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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Etait-ce le temps des mammouths ?

Etait-ce le temps des mammouths ?

La classe ouvrière a-t-elle disparu.... Le temps des occupations est-il révolu ?

Des écrivains nous relatent ces temps de luttes héroïques..... avec nostalgie mais avec un peu d'espoir....

 

JPEG« Mammouth »

roman d'Antonio Pennachi

éditions Liana Levi

195 pages

janvier 2013

18 €

 

 Au cœur de la classe ouvrière

 

JPEGSupercavi est une usine qui fabrique des câbles....

Pendant vingt ans, Benassa a animé, mené toutes les manifestations, occupations, opérations coups de poing, à la tête de « ses » hommes... Il est le dirigeant naturel, respecté et aimé des ouvriers et craint du patron... Tout a été fait pour l'acheter, afin qu'il devienne un bon contremaître et qu'il se taise.

Rien n'y fait.

Au début, avant le choc pétrolier, ce sont les années fastes, « tout est à nous »

A chaque fois qu'une revendication est posée, le combat s'engage et le résultat finit par arriver, positif, malgré la rudesse parfois de l'engagement.

L'Union soviétique est débout, le parti communiste italien encore vigoureux, les syndicalistes et politiques comme Benassa ont l'espoir de construire un nouveau monde avec cette classe montante, la classe ouvrière.

L'auteur nous entraîne dans la vie sociale de l'entreprise, au temps où l'unité syndicale était réalisé et où à la base , au comité syndical, ce sont ceux qui sont en lutte qui décident même si les appareils au-dessus ne sont pas d'accord.

Le lecteur intéressé, capté même, participe aux blocages des routes, aux affrontements avec les automobilistes, pressés de repartir....Qu'importe les risques, on est tous ensemble, on est le socialisme en marche.

Beaucoup d'ouvriers ont eu leurs pères qui travaillaient aussi à l'usine, c'était le bon temps, difficile, certes mais où aucun nuage noir ne s'annonçait.....

« C'était un bon père, disait Cesare. Il ne nous a jamais fait manquer de pain, de taloches, ni de lait. Non, pas un seul soir. »

Les temps deviennent plus difficiles, la crise s''installe avec la concurrence internationale, l'automation....Malgré tout, l'usine résiste et des combats qui devaient se solder par un échec réussissent à faire reculer les échéances.

C'est ainsi que Benassa entraîne les troupes vers une centrale atomique....Il s'agit de se faire connaître en espérant que la police viendra pour s'opposer aux ouvriers en colère, on ne va quand même pas pouvoir entrer !?....Eh bien non, ils vont occuper une centrale non surveillées et il leur faudra attendre plus d'une heure 30 avant d'apercevoir des képis.

Tout à une fin, ou presque....Benassa est convoqué par le nouveau patron-un de plus- une proposition lui est faite....Va-t-il accepter l'offre qui lui est faite, sans se renier, ni décourager ses compagnons ?

Le drapeau rouge semble remisé, les temps ont changé, le patron ne veut plus de cet « empêcheur », les syndicats aimeraient bien négocier en paix sans avoir à gérer Benassa.... Lui même en a assez.

 

Le style de l'auteur est incisif.... L'atmosphère chaleureuse du milieu ouvrier et de l'usine en perpétuelle effervescence est décrite avec goût et humour....

 

Jean-François Chalot


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6 réactions à cet article    


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 11 mai 2013 10:59

    Un roman dont les héros ne sont pas des bourgeois, cela change ! Mais pourquoi faut-il chercher cette littérature en Italie ?


    • viva 11 mai 2013 12:35

      Excellente remarque Monsieur Mourot.


      Il est interressant que la notion d’ouvrier à quasiment disparue. Ne faut il pas plutôt parler de prolétariat ou de salarié un prolétaire est un salarié.

      Il n’est pas non plus évident qu’un ouvrier appartienne à la classe des salariés les plus démunis. Les travailleurs défavorisés sont plus certainement dans les bureaux et dans les magasins que dans les usines.

    • La mouche du coche La mouche du coche 11 mai 2013 17:31

      Je n’aimerais pas être à la place de l’auteur qui défend des gens qui n’existent plus. Qui connait un ouvrier ? Je vais pleurer sur la disparition des maréchals-ferrants, tiens. smiley


    • viva 11 mai 2013 12:39

      je voulais dire il est interressant de constater que la notion d’ouvrier à quasiment disparue.



      plus grand monde ne se sent concerné lorsque l’on parle d’ouvrier

      • jaja jaja 11 mai 2013 13:13

        La nouvelle donne qui permet au prix de la sur-exploitation de celles et ceux qui bossent de maintenir le taux de profit des capitalistes exige un combat que le syndicalisme classique seul ne peut plus remplir. Aussi les « durs » comme le syndicaliste de ce roman sentent bien qu’ils sont devant un mur qui nécessite de nouvelles formes d’action et surtout de coordination entre les différentes usines pour réussir à faire converger les luttes. Le fameux « tous ensemble » souvent scandé dans la rue mais jamais réalisé par les Confédérations qui s’en méfient comme de la peste.

        Dans une période où les régressions sociales et la baisse réelle du pouvoir d’achat s’enchaînent il faudrait un mouvement dur et d’ensemble pour faire reculer le patronat.

        Sans paralyser totalement l’économie en bloquant toutes les entreprises rien de fondamental ne sera obtenu. Et cela les ouvriers l’ont bien compris. Les grèves d’une journée dite d’action ne sont qu’une perte de salaire sans espoir d’obtenir quoi que ce soit... Que les Confédérations syndicales s’obstinent à ces formes « d’action » obsolètes ne peut se comprendre que par leur volonté de faire semblant.

        Même pas foutues de mobiliser en masse contre les interpellations policières de grévistes usant parfois de légitime violence contre les biens patronaux ou séquestrant leurs exploiteurs....

        Dans la situation que nous connaissons le retour de la classe ouvrière, aujourd’hui muette sur la scène politique, ne se fera que par une nouvelle explosion sociale.

        C’est un mai 68 qui réussisse qu’il nous faudrait !


        • asterix asterix 11 mai 2013 17:57

          Faut une autre lutte finale, y’a plus de communisme à la papa.
          Les usines sont délocalisées au Bengladesh.

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