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Exile on main street : la séduction tardive d’un album addictif

Mal aimé à sa sortie, Exile on Main Street est devenu un mythe à part entière... Trente huit ans après sa sortie initiale, il vient témoigner d’un art de la réalisation musicale en voie de disparition : live !!!

Exile on Main Street… Le meilleur album des Stones ? J’entends ce refrain régulièrement, répétitivement, inlassablement. La sortie du bel opus sous forme remastérisée a relancé le débat. Nombreux sont les critiques musicaux à estimer que ce fourre-tout magistral, cette série chaotique de rock nerveux, ce maelström sonore représenterait l’apothéose des cinq garçons. L’album est classé en huitième position du classement des meilleurs albums de tous les temps publié par le magazine Rolling Stones en 2003.

À première vue… Comment ne pas demeurer sur la réserve. Si le pouvoir séducteur de Exile on Main Street est indéniable encore aujourd’hui, si l’on se sent irrémédiablement attiré par cette collection bancale, l’on cherche en vain les moments inoubliables, les quelques secondes ou minutes où les Stones sont tutoyé le génie solaire.

À cet égard, Sticky fingers, l’album qui a précédé Exile semblerait un meilleur candidat au sommet du podium. Un morceau se distingue entre tous, l’indescriptible « Can you hear me knocking ». La quintessence du génie stonien est là : le riff d’acier de Keith, les accents r’n’b de Mick, une batterie trempée dans le swing et surtout, Mick Taylor livre le solo le plus inspiré de sa carrière et sans doute l’un des beaux de l’histoire du rock. À lui seul, « Can you hear me knocking » fait entrer Sticky Fingers dans les albums de légende. Mais l’on y trouve aussi des perles telles que le country rock « Wild horses », le blues à l’ancienne « You gotta move », le hit « Brown sugar »… Avant tout, Sticky Fingers est une terre de contraste, avec des accalmies précédant la fougue, et des émotions fortes comme lorsque l’orgue entame une soudaine plainte au milieu de « I got the blues ».

Autre prétendant à la place suprême, Let it bleed est un monument qui ne cesse de se bonifier avec le temps. Là encore, la créativité de Keith Richards brille de mille feux dans l’introduction de « Gimme shelter » tandis que les voix féminines qui rejoignent Mick donnent la couleur du nouveau son Stones. Ici encore, la variété sonore est de mise et l’on passe du bastringue de « Country Tonk » au rock vif et enlevé de « Live with me » avec en fin d’album, une véritable apothéose : « You can’t always get what you want ».

Une année plus tôt, nous avons Beggar’s Banquet, autre terre de contraste qui aligne les morceaux truffés de surprise, Keith Richards ayant alors découvert la guitare country picking auprès de son ami Gram Parsons ex-Byrds : « Dear Doctor », « Prodigal Son »… Et comment oublier que l’album s’ouvre par le prodigieux « Sympathy for the Devil ». Et en guise de finale, « Salt of the earth » a des accents épiques.

Et puis l’on se ravise progressivement. Il se trouve qu’Exile on Main Street revient inlassablement à l’écoute, que l’on se sent comme obligé de le jouer et le rejouer. Surprise : l’album paraît encore plus séduisant en 2010 qu’en 1972. Et l’on ne cesse de le redécouvrir, d’en explorer inlassablement les méandres. C’est bel et bien un disque majeur, qui était loin d’avoir livré toute sa saveur, un digne prétendant au panthéon du rock.

Que s’est-il passé ? Remontons le temps… En avril 1970, les Beatles se sont séparés et de nouveaux groupes s’imposent tels Led Zeppelin. Grâce à leur force scénique et la vigueur de leurs nouveaux morceaux, les Stones sont parvenus à résister à la vague. À présent, ils sont communément appelés « le meilleur groupe de rock du monde »…

En revanche, les choses se gâtent au niveau personnel. Les Stones ont demandé à un de leurs amis, le Prince Rupert Lowenstein de jeter un œil sur leurs affaires. Celui-ci a examiné leurs comptes et découvert un fait ahurissant : Allen Klein, l’homme qui était en charge de leur gestion les a escroqués. Les Stones ont un arriéré d’impôts non réglé d’une telle ampleur qu’ils sont ruinés ! Pire encore, Klein a accaparé les droits d’éditions des chansons sorties jusqu’alors. « Satisfaction », « Jumpin’ Jack Flash » et autres « Lady Jane » sont devenus la propriété de ce comptable new-yorkais !

