouvées ? Aucune.


        • pierrot (---.---.141.25) 15 février 2007 15:42

          « ...si leur présence peut prouver une thèse, leur absence ne peut pas l’infirmer.... »

          Certes, mais si nous allons par là, autant cesser de gloser sur le sujet et devenons romancier. Au moins l’affaire sera claire.

          Pourtant nous pouvons partir du connu et du certain et extrapoler. Lorsque vous dites que l’on ne retrouve pas plus d’épées gauloises que romaines, c’est un fait. Que l’acier se décompose plus vite que le bronze, c’est aussi un fait certain qui a pour avantage d’être premier (au sens de l’argumentation). Et de plus le fait que l’on ne retrouve ni l’une ni l’autre peut parfaitement s’accorder avec les coutumes de l’époque : on récupère tout ce qui est récupérable, comme tribut ou comme utilitaire. (le bronze était particulièrement apprécié, surtout sous sa forme « native ». Pas besoin de mine d’étain, de cuivre...).

          Le seul fil conducteur reste les écrit des anciens, et un parmi tous les autres ceux de César, en tant que témoin direct, qui constituent la seule preuve objective.

          Pour le reste cela tient du Napoleonisme troisième du nom, qui pêche en méconnaissants les plus élémentaires causes.


        • (---.---.30.109) 15 février 2007 16:06

          argh !!!

          « César, en tant que témoin direct, qui constituent la seule preuve objective. » un texte qui peut très bien être une propagande, une preuve objective ! voyons pierrot, non bien-sûr que non même un témoin direct ne peut pas être qualifié d’objectif et encore moins de preuve !

          pour le reste je ne suis pas compétent...


        • pierrot (---.---.141.25) 15 février 2007 16:37

          @ IP:xxx.x70.30.109

          Il serait pour le moin stupéfiant d’attribuer à César les tares des hommes modernes. smiley

          Qu’il glose sur sa propre valeur soit. Qu’il parle de lui-même à la troisième personne soit aussi.

          Mais la troisième personne n’implique à priori qu’une seule chose : le détachement par rapport à soi-même.

          Les intérêts de César, en tant qu’il visait (ou était soupçonné) la royauté sur Rome ne pouvait en aucun cas tenir de l’écrit. Il ne faut oublier que seul les individus constituants son armée pouvait le faire par proclamation. (comme plus tard sous l’Empire et même bien avant l’Empire à Rome).

          Càsar était un guerrier, pas un politique.


        • pierrot (---.---.141.25) 15 février 2007 16:41

          @ (IP:xxx.x70.30.109)

          ...Et en plus je passe à côté. pfff smiley

          Preuves objectives pour nous. Savoir si lui était objectif...il n’y a plus de témoins depuis longtemps. Donc je ne m’y risquerais pas.


        • Emile Mourey Emile Mourey 15 février 2007 16:44

          @ Pierrot

          Il n’est pas dans mon esprit de minimiser l’importance de l’archéologie. Le nombre d’émissions consacrées à cette discipline sur nos chaînes de télévision prouve l’intérêt que nos contemporains portent à cette discipline. Notre pays peut être fier des archéologues qui, à l’étranger,découvrent et mettent en valeur de véritables trésors, j’oserais dire spirituels, car nous révélant ce que nous avons été, en ce moment d’aujourd’hui où nous nous demandons ce que nous sommes.

          Et c’est bien pour cela que je ne suis pas le seul à ne plus accepter cette archéologie bloquée telle qu’elle existe en France. A quoi cela sert-il de dire que les Gaulois n’étaient pas des sauvages comme on le disait jadis si on leur refuse toujours l’usage de la chaux, et donc du mortier et donc de la construction en pierres. Les peuples de la Gaule auraient-ils été les seuls dans le monde antique à ne pas connaître cet usage ? Non, ce n’est pas logique.

          Constructions en pierres donc romaines, constructions en bois donc gauloises est une classification absolument arbitraire qui a faussé toutes les interprétations archéologiques jusqu’à ce jour.


