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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Fury » : odyssée tankiste

« Fury » : odyssée tankiste

1945, la Seconde Guerre mondiale touche irrémédiablement à sa fin. L’Allemagne hitlérienne recule, mais n’abdique pas. Elle expédie au front femmes et enfants, sans ménagement, avec la tragédie pour seul horizon. C’est dans ce contexte ambivalent que l'équipage d'un char américain s'enfonce en territoire nazi, avec l’ambition ferme de frapper l'ennemi en plein cœur. Une résistance acharnée et jusqu'au-boutiste va cependant entraver sa percée... Immersif à souhait, le métrage du réalisateur et scénariste David Ayer n’est jamais aussi efficace que lors des montées de tension, quand les balles fusent, les corps s’affaissent et la pyrotechnie donne sa pleine mesure. Villages défigurés, réseaux routiers éventrés, décors en décrépitude, lambeaux de chair disséminés çà et là, civils pendus à des poteaux électriques, cadavres broyés sous les chenilles des blindés : les tableaux apocalyptiques, envoûtants à force d’atrocité, se relaient sans discontinuer. Posée au plus près des personnages, la caméra embarque le spectateur à l’intérieur des chars alliés, et finit par le plonger dans un état de torpeur fascinée, accentué par une exploitation ingénieuse de l’espace, un sens aigu du spectacle et un dosage tatillon du cocktail shaky cam/jump cut. De toute évidence, l’artificier Ayer s’est échiné à soigner la forme, épaulé en sous-main par une distribution rutilante qui s’en tire avec les honneurs. Quid alors du fond ? Soutenu par son scénario comme l’est le boiteux par sa canne, Fury souffle le chaud et le froid : dans un même élan, il dénonce la folie guerrière et ses victimes collatérales, puis s’étouffe de complaisance et canonise des soldats héroïques prêts à tout pour leur pays. Non content de se répandre en ambiguïtés, il recycle en outre une volée d’archétypes : Brad Pitt est un baroudeur meurtri, chef d’équipe respecté et infiniment fidèle au drapeau ; Shia LaBeouf campe un tankiste marginal, introverti et très religieux ; Jon Bernthal personnifie à lui seul la barbarie militaire, mais confessera néanmoins son respect à l’endroit du jeune bleu timoré interprété par Logan Lerman, lui-même devenu un as de la gâchette en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. À cela, il convient d’ajouter la dispensable séquence se tenant dans l’appartement des deux Allemandes, équivoque et évasive, ainsi que l’absurde désorganisation d’un bataillon garni de la Wehrmacht au moment de sonner l’assaut sur un blindé esseulé et immobilisé. De là à prétendre que David le réalisateur a phagocyté Ayer le scénariste…


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7 réactions à cet article    


  • hans 18 novembre 2014 17:01

    Ach ! ils devaient courir après les Français qui eux étaient déja au nid d’aigle alors que les Américains n’étaient pas encore entré en Allemagne.


    • jacques 18 novembre 2014 18:23

      bof très américanisé cette daube, images de synthèses, armement et uniformes très approximatifs voir fantaisistes champs très courts , aucun intérêt ( je parle depuis la bande annonce) donc à éviter.


      • Gnostic GNOSTIC 18 novembre 2014 23:05

         Une bonne grosse daube hollywoodienne

         

        J’ai visité le musée des chars d’assaut à Saumur en avril dernier. Un musée qui vaut le détour. Tous les chars ayant existé depuis les premiers de la guerre de 14 sont exposés.

         

        On y voit en particulier le char tigre allemand et le char tigre royal (un seul exemplaire restant dans le monde) construit fin 1944 baptisé au musée la « bête de guerre »

         

        Si le char sherman américain de bad bite était tombé dessus, il n’aurait pas fait un pli.

         

        Heureusement que les américains avaient la maitrise de l’air !



        • devphil30 devphil30 19 novembre 2014 06:42

          Bourrage de cranes sur les super GI.

          Une vraie saga mortelle et déstabilisatrice pour le monde :
          1945 Europe
          1954 Corée
          1964 Vietnam
          1991 Irak
          2001 Afghanistan
          2003 Irak 2 le retour

          Et j’ai dû en oublier .....

          Sortie du prochain et dernier épisode avant l’extinction des lumières ...

          2015 Syrie ???? face aux Russes
          2015 Ukraine ???? face aux Russes

          Philippe

           


          • njama njama 19 novembre 2014 09:23

            Encore un gros film qui pue !
            il y a quelque chose d’énormément malsain dans tous ces films de guerre ... si typiques de la culture américaine
            et à côté de cela, on s’indigne pour une gorge tranchée


            • Marsiho Marsiho 19 novembre 2014 10:05

              Fury n’est pas une daube, loin de là. Il arrive à mettre en image ce que Jacques Elul avait écrit dans un article paru en 1945 alors que les Alliés venaient de gagner la guerre : il craignait que sur certains points, Hitler ai finalement gagné malgré tout en forçant les Alliés à se mettre au même niveau que lui dans la barbarie. Et c’est exactement ce que nous démontre Fury, et la scène de l’appartement avec les deux allemandes est au contraire très utile, elle met en évidence la barbarie de certains soldats américains, et la résistance à cette barbarie d’autres soldats. Les mêmes choses se reproduiront au Viet-Nam... et en Irak. Peut-on faire une « guerre propre » ? Fury le dit clairement : non. 


              • devphil30 devphil30 19 novembre 2014 10:44

                Si c’est ne sens de ce film , il faut lire au 3 ième ou 4 ième degré , je ne suis pas sûr que ceux qui vont voir ce type de film aient une vision aussi fine du film


                Philippe 

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