Que faire en attendant que la justice règle les choses ? Lowenstein conseille aux Stones d’émigrer en France. S’ils y vivent une partie majeure de l’année, ils pourront échapper au fisc britannique. Les Stones décident de suivre ce conseil et partent vers la Côte d’Azur. Charlie Watts et Bill Wyman ont la sagesse d’acquérir des propriétés. Moins avisé, Keith Richards loue une villa du nom de Nellcote à Villefranche-sur-Mer. Mick Jagger, pour sa part, a d’autres préoccupations : il est sur le point de se marier avec le mannequin Bianca Perez Morena.

En avril 1971, les Rolling Stones ont signé un contrat avec Atlantic Records, une maison de disque qui a auparavant accueilli des légendes du calibre de John Coltrane, Aretha Franklin et aussi le groupe britannique Led Zeppelin. L’album Sticky Fingers sort le 23 avril chez Atlantic Records et très vite, il grimpe à la première place des charts américains. Il n’est toutefois pas question de chômer : Ertegun le patron d’Atlantic veut un autre album pour le printemps de l’année suivante.

Durant le mois de mai, Mick Jagger et Keith Richards se mettent en quête d’un studio français qui pourrait favoriser l’enregistrement du nouvel opus - une ferme dans les montagnes serait un cadre idéal. Ils étudient maintes possibilités sans parvenir à la fameuse satisfaction. Le sud de la France ne paraît pas adapté au type d’enregistrement souhaité.

Une idée émerge : deux ans plus tôt, les Stones ont dépensé 65 000 livres pour faire construire un camion dédié à l’enregistrement, ce qu’ils appellent leur studio mobile. Il a déjà servi à l’enregistrement de quelques morceaux de Sticky Fingers dans la résidence anglaise de Mick Jagger. Pourquoi ne pas rapatrier ce studio en France ? Il reste à trouver l’endroit adéquat. La cave à vin de la résidence louée par Keith Richards apparaît comme le lieu approprié : dans ce local sans le moindre attrait il serait possible d’y loger tant bien que mal les musiciens. Une fois que la chose a été convenue, il ne reste plus qu’à informer la compagne de Keith…

« J’ai regardé Anita et je lui ai dit : ‘hey, babe, il va falloir que nous gérions la chose !… » a raconté Keith Richards.

Le camion d’enregistrement mobile arrive à Villefranche sur Mer le 7 juin 1971 et la gestation de l’album démarre dès la deuxième semaine de juin. Elles se déroulent le plus souvent de huit heures du soir jusqu’à trois heures du matin.

Le producteur Jimmy Miller et l’ingénieur du son Andy Johns opèrent depuis le camion qui est stationné à l’extérieur de la villa avec un système d’interphone. Très vite, de nombreux problèmes sont rencontrés. En raison de l’humidité qui s’accumule dans la cave, la batterie sonne de manière peu claire et les guitares ont tendance à se désaccorder.

Charlie Watts, qui vient de s’installer en France, doit traverser Nîmes et Aix-en Provence avant d’arriver à Villefranche-sur-Mer. Comme il n’y pas encore d’autoroute, le trajet lui prend près de sept heures sur de petites routes. Il décide assez vite de loger à Nellcote, le temps d’achever l’enregistrement.

