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Galahad, du néo-prog britannique qui met en trance

Si le progressif n’a pas très bonne presse, alors le néo-pro pâtit lui aussi de cette désaffection et ne bénéficie pas de la notoriété qu’eurent en leur temps les Genesis et autres Crimson, groupes devenus emblématiques et dont la cote ne faiblit pas en raison des nombreux fans se rappelant aux bons souvenirs des seventies en écoutant les perles de l’époque. Le néo-prog est plus une affaire de convaincus, d’indéboulonnables amateurs de cette musique sophistiquée qui a perduré avec quelques formations dans les années 1980. Comme dans tout mouvement qui se veut original, il faut une démarcation avec les ancêtres, au moins dans le style si ce n’est dans les intentions. D’aucuns ont pu reprocher au néo-prog d’être une copie des anciennes pointures. Ce n’est pas faux si l’on écoute les tout premiers albums de Marillion ou IQ. Par contre, quelques formations comme Pendragon ou Pallas ont su inventer un style propre, plus moderniste. Le néo-prog s’est alors voulu moins somptueux et généreux dans la sophistication symphonique, privilégiant une approche plus musclée, affirmative, avec l’abandon des anciens claviers, moogs et autres mellotrons au profit d’appareils au son plus électronique voire techno, se voulant au final en phase avec l’avènement des disques numériques.

 Galahad est une formation britannique s’inscrivant parfaitement dans cette mouvance néo-prog. Cette année 2012, un huitième CD est sorti, plus de 20 ans après le premier album. Signe d’une longue carrière qui a débuté en 1985 et s’est voulue progressivement indépendante des références classiques, autant celle du prog que du néo-prog. Le résultat est incontestablement réussi, avec un style reconnaissable, rappelant les deux ou trois excellents albums publiés dans les années 2000 par ce groupe qui séduira les amateurs de découverte musicale. Beyond the realm of Euphoria propose huit compositions au format généreux, entre 6 et 10 minutes, durées compatibles avec le souci d’offrir une musique non linéaire où se succèdent des fantaisies instrumentales, notamment exécutées au clavier, avec des breaks, une rythmique soutenue et des parties vocales agréables à écouter. Le premier morceau nous place dans l’ambiance, avec des parties de clavier enveloppantes dont le style est résolument affirmé, oscillant entre post krautrock des années 80 et techno trance des années 1990 (par exemple Astralasia pour ceux qui connaissent). C’est flagrant lorsqu’on écoute le premier morceau. Je conseillerai donc cet album de Galahad à ceux qui peuvent être lassé du style seventies, qu’on retrouve du reste chez pas mal de formations italiennes du moment, usant sans modération des claviers vintage. On est bien dans le rock du 21ème siècle.

 Dans son dernier CD, Galahad prend quelques distances avec son symphonisme d’il y a dix ans pour adopter un style plus rythmé et « trancé », avec une combinaison de trois atmosphères. Des passages fleurtant avec le heavy rock rappelant Dream Theater, très envolés, avec une basse lancinante et des claviers hypnotisant aux sonorités techno (à entendre notamment sur les morceaux deux et trois). Des passages mélodiques, avec parfois des tonalités virant au romantisme et même à l’intimisme. Enfin des séquences plus progressives, finement découpées par les claviers, secondés par une guitare dans un rôle rythmique et cette basse qui balance en donnant l’impression d’inciter à swinguer. Bref, des passages originaux, découpés comme des arabesques se perdant dans une forêt sonore et dont on découvre à chaque écoute les subtilités. A conseiller aux amateurs de Dream Theater lassés par les démonstrations techniques et cherchant des styles plus exotiques. C’est donc du rock progressif british, qu’on peut aussi comparer avec Arena et à écouter avec un volume sonore conséquent, à ajuster selon l’oreille et surtout les voisins. 

Euphoria, un album racé, terriblement généreux et optimiste, avec, il faut le noter, une présentation en digipack accompagnée d’une illustration digne du genre et qui colle bien au contenu musical avec des compositions qui, faut-il le préciser, ne sont pas le fait d’une ou deux fortes personnalités mais le fruit d’un travail collectif de cette formation dont trois membres ont été conservés depuis les débuts. Les textes sont néanmoins signés par le chanteur et parolier Stuart Nicholson.

 

Musiciens

- Stuart Nicholson / vocals

- Roy Keyworth / guitars

- Spencer Luckman / drums

- Neil Pepper / bass

- Dean Baker / keyboards

 

Tracks

1. Salvation I – Overture

2. Salvation II - Judgement Day

3. Guardian Angel

4. Secret Kingdoms.

5. And Secret Worlds

6. Waves

7. Guardian Angel – Reprise

8. Richelieu's Prayer 2012

 


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11 réactions à cet article    


  • JL JL 22 novembre 2012 09:31

    Bonjour,

    est-ce que vous écrivez « trance » comme d’autres écrivent « dance » ?

