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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Françoise Sagan et Jean Seberg exposées à Paris

Françoise Sagan et Jean Seberg exposées à Paris

(Par Olivier Bailly). C’était il y a cinquante ans. Georges Dudognon, l’un des photographes les plus en vue de l’après-guerre, photographiait deux stars à leur début : Françoise Sagan et Jean Seberg, toutes deux réunies sur le plateau du film Bonjour tristesse d’Otto Preminger. Avec 1958, bonjour tristesse, une vingtaine d’images témoignant de cette rencontre sont exposées pour la première fois dans un nouveau lieu parisien consacré à la photographie.

Jusqu’au 31 octobre, PARISGLOBE (5, rue de la Grange Batelière, Paris 9e), nouveau lieu dédié à la photographie fondé par les collectionneurs Csaba Morocz et Bernard Dudoignon, inaugure ses locaux par une exposition exceptionnelle : 1958, bonjour tristesse. L’occasion d’admirer une vingtaine de portraits couleurs et noir et blanc de Françoise Sagan et Jean Seberg signées Georges Dudognon.

Tout le monde a déjà vu au moins une photo de Georges Dudognon. Même si l’on ignore son nom, on ne peut pas être passé à côté des photos de celui qui fut l’un des « inventeurs » de Saint-Germain-des-Prés. Il fut l’un des premiers à avoir porté son regard sur ce petit monde en ébullition dont les étoiles s’appelaient Gréco, Boris Vian, Jacques Prévert, Queneau…

Né en 1922, dit sa biographie officielle, « Georges Dudognon pratique tous les métiers, avant de devenir imprimeur de l’ombre en novembre 1940. Arrêté, il est envoyé dans un camp de concentration dont il arrivera à s’évader, et continuera son combat dans la presse clandestine. A la Libération, Georges Dudognon a 22 ans, il est devenu journaliste, photographe autodidacte et renifleur d’émotions ». Et les émotions, en ces années d’après-guerre c’est à Saint-Germain-des-Prés qu’il faut aller les renifler. On le croise alors dans les innombrables bistrots du quartier (chez Fraysse, au Sauvignon, chez le Père Constant…) où il fréquente les habitués (Doisneau, Vian, Juliette Gréco, Prévert, etc.) et rapporte des images pour les magazines comme le défunt et oublié Samedi soir ou encore Paris-Match, Action, etc.

Même s’il y eut d’autres photographes talentueux sur le coup, comme Ed Van Der Elsken, Dudognon est vraiment le premier à avoir donné son image iconique à Saint-Germain-des-Prés. On retrouve ses photos dans le célèbre Manuel de Saint-Germain-des-Prés de Boris Vian et, plus récemment, dans un ouvrage cosigné avec Daniel Gélin : Comme on s’aimait à Saint-Germain-des-Prés (Pierre Bordas éditions).

C’est également à Saint-Germain-des-Prés que Georges Dudognon croise la route d’un autre esprit téméraire et nocturne, spécialiste des clochards, des bistrots et des bas-fonds : Robert Giraud. Complice, il réalisera avec ce dernier de fameux reportages pour Paris presse ou Détective, tant sur les Gitans de la zone que sur les clochards parisiens et sur un tas d’autres sujets marginaux.

Récemment, une exposition organisée par la Bibliothèque nationale sur la photographie humaniste classait avec raison Dudognon aux côtés de Doisneau, Ronis, mais, aussi, d’autres moins célèbres, comme René Maltête.

Tout le monde a déjà vu une photo de Georges Dudognon sans pour autant savoir qu’il en était l’auteur : Gréco dans son lit à l’hôtel Louisiana, ou encore François Sagan en jean, souriant comme un chat, pieds nus sur son canapé. Cette belle photo en couleurs a servi à illustrer la biographie que Marie-Dominique Lelièvre vient de consacrer à l’auteur de Bonjour tristesse (Sagan à toute allure, Denoël, 2008).

Bonjour tristesse, c’est aussi le titre du film qu’Otto Preminger tourne à Paris en 1957 (sorti en salle en 1958). Le cinéaste a choisi d’adapter le best-seller de Françoise Sagan et d’en attribuer le premier rôle à une jeune actrice de 20 ans, Jean Seberg qu’il a contribué à faire connaître l’an passé avec le film Sainte Jeanne.

En 1957, Sagan a 22 ans et Seberg 20 ans. Georges Dudognon se trouve sur le tournage et saisit la part secrète des deux jeunes stars. L’une est déjà une gloire littéraire internationale, l’autre deviendra bientôt une icône cinématographique. Mais pour l’heure ce sont encore deux jeunes femmes à peine sorties de l’adolescence. Deux solitudes réunies, deux yeux vifs, rieurs et moqueurs, candides et tristes. Deux jeunes femmes dans leur plein épanouissement et fragilité.

Un moment de grâce.

1958, Bonjour tristesse. Photographies de Georges Dudognon. Jusqu’au 31 octobre. PARISGLOBE. 5, rue de la Grange Batelière. 75009 Paris. 01 42 46 75 05

Crédit photo : Georges Dudognon/Thierry de Beaumont


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Babar

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