Du fait du manque de place, Nicky Hopkins peut se retrouver à jouer du piano dans une pièce, Bobby Keys effectue son solo de saxophone dans le couloir tandis que Charlie Watts et Bill Wyman enregistrent la rythmique, chacun dans une cabine de brique séparée. Pour se caler, Richards observe les baguettes de Charlie qui dépassent régulièrement de l’emplacement où il installé sa batterie ! L’exiguïté des lieux rend difficile d’entendre distinctement ce qui est joué et la chaleur est souvent insupportable. Tandis que certains enregistrent, d’autres s’amusent ou dînent lorsqu’ils ne sont pas simplement affalés dans un coin. Anita Pallenberg a la lourde charge de servir à dîner aux musiciens et aux nombreux visiteurs qui s’agglutinent 

Ce qui ne facilite pas le travail en groupe, c’est que Mick Jagger après être parti en voyage de noces avec sa dulcinée, effectue de fréquents allers et retours à Paris afin de prendre soin de Bianca, qui connaît une grossesse difficile. Lorsqu’il émerge de sa torpeur, Richards se met à déplorer que Jagger ait souvent à s’éclipser d’urgence, notamment en des moments où une certaine magie s’installe entre eux. En réalité, Jagger déteste l’inactivité qui peut régner au milieu des soûlards et junkies dans la villa de Nellcote. Bien souvent, un des Stones manque à l’appel au moment où un morceau doit être enregistré et il arrive donc que Mick Taylor assure la basse ou même que le producteur Jimmy Miller tienne la batterie.

En octobre, Jagger récupère les bandes et décide qu’il vaut mieux que le mixage soit effectué très loin de Nellcote. Interrogé sur son contenu, Jagger semble déplorer que les Stones ne soient pas allés plus loin :

« C’est un album très rock’n’roll et c’est une bonne chose. Dans le même temps, je suis très lassé du rock’n’roll. Il est bon d’explorer… »

Jagger passe plusieurs mois de décembre à février au studio Sunset Sound de Los Angeles puis en mars 1972 dans un autre studio de la même ville, le Wally Helder. Les Stones ont gravé une trentaine de titres et il paraît difficile d’en écarter les deux tiers. Il est donc jugé opportun de sortir un double album. Le titre de l’album fait référence au fait qu’ils sont comme en exil, étant partis pour la France.

Lors de sa sortie en mai 1972, l’album Exile on Main Street essuie la morve de nombreux critiques et les ventes initiales sont relativement décevante. Un seul single est extrait de l’album, le brillant « Tumbling Dice » assorti du très beau « Sweet Black Angel » dédié à l’activiste Angela Davis. Jagger lui-même demeurait mitigé à l’égard de Exile on Main Street estimant qu’il comporte peu de chansons individuellement bonnes et il s’avouait surpris de l’adulation que l’album a développé — il considérait que Beggar’s Banquet et Let it Bleed était de meilleurs disques, dans la mesure où ils sont plus compacts. Richards se montrait plus élogieux, jugeant qu’il s’agissait de l’une de leurs meilleures prestations, et que la mauvaise qualité sonore de ce disque préfigurait d’une certaine façon le grunge !

Pourtant, au fil des années, les journaux de rock ont modifié leur attitude et commencé à chanter les louanges de Exile on Main Street. Progressivement le disque a été jugé comme l’un de leurs sommets et s’est mis à côtoyer les inévitables Sgt Peppers (Beatles), Highway 61 Revisited (Dylan) ou Pet Sounds (Beach Boys) dans les classements des meilleurs albums de tous les temps… La réédition de l’album a été fêté par les médias de tous poils et les ventes ont suivi : Exile a notamment atteint la position n°1 des ventes en Angleterre en mai dernier, il triomphe un peu partout, enrichi par la présence d’un album supplémentaire de dix chansons.

Dans une interview donnée en 2003, Mick Jagger disait qu’il adorerait pouvoir retravailler sur Exile car, disait-il, « c’est l’un des mixages les plus déplorables que j’aie jamais entendu  ». C’est ce nouveau mixage que nous avons aujourd’hui et quelque chose s’est transformé…

L’on réalise peu à peu que nous avons bel et bien affaire à l’un des monuments de la musique. Comment expliquer que le mal aimé ait ainsi opéré une mutation ? Quatre explications viennent à l’esprit, et chacun vient compléter l’autre.