        • pierrot (---.---.141.25) 15 février 2007 16:58

          « Les peuples de la Gaule auraient-ils été les seuls dans le monde antique à ne pas connaître cet usage ? Non, ce n’est pas logique. »

          Evidemment non ! Le fait que les mongols d’aussi loin qu’on les connaissent vivaient dans des « yourtes » n’impliquent pas qu’ils ne connaissaient pas la pierre ou les demeures en pierres. Ce serait un raccourci pour le moins stupide. Il vivaient dans des yourtes parce qu’ils étaient nomades.

          Il n’y a aucune relation de cause à effet entre la yourte et la civilisation. Ils en avaient une de civilisation.

          Ceci est un exemple, car il n’y a aucune commune mesure entre les gaulois et les mongols.

          Ce que nous savons en ce qui concerne les gaulois est que la construction « en dur » ne date que de la période romaine, c’est à dire le moment ou Rome avait « pacifié » la région. Les tribues gauloises, et il faut bien parler de tribues étaient semi-nomades. Ce qui explique non pas leur manque de technicité, mais des besoins autres que ceux de Rome.


        • Emile Mourey Emile Mourey 15 février 2007 17:07

          @ Pierrot

          Merci encore d’exposer ici le point de vue de l’archéologie officielle en disant : Ce que nous savons en ce qui concerne les gaulois est que la construction « en dur » ne date que de la période romaine, c’est à dire le moment ou Rome avait « pacifié » la région. Les tribus gauloises, et il faut bien parler de tribus étaient semi-nomades. Ce qui explique non pas leur manque de technicité, mais des besoins autres que ceux de Rome.

          Il s’agit là d’un malentendu absolument fondamental, d’un dogme qui ne repose absolument sur rien. En plus, tout à fait contradictoire avec d’autres affirmations telles que les Gaulois étaient de bons agriculteurs souvent en avance dans ce domaine sur les autres peuples. Ils chaulaient les terres etc...


        • pierrot (---.---.141.25) 15 février 2007 17:22

          Monsieur Mourrey

          C’est exactement ce que je dis :

          le fait que nous ne connaissons pas, qu’il n’y a aucune preuve concrète, n’implique absolument pas un manque de technicité, de savoir faire ou d’art (au sens du mot « ars » en latin ou « technè » en grec).

          Absolument pas, je le répète. Le fait qu’une thèse soit officielle ou pas, est indiffèrent. Simplement, il faut faire attention, à mon sens, à l’interprétation que l’on donne à certains faits connus, car quoique l’on dise ou pense, ce ne sont que des interprétations. Et tant qu’à interpréter nous ne le faisons jamais qu’à notre aulne, c’est certain.


        • (---.---.30.109) 15 février 2007 17:25

          @pierrot vous fantasmez les auteurs antiques ! ils étaient tout comme nous subjectifs et partiaux !

          et dire de César qu’il était plus militaire qu’homme politique est véritablement absurde ! de gaulle était-il plus militaire que politique ?

          César était un très fin politicien et certainement un bon militaire (l’un allait rarement sans l’autre à cette époque)

          pour ce qui est de l’usage de la chaux et des mortiers, les idées changeront dans le monde archéologique quand des découvertes prouveront qu’ils en utilisaient

          par exemple dans de nombreux ouvrages, on nous montre qu’il existait des contacts à l’âge du bronze avec les pays baltes car on retrouvait des morceaux d’ambre et qu’à l’époque on ne connaissait pas de gisements autres, or l’analyse chimique et la découverte de gisements en france montrent que cette construction était fausse ! comme quoi ce qui est dit n’est pas figé comme vous l’insinuez

          comme pour toute théorie nouvelle il faut des preuves, des preuves !!


        • Emile Mourey Emile Mourey 15 février 2007 17:37

          @ Pierrot

          Il n’en reste pas moins qu’il y a un fossé IMMENSE entre votre représentation d’une Gaule de tribus semi-nomades et ma conception d’une Gaule pré-moyenâgeuse composée de cités florissantes, dotées de capitales fixes bardées de fortifications en pierres solidement maçonnées.


