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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Fantasy, qu’est-ce que c’est ?

Fantasy, qu’est-ce que c’est ?

La Fantasy, un genre littéraire qui se vend mais qu’on ne connaît pas vraiment.

Créatures fantastiques, histoires mythiques et épopée pleine de magie attisent l’imagination des lecteurs de fantasy, qui en demandent toujours plus. Aujourd’hui, les rayons des bibliothèques comme ceux des librairies sont en grande partie occupés par ce type de livres qui, avec le développement de ce genre au cinéma, attire de nouveaux lecteurs.

  • Revenons un peu sur l’origine de ce genre.

On pourrait faire remonter les thèmes favoris de la fantasy aux récits mythologiques et aux romans merveilleux du Moyen Age. On retrouve ainsi des éléments récurrents tels que la présence de dieux, de créatures fantastiques (dragon, griffons, sirènes, licornes, etc.) et des histoires qui nous rappellent les légendes arthuriennes, ainsi que des récits proches des mythes scandinaves ou celtiques.

L’origine la plus officiellement reconnue de la fantasy moderne date du début du XXe siècle, avec des histoires pionnières comme le roman La fille du roi des elfes de Lord Dunsany (1924), ou les nouvelles de Robert E. Howard Conan le barbare. C’est avec Le seigneur des anneaux de JRR Tolkien (1954-1955) que ce genre connaîtra un vrai succès critique, ce roman devenant la référence de la fantasy.

  • A quoi reconnaît-on vraiment la fantasy ?

Les cycles : ce genre a des caractéristiques bien particulières que l’on retrouve invariablement dans ses plus grandes œuvres. Les auteurs semblent avoir la fâcheuse manie de composer des cycles comportant de trois à cinq livres (La Belgariade et la Mallorée, Eddings), voire une suite de dix livres (Les princes d’Ambres, Roger Zelazny). Lorsqu’un cycle a du succès, il arrive que l’auteur y revienne, c’est le cas de L’assassin royal, de Robin Hobbes, qui ne comptait au départ que six tomes et se trouve enrichi aujourd’hui de sept autres livres reprenant l’histoire quelques années après. On ne se trompera pas quant à la raison commerciale et aux avantages de la rédaction de grands cycles, surtout s’ils sont appréciés ! Certains cycles nous permettent de suivre les mêmes personnages au long d’une longue aventure qui pourra durer plusieurs années, tandis que d’autres s’attacheront plutôt à une famille et à sa descendance, ou à un objet, et même à l’évolution d’une planète, comme dans le cycle de Ténébreuse, écrit par Marion Zimmer Bradley.

Cartes et chronologies insérées : l’une des caractéristiques communes aux livres de fantasy est qu’on y retrouve, incrustées entre les pages, des cartes géographiques des mondes où se situe l’action, lieux souvent imaginaires. Tout comme l’habitude d’insérer des chronologies resituant chaque livre d’une collection à une époque donnée et bien précise. Ainsi, chaque histoire, qu’elle se déroule en un, deux ou trois livres, comme dans le cycle des Héros de Valdemar de Mercedes Lackey, s’inscrit dans une époque particulière indiquée par la chronologie.

Pas de souci de vraisemblance : les mondes décrits et dans lesquels l’action se situe ne sont que des inventions de l’imaginaire, la fantasy ne nécessite aucune cohérence avec notre monde quotidien, ni avec un passé existant ni même avec un futur probable. Ici, le souci de réalisme n’a pas lieu d’être, le but étant la plupart du temps d’emporter le lecteur dans un autre monde.

Les héros : ceux-ci sont bien souvent des personnages assez simples, qui vivent une vie paisible et satisfaisante, jusqu’au jour où l’aventure leur tombe en plein sur le nez. La plupart du temps, ils n’ont rien demandé et refusent de partir à l’aventure pour laquelle ils n’ont aucun goût. Lorsqu’ils sont de sang noble, ce sont des orphelins dont bien souvent on ne connaît pas la véritable identité. Soumis à un destin qui les rattrape, parce qu’ils sont des « élus » ou des « descendants devant porter le fardeau de leur famille », ils se retrouvent impliqués dans des histoires où ils croiseront la route de nombreux personnages, dont certains ne seront que de passage, alors que d’autres se joindront à leur « quête ».