La première est de nature pratique. Exile on Main Street était originellement un double album et donc divisé en quatre faces, très inégales. Si la première était excellente, la troisième, à l’exception de « Happy » pouvait laisser sur sa faim et de même pour la quatrième face, qui se termine fort curieusement sur un morceau dénué d’intérêt ¾ « Shine a light » eut été plus approprié. Or, Atlantic a eu l’excellente idée de placer ces 18 titres sur un seul CD. L’on récolte ainsi plus d’une heure ininterrompue de musique des Stones, Mick et ses compères explorant des territoires fort divers du rock au country en passant par le gospel. Avec une écoute d’une seule traite, Exile on Main Street se laisse déguster avec délice. Mieux encore, Exile est une globalité, davantage qu’une suite de chansons qui se distingueraient individuellement. C’est un album à considérer comme tel.

Le second point est tout aussi lié à l’évolution de la consommation de la musique. De nos jours, l’iPod et ses confrères ont imposé un mode d’écoute prioritaire : le casque aux oreilles. Or, dans ce mode, Exile fait l’objet d’une véritable redécouverte. L’on découvre mille détails : les solis que tricote le frêle guitariste Mick Taylor, les interventions de Nicky Hopkins au piano, les saxophones de Bobby Keys… Exile était fait pour une écoute au casque et il est sorti à l’époque des chaînes stéréos.

Le troisième point est qu’avec le recul, les albums à la Exile sont devenus trop rares, sinon inexistants. Les Stones étaient et demeurent un groupe qui enregistre « live ». Une amie qui a surpris le quintette dans les studios Pathé Marconi me l’a raconté. Jagger, Richards et leurs acolytes ne sont pas un groupe de studio au sens où on l’entend aujourd’hui. Les Stones répètent un morceau inlassablement jusqu’à obtenir une prise digne de figurer sur l’album. Exile est donc un album live, incroyablement vivant, dénué d’effets, de trucages. Et ce qui est rare est cher.

Enfin, le quatrième point concerne le « son » et semble valider ce que disait Richards. Exile est sorti à une époque où la plupart des albums de progressive music disposait d’un son léché, clair, avec chaque instrument bien détaché. C’était le cas des disques de Genesis, de Pink Floyd… Enregistré à la maison, Exile a un son brouillon, brut, fouillis et sauvage. À se demander ce qu’il venait faire à cette époque. Plus de trente ans ont passé et ce son ne surprend plus, il s’est banalisé avec le punk ou le grunge. Il demeure une incroyable énergie, une folle vitalité, quelque chose qui s’apparente à un feu d’artifice rock.

Le résultat est là et l’on se surprend à ne plus pouvoir décrocher. Et puis, Exile vient avant tout certifier une chose. S’il apparaît plus que probable que le meilleur groupe de tous les temps s’appelle les Beatles, l’on pouvait encore et toujours ergoter sur la deuxième position du podium. Et les prétendants s’alignent. Led Zeppelin, U2, les Beach Boys, Radiohead ?… Il semble que les Stones demeurent les mieux placés de par leur fabuleuse maîtrise de l’idiome blues et la présence de deux légendes dans un même groupe : Jagger et Richards…


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12 réactions à cet article    


  • Gollum Gollum 28 juin 2010 13:44

    Ma préférence : Paint it black que je réécoute régulièrement après tant d’années...


    Sur le classement on peut discuter entre Beatles et Stones... Pour moi c’est clairement les Stones

    En 2 : Led Zeppelin..

    Bon, avis personnel sans grand intérêt, j’en conviens... smiley

    • Danic Daniel Ichbiah 28 juin 2010 14:40

      Au niveau des compositions et de la qualité des albums, les Beatles sont probablement les plus forts. Les Stones l’emportent sans souci sur la longévité.


