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Entre chaos et romantisme, Zulawski s’est absenté

Andrzej Zulawski a lutté toute son existence contre la censure, qu’elle soit d’État ou plus indirecte, économique et culturelle. Il vient de nous quitter le mardi 16 février. C’est la triste occasion de rendre hommage à ce cinéaste et romancier du chaos et de la passion, car comme le déclarait Héraclite, c’est la foudre qui dirige le cours de toutes choses.

 

 

 

Son dernier film est sorti en décembre 2015, composant une fidèle adaptation du roman métaphysique « Cosmos », de Witold Gombrowicz, écrivain comme lui polonais, ludique, pessimiste, et génial provocateur ironique. 

Il y est question de la peur d’une forêt sans éclaircie. On y découvre un moineau pendu à un câble. L’endroit est reculé, trop loin de la mer, mais tout de même à portée d’horizon. Lui est étudiant en troisième année, il se rend dans une pension de famille totalement azimutée. Il ne faut pas confondre le beau avec le bien, ni la culture avec l’intégrité. Un air de Lou Salomé sur le fond d’écran Mac, il sera question d’interprétations panoramiques pour traversée déteinte. De déroutes sensorielles pour tentatives bleuissantes. Le réveil se déploie à hauteur d’ivresse, au clair matin d’une jolie bordure océanique. Le Droit Pénal Général est mortel d’ennui. L’arrière saison est froide, il suffit de tousser et cela porte sur les nerfs de l’entourage. Trop de promiscuité télégraphique, qu’importe, un roman commence à s’ébaucher dans l’esprit de Fuchs comme une aire d’envol méchamment verticale qui clignoterait dans son sang. Il veut couper toutes ses connexions virtuelles, histoire de se concentrer, mais il doit faire avec le chaos des autres pensionnaires sautant sans cesse du coq à l’âne. La bouche de catherinette est différente des autres, un défaut qui la rend attractive au final. Dans la chambre nuptiale, le temps s’écoule, les envoûtés sont des entubés, il faut sécher tous les devoirs pour goûter d’une forme de liberté. Le défilement du scénario se déploie dans des allées qui serpentent le long de pensées sauvages. Des hommes en vert approchent sur les écrans, avec des continents lacérés par la famine en incrustation seconde. Toutes les succursales deviennent facultatives, tralala, soupe à l’oseille, cigarettes rosées pour filles légères, la stupidité du désordre comme parure de nuit. Ceci ou cela, l’un avant l’autre, finir tout seul, une bouteille sous le lit, en songeant au mystère des grandes pyramides. Calamités des caprices, geindre à propos de son foie, de ses reins, l’organisation irrationnelle du monde bat son plein, aucun agent d’assurance ne peut en répondre. Gommé par les secondes, les convives de cette retraite faussement littéraire passent en trombe sous les intuitions délirantes de signalisation mythologique, à bord d’un bolide qu’on nomme la folie, et qui laisse une odeur de gaz derrière toutes les journées traversées en mode crash test. Le suprême dévergondage vaque à ses diversions, l’un se prend pour un chimpanzé, broute sa salade, l’autre reluque les plaintes du plafond, s’obsédant sur l’écaillage pas très net des flèches qui pointent toutes vers les hauteurs de l’inconnu. « Combien de signes non réalisés dans l’ordre des choses » ? Du fond des poubelles, l’on pourrait découvrir tant de petites vérités blafardes, autant passer son chemin, à moins de goûter la saveur des rats crevés. Il existe un plaisir de la noyade, pour échapper au rivage des concierges rivés sous le plat des conceptions banales. Le chat prénommé Charlie porte une souris entre ses dents, son poil rend allergique les hôtes. On devise de haches, de vaches, la nuit porte l’espoir loin des oubliettes. La trame qui progresse lentement sur l’écran vise à défaire toute volonté de magie factice. Il n’y est question que de pantins et de marionnettes conscients d’eux-mêmes, et qui ne souhaitent plus assurer leurs rôles respectifs. C’est là que réside leur innocence, dans ce désir de ne plus simuler. Les variations des cadres sont mesurées, moyennement transfigurées par une quelconque transcendance, on se contente d’allumettes phosphorées aux prétentions grotesques de coulures volcaniques. Le pilote derrière les situations mettant en scène des signes bidonnés veut sans doute égayer la population locale, mais cela ne laisse plus qu’un regard-cratère ayant trop scruté le soleil, dardant l’obscurité à la recherche d’une femelle prête à se faire trousser sans rechigner trop longtemps. Pas grand chose en somme. Un encerclement pendulaire palpite derrière l’entreprise de facticité et ses techniciens vont bientôt se mettre au chômage. Car se distraire par l’absurde va un temps. Puis le rien revient.


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2 réactions à cet article    


  • Phoébée 18 février 09:58

    J’apprends sa mort . Il était le réalisateur du film m’a le plus marqué : ’Possession’ que j’ai vu une dizaine de fois.

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