        • pierrot (---.---.141.25) 15 février 2007 17:41

          @(IP:xxx.x70.30.109)

          vous fantasmez les auteurs antiques ! ils étaient tout comme nous subjectifs et partiaux !

          Mais bien sur, enfin ! Les seules choses qui diffères ce sont leurs valeurs, ou mieux encore leurs principes.

          César était un très fin politicien.. J’aimerais assez que vous rappelliez son assassinat dans ce cas. Si c’était un fin politicien, il est sûr que sa fin eut été meilleure, hier comme maintenant.

          Et en ce qui concerne les techniques, il est certain que les gaulois les connaissaient. Seulement, nous, nous n’utilisons jamais les techniques que dans nos besoins fondamentaux ou que nous estimons fondamentaux.

          Un exemple, que certains soient allé sur la lune m’indiffère totalement. Que certaine des techniques qui ont permis cela me soit utiles, ne serait-ce que la couverture thermique (mi-alu, mi-dorée) qui me permet de réchauffer une personne en état de choc m’est utile.

          Qu’en reste t’il ?

          C’est exactement pareil dans ce cas. Dans 2000 ans, que retrouvera t’on de nous. Pas grand chose et certainement pas les écrit du net. Et alors ?

          Cela signiefiera t’il que nous ne connaissions pas le net ou le bétons armé ?


        • pierrot (---.---.141.25) 15 février 2007 17:43

          Emileeeeu !

          Je ne vous parle pas de ma conception, pas plus que la votre...m’enfin.


        • Emile Mourey Emile Mourey 15 février 2007 17:47

          @ Pierrot

          Rectification : entre la conception de l’archéologie française qui a cours actuellement et celle que je propose dans cet article, un fossé ENORME.


        • (---.---.30.109) 15 février 2007 17:58

          @pierrot « J’aimerais assez que vous rappelliez son assassinat dans ce cas. Si c’était un fin politicien, il est sûr que sa fin eut été meilleure, hier comme maintenant. » presque tous les empereurs sont morts assassinés, est-ce pour cela qu’ils étaient nuls ? JFK ou Lincoln n’étaient pas de finc politiciens ? cela ne démontre rien...

          « Et en ce qui concerne les techniques, il est certain que les gaulois les connaissaient. »

          comment pouvez vous en être si sûr ? sinon pourquoi n’avaient ils mis en place des fortifications plus imposantes en pierre ?

          "Seulement, nous, nous n’utilisons jamais les techniques que dans nos besoins fondamentaux ou que nous estimons fondamentaux.

          Un exemple, que certains soient allé sur la lune m’indiffère totalement. Que certaine des techniques qui ont permis cela me soit utiles, ne serait-ce que la couverture thermique (mi-alu, mi-dorée) qui me permet de réchauffer une personne en état de choc m’est utile.

          Qu’en reste t’il ?

          éC’est exactement pareil dans ce cas. Dans 2000 ans, que retrouvera t’on de nous. Pas grand chose et certainement pas les écrit du net. Et alors ?

          Cela signiefiera t’il que nous ne connaissions pas le net ou le bétons armé ?"

          non vous confondez un peu les choses, c’est l’inverse ! dans 2000 ans il n’y aura peut-être plus de trace de béton armé ou de net mais cela ne permettra pas d’affirmer que nous les connaissions ! sinon les celtes ont marché sur la lune il y a 2000ans ! on ne peut rien prouver il n’y a pas de traces, on ne sais pas ! donc il l’ont fait ! c’est un peu votre raisonnement ! on ne peut pas dire quelque chose sans le démontrer, même si cela peut paraître évident sans preuve on ne peut rien dire à part notre ignorance !

          et que notre vision ne soit pas conforme à la réalité est évident seulement elle est conforme à ce que l’on peut prouver ! il faut se soucier des biais et toujours avoir un avis critique sur ce qui est affirmé sans preuve


        • pierrot (---.---.141.25) 15 février 2007 18:17

          Monsieur Mourey,

          Permettez moi de ne pas considérer le fossé, qui n’est qu’un trou.