Présence de magie : caractéristique à laquelle on ne peut échapper lorsqu’on lit de la fantasy. La magie et le merveilleux sont toujours présents à travers des créatures fantastiques, des magiciens, des sorcières, et toutes sortes d’êtres possédant des capacités relevant du surnaturel.

  • Un grand nombre de sous-genres

L’heroic fantasy met souvent en scène des guerriers, des amazones et des sorciers maléfiques dans une époque de violences et de conflits. L’histoire a, la plupart du temps, une dimension épique.

La high fantasy : on y retrouve des elfes, des gnomes,des gobelins, des fées, des farfadets, etc.

La light fantasy : les héros sont le plus souvent des enfants ou des adolescents, ou un groupe d’enfants engagés dans une quête initiatique avec des épreuves et des obstacles. Ex : La croisée des mondes, Philip Pullman, et L’histoire sans fin, Michael Ende.

La romance fantasy : style féminin et poétique, une forte présence des femmes qui occupent le devant de la scène dans l’action. Ex : Atalante, Luuna, Marissa... (bandes dessinées) ; Les dames du lac, Marion Zimmer Bradley.

La fantasy burlesque : plutôt dans le genre humoristique. Ex : Les annales du disque-monde, de Terry Pratchett.

La science fantasy : on y voit souvent intégrés des éléments de technologie moderne dans un univers médiéval ou antique, ce qui la rapproche de la science-fiction. Cependant, le côté fantastique et le détachement par rapport à notre monde séparent la science-fiction et la science fantasy, sans aucune ambiguïté. Ex : Gandahar contre les hommes-machines, de Jean-Pierre Andrevon.

La dark fantasy : dans un univers gothique où règne la magie, le Mal prend le dessus sur le Bien. Le style d’écriture est ainsi soit pessimiste, soit désabusé, et inclut même des éléments d’horreur.

La fantasy urbaine : l’action se passe souvent dans notre monde contemporain. Croisement entre notre monde et un autre, vivant en parallèle. Ex : La tour sombre, de Stephen King.

Le réalisme magique : c’est un sous-genre qui s’éloigne un peu de la fantasy traditionnelle telle qu’on la connaît. On y voit se confronter la réalité du monde moderne, menaçant, et les inquiétudes de l’homme plein de doutes face à notre monde. Des éléments fantastiques sont mêlés au récit et font appel à l’imaginaire. Ex : Le djinn dans l’œil-du-Rossignol, de A.S.Byatt ; En attendant le vote des bêtes sauvages, d’Ahmadou Kourouma.

  • Le développement de la fantasy au cinéma

On peut dire que le premier film à tendance fantastique qui ait connu un succès critique fut Le magicien D’Oz, de Victor Fleming, sorti en 1939. Cependant, c’est avec le film Conan le barbare de John Milius, en 1980, que la fantasy commença à « faire son trou » au cinéma. C’est le début du mélange de l’épique et du magique. La fantasy au cinéma a continué son avancée avec le film Excalibur de John Boorman, en 1981, puis Legend de Ridley Scott, ou encore Dark Cristal de Jim Henson. Trois films présentant des variations intéressantes dans le domaine de la fantasy. En 1984, Wolfang Peterson réalisera L’histoire sans fin qui marquera un tournant dans le cinéma fantastique. Son répertoire s’enrichira bientôt du film Willow de Ron Howard, en 1988, largement inspiré des romans de Tolkien.