    • Clojea CLOJEA 28 juin 2010 14:39

      Les Stones, intemporel et superbe. Merci pour cet article précis. A quand un article sur Pink Floyd, qui reste pour moi le must de ces dernières années ??


      • Danic Daniel Ichbiah 28 juin 2010 14:42

        Il faudrait demander à Jean Michel Oullion auteur d’un beau livre sur le groupe !


        • roujan 25 septembre 2010 20:12

          Cool, l’article...De toutes les manières, la période 68/72 des Stones est bénite. Tous ce qu’ils ont fait pendant ces années là est excellent à mes yeux.
          J’apprécie même les trois albums suivants « Goats Head Soup », « It’s Only Rock’Roll » et « Black And Blue »

            

          • Danic Daniel Ichbiah 26 septembre 2010 08:59

            Personnellement, j’adore Black and blue et je le trouve très sous-estimé. En revanche, je trouve que les deux autres albums que tu cites sont fort inégaux. Si je devais faire un Top 5 de leur création, ce serait probablement :

            1. Sticky Fingers
            2. Beggar’s Banquet
            3. Let it bleed
            4. Exile
            5. Black and blue

            Cela dit, les 2 premiers albums sont des chefs d’oeuvre absolus. Du blues authentique, aucune firme, aucun effet de manche. Les Stones à l’état pur.

            Hélas, le dernier grand album est « Some girls » et cela remonte à 1979 ! 31 ans que l’on n’a plus rien eu de fantastique à se mettre sous la dent. « Voodoo lounge » était assez bon mais pas vraiment historique. « A bigger Bang » est assez vite ennuyeux.

            Ce qui est dingue, c’est que j’ai leurs divers albums mais j’écoute avant tout les 5 cités plus haut. « Aftermath » a aussi de grands moments, mais certaines parties ont vieilli, dommage...

            • roujan 26 septembre 2010 15:32

              Je crois vraiment au caractère autobiographique des chansons, des albums. Les albums correspondent à une période de la vie d’un groupe, et donc forcément ils sont différents. L’ambiance tourmenté, triste, déprimé, révolté, (haineuse ?), glauque que l’on ressens dans l’album « Let It Bleed » n’est pas étonnante quand on sait ce qu’avait connu le groupe l’année précédente mais aussi au moment de l’enregistrement de cet album. Mais lorsque les Rolling Stones enregistrent « Goats Head Soup » quelques années plus tard, ils sont dans une autre ambiance, et bien sur ça se sent à l’écoute de cet album. C’est pour ceci que je n’aime pas vraiment comparer les albums entre-eux, mais plutôt les prendre tel quel. A l’écoute de « Goats Head Soup », les Stones semblent reposé, davantage lucide, l’album n’est vraiment pas tourmenté, ça pue pas la crasse comme sur « Let It Bleed », il est davantage léché, on sent qu’une page est tourné et c’est peut-être une des raisons pour lesquelles « Goats Head Soup » n’a jamais eu la notoriété d’un «  »Let It Bleed« , album ou les Rolling Stones étaient dans l’oeil du cyclone. Peut-être aussi parce-que sur »Goats Head Soup« il n’y a pas vraiment de grand morceaux comme sur »Let It Bleed« , ( »Midnight Rambler « ), mais enfin les chansons de »Goats Head Soup« sont-elle pour autant mauvaise ? Personnellement, aucune ne me dérange, je trouve qu’elles vont bien. Mais au fait pourquoi ai-je dit que sur cet album il n’y avait aucune grande chanson ? »Angie« est un morceaux qui va bien et son interprétation vocale par Mick est tout simplement excellente. Oui mais voilà, c’est les Rolling Stones, The Greatest Rock’Roll Band In The World, et certains considèrent qu’il ne faut surtout pas parler de leurs ballades.
              C’est domage, car les Rolling Stones ont fait d’excellentes ballades.

