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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > En toute innocence !

En toute innocence !

Exercice de style*

Vidéo aux couleurs pastelles :

Des douceurs en couleurs.

Prenez quelques mots que vous posez sur la toile ou bien sur votre écran. Confiez les couleurs à la douceur du temps, attendez l'inspiration en retrouvant votre enfance. Quand elle survient, profitez de cet instant fragile, laissez glisser vos doigts sur le clavier ou attrapez votre pinceau. Profitez du silence de l'aube pour assouvir votre passion à moins, c'est votre droit, que vous ne lui préfériez les tourments du crépuscule.

Vous voilà prêt à glisser sur un champ de neige poudreuse, à remonter le cours tumultueux d'une rivière sauvage, à gravir les échelons de votre imagination, à explorer les mystères d'une âme d'enfant, à transcender les douleurs d'une vie d'adulte. Vous avez laissé vos oripeaux à la patère du quotidien, vous entrez dans le monde des légendes, vous suivez le lapin au pays d'Alice à moins que ce ne soit celui de Juliette.

Au commencement étaient les mots ou les couleurs. Chacun fait selon cet énigmatique bourgeon qui devint talent ou folie douce. Vous avez en vos mains ce qu'il faut de douceur pour vous laisser glisser, libre comme l'oiseau sur les contraintes formelles. Du cri enchaîné au râle de bonheur, vous avez rompu toutes les entraves. Vous créez ou du moins croyez le faire !

Vous allez librement à la lisière des espoirs, à moins que vous préfériez la marge des conventions. Vous refusez la réplique, la copie, les faux-semblants et les vrais pastiches. Vous taillez votre voie dans les étoiles, une descente au berceau ou une irruption au verseau font de vous un oiseau de feu. Vous avez perdu la raison le temps de vous perdre en imagination.

Vous brûlez alors d'une flamme incandescente, votre folie créatrice a pris le dessus. Elle s'impose, elle dispose de vous. Quelques admirateurs, agenouillés vous font croire l'espace d'un court instant que vous êtes touché par la grâce. Oubliez cette farce, vous n'avez pas besoin du regard des autres pour faire de votre œuvre un instant d'éternité.

De la page ou de la toile blanche, votre production gourmande a transfiguré le réel. Vous vous pensez créateur à votre tour d'un monde qui ne se fit pas en sept jours. Acceptez pourtant cette subtile présence, souffle divin, esprit malin, inconscient retors ou simple don de la divine providence, ne refusez pas de vous laisser aller à la création. Qu'importe si elle est de guingois, qu'elle manque de caractère ou bien de style, qu'elle se fasse lourde ou empesée. Vous vous offrez ce plaisir rare du sentiment créatif.

Mais soudain l'accusation terrible, le verdict inévitable tombe. Ce que vous pensez sublime, ce que vous espérez merveilleux, n'est que le travail laborieux de celui qui n'est pas à la hauteur de cette folle espérance. Vous vous rêviez Céline ou bien Dali, vous vous réveillez enfant qui a rêvé, adulte qui ne sera que simple amateur appliqué. Le regard des autres est terrible ! Et s'il ne suffisait que du vôtre pour votre seul plaisir ?

Qu'importe, vous poursuivrez inlassablement votre quête. Vous chercherez le chant des sirènes dans tous les coquillages qui vous tombent sous la main. Vous n'entendrez alors que le bruit de la mer, celle où vous jetterez vos messages pathétiques. Sur la grande vague, combien d'autres se bercent de l'illusion d'avoir une parcelle de génie ? Des milliers sans doute, heureux néanmoins de croire, ne fût-ce qu'un instant, qu'ils pouvaient tutoyer les anges. Le naufrage arrivera bien assez tôt ! La réalité est toujours douloureuse.

