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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Faites-nous l’amitié d’écrire...

Faites-nous l’amitié d’écrire...

A propos de « Elle traverse la place en diagonale » de Muriel Verstichel, éditions L’arbre à Paroles, collection Traverses.

Est-ce croissance ou décroissance ? Nous voici de plus en plus nombreux à occuper l’espace sur cette Terre, et voici que la littérature se penche vers l’infime, le confidentiel, l’intime.

Qui donc a connu Chantal Lammertyn ? Qui donc, sinon ses proches, ses amies, les habitants du Nord et de la Belgique réunis ? Ça fait déjà du monde et du beau monde, mais un grain de sable à l’échelle planétaire, un grain qui compte, puisqu’il a eu le talent de s’exprimer, de participer activement à la vie collective de cette humanité-là.

Un grain qui compte, puisque Muriel Verstichel écrit, et écrit bien pour son amie défunte. Ce qui compte du poète, c’est la trace. Et quand la trace se fait enluminure, c’est que la vie fut bien belle, bien bonne, humaine...

Et la vie se tisse de ces petits riens qui la sortent de l’anonymat, de ces poignées de mains offertes à des inconnus de passage, de ces regards croisés et que l’on n’oublie plus, de ces corps enlacés et qui nous laissent leur parfum comme une trahison du provisoire.

Elle traverse la place en diagonale est fait de ces petits riens, de l’observation anodine des platanes et du ciel, de la frange écumeuse des vagues au bord de plages inconnues, de liaisons secrètes dans des couloirs d’hôpitaux fatidiques.

On y croise l’amitié farouche et les débordements du cœur. C’est une confession qui nous touche quand tant et tant s’épanchent en autoconfessions biographiques où le sexe occupe toute la place de la littérature.

Muriel Verstichel nous offre à lire son amitié profonde, et c’est si grand plaisir qu’il me prend l’envie d’en parler, de lire et de relire, pour ne rien perdre de cette belle sensibilité.

Et même si, de l’hospice fatal, l’amie ne ressort que vaincue par la mort, même si Quand on aime, il faut partir, on se prend à rêver que la fin n’étant que l’aboutissement logique et inéluctable de cette longue maladie incurable qu’est l’existence, il y aura toujours un ou une amie pour nous procurer ce second souffle dans des écrits rayonnants de tendresse.


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3 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 13 septembre 2006 11:45

    « Ce qui compte du poète c’est la trace. »

    « Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver. » disait René Char.


    • pingouin perplexe (---.---.74.155) 13 septembre 2006 19:40

      René Char avait bien saisi l’enjeu de la poésie. Il faut laisser la preuve à la science, que l’art peut tout de même éclairer quelquefois...

       smiley


    • la bombe du 62 (---.---.137.156) 18 septembre 2006 21:25

      ce forum est un bonne espace

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