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Fiançailles / Chloe Hooper

The Engagement

Chloe Hooper

2012

 

Avec Fiançailles, la romancière Chloe Hooper nous plonge dans une Australie très inquiétante, bien loin des mignons petits koalas.

Liese Campbell est une Anglaise qui travaille à Melbourne dans l'agence immobilière de son oncle. Elle rencontre Alexander Colquhoun, un fermier fortuné à la séduction maladroite et un peu mystérieuse, en lui faisant visiter des appartements en ville. Jeune femme sans attache et ayant quelques dettes à solder, Liese décide de joindre l'utile à l'agréable en couchant avec cet homme qui l'attire pour de l'argent. De leurs rendez-vous dans des appartements à vendre encore remplis des vies d'inconnus se noue une relation où fantasmes et réalités se disputent le terrain. Liese se glisse ainsi dans la peau de la prostituée accomplie et le récit imaginaire de ses ébats tarifés mêlés d'éléments de son existence réelle pimente ses ébats avec Alexander. L'échange d'argent règle ici la question de l'attachement et permet au désir de ne jamais déborder le cadre des rencontres immobilières - du moins Liese a-t-elle la naïveté de le croire. Lorsqu'elle annonce à Alexander qu'elle va très prochainement quitter le pays, ce dernier lui propose une forte somme pour passer ensemble un dernier week-end dans sa ferme. Elle accepte et dans cette vieille demeure délabrée et fantomatique perdue dans le bush australien, où le mot sauvage prend tout à coup tout son sens, Liese se retrouve prise au piège avec un homme dont elle s'aperçoit brutalement qu'elle ignore tout. Le huis-clos devient très vite étouffant à mesure que l'angoisse et la tension montent, mais notre apprentie prostituée reste toujours assez lucide, de façon parfois même remarquable si l'on tient compte de la situation terrifiante dans laquelle elle se trouve. Mais la pauvre rate une belle occasion de s'échapper parce qu'elle est incapable de conduire une voiture à boîte manuelle, ce qui est hilarant pour toute Française titulaire du petit papillon rose...

J'ai trouvé Fiançailles au pied du sapin le matin de Noël et c'est plutôt un bon roman même si la fin, que je tairai bien sûr ici, est décevante. Dans l'entre-deux, elle relève selon moi de la difficulté de Chloe Hooper a assumé certains choix. Si en effet la peinture psychologique de ses personnages est excellente, de même que l'ambiance à couper au couteau de cette ferme australienne, l'auteur cultive cette veine plus "intello" et refuse manifestement de voir son livre basculer dans le thriller plus classique, ce qui nuit malheureusement beaucoup à l'attrait de l'intrigue sur le long terme. Hooper a sans doute voulu éviter les poncifs du genre là où il aurait été beaucoup plus intéressant de les affronter. Il n'en reste pas moins que les motivations d'une femme éduquée, indépendante et socialement bien insérée à se prostituer sont extrêmement bien développées, avec finesse et justesse. On est très loin, et c'est tant mieux, du pathétique Jeune & jolie de François Ozon, sorti sur les écrans en août dernier. Chloe Hooper a su faire de Liese un personnage riche, qui habite le roman et évolue tout au long de l'intrigue.

"Dans les plaines du Norfolk, le vent vous en voulait personnellement, - il essayait de s'insinuer jusque dans votre cerveau, de vous faire renoncer." p. 89.

 



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Réactions à cet article

  • Par gros macho (---.---.---.60) 26 avril 15:40
    gros macho

    Livre ultra-libéral tourné vers le sexe et l’argent.

  • Par COVADONGA722 (---.---.---.137) 26 avril 22:59
    COVADONGA722

    décryptez l’implicite et l’admis dans cette critique littéraire .
    yep de la même manière que les soixante huitard se sont coulés confortablement dans le libéral libertarien quelle surprise de découvrir les filles de celles qui défilaient en hurlant « notre corps n’est pas une marchandise » , valider et positiver la prostitution assumée et revendiquée comme acte de liberté individualiste , entre les lignes ont devine la désastreuse propagande des féministes badintérisées alliées objectives de l’ectoplasme Pierre Bergé lui qui revendique désormais qu’elles louent leurs ventres comme elles vendaient leurs étreintes !
     Asinus : ne varietur

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