        • vraitravailleur (---.---.241.9) 16 février 2007 09:31

          A Pierrot

          Absolument faux. César décrit minutieusement les fortifications gauloises en pierre avec des traverses en bois imputrescible comme armature, pour les rendre plus résistantes aux coups de bélier.

          vraitravailleur


        • Emile Mourey Emile Mourey 16 février 2007 10:14

          @ Vraitravailleur

          Très juste. Mais le problème, il est bien là, dans la traduction que l’on fait du texte de César. César précise en effet que les pierres étaient « coagmentis ». Jusqu’à maintenant, on a suivi la traduction de Constans qui parle de pierres encastrées entre elles, ce qui est absolument contraire au sens du mot. Il faut traduire par « pierres cimentées entre elles ». Par ailleurs, cette description que donne César des « murus gallicus » l’a été au moment où il assiégeait la ville de Bourges, ce qui signifie que les murailles de cette ville étaient construites ainsi. Cela signifie qu’il s’agissait d’un type de construction spécifique aux Gaulois, construites à une époque où le pays s’appelait la Gaule. Mais en ce qui concerne la Gergovie de mon article, il est logique de penser que ses murailles ont été construites à la façon des Grecs, donc au temps où le pays ne s’appelait pas encore la Gaule mais seulement le pays des Celtes. Voilà pourquoi, il ne s’y trouve pas de poutrage en bois. Voilà pourquoi elles sont antérieures à celles de Bourges.

          Cet exemple montre bien comment le « tourner en rond » est une spécialité bien française. Comme les archéologues disent que les Gaulois ne connaissaient pas la chaux, le traducteur écrit qu’ils encastraient les pierres entre elles, et comme le traducteur écrit que les Gaulois encastraient les pierres, les archéologues en déduisent qu’ils ne connaissaient pas l’usage de la chaux.


        • pierrot (---.---.141.25) 16 février 2007 10:33

          @ vraitravailleur

          je ne parlais pas du fossé réel ou non. C’estait juste une pointe ironique au mail de monsieur Mourrey (17H47 ) smiley Je voulais dire que le fossé entre la science officielle et officieuse, n’était pas le propos.

          @ Emile Mourey

          Jusqu’à maintenant, on a suivi la traduction de Constans qui parle de pierres encastrées entre elles, ce qui est absolument contraire au sens du mot. Il faut traduire par "pierres cimentées entre elles.

          Ceci est nettement plus intéressant.

          Quand au dernières lignes de votre commentaires. Le processus du serpent qui se mord la queue que vous décrivez est tout à fait vrai.


        • jean-christophe (---.---.123.2) 15 février 2007 13:44

          La seule question que l’on peut se poser, c’est pourquoi ne pas essayer - tout simplement - d’engager un petit chantier de fouilles, histoire de voir... Il y a un précédent célèbre pour ceux qui l’auraient oublié, la découverte de Troie par un gars que tout le mode prenait pour une parfait déjanté, un certain Schilemann... Alors, qui peut affirmer que c’est impossible si personne n’est allé voir... ?! Bref, avant de réfuter, on se prend par la main et hop, on va jeter un oeil (et même deux...)... !


          • Emile Mourey Emile Mourey 15 février 2007 14:14

            @ Jean-Christophe

            Il y a plus de 30 ans que je ne suis pas allé sur le site. A ce moment-là, on voyait encore sur une hauteur d’environ un mètre l’entrée de la porte de l’oppidum que les légionnaires de César avaient essayé d’enfoncer par surprise, sans succès, tout cela pris dans les ronces et le lierre. En 1973, toute la maçonnerie était encore en place puisque G. Fournier en a fait une photographie. Aujourd’hui, il est probable que tous ces vestiges ont disparu. C’est absolument lamentable. J’avais prévenu la DRAC en son temps mais on ne m’a jamais répondu. Faire des fouilles, peut-être. Conserver aurait été bien mieux.


          • Michael (---.---.112.30) 15 février 2007 14:46

            Et si justement c’était les ’gens’ de l’officiel qui les avaient fait disparaître ces fameuses ruines restantes...si dérangeantes pour leur version.

