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En souvenir de « L’Aide-Mémoire » avec Sandrine Bonnaire & Pascal Greggory

En succédant à Delphine Seyrig & Henri Garcin, Caroline Cellier & André Dussollier, Fanny Ardant & Bernard Giraudeau, Jane Birkin & Pierre Arditi qui firent précédemment les beaux jours du texte de Jean-Claude Carrière, le couple Sandrine Bonnaire & Pascal Gregorry réactualise, au Théâtre de l'Atelier, cette brève rencontre de trois jours au diapason d'une liaison amoureuse qui se cherche dans la conquête affective tout en en redoutant la pérennité.

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L’AIDE-MEMOIRE
photo © Nathalie Hervieux

Ni Pinter, ni Hitchcock comme certains voudraient en ressentir la connotation, la mise en scène de Ladislas Chollat s'essaye au revival seventies en pointant l'exotisme fantasque de l'amour tentant d'investir l'imaginaire du partenaire en le rendant disponible à souhait.

Ce ne serait donc pas tant l'appartement qui serait squatté mais bel et bien la personnalité de son occupant devenant, à son insu, le séducteur séduit par les armes enjôlantes mises en grappin sur son destin.

Tout se passerait donc comme si le Don Juan entraîné à cocher, au fur et à mesure, les cases de son agenda avec les profils féminins de passage dans l'intimité de son cocon, prenait soudain un coup sur la tête en devenant à son tour la proie traquée par le désir de l'Autre.

Et, bien entendu, quand Mademoiselle, la bourreau du coeur au masculin, aurait façonné sa victime au gré de sa satisfaction personnelle, elle n'aurait plus qu'à lâcher prise en laissant désemparé celui qui n'aurait plus d'autre alternative que de se faire hara-kiri.

De toutes évidences, la métaphore et le symbolique sont ici, les chevilles et le ressort de cette aventure galante mise en place par l'auteur avec toute la délicatesse subtile qu'on lui connaît.

C'est donc avec malignité, espièglerie et surtout légéreté que la direction d'acteurs incite les deux comédiens à vivre ces instants de miroir théâtral à l'instar d'un rapport de forces amoureux en plein épanouissement libidinal exhibitionniste.

Tel un poisson dans l'eau, Sandrine Bonnaire semble avoir trouvé ce plaisir indicible de jouer à fantasmer la vraie vie ; quant à Pascal Gregorry, sa composition l'entraîne à faire valoir la complicité intrinsèque de l'arroseur-arrosé.

Tout est bien à l'Atelier pour qui sait voir entre les lignes d'un texte qui doit conserver sa part mystérieuse... et donc inexpliquée.

photo © Nathalie Hervieux

L'AIDE-MEMOIRE - ***. Theothea.com - de Jean-Claude Carrière - mise en scène Ladislas Chollat - avec Sandrine Bonnaire & Pascal Greggory - Théâtre de l'Atelier

 


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2 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 9 avril 2014 09:14

    À l’auteur :

    Vous avez oublié la meilleure interprétation (selon mon goût) :
    Hanna Schygulla & André Dussollier.


    • Theothea.com Theothea.com 9 avril 2014 14:16

      Merci pour cette info !
      Nous avons indiqué les duos principaux concernant des mises en scène théâtrales.
      En ce qui concerne l’interprétation Schygulla - Dussollier que vous avez signalée, il s’agit d’un film de Pierre Boutron en 1984 avec également Pierre Etaix.

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