              Album »It’s Only Rock’Roll«  : Avec l’intro »If You Can’t Rock Me« , on retrouve le suc Stonien, avec un Mick Jagger hautain, rageur, tellement rageur que la bave semble dégouliner de ses lèvres à chaque fin de phrase, et même si ce n’est que du Rock’Roll comme ils le disent si bien sur leur composition suivante, putain que ça fait du bien. Et même si la bave a disparue sur »Dance Little Sister« , ce Rock va bien. Et que dire de leurs deux ballades,  »Till The Next Goodbye« et surtout » Time Waits For No One". Non, je pense que ces deux albums vont bien, mais comme c’est les Rolling Stones les gens exigent d’eux des quantités illimités de chefs-d’oeuvre sur chacun de leurs albums.
               

               


            • Danic Daniel Ichbiah 26 septembre 2010 19:22
              Cher Roujan,

              Lorsque l’on aime un album, il existe des arguments objectifs mais aussi de nombreux arguments subjectifs. C’est souvent lié au fait qu’il fait résonner des choses chez soi-même

              . Ainsi, Beggar’s Banquet me séduit à cause du jeu de guitare de Keith Richard qui a rarement été, à mon sens, aussi intéressant - il venait de découvrir la techique du picking que lui avait enseignée son ami Gram Parsons des Byrds. (Il se trouve que je suis guitariste à mes heures et que j’étais proche de Marcel Dadi de son vivant. Je m’occupais de la lettre de son fan club. Et comme vous le savez sans doute, Marcel Dadi a « importé » le picking en France)

              De même, Let it bleed, est un album qui me séduit car il représente la période « country rock » des Rolling Stones : Ry Cooder à la slide, Irvin Berlin au violon, etc. Guitaristiquement, « Gimme shelter » a une introduction super intéressante, extrêmement originale. Et dans « You’ve got the silver », Richards est épatant.

              Sticky fingers est l’album où Mick Taylor brille de mille feux. « Can you hear me knocking » est un des plus beaux solos de l’histire du rock.

              Black and blue est sans doute l’album le plus intéressant des Stones au niveau des guitares. Il comporte des interventions de plusieurs guitaristes extérieurs au groupe et venus montrer ce qu’ils savaient faire. C’est à mon sens le dernier album « original » des Stones au niveau du son.

              Avec ce point de vue, qui en vaut un autre, Goat’s head soup et it’s only rock’n’roll apparaissent comme des albums décevants. Maintenant, si vous les aimez, vous les aimez, et point final. 

              • roujan 26 septembre 2010 20:10

                "Lorsque l’on aime un album, il existe des arguments objectifs mais aussi de nombreux arguments subjectifs. C’est souvent lié au fait qu’il fait résonner des choses chez soi-même« 

                Oui tout à fait, j’ai parfaitement conscience que  »Goats Head Soup« et  »It’s Only Rock’Roll« ne sont pas fondamentalement des grands albums, mais pourtant quand je les écoutes, il ne me pose aucun problème...et même je les apprécient....bon faut voir que j’aime les Rolling Stones...mais je me pose cette question essentielle....je n’aimerai pas aussi les Rolling Stones parce-que  »Goats Head Soup« et  »It’s Only Rock’Roll" ? (lol)


                • Danic Daniel Ichbiah 26 septembre 2010 20:53

                  Je ne sais que dire. Honnêtement, ces deux albums je les écoute pratiquement jamais...


                  • roujan 28 septembre 2010 17:49

                    Salut Daniel...il me semble qu’après l’album « Let It Bleed » le coté « brumeux » du groupe a disparu.
                    « Sticky Fingers » est propre en comparaison de « Let It Bleed ».

                    Par contre, j’aimerais savoir ce que tu penses du solo de Mick Taylor sur la chanson « Time Waits For No One »

                    http://www.youtube.com/watch?v=g7BqdaFLfO4


                    • Danic Daniel Ichbiah 30 septembre 2010 09:21

                      C’est un bon solo, verbeux, cristallin, bien dans l’esprit de la chanson. Je pense qu’il aurait toutefois pu se lâcher davantage.

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