    Ou bien cela a-t-il un autre sens ?

    Dommage de consacrer un billet à une formation musicale sans fournir un lien vers un échantillon de sa musique.


    • Shawford Shawford34 22 novembre 2012 14:41

      Salut JL, ça roule ?

      Le Dugué est un peu perturbé en ce moment, quelques problèmes de physique difficilement philosophables, rien de bien grave a priori (quoique).

      Toujours est il que c’est peut être pour ça qu’il finit par nous faire une danse un peu rance, ou alors comme tu dis il invente peut être des styles musicaux comme d’autres font de la prose  smiley


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 novembre 2012 15:41

      Salut,

      Pas perturbé mais perplexe en effet, étranges zones génétiques et quantiques.

      Quant à inventer des genres musicaux, c’est me prêter un talent que je n’ai pas.

      La trance, c’est facile à trouver en tapant sur un moteur de recherche

      La trance est un genre de musique électronique. Son origine remonte aux sources de la techno et de la house. Elle est apparue chronologiquement postérieurement à ces deux genres, vers le début des années 1990. Elle se caractérise par une recherche systématique de lignes mélodiques répétitives et planantes obtenues harmoniquement et par l’utilisation de filtres dont les fréquences de coupure varient dans le temps. La trance tire son nom du fait que sa musique et sa danse peuvent altérer la perception sensorielle de l’auditeur et le transporter dans un état d’extase hypnotique et méditative, la transe[Référence requise]. On assiste dans la deuxième moitié des années 1990 à la division du mouvement : entre la trance jouée en discothèque et la goa-psychédélique-trance jouée dans les rave-parties. Elle est aujourd’hui encore très populaire.


    • Shawford Shawford34 23 novembre 2012 10:28

      Merci bien pour l’éclairage Monsieur Dugué, qui a apparemment laissé JL coi smiley smiley


    • kettner 22 novembre 2012 10:49

      Gogol image et voila


      • Montdragon Montdragon 22 novembre 2012 20:09

        Cher ami, il est 20h09.

        Supper’s ready ?


        • bert bert 23 novembre 2012 01:40


          il semble que celui qui a dessiné la pochette du disque s’est inspiré du clip de 
          Mr président « take me to the limite »  smiley

          • magma magma 24 novembre 2012 20:05

            j’ai répondu longuement sur glasshammer. Pan fan du neo prog qui essayé de nous contenter apres que la presse ait décréter la mort de la prog. Encore ici certians viennent ce gausser. c’est normal, la musique qui fait réfléchir, c’est compliqué.

            Tout les iq pendragon palas 12th night ect n’avaient aucune ame, mais peut être est ce que la prod leur a demandé, de pas faire trop conpliqué trop virtuose, plus rock et plus vendeur, heureusement ça n’a pas marché. Effectivement ce groupe sort un peu du lot. mais ces musiciens sont juste honnête et pas d’un niveau (certes inégalable) d’un yes de l’originalité d’un crimson, c’est trop propre pas assez fou

            Ne trouvant de chose qui me passionent, il y a un renouveau du rio, un style très interessant, plus sombre, contestataire face a la musique commerciale, je voulais faire des articles, ça ne passionera sans toute personne mais peut être que je le ferais.

            je donne le groupe a voir, rarement hélas et pas des jeunes ; présent !! une musique sombre inquiétante, folle, destructrise, un jusqu’au boutiste jouissif avec a la baguette un malade. a chaque concert, il y a un tel combat contre la musique médiocre que j’en pleure

            part 1 http://www.youtube.com/watch?v=3qkYMZVnhCY&feature=endscreen&NR=1
            part 2 http://www.youtube.com/watch?v=tpGetw6fQoU&feature=relmfu

            essayez de tenir jusqu’au bout ... juste pour la musique


            • magma magma 24 novembre 2012 20:14

              désolé il vous manque la fin pour vraiment comprendre le morceau donc la part III

              http://www.youtube.com/watch?NR=1&v=F_7n-H_nkg0&feature=endscreen

              certes c’est violent, mais plus l’oppression est grande plus le cri est violent

              c’est pas pour manger.. c’est pour la musique



                • magma magma 27 novembre 2012 22:58

                  bert : liens qu’on ne peut lire et avec un minimum d’explication c’est mieux pour inciter a lire

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