C'est bien là le seul miracle de la toile, vous vous y retrouvez en toute innocence, vous vous bercez de l'illusion d'être ce que vous ne serez jamais. Ne brisez pas cette douce utopie. Continuez à poursuivre cette impossible gloire. Vous avez votre moment d'extase quand quelque part, dans cette immensité, un écho vous revient. Qu'une seule personne vous ait compris et votre ciel s'éclaircit ...

Innocemment vôtre.

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*J'ai reçu par couriel une lite de mots imposés :

Libre -Transparence -L'enfant - Un champ de neige poudreuse- Le cri enchaîné- Simplicité- L'origine-

Le silence – Une descente au berceau- Le commencement -Un bourgeon- Le silence de l'aube- Blanc-

Le chant -Agenouillé- D'une subtile présence"- L'enfance- Un coquillage- L'accusation- Fragile-

La protestation- Le dessin d'un enfant.

Je vous livre ce billet, à vous de faire mieux ...


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6 réactions à cet article    


  • Muriel74 Muriel74 28 novembre 2012 18:46

    ça commence mal pour moi cet exercice, il faut que je laisse tomber le mental qui associe le coquillage aux perfections des proportions de la nature, au nombre d’or, à la suite de Fibonacci, à cette magnifique vidéo pour écrire que prendre un seau et aller ramasser des coquillages avec ma petite fille me fait retrouver mon innocence, entre donner des perles aux trolls et partager en tout simplicité ....
    Je prends les mots de la liste, je ressort mon vieux porte plume, je dilue l’encre violette (il m’en reste en héritage) et je laisse la subtile présence m’inspirer...mais publier sur agvx jamais
    Très bel article, merci


    • C'est Nabum C’est Nabum 28 novembre 2012 18:59

      Muriel74


      Merci ! Vous avez bien commencé et je crois qu’il y a matière à faire beau billet pour vous aussi.

      Laissez le nombre d’or aux amateurs de géométrie, pour l’écruture, je ne vois vraiment pas qu’on peut en faire.

      J’attends votre texte

      • Brontau 28 novembre 2012 19:13

        Bonsoir Nabum.

         Je vous confirme conteur d’histoires d’eau. Aux lecteurs qui vous aiment d’en rechercher et découvrir les occurrences.

         Dérive libre sur le fil de vos deux photos.

         Grise et blanche comme un fragment de brume ou noire comme une rive, la ligne de partage qui semble interdire le passage entre ciel et eau souligne en fait plus subtilement la totale inanité de cette infraction. Car l’eau n’est pas le reflet du ciel, elle est le ciel, ses couleurs, ses transparences, ses colères, ses mouvances. Elle est le ciel que nous pouvons toucher, sentir, écouter, boire (pas toujours recommandé !), redouter. Par son intercession gratuite et immédiate, nous nageons, naviguons, aimons, rêvons… Dans le ciel.


        • C'est Nabum C’est Nabum 28 novembre 2012 20:49

           Brontau


          Merci beaucoup l’ami.

          J’offre immédiatement votre texte aux deux photographes qui m’ont confié leur cliché

        • Montagnais Montagnais 28 novembre 2012 19:50

          Très beau texte..


          Hé !.. C’est Nabum.. Hélas..

          Si la liste avait contenu « Mélenchon » ?.. for instance, hasard de la providence.. à la petite chance le bonheur..

          - Vous aviez 300 commentaires au compteur à c’t’heure.

          . ;ça y est ? Je l’ai réussi mon petit tour de prestidigitation ? Vous l’avez.. la vision.. ? 

          Quant à mettre Céline et Dali l’un à côté de l’autre, un peu sacrilège !

          Dali est financiarisé à outrance, le parangon de l’art contemporain corrompu. 

          Je relisais votre texte, une mémoire à ne pas retrancher.. que j’avais déjà lu, que je relirai.

          • C'est Nabum C’est Nabum 28 novembre 2012 20:51

            Montagnais


            Qu’importe le nombre de commentaires, je devone ici la qualité et la sincérité. C’est l’essentiel.

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