            On est maintenant au courant de si infâmes manips de tous ordres que l’on est en droit de poser la question, c’est même un devoir indispensable.


          • pierrot (---.---.141.25) 15 février 2007 15:53

            @ Michael

            On peut effectivement se poser la question ! Depuis près de 300 ans, on sait que l’histoire « est modifiée » au gré des « idéologies », au gré des « intérêts purement pécuniers » (ne serais-ce que le tourisme) pour ne pas dire que l’homme du XXIème siécle est aussi « crédule » si ce n’est plus que ceux des siècles avant notre ère.

            Personnellement (Monsier Mourrey n’y voyez pas une attaque), indépendament de la connaissance scientifique (je ne dis pas scientiste) qui conjugue exclusivement le verbe « avoir », je continue à me poser la question suivante : qu’est ce que cela peu bien apporter si je conjuge le verbe être.

            Je suis émerveillé au point de vue historique dés lors ou l’ingéniosité et le simple bon sens me rappelle celui que je dois avoir dans le monde qui est le mien. C’est bien la seule leçon que, tout bien considéré, je puisse tirer du monumental corpus de connaissances d’aujourd’hui.

            Ceux d’avant n’étaient pas différend de ceux d’aujourd’hui, la civilisation d’aujourd’hui étant en détriment par rapport à la leur.


          • LE CHAT LE CHAT 15 février 2007 14:50

            merci emile de nous parler de Gergovie , ça nous change de la bataille du 22 avril 2007 que les historiens auront bien du mal à décrypter tellement les programmes des belligérants sont flous smiley

            dommage pour tes recherches que les celtes n’étaient pas un peuple d’écriture et que la seule base est la version sans doute un peu revisitée de la puissance romaine occupante !

            bien à toi , le chat du pays des morins et des atrébates !


            • Emile Mourey Emile Mourey 15 février 2007 17:54

              @ Le Chat

              Atrébates, peuple illustre dont les combattants firent preuve d’un immense courage lors de la bataille de Bavay et de celle d’Alésia.


            • Emile Mourey Emile Mourey 15 février 2007 18:25

              @ Le furtif

              Eh bien, voilà une bouffée d’air pour les archéologues pictons ! Un peuple gaulois picton aussi puissant qui n’aurait laissé aucun vestige gaulois, impossible ! Tout est à réinterprêter. A César, ce qui est à César, aux Gaulois ce qui est aux Gaulois.


            • Larzac (---.---.74.98) 15 février 2007 19:35

              Merci de votre passionnant article. Décidément, la localisation des cités gauloises ont toujours eu un intérêt pour les politiciens régionnaux.

              Cela me rappelle la négation de l’évidence en ce qui concerne la localisation d’Alésia. L’oppidum de Chaux des Crotenay (thèse Berthier) est minutieusement décrit par César... eh bien non ! On continue de parler du site d’Alise Ste Reine... qui bien qu’important, ne soutient pas la comparaison avec le site jurassien.

              encore merci. votre article est une bouffée d’air pur dans ce monde d’inculture.


              • Antenor (---.---.139.27) 16 février 2007 09:10

                Un petit lien pour démonter quelques clichés.

                http://www.boisforet-info.com/bfi2/contenu.asp?art=1748

                En résumé, les Celtes n’étaient pas des semi-nomades, mais vivaient dans des grosses fermes espacées en moyenne de 750 mètres, la part de la forêt était probablement plus réduite qu’aujourd’hui. En gros le mode de vie des habitants d’Europe de l’Ouest ne semble pas avoir fondamentalement évolué de la période celtique à la révolution industrielle.

                Ségusiavement


                • pierrot (---.---.141.25) 16 février 2007 10:40

                  @ Antenor

                  Ou d’ailleurs dans votre lien, je relève :

                  La forêt est malgré tout très présente dans les fermes gauloises du fait de la prédominance de l’emploi du matériau bois.

                  François Malrain : En fait, par négatif, elle est omniprésente. Pratiquement tous les objets usuels de l’époque Gauloise sont fabriqués en bois.

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