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Eric Legnini - Trippin’

Une chronique n’a point besoin de trainer en longueur quand il s’agit d’aller à l’essentiel. Loin de moi une pensée totalitaire mais ne pas apprécier cet album relèverait de l’hérésie musicale.

Je n’aime pas dire du bien pour dire du bien, chercher les bons points pour mieux faire l’impasse sur les mauvais. Critiquer nécessite souvent un avis partagé, mesuré, mais cet album ne comporte pas de demi-mesure ; et là se niche à mon sens un avantage considérable. Ne boudons pas ainsi notre plaisir et entrons dans le vif du sujet.

Cela fait quelques années que la scène jazz belge propose de très bons musiciens. Le pianiste natif de Huy en fait partie depuis longtemps déjà. La scène internationale est sienne : dans les années 90, il travaille avec le trompettiste Flavio Boltro et le saxophoniste Stefano Di Battista. Ils créent ensemble un groupe qui ne tarde pas à attirer l’attention d’Aldo Romano. Legnini se voit très vite reconnu par les autres musiciens tels les frères Belmondo, Eric Lelann, Michael Brecker, Joe Lovano et d’autres. Il participa au dernier album de Claude Nougaro.

Le présent cd termine le tryptique entamé en 2005 avec Miss Soul, et 2006 avec Big Boogaloo. Soul, groove, gospel, blues, jazz, tous les ingrédients sont réunis pour que le trio déchaine les passions. Le résultat est magique. A la croisée du funk sur trois plages jouées au Fender Rhodes et du trio jazz plus classique sur les douze autres, le swing s’invite naturellement. Cela parait simple, mais seulement d’apparence. La force réside dans cette évidence dès l’écoute mais qui "sous-entend une architecture plus complexe et parfaitement maîtrisée" écrit Guillaume Bregeras dans Jazzman.

Le disque prend la forme d’une boucle et l’envie d’y rester nous tente. C’est le signe d’un renouvellement à chaque morceau. Chaque note est nouvelle, chaque improvisation mérite qu’on s’y attarde. Legnini connait bien le groove made in Orleans mais ne s’y limite pas. Il a raison. Les ballades signées ou non de sa main sont toutes aussi convaincantes et laissent la possibilité à l’auditeur de prendre mieux conscience de sa fine artillerie technique ainsi que de son phrasé.

Le morceau éponyme Trippin’ fait figure d’invitation au voyage, l’énergie commence à monter, entêtante, mais n’atteint pas son paroxysme. On voudrait le réécouter. Diantre ! Quelle injure serait-ce comparé au reste !

De coutume, le chroniqueur s’attele à terminer son récit par la mise en évidence de quelques morceaux particulièrement meilleurs que d’autres ou d’une plage à absolument retenir. Ici l’exercice est périlleux : Rock The Days, Darn That Dream, Casa Bamako, The Secret Life Of Plants, Them That Got... sont autant de prétendants mais on pourrait aisément citer les 15 titres de l’album.

Eric Legnini apparaît plus que jamais libéré, dès lors la prochaine étape est le passage obligé en concert. Cet album gagne à devenir un classique. On ne peut que se réjouir du futur de ce grand homme !


Trippin’, Eric Legnini Trio, Discograph, 2009
N.B. : Une interview intéressante relative à l’album sur rfimusique : http://www.rfimusique.com/musiquefr/articles/110/article_17520.asp

Documents joints à cet article

Eric Legnini - Trippin'

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3 réactions à cet article    


  • Sébastien Sébastien 26 février 2009 07:32

    Je ne connaissais pas cet artiste et vous m’avez donne envie d’en savoir plus ! Dommage simplement que vous n’ayez pas integre un court extrait de l’un de ses titres.

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