Un grand projet cinématographique voit alors le jour, et sera attendu avec impatience pendant plusieurs années par les fans du Seigneur des anneaux. En effet, Peter Jackson s’est vu confier la réalisation de la trilogie la plus connue de la fantasy, dont le premier épisode est sorti au cinéma en 2000. Ce fut une explosion de la fantasy, avec dans le même temps l’adaptation au cinéma des livres d’Harry Potter. Puis, nous avons vu l’arrivée en 2005 des Chroniques de Narnia de C.S. Lewis, premier volet d’une trilogie qui promet un succès de plus à la fantasy au cinéma.

Plus que tout, aujourd’hui, la fantasy, c’est ce qui se vend le plus en littérature, que ce soit en grand format, en format poche ou en bande dessinée. Un grand nombre de maisons d’éditions n’existent que par la publication de livres appartenant à cette catégorie. Des collections, dans les plus grands noms de l’édition française, ont été créées spécialement pour la publication de ces livres, comme J’ai Lu - SF fantasy , Gallimard - Folio SF, Folio junior ou Denoël - Lunes d’encre . On reconnaît ainsi des noms bien connus du monde de l’édition : « Press Pocket » avec ses couvertures argentées et ses dessins fantasy bien reconnaissables, « Pygmalion », ou encore « Fleuve Noir ».

Les livres de fantasy, ce sont aussi des livres éphémères, qui peuvent disparaître assez rapidement du marché, et dont on ne retrouve plus certains tomes d’une collection car ils ne sont plus édités aujourd’hui. Cependant, avec le succès de la fantasy, et en particulier de certains auteurs, on voit un certain nombre de livres être réédités. On verra aussi certains livres pour enfants être édités en version adulte, comme La croisée des mondes. La fantasy est un style de littérature qui se lit beaucoup, qui se vend bien, et qui se développe même au cinéma ; pourtant, elle reste un domaine assez mal connu.


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5 réactions à cet article    


  • Rage Rage 21 mars 2006 11:25

    Article vraiment très sympa à lire. En plus d’être clair, il est simple et donne envie de se plonger dans ces mondes fantastiques !

    Heureusement que nous avons l’imaginaire ! Faut-il encore avoir le temps de le laisser fonctionner.

    A quand un film de SF-Fantasy projeté dans un futur proche ? Je pense par exemple à l’adaption film du plus fameux jeu vidéo de tout les temps : Starcraft-Broodwar.


    • miaou (---.---.100.101) 21 mars 2006 12:55

      La littérature de fantasy représente une bouffée d’air frais (grandes fresques, souffle épique...) par rapport d’une littérature générale qui de se complaît dans le narcissisme le plus plat. C’est un genre souvent méprisé par les « vrais » écrivains, surtout en France.


      • Mathieu Clavel (---.---.69.99) 21 mars 2006 18:23

        J’adore les dessins de John Howe dont je dispose dans des livres d’illustrations du monde de Tolkien.
        Cela dit, c’et vrai, je ne vois pas trop le rapport de ce commentaire avec l’article.
        J’attends ton article, mais s’il te plait, écrit dans un style un peu moins chatié pour toucher un public le plus large possible. Quand à la fin d’une phrase on a oublié et le début, et le sens, et qui on est, c’est pas bon ;)


      • Ulmo (---.---.254.6) 21 mars 2006 15:33

        Cher Damien Ouest

        Tes amitiés ne regardent que toi, qu’elles datent de 25 ans ou 5 minutes.
        Ecrit nous cet article si tu pense que le travail de cette personne mérite un article.

        Mais par pitié, évites nous ce genre commentaires, nous ne sommes pas à un coctail.

        Cordialement quand meme
        Ulmo


        • Les Archives de Gondor (---.---.224.133) 22 mars 2006 14:17

          Cr ?ures fantastiques, histoires mythiques et ?p ?pleine de magie attisent l’imagination des lecteurs de fantasy, qui en demandent toujours plus. Aujourd’hui, les rayons des biblioth ?es comme ceux des librairies sont en grande partie...

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